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samedi 8 février 2014

Don Juan DeMarco par Albé

Don Juan DeMarco, réalisé par Jeremy Leven en 1995 avec Marlon Brando dans l’un de ses derniers films, Johnny Depp et Faye Dunaway. Et oui, encore une adaptation du célèbre Don Juan. Je ne prétends pas que ce soit la meilleure mais elle n’est pas inintéressante, loin de là. C’est pourquoi je souhaite vous en parler. Et non, cet article n’est même pas un troll.

L’argument suffira pour certains (surtout certaines) mais sachez qu’on y voit les pectoraux du beau Johnny de long en large. Vous voilà déjà conquises. De plus, si vous avez la fleur bleue et la fibre nostalgique, vous apprécierez nécessairement la chanson associée au film et interprétée par le Roi du romantisme : Bryan Adams – Have you ever really loved a woman ?. Ceux qui n’éprouvent rien de particulier à la vue du beau Johnny ou à l'audition de Bryan Adams pourront néanmoins saluer la prestation de Don Vito Corleone.


Cette affiche cède à la facilité et n’est absolument pas digne du film.

Bien entendu, le bellâtre au sex appeal inégalable incarne notre Don Juan DeMarco (sans espace, ils l’ont probablement oublié ?). De son côté, Marlon Brando hérite lui du rôle du psychiatre en toute fin de carrière dont la réputation n’est plus à faire. Faye Dunaway joue quant à elle le rôle de la femme du psychiatre et accessoirement, le rôle de la psy du psychiatre. Voir la définition du transfert en psychanalyse pour de plus amples renseignements. L’originalité du film est bien là. Don Juan est approché d’un point de vue hautement psychologique. Le film ne contient pratiquement que des séances chez le psy à partir desquelles le patient nous raconte en images et sur fond de voix off à l’accent mexicain sa vision de son histoire. C’est à la suite d’une tentative de suicide que Don Juan DeMarco se fait interner pour dix jours. Durant cette minuscule période, le psychiatre en charge devra déterminer si son patient représente ou non un danger pour lui-même ou pour les autres. De là, tout un questionnement s’ensuivra pour résoudre l’énigme. Le démêlage de nœuds s’annonce compliqué mais passionnant.

Est-il vraiment fou ? Le reste du personnel soignant le résume à un schizophrène délirant qu’il faut calmer avec une bonne dose de neuroleptiques, ce qui n’est pas le cas du psychiatre. Hors de question pour lui de simplifier les choses. Mais est-ce que cet intérêt pour son patient n’est pas un peu trop démesuré ? Est-il en train de se laisser séduire par son patient ? Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui tient du fantasme ? Peut-on seulement les distinguer ? Et pourquoi s’acharne-t-il à porter un masque ? Quels sont les masques que je porte moi-même consciemment ou non ?...


Le masque, une symbolique riche de sens

Le thème de Don Juan, de la folie, de la séduction, du masque,… étant trop vaste pour être résumé ici (et ne devant d’ailleurs pas être résumé), je laisserai volontairement cet article sans fin. Néanmoins, j’ajouterai que ce film m’a fait penser sérieusement à Big Fish du début à la fin. L’histoire racontée par le personnage principal est incroyable mais séduisante. Et en fin de compte, peu importe si certains aspects de l’histoire semblent forts déformés par rapport à la réalité. Après tout, un souvenir n’est qu’une création mentale qui se base sur les faits mais qui ne relate jamais parfaitement les faits. Au final, l’histoire est bien souvent plus digeste et plaisante quand celle-ci est absorbée par la machine à fantasme.

In fine, Don Juan DeMarco est un film qui a de quoi séduire. A bon entendeur.

The Hunger (1983) de Tony Scott par Jim

The Hunger – ou Les Prédateurs est la première réalisation (en termes de long métrage) de Tony Scott, le frère du célèbre Ridley, en 1983. C’est également l’adaptation du roman éponyme de Whitley Strieber. Tony Scott s’était déjà fait connaître par des réalisations de publicités, tandis que son frère, lui, avait déjà sorti deux films aujourd’hui cultes, Alien, en 1979, et Blade Runner, en 1982. Et cette influence fraternelle se fera notamment ressentir dans The Hunger, à travers une réalisation unique. The Hunger, boudé injustement à sa sortie, constitue un film au genre hybride, entre film d’horreur, film romantique et influence érotique, sur une thématique d’addiction amoureuse teintée d’une phobie du vieillissement. Enfin, le film renouvelle le film de vampires, présentant des créatures différentes de celles présentées dans les adaptations de Bram Stoker et dans les films « habituels » du genre.



Le thème des vampires, créatures de la nuit, forcées de se nourrir de sang humain et de séduire, envers et contre tout, se trouve transposé dans un New-York moderne – enfin, du moins dans les années quatre-vingt. Jeunes et beaux, John Blaylock (David Bowie) et Miriam (Catherine Deneuve) sont un couple d’immortels, fusionnels et remplis de classe, non-soumis aux lois du vieillissement. Pourtant, sous ces débuts quasi-idylliques – toujours teintés d’un mysticisme envoûtant – les évènements prennent une dimension funeste : John se met à vieillir à une vitesse effrénée, ce qui le pousse à aller voir une scientifique, Sarah Roberts (Susan Surandon), travaillant sur la question du vieillissement accéléré. Prenant John pour un fou lorsqu’il vient la voir pour lui dire qu’il a pris vingt ans en quelques heures, Sarah refuse de lui parler, jusqu’à ce qu’elle le revoit plus tard dans la même journée, et qu’elle se rende compte qu’il ressemble alors à un vieillard de presque une centaine d’années.

Voici un film d’une extrême sensualité – et pas juste à cause d’une scène sexuelle entre Deneuve et Sarandon – qui renvoie parfaitement l’image de vampires libidineux qui ne laissent personne de marbre ; ils sont de dangereux prédateurs. La réalisation est dès lors représentative de cette volupté, les choix de plans permettent de créer une synesthésie sans limite, l’esthétique générale de l’image promettant une lascivité à fleur de peau. Un corps qui ondule, des lèvres qui remuent pour chanter, une artère qui bat à la chamade, le désir fulgurant, tout se transmet par les images – et le son- avec une facilité déconcertante. Les gros plans – fétichistes notamment – constituent le moyen privilégié d’immiscer le spectateur dans la réalité des créatures surnaturelles plus diurnes que nocturnes, dans ce film du moins. De façon générale, la mise en scène se révèle être un beau tour de force de la part de Tony Scott, bon maître du rythme – tout au long de sa carrière tristement finie en 2012. Dans ce premier film, pourtant, le rythme se veut langoureux, prudent. Après des siècles d’existence, il est délicat d’apprécier l’écoulement du temps de la même façon qu’un mortel. Et en même temps, le titre original, The Hunger, littéralement « la faim » , symbolise cet appétit que les vampires ressentent pour le sang des humains, mais aussi, en seconde interprétation, dans ce sentiment progressivement paroxystique de désir que nous nourrissons pour une personne qui nous attire irrémissiblement.

Mais le thème viscéral du film, c’est la dépendance amoureuse, l’addiction charnelle, la déraison causée par l’attirance physique et émotionnelle, un thème qui épouse parfaitement celui des vampires, perdus dans une époque qu’ils ont appris à connaître, sur laquelle ils ont une totale maîtrise sans être soupçonnés, obtenant toujours ce qu’ils convoitent. D’ailleurs, soulignons la première scène du film, baignée dans une musique moderne, dans des décors nocturnes artificiels, où des personnages secondaires, inconscients, dansent et s’enivrent, sans se rendre compte qu’ils évoluent aux côtés de Miriam et John, assoiffés et qu’ils vont succomber au couple fatal. "Dès cette scène le ton est donné : le couple charme avec aisance puis tue, ne nouant aucun lien avec le présent, vivant juste dans leur monde à part, seuls, sans le moindre sentiment pour leurs victimes. Et pourtant, jamais une once d’agressivité ou de bestialité n’apparaît sur les visages des deux personnages : ils sont raffinés, liés par l’amour, par l’immortalité. Ce contraste entre leur civilité et leur nature profonde empreinte de violence est déroutant. Le comble de la grâce revient encore une fois au personnage de Miriam, résolument le plus puissant des deux, enjôleur. Une personne à laquelle il est impossible de résister, ce que Sarah apprend à ses dépens : quand Miriam veut quelque chose, elle l’obtient toujours.



La peur du vieillissement prend toute son ampleur dans le film, surtout à travers le personnage de Miriam, d’une splendeur éternelle, sans le moindre signe de dégradation du temps malgré son (très) grand âge. Ce qui n’est pas le cas de John, voué à se voir pourrir dans un mouvement ascendant fulgurant ; la jeunesse s’effiloche avant qu’il puisse avoir le temps de s’en rendre compte, en une poignée d’heures, les années se sont marquées sur la peau autrefois immaculée. Une altération que Miriam ne peut supporter, elle-même étant le symbole de jeunesse infinie, de la beauté impérissable. Pour subsister – et donc rester infiniment jeune – il faut se nourrir de sang, en ôtant des vies pour conserver son éclat: cette logique cruelle permet de continuer à exister, tels des parasites usant les humains jusqu’à plus soif. Ce qui n’est pas sans rappeler la légende entourant la comtesse Báthory. Parce que si Miriam clame à John qu’entre eux c’est « forever », la logique derrière pourrait être, en tout cas, jusqu’à ce qu’elle s’éprenne de quelqu’un d’autre, et forcément, tant que John n’est pas atteint par le poids de ses années terrestres.

Enfin, The Hunger présente une vision novatrice du vampire : déjà, rien que par le fait que jamais le mot « vampire » n’est évoqué, qu’on ne parle pas de chasseurs de vampires et qu’il n’y a pas une multitude de croix et d’ail. Aussi, John et Miriam ne sont pas exclusivement nocturnes, ils peuvent sortir le jour sans se transformer en tas de poussière. Notons aussi qu’ils se fondent parfaitement dans la société, ne sont pas figés dans leur époque d’origine, s’habillent assez classiquement, paraissent définitivement « normaux », donnent même une leçon de musique à une jeune voisine une fois par semaine. Ainsi, enfouis dans cette normalité, au lieu de dormir dans des cercueils, ils dorment dans un lit et n’ont pas d’énormes canines proéminentes – rétractables ou non. Personnages en marge de la société parce qu’ils vivent enfermés dans leur solitude immortelle, et, en en parfaite adéquation avec la communauté parce qu’ils passent inaperçus, les Blaylock sont des vampires d’un genre tout à fait différent que celui auquel le public a été habitué, ce qui n’est sûrement pas pour déplaire. Ils rejoignent cependant l’image traditionnelle des vampires parce qu’ils fonctionnent sur la logique d’Eros et Thanatos, fondant leur existence sur le désir, le sexe et la mort.



Dans une atmosphère sensuelle et décadente, Tony Scott filme avec volupté les magnétiques Deneuve et Bowie, deux créatures surnaturelles et désirables, pour le pire des mortels qui les entourent, sur une toile de fond d’amour obsessionnel et de peur maladive du vieillissement.

La séquence d'ouverture

Hellraiser, Le Pacte (1987) par Stitch

Hello CIN!

Dans la seconde moitié des 80’s, le monde du cinéma d’horreur est surtout représenté par des personnages tels que Jason de la série des Vendredi 13, Freddy Krueger des griffes de la nuit et autre Michael Myers de la série Halloween. En 1987, un écrivain, Clive Barker, décide de porter sur grand écran un de ses romans, The Hellbound Heart. Cette adaptation aura pour nom Hellraise, Le Pacte.



Avant Hellraiser, Clive Barker a déjà vu deux de ces romans adaptés en long métrage. Mais, l’écrivain n’était pas aux commandes de ces adaptations et le résultat en fut si désastreux qu’il refusa même d’y être assimilé. Ces deux films sont Transmutations (1985) et RawHeadRex (1986). Après cette déception, Clive Barker décida de faire lui-même l’adaptation de The Hellbound Heart. Ainsi, il réalisa Hellraiser, Le Pacte et le film sort sur les écrans en 1987, en pleine période de gloire de slasher movie. C’était un pari risqué de sortir un film d’horreur lors de cette période où régnaient en maître Jason, Freddy et Myers. Mais le film est en parfaite rupture avec ce qui se faisait à l’époque. Ce film traitant de thèmes totalement différents que celui de trucider des jeunes vivant dans le pécher, il trouve très rapidement un large public et devient un chef d’œuvre du genre.

Synopsis

Un homme, Frank Cotton (Sean Chapman), achète un mystérieux cube sur le marché noir marocain. Lorsqu'il réussit à l'ouvrir, il est visité par les Cénobites, des démons venus de l'enfer. Ces derniers lui infligent les pires supplices avant de le tuer. Peu de temps après, son frère Larry (Andrew Robinson), son épouse Julia (Clare Higgins) et Kristy (Ashley Laurence), la fille de Larry, emménagent dans la maison où Frank est mort.
Une goutte de sang tombée sur le plancher ramène Frank sous forme de zombie. Frank réussit à convaincre l'épouse de son frère, qui est aussi sa maîtresse, de lui amener des victimes car il a besoin de leur sang pour redevenir humain. Bien sûr, les Cénobites ne sont pas très heureux de savoir que Frank leur a échappé…



Le trailer c’est ICI.

Les personnages

Dans l’adaptation de son roman, Clive Barker, peut faire comme il a envie que ce soit à l’écran. Il n’a pas de limites et son film est ce qu’il avait en tête dés le départ. La réalisation est efficace car Barker suit la trame principale de l’histoire sans s’en écarter. Pas d’intrigue complexe avec des rebondissements dans tous les sens qui, souvent, déroutent le spectateur et lui fait perdre le fil de l’intrigue. Barker n’en fait donc pas trop dans son film et se concentre sur ses principaux protagonistes en commençant par Julia et sa belle-fille Kristy. L’intrigue est donc simple et se résume d’une part par l’amour d’une femme, Julia, pour son amant et qui fait tout pour que celui-ci revienne à la vie jusqu’à aller au meurtre. Et, d’autre part, on a la belle-fille, Kristy, qui va tout faire pour protéger son père de cette femme néfaste quitte à conclure un pacte avec les démons.




Mais très vite, les personnages principaux ne sont plus ceux que l’on croit puisque les Cénobites deviennent rapidement des protagonistes de premier plan et notamment leur leader Pinhead (interprété par Doug Bradley qui voit en ce personnage LE rôle de sa vie), le démon au visage bardé de clous. Ce dernier subira même une « starification » de la part des spectateurs à l’instar d’un Jason ou d’un Freddy.

Un autre des personnages principaux n’en est pas un en fait puisqu’il s’agit d’un objet, le cube. Sorte de Rubik’s cube, cette boîte est en fait un portail qui s’ouvre vers une dimension parallèle. Dans cet enfer gardé par les Cénobites, sont recueillies toutes les douleurs physiques relevant du sadomasochisme. Le cube permet une quête plus ou moins volontaire du plaisir ultime de la souffrance à qui saura manipuler la boîte. Et, qui dit portail dit entrée ET sortie. Ainsi, la personne qui manipule la boîte peut entrer dans cette dimension parallèle de plaisir sadomasochiste et être à l’entière merci des Cénobites qui savent infligés les pires souffrances mais les Cénobites peuvent aussi emprunter ce portail pour venir dans notre monde s’ils y sont invités.

L’univers des Cénobites

Les Cénobites sont des démons écorchés vifs gardiens d’un monde parallèle où tout n’est que souffrance et brutalité transformées en jouissance.
Les plaisirs de la chair prennent une part importante dans ce film. C’est à cause de sa relation adultère que Julia a pu faire revenir Frank à la vie. Et, c’est aussi grâce au sexe que Julia attire des hommes chez elle pour « nourrir » son amant.
Les nombreuses chaînes et crochets qui parsèment l’autre-monde ou qui sortent de la boîte ne sont pas sans rappeler les pratiques sadomasochistes.
Les Cénobites, mené par Pinhead, sont perçus comme étant les prêtres d’une religion obscure dont les préceptes sont les notions de sacrifice, de soumission et de dévotion pour atteindre le plaisir suprême.
Les Cénobites sont pour beaucoup dans la réussite du film et leurs apparitions sont attendues avec plaisir. Grâce à eux, on entrevoit un monde infernal bien différent des images classiques représentant l’Enfer. Ce monde parallèle sera exploré plus en détail dans le deuxième opus, Les Ecorchés, Hellraiser II la suite directe et indissociable de ce film.

Clive Barker a réussit à créer une atmosphère d’angoisse en ponctuant son film de quelques effets gore bien dosés. Le film joue aussi sur des registres volontairement dérangeant tels que le sadomasochisme, la nécrophilie et même l’inceste. Ce film aborde la puissance des rêves et des désirs et surtout de leurs conséquences désastreuses, le tout dans une ambiance glauque inoubliable.





La franchise Hellraiser

A ce film, il y aura 8 suites qui iront crescendo dans le médiocre. Le seul qui est à qualité égale sera Les Ecorchés, Hellraiser II (1988). Viendront ensuite Hellraiser 3, L’enfer sur terre en 1992, Hellraiser 4, Bloodline en 1996, Hellraiser 5, Inferno en 2000, Hellraiser 6, Hellseeker en 2002, Hellraiser 7, Deader en 2003, Hellraiser 8, Hellworld en 2005 et Hellraiser 9, Révélations en 2011.
Les films Hellraiser 5 à 9 sont sortis directement en DVD. La seule chose qui peut être intéressante dans les suites (en dehors du 2), est la montée en importance de Pinhead et un retour sur ses origines humaines et ce qui a fait qu’il soit devenu le leader des Cénobites.

Pour Conclure

Hellraiser, Le Pacte est un film que tout amateur de film d’horreur se doit de voir. L’ambiance y est malsaine et les thèmes abordés peuvent être dérangeants. Il y a juste le bon dosage de scènes gore. Et le personnage de Pinhead…que du bonheur !! Il n’a rien à envier à ses comparses de l’époque. Il s’élève haut-la-main au rang de « monstre » culte du cinéma horrifique même si dans ce film ses apparitions sont très ponctuelles mais, de ce fait, son impact dans les esprits n’en est que renforcé.

En bonus, la scène de la résurrection de Frank.

Avez-vous déjà vu ce film ? Qu’en avez-vous pensé ?
Pour ceux qui ne connaissaient pas la saga Hellraiser, j’espère vous avoir donné un petit peu l’envie de vous pencher dessus.

Driving Lessons (2006) par Dylan




**Driving Lessons** est une comédie Britannique, écrite et réalisée par **Jeremy Brock**. Il avait réalisé auparavant l’excellent **The Last King of Scotland**. Il s’attaque ici à un sujet bien plus simple et bien moins dramatique : la rencontre d’un jeune homme timide et d’une vieille actrice un peu fofolle.

Ben Marshall (**Rupert Grint**) a 17 ans et habite en Angleterre dans une famille extrêmement religieuse : son père est vicaire, et sa mère aide la communauté de leur Eglise. Le jeune homme est enfermé dans les délires de sa famille et surtout de sa mère (**Laura Linney**), personnage détestable et complètement névrosé, qui essaye d’avoir le contrôle sur tout. Tout ça au nom de Dieu. Et elle mène tout le monde à la baguette, y compris le pauvre Ben, qui se laisse faire sans jamais rien dire. Jusqu’au jour ou il trouve un travail (suivant les conseils de sa mère). Le travail consiste à aider une vieille actrice : Evie Walton (**Julie Walters**). Les deux se lient d’amitiés au fur et à mesure du film. Les deux s’amusent à jouer des scènes ensemble et vont faire du camping. Mais lorsqu’il essaye de partir rejoindre sa mère, Evie avale la clé de la voiture. Il se retrouve à devoir rester avec elle à faire du camping, malgré lui. Chose horrible dans sa tête, étant donné que sa mère n’est pas du tout d’accord. C’est la première fois que Ben fait quelque chose comme ça, mais il commence à y prendre goût… Evie et Ben décident ensuite de partir pour Edinbourg, et le voyage continue. Pour la première fois de sa vie, il va connaître un semblant de liberté. Il conduit alors qu’il n’a que 17 ans, il essaye l’alcool, il perd sa virginité avec une jeune femme, mais surtout, il découvre un peu la vie, la vrai.


*- You’re in the middle of nowhere !
- Then i will cling to the edge of somewhere !*

**Rupert Grint** est vraiment pas mal dans ce film. Il a enfin laissé tomber les mimitiques insupportables de Ron dans Harry Potter, et est devenu un jeune comédien prometteur. Et il a ce physique un peu étrange, qui rend son personnage touchant au possible. Et c’est tout de même difficile de tenir un second rôle aux côtés de Julie Walters, il s’en sort plutôt bien. Sinon, grand respect aux dialogues du film, c’était très plaisant. C’est surtout un hommage au théâtre et à la poésie, mais dans un contexte comique et moderne. Le but n’est clairement pas de faire un film lyrique ou théâtral, j’ai trouvé ça astucieux. Et on s’offre un petit voyage à travers l’Ecosse au passage.


*"Don’t feel guilty. Guilt is a wicked ghost."*

J’ai lu pas mal de critiques négatives qui disaient que ce n’était qu’un énième Feel-Good movie Britannique au même titre que Billy Elliot, The Full Monty etc… Mais ceux là aussi, je les aime beaucoup. C’est certes un film simple à très petit budget, qui mets surtout à l’honneur une grande actrice : **Julie Walters**. Le film s’appelle *Driving Lessons* uniquement parce que sa mère lui apprend à conduire au début, mais le reste n’a rien à voir avec ça. C'est juste un film sur l'amitié entre deux personnes. Certes un peu "classique", un peu cliché, un peu attendu. Mais ça reste drôle, malgré tous ces éléments familiers. Le rôle de la femme d'un certain âge qui perds un peu les pédales, la recherche de liberté, etc. Un p'tit chou de film.

mercredi 1 janvier 2014

Deep Rising par TS


Salut les loupiots,

Il y a déjà un petit moment de ça (quand je vivais à Montréal, pour être exact : ceux qui suivent attentivement le fil de ma vie replaceront facilement cette période[1]) je me suis senti le goût de regarder tout un tas de films se passant sous l'océan. J'ai évité "La Petite Sirène", j'ai savouré Abyss et pour le reste je me suis enfilé une flopée de bobines à la qualité variable. L'un de ces films s'appelait... DEEP RISING!!! (Et y a pas d'raison pour gueuler comme ça.) J'ai donc découvert que ce film n'est autre que "Un Cri dans l'Océan", que j'avais vu et apprécié à sa sortie en salle ; et j'ai découvert par la même occasion que l'ado que j'étais avait vraiment des goûts de chiotte.


Une affiche qui en jette! Même à l'époque on trouvait de meilleurs graphistes, mais notez qu'on aperçoit déjà Famke Janssen derrière, qui est le seul intérêt du film.

Avant tout, quelques mots sur les coupab... sur l'équipe du film. J'ignore si la personne qui faisait le café en faisait du bon, mais j'espère que oui : au moins, quelque chose de bon est sorti de ce film. Pour le reste, le réalisateur est Stephen Sommers à qui l'on doit un paquet de bouses qu'on est rarement assez jeunes ou assez bourrés que pour pouvoir apprécier ne serait-ce qu'un peu. Les acteurs quand à eux m'intriguent : certains ont prouvé être capables de jouer correctement dans d'autres films (Wes Studi par exemple, à qui je pardonnerai peut-être un jour Avatar mais jamais Deep Rising ; Famke Janssen à qui je serai éternellement reconnaissant pour la façon dont Xenia Onatopp m'a troublé à l'époque ; Djimon Hounsou...) mais semblent aussi motivés à jouer dans ce film que moi à aller chez le coiffeur.


Cette scène est drôle parce que ce film, qui pompe un paquet de bons trucs et de bouses d'Hollywood, semble ici copier... une des BD Tintin! 
"Famke Janssen et le Crabe aux Pinces d'Or", mais ouais! 

Le film s'ouvre sur trois lignes de textes qui nous parlent des canyons sous-marins en mer de Chine capables de planquer l'Himalaya (si vous avez un Himalaya à ranger, pensez à la mer de Chine) et des nombreux bateaux qui ont disparu dans cette zone. Ensuite, on voit des épaves partout au fond de l'eau et une caméra tremblotante et des sons moches nous font comprendre qu'on voit tout comme si on était... la BÊTE! L'ambiance effrayante étant plantée (quoi?!?), on enchaine avec une musique héroïque, un bateau rapide qui fend les vagues et le premier plan sur nos héros. Parlons en, de ces chevaliers des temps modernes! Le personnage principal est un vieux beau qui surjoue son rôle de badass à qui on la fait pas. Son acolyte est très... acolyte : voix de gamin qui a pas encore mué (j'avais un coloc comme ça à Montréal : y a des têtes à claque, ben les gens avec ce genre de voix ont des "voix-à-claque" ! ), look d'informaticien mal coiffé et éternel gueule de victime. Il y a aussi une fille avec eux, une jolie asiatique qui se fera buter assez vite puisqu'elle a pas respecté la règle de survie de ce genre de films quand tu es une femme : tape-toi le héros, ou crève. (Au passage, dans la réalité vous êtes pas obligées de toujours vous taper le beau héros, les filles : faire zizi-panpan avec un couillon dans mon genre ne présente aucun risque pour votre santé. Je le dis en passant...)

Il faut savoir que le personnage principal avait été écrit pour Harrison Ford. Bon, je dis pas qu'il a fait que des merveilles, le coco[2], mais il faut pas pousser ! Même Colin Farell aurait hésité à accepté de jouer dans un tel film ! Ensuite, après les bons ("bons" dans le sens "gentils", hein : sinon, ils jouent excessivement mal), on voit les méchants : un groupe de gros bras aux mines patibulaires [3] qui disent des gros mots, parlent de femmes en termes pas très respectueux et se menacent avec des pistolets et des haches à la moindre engueulade. Hé bé, avec un tel tableau j'ai même pas eu besoin d'une musique dramatique pour comprendre qu'ils allaient poser des soucis à nos trois héros, ceux-là !
Y en a même un qui a pas un mais bien DEUX anneaux dans l'oreille gauche (double anarcho-pirate ! ).

Mais comme on l'a compris dès qu'on a eu droit aux plans de caméra pourraves entre les épaves, les méchants seront le moindre des soucis de nos héros. ("Nos" héros, "nos" héros... façon de parler hein : ils ne sont pas plus à moi qu'à vous.)
(Bon, entre tous les défauts de ce film je dois signaler un petit couac qu'on ne peut reprocher à personne : à chaque fois que le chef des vilains pointe son museau, j'avais la musique épique de "Last of the Mohicans" qui me venait en tête, parce que c'est le même gars qui jouait le vilain chef des Indiens.)


Une scène inutile dans un film inutile... 

Ensuite, je vous passe les détails du "comment que ça arrive", mais en gros le réalisateur nous fait comprendre que le propriétaire d'un gros bateau de croisière a fait exprès de mettre son bateau en panne pour que les méchants le pillent, et qu'il l'a fait juste au-dessus de la tanière du monstre (l'imbécile[4]). En gros, le bateau fait "pchhhht" et ne fonctionne plus, le monstre arrive et fait "boum" sur la coque et commence à bouffer tout le monde, à commencer par une jolie asiatique dans les toilettes. (Je sais pas il a quoi contre les jolies asiatiques, le réalisateur. Un souci avec une ex venue du levant peut-être ?...) Du coup, quand nos héros et les sales types le prennent d'abordage, tout le monde a disparu, à part une jolie fille (un héros hollywoodien sans sa demoiselle en détresse à sauver c'est comme un burger MacDonald sans ketchup : c'est pas bon de toute façon, mais ça se fait pas, on sait pas pourquoi mais c'est comme ça), le capitaine, le propriétaire du bateau et quelques autres futures victimes qui serviront surtout à gicler sur les murs de temps à autre afin d'occuper le spectateur. La suite est assez rythmée : un plan de caméra mal foutu, un humain qui repeint les murs de son sang, une blague vaseuse du héros; un plan de caméra foireux, un malheureux qui s'éparpille du sol au plafond, une feinte digne de moi prononcée par le héros... (Pour ceux qui voudraient regarder ce film, j'espère que ça vous plait parce que c'est quand même que ça pendant une bonne heure...) Au bout d'un paquet de cadavres, notre héros, son pote qui se prend les baffes et la jolie poulette qu'il ramène sous le bras se retrouvent dans son bateau et décident de tout faire péter avant de fuir sur l'île qui se trouve à deux pas (ha oui, parce qu'ils se rendent compte qu'en fait il y a une île juste à côté de là où tout le bousin se déroule : que le monde est petit quand même!). L'acolyte est bien un peu triste de constater que sa copine est morte, mais sans plus. C'est d'ailleurs le moment le moins crédible du film: quand un gars avec une gueule de con, un humour déplorable et un charisme de caneton parvient par miracle a séduire une jolie asiatique, il met pas 5 minutes à se remettre de son départ, et je sais de quoi je parle[5]. (C'est d'ailleurs sans doute pire si la demoiselle disparait bouffée par un monstre, marin ou autre, mais là je sais pas de quoi je parle.)


Je... je dois vraiment commenter la bêtise machiste de cette scène? Non parce qu'il parait que c'est de l'humour...

Comme on a pas payé pour rien, on a droit à une confrontation directe avec la bestiole. En effet, par manque de chance notre héros se fait attraper par le vilain monstre, mais par chance (cette fois) ce dernier décide de ne pas le bouffer tout de suite (comme il a fait avec ses centaines de premières victimes, hein) mais de jouer avec tel un hochet, ce qui permet au courageux marin de lui tirer dans l’œil avec son gros fusil.
Ça faut lui laisser : les armes sont de belle taille dans ce film: il faut dire que pour attaquer un bateau rempli de rupins armés de talons aiguilles et de jetons de poker, les pirates ont amené assez d'armes et de munitions que pour envahir la Corée du Sud. Détail amusant, dès que la demoiselle tente d'utiliser un flingue, elle rate, ou elle fait une connerie (d'ailleurs c'est sensé être drôle: "hu hu, femme pas douée pour utiliser symboles phalliques").


Comme quoi j'ai pas uniquement foutu des photos de ce film avec Famke Janssen: je suis pas ce genre de gars.

Bref, ça se termine sur une plage avec le comique (qui a survécu : ça leur arrive parfois), la future poupée sexuelle et l'inévitable héros, tout contents d'avoir vaincu. Et comme le réalisateur y croyait très fort, le dernier plan nous montre des arbres qui tombent rapidement au loin, comme si un énorme bidule était en train d'avancer très vite dans la forêt... (Oui, il a osé, je vous niaise pas ! )


\o/ Bonus \o/

Petit jeu rigolo :
Dès que vous repérez un "emprunt" fait à un classique du cinéma, vous le faites remarquer à vos compagnons de beuverie et vous descendez un verre de gin. Le but est d'être assez sobre à la fin du film que pour continuer de le trouver mauvais. "Alien", "The Thing", "Tremors", "Leviathan", "Jaws"…

LA blague du héros :
Poulette mignonne : "You have a boat out there ?"
Héros cynique : "Yes..."
Poulette bonnarde : "I you get me out of here..."
Héros sur de lui : "...I can have whatever I want ?"
Poulette surbaisable : Yes, whatever you want !"
Héros overcool : "Can you get me a cold beer ?"
Poulette baisissimable : "Very funny..." (Sur ce point, je suis d'accord avec elle.)


[1] Heu... get a life, guys ! Non mais vraiment, en plus ça fait flipper d'imaginer que quelqu'un puisse réellement me suivre à la trace de la sorte.

[2] Je le répète : Indiana Jones est une trilogie, et un épisode 4 n'a jamais vu le jour. JAMAIS ! Tout comme Terminator 3 ou un hypothétique rachat de Star Wars par Disney : c'est juste des racontars que les grandes personnes disent aux enfants pas sages comme moi pour leur faire peur !

[3] Comme on dit chez nous, "avoir de telles mines, c'est pas de veine". (Oui bon, je sais qu'elle est nulle ma blague, mais au moins elle est OK pour les mineurs...)

[4] Le propriétaire du bateau, pas le réalisateur. Enfin... les deux, disons.

[5] Je... ouais, je sais de quoi je parle parce que c'est arrivé à un pote. Voilà tout.

La Tour Infernale par Carban



Si la Tour Infernale est un film catastrophe sortie en 1974, c'est aussi le film de la rencontre au sommet entre deux des plus grands acteurs de cette époque.En effet Paul Newman et Steve McQueen se donnent la réplique dans ce film spectaculaire qui vous passera peut-être l'envie de séjourner dans un gratte-ciel.

Le film réalisé par John Guillermin et Irwin Allen est en fait une synthèse de deux romans, et s'inspire librement de la construction de grandes tours comme celle du World Trade Center par exemple, afin de montrer ce qui pourrait se passer en cas d'incendie dans une construction de ce genre.
En effet, la Tour Infernale commence lors de l’inauguration de la nouvelle plus grande tour du monde. La première partie du film sert principalement à nous présenter les personnages principaux, dont l'architecte de l'édifice Paul Newman. Pourtant les présentations ne trainent pas trop, et on peut noter plusieurs petits incidents électriques avant le début de la cérémonie.
Celle-ci à peine commencé, une incendie va se déclarer au 81ème étage. Commence alors pour les invités une nuit qu'ils ne seront pas près d'oublier, malgré l'intervention des pompiers et de leur courageux capitaine, Steve McQueen.

Tout d'abord, le film s'offre le luxe d'avoir un casting pour le moins exceptionnel. Outre Newman et McQueen, on notera la présence de Fred Astaire, Faye Dunaway, William Holden, Susan Blakely, Richard Chamberlain, ou encore O.J. Simpson qui était encore à cette époque, un citoyen respectable.
Si le film possède de nombreux personnages secondaires, on peut dire malgré tout que le scénario est suffisamment bien construit pour nous les présenter et leur donner une importance à l'histoire, sans que l'on s'éloigne de la construction standard du film catastrophe. Des codes que l'on retrouve encore aujourd'hui sont utilisés pour le film, qui marque finalement les débuts moderne du genre, avec son grand frère l'Aventure du Poseidon.



Bien évidemment, le film sert un propos qui lui est propre, et outre l'incendie d'un gratte-ciel, ce qui est vraiment mis en avant ici est la lutte de tous les instants fournies par les pompiers pour essayer de maitriser l'incendie et sauver des vies humaines. D'ailleurs lors de la scène d'ouverture, un hommage directe et rendu aux combattants du feu. Avec une mise en scène efficace et soignée, et des scènes spectaculaires mais d'un grand réalisme, on n'a aucun mal à imaginer la difficulté et le calvaire que cela doit être de lutter face à ce genre de catastrophes, dont les flammes ne sont pas le seul ennemi. Il est difficile de voir ce film sans imaginer l'enfer qu'a dû être pour ces hommes le World Trade Center, par exemple. En effet, si le film à plus de quarante ans aujourd'hui, il a admirablement bien vieilli, et conserve un effet intemporel, tellement les effets spéciaux et la réalisation sont correctes. Bien loin des films catastrophes plus récents qui préfères montrer des désastres à grandes échelles comme 2012, Le jour d'après ou ce genre de films, La tour infernale, présente la conséquence d'un incendie dans un immeuble, mais aussi dans des espaces particulièrement réduits comme les ascenseurs ou les cages d'escaliers, ce qui est particulièrement efficace pour conférer un maximum de réalisme. D'autant plus que plus l'espace est clos, plus le piège sera susceptible de se refermer sur les gens.



D'une certaine manière, ce film, qui décrit un incendie à grande échelle, s'attaque aussi à la cause principale de ces feux, et de toute catastrophe pouvant survenir dans l'immobilier, mettant en cause la construction même de l’édifice en matière de norme de sécurités ou simplement le côté peu scrupuleux des promoteurs qui, pour faire des économies sont prêts à se limiter aux standards, même quand ceux-ci ne suffisent pas. La responsabilité est clairement donner à l'être humain, et comme le dit le personnage de Steve McQueen, la construction de tours toujours plus hautes est un problème, quand on sait qu'on ne peut lutter efficacement contre le feu, au-delà de sept étages (à l'époque du film en tout cas.)

Pour en revenir au casting, si les deux acteurs principaux avaient pendant longtemps imaginés tourner un film ensemble, il aura fallut de longues négociations pour y arriver. Cependant le résultat est là, et les deux acteurs, s'impliquant dans leurs rôles, effectueront la plupart de leurs cascades eux-même. Pour la petite anecdote, c'est Steve McQueen qui réclama le rôle du capitaine des pompiers, alors qu'il était pressenti au départ pour celui de l'architecte. D'ailleurs l'acteur exigera de bénéficier du même nombre de lignes de dialogues que son rival (Paul Newman ayant débuté sa carrière avant celui-ci). Autre anecdote plus ironique celle-ci, le tournage du film s'est terminée un 11 septembre.Si le film fait la part belle aux deux acteurs, le scénario nous livre les petites histoires des acteurs secondaires, même si une fois la catastrophe bien lancée, ceux-ci sont mis en retraits, schéma assez classique des films du genre.



Néanmoins le film prend le temps de se mettre en place et si le début semble un peu long, les 2h45 passent finalement assez vite et l'on prend un réel plaisir face à ce spectacle, dont la tension crescendo reste très présente. A chaque instant on nous rappelle que nous somme face à quelque chose qui peut réellement arriver, et le réalisme de chaque scène ne fait aucune concession. Bien que mettant l'accent sur l'héroïsme des pompiers, le film nous montre également que bien souvent, ce sont les mouvements de paniques et la bêtise des gens qui enveniment et compliquent les situations. De plus il nous est montré à de maintes reprises, que le feu est un ennemi mortel, contre lequel on ne peut quasiment rien faire. Les fumées toxiques, la fragilisation des structures, et les flammes, forment un piège réel, sans compter les surprises que réservent le feu se déclenchant dans un local clos (embrasement généralisé éclair, explosion de fumée etc.) Et c'est sans doute pour son réalisme et sa mise en scène excellent que la Tour Infernale deviendra la référence en matière de film catastrophe, un an à peine après la sortie l'Aventure du Poseidon qui avaient déjà rencontré un grand succès. Après il est évident que ça reste un film, et que le tout est scénarisé, que certaines scènes sembleront un peu extraordinaire, mais le but d'un film, c'est aussi d'en mettre plein les yeux, mais le fond lui, reste solide et bien réel.



Pour conclure, malgré ses quarante ans, la Tour Infernale à très bien vieilli, et aujourd'hui encore, reste très efficace dans le genre du film catastrophe, même si on sent qu'on est bien dans les seventies. La réalisation est parfaitement menée, le spectaculaire est au rendez-vous, la bande son colle parfaitement aux situations oppressantes de ce piège de flammes, et un casting haut en couleur permettent à ce film de s'imposer comme une œuvre culte de cette époque, et qui fonctionne encore très bien aujourd'hui. On est loin du film catastrophe moderne, mais ce n'est pas déplaisant, au contraire.

Finalement, s'il y a une chose que l'on peut dire et qui est à retenir, c'est que le feu, ça brûle.

Lettre à Stan Wilson par Carban



Tu sais, depuis que tu es parti, le 7ème art a perdu l'un de ses créateurs les plus visionnaires. Tu as su traverser trois décennies de cinéma et surprendre avec ton travail colossale.
Tu fais indéniablement parti de ces magiciens qui en arrière plan donnent vie à l'extraordinaire, et si on retient plus facilement le nom d'un réalisateur, il ne fait nul doute que tu fais parti de ceux qui donnent réellement vie aux films les plus surprenants.
Mais grâce à ton travail tu as su t'imposer et être reconnu. Comment aurait-il pu en être autrement ? Comment n'aurais-tu pas pu recevoir les multiples oscars et autres récompenses qui ont couronnés ta carrière ?

Après tout, tu es le père de tous les personnages emblématiques de ces trente dernières années. Peut-être que d'autres les ont pensés, mais toi tu leurs a donnés vie. Monstres, robots, alien ou créatures du passé, tellement te doivent leur existence, et tant qu'on parlera d'eux, personne ne pourra oublier l'artiste et le technicien de talent que tu étais. Ton nom restera à jamais lié aux effets spéciaux, et au-delà de ça, aux différentes technologies qui s'offraient à toi et dont tu as utilisé le plein potentiel pour insuffler la vie dans le rêve afin d'effrayer ou encore d'émerveiller.

Tu étais l'un de ces rares spécialistes de talent qui était indispensable au cinéma, qui aujourd'hui à de plus en plus tendance à se reposer sur les CGI, faute à l'avènement du numérique. Malgré les difficultés, tu as maintes fois prouvé qu'avec de l'ingéniosité on pouvait surpasser tous les défis, et je souhaite que tu serviras encore longtemps d'exemple à cette nouvelle génération qui prendra la relève et que tu as inspiré et fait rêver grâce à ton travail.

The Machinist par Kviitiivz




The Machinist est un film réalisé par Brad Anderson en 2005.
Dans les rôles principaux nous retrouvons Christian Bale, Jennifer Jason Leigh, John Sharian.
Bien que réalisé par un américain, le film a été tourné en Espagne, près de Barcelone et financé par ce même pays car les studios hollywoodiens ne voulaient tout simplement pas de ce projet.

Trevor Reznik (Christian Bale) est ouvrier dans une usine.
En dehors de son travail, il passe la majorité de son temps et de ses nuits chez Stevie, une prostituée qui est pour lui celle qui se rapproche le plus d'une amie mais aussi à la cafétéria de l'aéroport à parler avec la serveuse, Maria. Le problème principal de Trevor est son insomnie, il n'a plus dormi depuis un an. C'est dans cet état que chaque jour il s'affaiblit de plus en plus, s'amaigrit mais aussi à de plus en plus de mal à garder son attention au travail, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses au vu des machines avec lesquelles il est en contact. L'apparition d'un nouveau collègue pour le plus étrange et de messages codés dans son appartement vont de plus en plus laisser penser Trevor que quelqu'un est après lui.




Au niveau du scénario, bien que celui ci est tout de même bien ficelé, il n'est à mon sens pas sans lacunes: d'une part l'insomnie... je vois ma tête après 3 jours sans dormir et là je me dis juste qu'an an faut pas pousser le bouchon tout de même. Mais bon, dans le but de pas te pourrir le film pour un détail on va dire OK. (détail certes important j'avoue, mais se pourrir le film pour ca, très franchement ca aurait très con vu la qualité du reste). Deuxième lacune du film c'est tout simplement sa prévisibilité car si le tout est bien conduit on flaire quand même à partir d'un certain moment l'anguille sous roche.
C'est dommage il faut le reconnaitre mais ca ne m'a pas pour autant gâché le film non plus.

La réalisation est quant à elle assez bien foutue, notons d'ailleurs la scène de la route 666 avec une bonne utilisation, une fois n'est pas coutume de l'effet stromboscope. La couleur est tout aussi bien utilisée, donnant à bien des scènes une ambiance pesante, froide (l'usine, l'appartement), et d'autre part les scènes d'extérieur aux couleurs beaucoup plus lumineuses, un peu rétro. Cette mise en scène maitrisée pousse le spectateur lui même à ressentir une part de paranoïa grandissante au fur et à mesure de l'avancement ainsi que la fragilité psychologique de Trevor due à son insomnie qui elle aussi ne fait que s'accentuer. L'interprétation des seconds rôles est tout à fait honorable de là part de tout le cast, mais je n'ai cependant pas des masses accroché au personnage de Ivan, le nouveau collègue "super inquiétant", qui m'a paru trop caricatural en fait, bien que je pense que ça soit surement voulu.


Le fameux Ivan

La prestation et la performance de Christian Bale dans le rôle de Trevor est juste fabuleuse.
Si on ne peut évidemment pas passer à coté du physique transformé de l'acteur par une trentaine de kilos en moins c'est surtout son visage, ses traits qui impressionnent, qui choquent même.
La faiblesse et la fatigue se lisent sur son visage mais aussi dans ses mouvements (notamment la scène où Trevor fuit en courant les questions d'un policier et semble au bord de l'évanouissement).
Son interprétation de Trevor est sans failles, Bale EST Trevor Reznic, une réelle appropriation du personnage par l'acteur et pas seulement au niveau physique car sur tout point, ca colle.  Le personnage de Trevor évolue tout au long du film, de plus en plus faible physiquement mais surtout psychologiquement.



Au final The Machinist, porté par une prestation remarquable de Christian Bale et une ambiance efficace et oppressante à souhait est un film à retenir malgré ses quelques imperfections.
Vraiment à voir...

Prédator par Carban




Grand cru de mon année de naissance, Predator est le second film de John McTiernan, maître du film d'action de sa génération avec entre autre Pièges de Cristal. Cet action survival orienté SF donne la vedette à Arnold Schwarzenegger et à Apollo Creed.

Si l'histoire du film est assez basique en elle-même, l'intérêt se situe davantage dans la mise en scène et surtout dans la présentation d'un nouveau personnage phare dans le domaine de la fiction : le Predator, un extra-terrestre dont le principal plaisir est la collection de trophées acquis lors de traques.
C'est la triste découverte que fera une équipe de commandos américains envoyée dans la jungle sud-américaine pour libérer au départ des otages.Si la mission se passe plutôt bien, malgré quelques surprises, c'est bien lors de son repli que la petite équipe dirigée par Dutch (notre Arnold), va devoir faire face à un prédateur inconnu, qui à la vilaine habitude de tuer, dépecer et accrocher ses victimes la tête en bas. Le chemin de retour ne se fera pas sans heurs bien évidemment.

On peut clairement le dire, le scénario tient sur un timbre poste et ne risque pas d'émoustiller les capacités intellectuelles des spectateurs les plus exigeants. Le film reste cependant aujourd'hui encore un classique du cinéma de science-fiction. Il faut dire que le boulot fourni par McTiernan pour la mise en scène, mais surtout par Stan Winston pour créer cette créature toute particulière est très bien mené, et ainsi le Predator trouvera sa place dans notre univers de fiction à travers plusieurs films, mais également de jeux-vidéo ou encore de comics.



Pourtant ce n'était pas gagné au départ. En effet, la créature imaginée était totalement différente de celle que l'on connait, et c'est la collaboration des deux hommes qui permettra de créer le monstre emblématique que l'on connait aujourd'hui. Pour en revenir au film lui-même, il ne faut pas se leurrer, on est dans le testostéroné. Entre les poignées de mains épiques et ultra viriles, le tabac à chiquer, ou les blagues bien masculines, il n'y a pas de doutes, ici on est face à des militaires de chez l'Oncle Sam, et vu leur armement, ils sont là pour tout casser.
D'ailleurs les personnages sont assez stéréotypés, et on a le droit à tout, du black, au taciturne, au gringalet à lunette, en passant par le pisteur animiste d'origine amérindienne. Fallait bien un peu de sixième sens dans tout ce tas de muscles.
Et c'est justement parce que le film assume son côté léger au niveau de l’histoire, que l'on peut y prendre un plaisir malgré tout. D'autant plus que les chasseurs vont devenir les chassés, et que notre ami E.T. aux dreadlocks, sait y faire pour leur faire perdre la boule.

Cela dit, si Predator est devenu un film culte des années 80, malgré ce scénario qui plonge sans vergogne dans les clichés du genre, ce n'est pas gratuit non plus. Le côté grand spectacle est assuré, mais au-delà de ça, la mise en scène nous plonge dans l'ambiance. On ressent très bien la présence moite et chaude de la jungle, l'effet qu'elle a sur le commando, et surtout, le Predator est une créature qui intrigue. Pour de nombreuses raisons d'ailleurs. Tout d'abord on ne la voit pas.
Pas parce qu'elle se cache constamment mais surtout parce qu'elle est invisible grâce à une technologie inconnue sur Terre. On devine sa présence, on le sent rôder, mais son camouflage ne permet pas de le distinguer, ce qui va brouiller nos amis militaires qui ne savent pas contre quoi ils se battent.



Le Predator attise donc la curiosité. On se demande à quoi ressemble cette créature qui semble dotée d'une technologie supérieure aux humains, au point de tenir en échec un commando surentrainé. Aucune arme moderne ne peut en venir à bout et il faudra en venir à la force brute, bestiale, et à l'intelligence pour espérer triompher de cet inconnu.

En ce sens les dernières scènes du films sont une réussite et Schwarzy excelle dans son rôle de commando mis en position de faiblesse, tout comme Stalone le faisait dans le premier Rambo. Néanmoins McTiernan toujours dans son rôle de maitre de l'action, ne tente pas de nous angoisser et de nous effrayer comme le huitième passager de Ridley Scott peut le faire dans le Nostromo. Ici on est dans l'action pure et dure, et il ne s'agit pas de nous laisser supposer les choses, de nous surprendre ou de nos donner une crise cardiaque. Quelques scènes gores sont au rendez-vous pour mettre en avant le côté Safari du film, ainsi que les trophées collectés par le Predator, ainsi que sa nature violente et bestiale (on le voit arracher un crâne avec colonne vertébrale d'un coup).
Et c'est bien là, l'un des aspects intéressants du film. En effet celui-ci s'ouvre sur la mission du commando, où une petite troupe entrainée et parfaitement équipée parvient à vaincre des dizaines d'ennemis retranchés dans leur camps avec une violence palpables. Leurs supériorités est écrasantes, ils le savent et ils le montrent.
Pourtant une fois que le Predator se met en chasse, les rôles sont parfaitement inversés. Face aux aptitudes et aux équipements de la créature, les militaires en deviennent inefficaces, comme le montrent plusieurs déploiements de forces inutiles qui ne font que détruire des arbres sans même blesser le Predator. Pour vaincre une telle créature, il faudra régresser à un stade plus primaire.
C'est le constat qui s'impose à nous lors de la dernière scène où le personnage de Dutch parvient à leurrer la créature avec des moyens archaïques (utilisation de la boue), et des armes qui ont quelques millénaires de retard. D'ailleurs on notera que le Predator est un chasseur qui aime les défis et qui sait reconnaitre un adversaire valeureux, puisque celui-ci retirera ses armes les plus avancés pour affronter Dutch dans un combat final épique et violent.
Malgré tout, la créature en tant que prédateur ultime n'accepte pas la défaite, et est prête à tout.



Ainsi le film avec des choses simples parvient à s'imposer à coup de scènes explosives et de punchline savoureuses (qui ont d'ailleurs parfois plus d'effet dans la VF du film). Le film qui n'a pas loin de trente ans aujourd'hui, n'a pas mal vieilli, et la mise en scène montre clairement qu'en matière de film d'action burné, John McTiernan reste un des artiste du genre. On notera également la musique du grand Alan Silvestri qui a bien su trouver comment mettre en avant cette partie de chasse dans laquelle l'homme est la proie. Le thème principal, rend un bel hommage au Predator et ne manque pas de faire son effet.

Pour conclure Predator, bien que dans un registre différent d'Alien, et peut-être plus basique également, n'en demeure pas moins un film culte dans la SF d'action des années 80, et sait faire de ses simplicités apparentes une force qui finalement sert le film tout du long et prenant le luxe de poser une petite question métaphysique sur la supériorité technologique apparente et la violence.
Un classique à voir, avec des prestations d'acteur simples mais efficaces et des scènes d'action qui continuent de faire effet même 26 ans après.

dimanche 13 octobre 2013

The Bangbang Club (2010) by Dylan



The Bang Bang Club est un film Canado-sud-africano-allemand écrit et réalisé par Steven Silver. En plein Apartheid, entre 1990 et 1994, le Gouvernement livre une guerre au Congrès National Africain et à Nelson Mandela. Le Gouvernement s’allie au mouvement Inkatha et aux guerriers Zulu. Le film relate la vie d’une bande de photographes en Afrique du Sud pendant cette période. Deux de ces photographes ont reçu un Pulitzer pour leur photos, et ce sont eux qui sont au centre du film. Mais ils ont tous réalisés des séries de photographies extraordinaires, reconnues dans le monde entier. Leur nom: Kevin Carter, Greg Marinovich, Ken Oosterbroek, et João Silva. C’était la première fois que des photos aussi violentes étaient publiées. Des photos qui montraient la réalité des choses et ce qui se passait dans les Townships. Leurs photographies furent publiés dans les plus grands magazines. Mais elles sont surtout choqué le monde, et ont soulevé une question importante : est ce que les photographes/journalistes doivent rester passifs en toute circonstance ?



The Bang Bang Club débute avec une interview de Kevin Carter (Taylor Kitsh), un des membres du ‘Club’ (ce n’est qu’un nom que les gens leur ont donné.) Le film nous raconte donc leur histoire après qu’on lui ait posé la question : What makes a photograph great ? Greg Marinovich (Ryan Phillippe) est un autre photographe du Bang Bang Club, et commence le film avec un pari risqué : aller chez les Zulu après un conflit pour faire des photos d’eux. Il y arrive, et assiste à un assassinat public. Déjà, on comprend que dans certaines situations, il est impossible d’intervenir. Ici, la Vie devient Mort en seulement quelques secondes. Les gens font leur propre loi.


‘Why the fuck do you care man, just take the picture’

Le film nous fait découvrir le quotidien des photographes. Les moments intenses, mais aussi les moments de calme. La camaraderie au sein du Chaos. Mais c’est surtout un film socialement et historiquement intéressant. On y montre une violence extrême mais réelle : le film est tiré d'une histoire vraie. Ces photographes sont les seuls blancs, ils filment une lutte qui n’est pas la leur. Mais ils la filment au milieu des mouvements de foule, au milieu du danger, au milieu des armes. La foule enjambe les corps comme s’ils n’existaient pas. Les photographes, eux, savent qu’ils seront mieux payés s’ils prennent des photos marquantes. Ils semblent presque détachés de l’horreur qui se passe autour d’eux. Mais pour combien de temps? Les balles fusent, et le danger reste évident : personne n’est à l’abris, même caché derrière un appareil photo. On voit bien que malgré leur sourires, la peur reste présente, quelque part en eux.



The Bang Bang Club reconstitue plusieurs épisodes de leur vie en se basant sur ce qu’ils ont vraiment vécu. Par exemple, voir un homme se faire brûler vif… ce genre de choses. La mise en scène garde une certaine distance, comme si tout se passait dans un demi-silence, un flou… un vide. Le photographe, Greg, reste à prendre des photos tout le long. Quoiqu’il advienne…Clic, Clic…Clic. Toujours continuer à prendre des photos... Et les héros sont de plus en plus hantés par ce qu’ils doivent voir. Pourtant, c’est leur choix d’être là. C'est leur passion, voir leur vie.... Alors doivent-ils rester neutre ou non ? Le film répond dans un sens à cette question, nous montrant l’horreur de la situation et l’impact psychologique que cela a sur les héros du film. Le film soulève aussi le problème de la liberté de la presse sous l'Apartheid. Par exemple, lorsqu’on demande à Greg de donner ses photos à la police pour arrêter quelqu’un. Ces photographes ne veulent pas choisir de camp : ils veulent rester neutre.



‘They’re right you know. All these people that say that it’s our job to just sit there and watch people die’

Ce film, c'est surtout des moments bouleversants, comme l’origine de la photo de Kevin Carter, prise au Soudan. Cette photo a choqué le monde et lui a valu un Pulitzer. Mais cela lui a aussi valu des attaques contre le photographe. Les gens voulaient savoir ce qui était arrivé à l’enfant, et pourquoi il n’avait rien fait pour l’aider. Le film parle du débat suivant : est-ce qu’un journaliste doit aider les gens ou non ? Pour Kevin Carter, les photos sont essentielles et aident à leur façon. Face aux attaques des médias contre lui, il craque. Pourtant, pour lui, ce n’est pas qu’un spectacle. Une bonne photo est une photo qui pose une question.

En résumé, c'est un film très intéressant sur beaucoup de points. Les acteurs sont tous très bon, même si c'est agaçant d'entrendre Ryan Phillippe dire "Ya" tout le temps histoire d'avoir l'air Sud-Africain. Mais pour le reste: très bien foutu. Je ne connaissais pas du tout ces photographes avant de voir le film, c'était donc une double découverte. C'est bien filmé, ça se regarde tout seul, et ça en vaut la peine. Et ça fait un petit cours d'histoire en prime. Hop.


Trailer

L'île du Docteur Moreau by Dylan



Hello CIN,

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’un film que j’adorais lorsque j’étais petite. Un film qui, à sa façon, parle un peu des physiques étranges. Même si le film a un peu mal vieilli et qu’il est un peu simpliste, je ne me lasse pas de le regarder de temps en temps. Le film est une adaptation d’un roman de Science Fiction, écrit par H.G Wells, datant de 1896. Il est réalisé par John Frankenheimer. J’ai regardé L’île du Docteur Moreau pour la première fois parce qu’à l’époque, j’avais un énorme crush sur Val Kilmer. Mais ce film m’a également fait connaître trois acteurs que j’aime énormément depuis : Fairuza Balk, Marlon Brando, et David Thewlis. Vous l’aurez compris, le point fort de ce film, c’est son Casting. Et heureusement. La mise en scène n’étant pas extraordinaire, ce sont les acteurs qui amènent leur propre délire aux personnages. Mais c’est peut-être juste une impression : je n’ai pas lu le roman d’origine, alors je ne permettrai pas de comparer les personnages écrits & la performance des acteurs. Mais je les trouve tous très juste, très simples. Ce n’est pas surjoué, on a l’impression de visiter calmement le décors et de vivre l’histoire en même temps que le personnage principal : Edward Douglas (David Thewlis).




Edward, seul survivant d'un crash aérien, est récupéré sur une bouée de sauvetage par un bateau. A son bord, Montgomery (Val Kimer). Après plusieurs jours de voyage, ils arrivent sur une île inconnue pour Edward, mais connue de Montgomery : celle du Dr. Moreau. Mais quelque chose n’est pas très net sur cette île. Qui est ce mystérieux Docteur Moreau? Edward Douglas commence à explorer son nouvel environnement… on sent la chaleur de l’île, l’angoisse de la nuit lorsque la jungle nous entoure, on entends avec lui les étranges sons et cris… Puis nous arrivons avec lui dans une salle médicale : une salle de chirurgie, ou quelqu’un semble être en opéré de force. Le choc de deux mondes. La nature et son calme, puis la science et sa souffrance. Des animaux en cage sont dans la même salle. Il y a quelque chose de très, très étrange qui se passe ici. Edward fuit la scène après voir compris qu’il s’agit d’expériences génétiques avec des humains et des animaux : il croise d’autres habitants de l’île, qui semblent humains avec des visages… disons, moins humains.



L’île du Docteur Moreau a un rythme efficace : on est immédiatement lancés dans le vif du sujet. Edward veut juste s’échapper de l’île, et essaye de se faire aider par la fille du Docteur : Aissa (Fairuza Balk).

Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’on a l’impression d’entrer dans un autre monde, un monde fantastique, celui créer par le Docteur Moreau. C’est un voyage dans un monde qui nous semble familier, mais qui pourtant, ne l’est pas du tout lorsqu’on regarde les personnages. Le réel devient irréel. Du coup, on a presque l’impression de regarder un film d’heroic fantasy, ou un film futuriste… avec des visages qui nous rappellent un ancien temps. On arrive donc à sentir le malaise du personnage principal, qui est un Outsider comparé aux autres. Edward Douglas, c’est un peu l’aventurier qui découvre une tribu indigène. Mais cette tribu est l’œuvre du Docteur Moreau (Marlon Brando), qui lui, se prend pour un Dieu. Et Marlon Brando est effectivement l’acteur idéal pour jouer un Gourou, un Dieu… C’est une figure charismatique puissante.

Les dialogues du film sont intéressants sur le débat des modifications génétiques. Est-ce de la folie ou de la recherche ? Est-ce un problème moral, philosophique, social ? Qu’est ce que l’identité humaine ? Quel devrait être l’impact de l’homme sur la nature ?




Pourtant, L’île du Docteur Moreau n’est pas considéré comme étant un très bon film. Et je peux très bien comprendre pourquoi. Déjà à cause du bordel qu’il y a eu autour du tournage : les acteurs vivaient tous des moments difficiles (suicide de la fille de Marlon Brando, divorce de Val Kilmer, changement de réalisateur etc…). Mais pour moi, les acteurs ne sont pas le problème, et ils ont fait du bon boulot. Mais ce film aurait pu être bien meilleur, bien plus profond, bien plus violent… Ca reste tout de même vraiment cool. Peut-être parce que je l’ai vu quand j’étais enfant et que j’étais bon public. Ou peut-être parce que le film part en délire total, et on fini par se sentir comme dans un asile de fou. Peut-être aussi pour les moments kitshs entre Edward et Aissa. Mais au delà de ça, je trouve que ça reste un film avec un sujet original. Même si c’est basé sur un roman. L’esthétique générale est plutôt stylée et en soit, on ne s’ennuie pas. La fin traîne certes un peu en longueur et on se croirait un peu trop dans La Planète des Singes avec une touche de Mad Max. Mais pour tout le reste, c’est un bon film. J’avoue préférer le début, c’est ce qui me marque le plus. Pour les scènes d’action et tout le reste, c’est un peu… surfait. La conclusion du film est pourtant très belle: "We have to be what we are".

Alors pour ceux qui l’ont vu, qu’est ce que vous en pensez ?

Trailer

La divine Divine (1945-1988) by Stitch

Hello CIN !

Dans le thème de cette SàT qui a trait aux acteurs ayant un physique hors norme, je vais vous narrer l’histoire de Divine (né Harris Glenn Milstead), célèbre drag-queen des années 70 et 80 qui a touché tout d’abord au cinéma en devenant l’égérie de John Waters, puis à la musique en interprétant de nombreux titres dance et disco dans les 80’s.





LA JEUNESSE DE HARRIS GLENN MILSTEAD (1945-1965)

Harris Glenn Milstead est né le 09 octobre 1945 à Baltimore, Maryland de l’union de Harris Bernard et Diana Frances Milstead. Le foyer Milstead était une famille américaine de classe moyenne supérieure. La famille est relativement riche et essentiellement conservatrice. Les Milstead ont su profiter du système et travailler là où il fallait pendant la seconde guerre mondiale, ce qui a permis à la famille à la sortie de la guerre d’être dans une position économique plutôt confortable. Le Père de Glenn n’a pas pu participer à la guerre du fait d’une maladie neuro-musculaire.
Etant enfant unique et tellement désiré (Il y eu deux fausses couches avant la naissance de Glenn), l’éducation de Glenn fut plutôt permissive voire même gatée. Les parents de Glenn cédaient à tout ce que voulait leur fils y compris la nourriture ce qui entraina chez l’enfant un problème de surpoids.

Lorsque Glenn eut 12 ans, la famille déménagea à Lutherville, une banlieue de Baltimore. Glenn a alors fréquenté le lycée de Towson d’où il en sortit diplômé en 1963. En raison de son surpoids, Glenn n’était pas destiné à faire des travaux trop laborieux et il développa une passion pour la peinture, l’art et les fleurs. Ainsi, à 15 ans il commença un travail à temps partiel chez un fleuriste local. Pendant ce temps il suivit aussi un régime qui lui fit perdre de nombreux kilos et lui redonna confiance en lui.

A partir de ses 17 ans, Glenn se réveilla sexuellement parlant et se rendit compte qu’il était autant attiré par les hommes que par les femmes. Devant cette orientation sexuelle, qui était encore à cette époque un sujet plus que tabou dans la société américaine conservatrice et conventionnelle, ses parents l’envoyèrent chez un psychiatre.

En 1963, un fois son diplôme en poche, Glenn s’inscrit dans une école de coiffure et, une fois ses études terminées, trouva un travail chez un coiffeur local. Mais Glenn s’ennuya très vite et arrêta tout travail pour vivre aux crochets de ses parents qui, comme à leur habitude, ne lui refusèrent rien. Il mena la belle vie et ses parents lui payaient toute dépense que ce soit en vêtements couteux ou voitures. Ils payèrent même, quoique à contrecœur, des soirées où Glenn pouvait se travestir afin de ressembler à son actrice préférée, Elizabeth Taylor. Ces soirées d’excès eurent raison de son régime et Glenn repris peu à peu du poids et ne perdit plus jamais ces kilos en trop au contraire.

LA NAISSANCE DE DIVINE (1966-1968)

Au milieu des années 60 et grâce à ses soirées, Glenn élargit son cercle d’amis dont David Lochary (avec qui il partagera souvent l’affiche) et Carol Wernig. C’est grâce à ce dernier que Glenn fait la connaissance et se lie d’amitié avec un certain John Waters. Cette amitié et cette fidélité sera toujours présente jusqu’à la mort de Glenn.





Le trio composé de Glenn, Lochery et Waters sortent souvent ensemble et trainent dans des bars de Hippies afin de fumer de la marijuana. En voyant Glenn travesti, Waters a commencé le premier à lui donner le doux surnom de Divine en déclarant à son sujet qu’il était « la plus belle femme du monde ou presque ».

Waters avait le doux rêve de faire des films mais surtout de faire les films les plus trash de l’histoire du cinéma. Il a convaincu ses proches amis de jouer dans ses films et tout ce petit monde s’est regroupé en un collectif appelé les Dreamlanders. Ce groupe était donc composé, entre autres, de Glenn, David Lochary, Mary Vivian Pearce et Mink Stole. Cette joyeuse bande d’amis tournait leurs films les dimanche après-midi. Et, en 1964, en est sorti un premier court-métrage intitulé Hag in a black leather jacket qui est totalement passé inaperçu.
Pas de chance non plus en 1966 pour le film Roman Candles qui lui aussi connu un succès plus qu’illusoire. Dans ce film, Waters commence à mettre sa patte du sordide et du trash en y faisait l’apologie du vol, et de toute pratique pouvant contrarier une Amérique puritaine. Ainsi, il décide d’y faire apparaître Divine déguisée en nonne qui de surcroit fume comme un pompier.
Le troisième court de Waters s’intitule Eat your makeup et on y voit Divine grimé en Jackie Kennedy tout récemment veuve de son président de mari qui enlève des top-modèles pour leur faire manger leur maquillage.

Lors de ces débuts d’acteur dans des films underground, Divine a bien entendu caché à ses parents conservateurs ses activités. Il pensait que ses parents ne pourraient pas comprendre à la fois son mode de vie et son choix quand à jouer dans des films très controversés et de mauvais gout. En parallèle, les parents de Divine lui ont offert un salon de coiffure en espérant que leur fils se range un peu et devienne un peu plus responsable au niveau financier et d’arrêter toutes ses dépenses extravagantes. Même si Divine accepte le deal et travaille donc dans le salon de coiffure offert, il en refuse la responsabilité et la gestion laissant cela à sa mère.
En 1968, il décide de quitter le foyer familial et s’installe en location dans un petit meublé de Baltimore.

L’ASCENSION DE DIVINE (1968-1970)

De 1969 à 1970, Waters enchaine trois films dont la vedette est toujours Divine. Ces trois films représentent une escalade dans le mauvais gout.

Dans The Diane Linkletter story (1969), Divine y incarne Diane Linkletter une jeune fille qui se rebelle contre ses parents conservateurs qui tentent de la faire rompre d’avec son petit ami hippie et toxico. La jeune fille se drogue à son tour et se suicide après s’être complètement camée au LSD. Ce film relate des faits réels et ne sera jamais diffusé en salles pour des raisons juridiques.

Dans Mondo Trasho (1969), Divine campe une « bombe blonde corpulente » qui conduit comme une folle autour de la ville et écrase un auto-stoppeur. C’est dans ce film que Divine se fait enfin remarqué et des critiques du Los Angeles Free Press déclarent que « Divine, le sex-symbol de 300 livres est sans aucun doute une sorte de découverte ».





Pour Multiple Maniacs (1970), Divine devient Lady Divine, une femme qui tient une exposition appelée « la cavalcade de la perversion » qui devient le théâtre du meurtre des visiteurs de la dite exposition. Le film contient de nombreuses scènes controversés comme celle où Lady Divine se masturbe avec un chapelet alors qu’elle est assise sur un banc d’église, ou celle où Lady Divine tue son petit ami et lui mange le cœur ensuite (qui est en fait un cœur de bœuf mais qui avait un peu pourri en étant resté sur le plateau de tournage toute la journée). A la fin du film (Attention SPOILER !!), Lady Divine est violée par un homard géant nommé Lobstora ce qui la conduit direct à la case folle à lier et surtout à un mass-murderer avant d’être elle-même abattue par la garde nationale. Multiple Maniacs a été le premier film de Waters à retenir l’attention générale et Divine y confirme son statut de nouveau talent puisque dans une émission, la radio du Nouveau-Mexique KSFX déclare que « Divine est incroyable ! Elle pourrait amorcer une nouvelle tendance dans les films ».

DIVINE EN PLEINE GLOIRE (1971-1988)

En 1972, John Waters réalise Pink Flamingo qu’il qualifie lui-même comme un « exercice de mauvais gout ». Il donne à Divine le rôle de Babs Johnson qui vit dans une caravane rose avec sa mère, son fils et une amie. Babs a acquis une réputation qu’elle défend par tous les moyens, celle d’être l’être le plus répugnant des Etats-Unis. Aussi lorsque les gens veulent lui disputer cette « palme », elle se rebiffe et ce sera à qui fera le pire pour justifier cette place.
Grâce à ce film, et notamment UNE scène du film, celle où Babs mange les excréments d’un chien, Divine a définitivement laissé son empreinte dans le monde du cinéma. Et cette scène est devenue l’un des moments les plus marquants de la carrière cinématographique de Divine. Mais attention âme sensible s’abstenir car la scène n’est vraiment pas très ragoutante.




Du coté vie privée, Divine a quitté son salon de coiffure, et a ouvert une friperie de vêtements vintage à Provincetown, Massachussets mais dont il s’est lassé très vite et a vendu le fond après avoir bradé tous ses articles pour avoir de l’argent. Divine recommence alors à vivre aux crochets de ses parents à qui il a encore gardé le secret sur son activité cinématographique. Mais, en 1972, la poule aux œufs d’or s’enfuit et ses parents refusent de continuer à financer son train de vie exorbitant et lui coupent les vivres. Cela engendrera un gros conflit entre Divine et ses parents et les ponts seront coupés pendant près de dix ans.

En 1974, Divine joue le rôle de Dawn Davenport dans Female Trouble (toujours de Waters). Dawn Davenport est une jeune fille qui se rebelle en devenant une délinquante et pour qui le crime serait un art. Et, pour sublimer cet art, elle devient de plus en plus violente. Dans ce film, Divine joue aussi le rôle masculin de Earl Peterson. Divine fut très satisfait du film car, pour la première fois, il pouvait jouer un rôle masculin ce qui lui permettait d’enlever l’étiquette de simple acteur travesti.

En parallèle, il commence à jouer dans de nombreuses pièces de théâtre avec son amie Mink Stole. Tout d’abord, ce fut des pièces à petit budgets dans des salles plutôt insignifiantes puis le dramaturge Tom Eyen lui propose le rôle d’une infirmière de prison Pauline dans sa pièce Women Behind Bars (c’est d’ailleurs à cause de son implication dans cette pièce que Divine n’a pas pu participer au film de Waters Desperate Living en 1977). Ce rôle de l’infirmière Pauline a permis de montrer le talent de Divine sur scène puisque la pièce, après New-York, fut jouée à Londres. Face au jeu de scène de Divine, Tom Eyen lui propose un nouveau rôle dans sa pièce La Femme au Néon. Divine y campe Flash Storm, une femme propriétaire d’un club de strip-tease à Baltimore.

En 1981, c’est un nouveau tournant pour Divine. Il fréquente le Studio 54 et y fait de belles rencontres notamment des personnes qui évoluent dans la sphère musicale. Divine se laisse conduire par ses nouveaux amis qui voit en lui une nouvelle icône des clubs. C’est à ce moment que sort le premier single intitulé Born To Be Cheap.

Cette même année, Waters dirige à nouveau Divine dans son film Polyester. Divine joue Francine Fishpaw, mère au foyer de son état et un peu alcoolique dont le mari gère un cinéma porno, la fille est nymphomane et le fils est en quelque sorte un fétichiste des pieds. Bref une famille peu reluisante mais la rencontre de Francine avec un play-boy sur le retour qui lui fait miroiter maints rêves va bousculer l’équilibre précaire de cette charmante famille. Ce film est une innovation car il est en odorama, une carte à gratter avec des odeurs dessus est distribué avec le film et le spectateur peut s’immerger un peu plus dans le film. Mais attention, toutes les odeurs ne sont pas agréables, c’est quand même du Waters, le roi du mauvais gout !!

Du point de vue de sa carrière musicale disco, Divine à fait 4 albums, My first album (1982), Jungle Jezebel (1982), The story so far (1984) et Maid in England (1988). Parmi les singles issus de ces albums très clubs et disco, nous avons des titres comme Shoot your shot (1983), Shake it up (1983), You think you’re a man (1984), I’m so beautiful (1984) qui revisite l’histoire de Blanche-Neige ou encore Walk like a man (1985).

En 1985, Divine fait une petite infidélité à Waters en jouant dans deux films qui ne sont pas réalisés par lui. Le premier est Lust in the dust, une comédie qui se situe dans le far-west et où il joue le rôle de Rosie Velez, une femme de petite vertu chanteuse dans un saloon en concurrence avec une autre pour les gentillesses d’un homme. Le second est Trouble in mind où Divine n’y a qu’un petit rôle de gangster gay mais l’acteur voulait ce rôle car il lui permettait de jouer un homme et ainsi de sortir de son image de travesti.





En 1988, Divine joue à nouveau avec John Waters dans Hairspray. Divine y incarne Edna Turnblad, une mère de famille dont la fille Tracy (Ricky Lake), jeune fille dodue et à la coiffure choucroute, veut être à la mode et dans le coup. Et, pour y arriver, il faut danser dans l’émission le Corny Collins Show. Tracy époustoufle tout le monde par sa façon de danser le madison et est sélectionnée pour être la danseuse vedette du show à la grande joie de ses parents mais rivalités et jalousies ne vont pas tarder à surgir. Dans Hairspray, Divine y a également le rôle masculin d’Arvin Hodgepile, le directeur antipathique et raciste de la chaîne de télévision. Grâce à ce film, Divine acquiert ses dernières marques de noblesse.

Le 7 mars 1998, soit trois semaines après la sortie de Hairspray, Divine loge dans un hôtel de Los Angeles car le lendemain, il doit tourner dans la série Mariés…deux enfants. Après une journée de répétition, il rejoint son hôtel où il dine avec des amis puis va dans sa chambre se coucher. Dans la nuit du 7 au 8 mars, Divine décède à l’âge de 42 ans des suites d’une apnée du sommeil couplée d’une hypertrophie cardiaque certainement causée par son obésité.

L’APRES DIVINE

Divine, bien qu’entouré d’amis fidèles, était une personne seule. Seul il l’était du point de vue familial en coupant les ponts avec ses parents. Et seul il l’était aussi du point de vue sentimental. Divine se considérait comme un homme, il était gay mais pas transgenre ou transsexuel. Dans les années 80, il a entretenu une longue relation avec un homme marié prénommé Lee qui le suivait partout. Après une séparation, il a eu une courte relation avec un acteur porno gay, Leo Ford, qui a été plus que relatée dans les médias ce qui a mis fin à son idylle. Il y eut de brèves aventures d’un soir avec des jeunes hommes ramassés lors de ses tournées musicales. Si Divine était gay, il n’a jamais voulu prendre part aux manifestations de revendication des droits aux homosexuels ce qui, selon son agent, aurait néfaste à son image.

John Waters crée en 1989 Cry Baby avec à nouveau Ricky Lake et Johnny Depp. Le rôle de Delit-de-faciès était à l’origine pour Divine. Mais le décès de l’acteur a tout remis en cause et le rôle fut alors attribué à Kim McGuire

Divine, tout au long de sa singulière carrière, est devenu une icône connue et reconnue. De nombreux documentaires retraçant sa vie ont été produits suite à son décès. S’il faut n’en retenir que deux, ce serait Divine Trash sorti en 1988 ou I am Divine qui est sorti en mars 2013.

Et juste une dernière petite chose avant de finir cet article, Divine a tellement marqué les esprits que même les Studios Disney lui ont rendu hommage dans un animé de 1989. Vous ne voyer vraiment pas de quoi je parle ? Alors cliquez sur ce lien et vous comprendrez tout de suite.


Et voilà tout ce que je pouvais dire sur la divine Divine. J'espère vous avoir fait découvrir ou redécouvrir ce personnage hors-norme haut en couleur.

Castaways on the moon by Albé

Au pays de l’oncle Sam-Sung, le cinéma respire l’originalité, la poésie et la qualité par-dessus tout. Le réalisateur Lee Hey-jun ne déroge pas à la règle. En 2009, il signe son prometteur et premier long métrage intitulé Castaways on the moon (les naufragés sur la lune).

L’excentricité totale des personnages est au rendez-vous. D’un côté, il y a Monsieur Kim, l’homme déchu, incapable de briller en société. Sur le plan affectif, personne n'est là pour l’épauler. Sur le plan professionnel, sa piètre carrière ne lui permet pas de rembourser les intérêts de son emprunt. C’est un homme délaissé et brisé, prêt à en finir avec ce supplice qu’est la vie. De l’autre côté, nous découvrons une mystérieuse jeune femme. Elle n'a pas de nom. Personne ne sait qui elle est ni même si elle existe vraiment. Elle-même ne le sait pas. Et pour cause, elle évite tout contact avec le réel et les autres. Voilà déjà trois longues années que la jeune femme reste cloitrée dans sa chambre à contempler la lune. C’est une Hikikomori.


Dans ce film, les prises de vue sont d'un esthétisme remarquable. Les instants de vie sont capturés comme de véritables tableaux.

L’histoire est celle de deux êtres submergés par le malaise et le mal être social. Dépassés et accablés par la société, ils ne se sentent plus à leur place au sein de la fourmilière humaine. Leur utilité, leur identité sociale est mise en cause. Pire encore, cette identité sociale a disparue peu à peu pour laisser place aux sentiments de solitude et d’exclusion. Nos deux protagonistes sont devenus des étrangers, des extraterrestres.

Quant au scénario, il se révèle tout aussi improbable et énigmatique que les personnages. Du haut d’un pont, Monsieur Kim tente de tuer sa honte en se jetant dans la rivière. Cependant, la rivière ne veut pas de lui et le rejette comme un vulgaire déchet humain sur l'île de Bam, petit territoire inaccessible en plein cœur de Séoul. Par un concours malheureux de circonstances, voilà Monsieur Kim contraint de se la jouer Robinson Crusoé. D’où il se trouve, le naufragé sait pourtant apercevoir les autres mais il est dans l’impossibilité de les contacter, de leur demander de l’aide. Et c’est ici que réside tout le talent et l’ingéniosité du scénariste. Désormais, l’éloignement avec les autres n’est pas seulement mental. Il est aussi physique, ce qui accentue encore d’un cran la distance qui sépare Monsieur Kim du reste du monde. Bingo ! La métaphore est sublime.



Le point de départ est donné pour une série d’aventures tout aussi rocambolesques les unes que les autres. Les dialogues se limitent pratiquement aux voix-off. Les deux acteurs monopolisent l’écran, quitte à se trouver dans l’obligation de surjouer. Le drame s’allège et devient presque drôle. On a même droit à quelques débordements scatophiles. Nul ne sait où cela va-t-il bien pouvoir mener. Le héros n’a finalement plus trop l'air de se déplaire sur cette île, devenue entre-temps sa nouvelle maison.

Cependant, quelque chose de basique manque terriblement à Monsieur Kim. Et l’envie d’y subvenir le torture de manière irrépressible. Là où cette envie pourrait être comblée de façon tout à fait ordinaire dans un monde civilisé, la chose se complique fortement au beau milieu de nulle part. Cela vire à l’obsession et bientôt Monsieur Kim se lance dans un défi aussi irréalisable que celui de "faire revivre les dinosaures à partir de l’ADN extrait chez les moustiques fossilisés". Mais après tout, vouloir l’irréalisable n’est peut-être pas si risible. L’enjeu pourrait être bien plus crucial qu’il n’y parait. Peut-être est-il question de se prouver à soi-même de quoi on est capable au moment même où l'on se sent bon à rien.


Comme dans Seul au monde, Monsieur Kim éprouve la nécessité du partage social. L'objet prend alors vie par substitution.

D'après moi, ce film frôle la perfection. Le scénario est orchestré d'une main de maître. De plus, La profonde fragilité des personnages est extrêmement touchante. Malgré la bizarrerie de la situation et la caricature des personnages, le réalisateur parvient à nous attacher pieds et poings liés à ces deux grands inadaptés de la vie. Comme quoi, la folie n’est rien d’autre qu’un état normal exacerbé. La fissure révèle ce qui sommeille en nous.

Je crois pouvoir affirmer sans trop m'avancer qu'il s'agit de ma plus belle découverte cinématographique 2013 ! Du Grand Art !

Ink by Carban

Je prends aujourd'hui la plume (le clavier serait sans doute plus correct, mais admettons) pour vous parler d'un petit film indépendant sorti en 2009.

Prenant pour toile de fond l'éternelle opposition entre rêves et cauchemars, le réalisateur/scénariste/compositeur/producteur Jamin Winans, nous livre avec Ink un conte moderne intelligemment mis en scène. Son long-métrage qui se contente d'un petit budget de 250 mille dollars parvient à atteindre son objectif, puisque malgré une sortie en salle inexistante, il bénéficiera assez rapidement d'un succès important sur la toile, notamment via le téléchargement illégal. Selon le réalisateur, cette exposition inattendue fera quadrupler les ventes et les donations sur le site web du film. Devenu un véritable phénomène internet Ink parvient à faire le buzz et à s'imposer finalement à l’insu de son plein gré.



Nous pouvons saluer l'excellente qualité visuelle du film en matière d'effet spéciaux et de photographie, et ce malgré un faible budget pour un métrage de ce genre. Car Ink lorgne clairement du côté du cinéma fantastique, entrainant avec lui le spectateur dans une bataille silencieuses qui oppose chaque nuit les Conteurs et les Incubes. Si les premiers tentent d'apaiser le sommeil de chacun et de leur rendre ce moment le plus agréable possible, les seconds eux, exploitent nos peurs les plus enfouies afin de les faire ressurgir dans nos cauchemars.
Mais tout ceci est sans compter l'apparition de Ink, une créature hideuse qui poursuit un desseins tout autre et qui va se retrouver déchirer entre les uns et les autres.



Afin de donner un peu de matière à son film et de personnaliser tout ceci, le cinéaste prend le parti d'apporter quelques scènes d'actions efficaces opposants les deux factions. Loin des fusillades d'Hollywood (je rappelle que nous sommes dans un conte, tout de même), nous avons le droit à quelques scènes de combats lorgnant du côté du film d'art martiaux sans faire de l'excessif ou du spectaculaire. Le sujet du film n'est en effet pas là, et le réalisateur ne l'a pas oublié.
Bien que le sujet ne soit pas d'une originalité à toute épreuve, et qu'avec un bon sens minimal on pourra aisément comprendre le film avant sa fin, il est très facile de se laisser emporter par son histoire et par ses personnages. A l'instar d'un conte, il suffit de se laisser transporter, de se laisser conter cette histoire, de laisser la musique nous transporter avec les images. Selon moi Ink fait parti de ces films qui sont un peu comme une douce mélodie. On ne réfléchit pas dessus, et on se contente de se laisser transporter par les notes qui s'enchainent.

Alors bien sûr, il serra sans doute facile de trouver quelques défauts par ici ou par là (le rendu visuel par exemple peut surprendre, l'utilisation de filtres couleurs etc. étant omniprésents, il ne sera peut-être pas au gout de tous), mais ce qui est important, c'est le travail de qualité qu'a pu fournir un réalisateur indépendant, avec des acteurs inconnus, et un budget plus que restreint. C'est le genre de film qui peut donner une leçon à certaines grosses productions qui oublient que l'essentiel quand on veut créer une histoire, c'est d'y mettre une âme.
Et quand on pense qu'au départ aucun studio ne s'est montré intéressé par le scénario, on est en droit de se demander, au vu du succès rencontré par le film, qu'est-ce qu'il leur faut ?!

L'indifférence des studios et des distributeurs obligeront Winans et sa femme (productrice du film) à multiplier les casquettes durant le tournage ainsi qu'en post-production. Néanmoins, ce dur labeur porte ses fruits puisque malgré l'absence de distributeurs, le film arrive à se faire une place dans les festivals locaux, et ainsi, grâce à de bonnes critiques, à gagner une renommer sur le web, flirtant au niveaux des téléchargements avec les plus grands films SF de l'année 2009.



Et pour cause, l'histoire, le visuel, le côté dramatique du film ne manquent pas de toucher. A la fois sombre mais plein d'espoir, l'histoire est pleine de sensibilité, et rend de ce fait les personnages attachants.
Au-delà de ça, on pourra certainement voir des petites références aux certains monuments du cinéma de science-fiction. Le combat entre Conteurs et Incubes, qui agissent dans notre réalité sans y appartenir pourtant pourra rappeler Matrix, où le fait que tout ceci se passe durant la nuit, pendant que les gens dorment ne manquera pas de faire penser au chef d’œuvre de Proyas Dark City
Pourtant le film ne se contente pas de s’inspirer de ces prédécesseurs. Il développe son propre univers qui alterne entre différentes réalités, le passé, le présent et parvient même à y mêler le futur, permettant au conte de s'encrer irrémédiablement dans la réalité, sans oublier la magie propre à ce genre de récits.
Certaines scènes sont tous simplement bluffantes et l'une d'elle nous offre une réaction en chaine à la fois surprenante mais parfaitement maîtrisée.
Encore une fois la musique colle parfaitement à l'histoire, légère, douce, elle donne un aspect assez aérien au long-métrage.



En conclusion, Ink fait parti de ces films qui montrent que le 7ème Art, ce n'est pas qu'une question d'argent, de budget ou de têtes d'affiche. Un film intelligent, parfaitement réalisé, une histoire qui transporte et qui touche, et au final, un bon moment. Tout simplement.

Trailer
Scène de la réaction en chaine /!\ petit spoil!