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lundi 26 mars 2012

Gangs of New York by Hablast

Avec Gangs of New York, Martin Scorsese nous signe son 21ème long-métrage et vous montre comment l’Amérique est née dans la rue.



Histoire
L’histoire retrace la vengeance et la montée d’Amsterdam (Di Caprio) au sein de New York du milieu du 19ème siècle. Ayant vu de ses propres yeux le meurtre de son père, celui-ci reviendra 16 ans plus tard, après avoir vécu dans une maison de redressement, pour accomplir son obsession qu’il traîne depuis tout ce temps. Mais il devra avant cela se faire un nom et gagner la confiance du meurtrier de son père, ce dernier n’étant nul autre que la personne la plus influente de la ville.
Nous avons donc affaire à une trame digne des plus grands films de Scorsese reprenant la recette la plus classique du film dramatique, celle de la vengeance et de l’ascension épique d'un jeune homme au beau milieu d’une fresque historique marquant un tournant majeur dans l’influence newyorkaise. Ajouté à cela un héros inspiré d’une parole de Bruce Springsteen "attendre un sauveur qui se dresse, venu de la rue".

Casting

Côté casting, Gangs of New York dispose d’une équipe qui a fait en sorte que le film obtienne 11 nominations aux Oscars (mais n’a obtenu aucun prix). Elle est constituée de grands noms du cinéma hollywoodien avec les acteurs Leonardo Di Caprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, Liam Neeson, Brendan Gleeson, John C.Reilly, Howard Shore à la composition, Jay Cocks au scénario, Michael Ballhaus à la photographie sans oublier la talentueuse Sandy Powell en tant que chef costumière ainsi que l’excellent Dante Ferreti en chef décorateur. Tout cela bien entendu sous la direction de Martin Scorsese.

Analogie du scénario avec les pôles argumentifs de la rhétorique

Pour commencer l’analyse du film, le mieux serait d’éclaircir en quoi ce scénario classique qui s’inscrit dans une veine pleine d’accents homériques, œdipiens et shakespeariens tout en conjuguant le récit d’une vengeance filiale et celui d’une histoire d’amour parvient à tirer une grande originalité ? L’important n’est pas de trouver un scénario innovateur dans sa conception (ce qui devient de plus en plus difficile dans ce genre de superproductions, bien que …), mais d’y rassembler un nombre d’archétypes et de règles qui rendent les personnages attachants, les situations affectives et une exposition des faits raisonnables et réalistes. Plus clairement, réunir dans le scénario un caractère équilibré entre l'Ethos (confiance qu’on attribue aux orateurs) le Pathos (émotions que les scènes nous procurent) et le Logos (la rationalité, le discours de sens).

Ce vieux procédé rhétorique trouve également son sens dans le scénario du septième-art et la bonne combinaison de ses trois pôles argumentatifs donne systématiquement un résultat convainquant.

Analyse (les lignes qui suivent peuvent faire l’objet de divers spoilers)

La construction des personnages et leurs interrelations apparaissent dans Gangs of New York comme extrêmement complexes et riche. Avec 22 000 figurants et 100 rôles parlés, il serait difficile de tout développer. Contentons-nous simplement d’analyser la relation entre les 3 acteurs principaux qui représentent le centre névralgique de l’histoire.

Triangle amoureux

Au départ, Bill le Boucher (Day-Lewis) et Jenny (Diaz) sont stables dans leur caractère. C’est la venue d’Amsterdam (Di Caprio) qui va faire changer leur comportement. Ensuite, quand le couple Di Caprio/Day-Lewis se sera formé et devenu interdépendant, c’est Jenny qui va jouer le rôle de la balance venant déséquilibrer le duo déjà très fulminant, ceci dû au fait qu’il est pourvu d’antagonismes et de ressemblances.

Relation Bill/Amsterdam

Amsterdam devra s’accaparer la confiance de Bill pour pouvoir accomplir son vœux de vengeance plus facilement. Cependant, il n’attendra pas à ce que son cœur en décide autrement. Petit à petit que leur relation se construit, Amsterdam commence à éprouver une admiration croissante envers Bill. Sa fascination ne cesse d’augmenter tout au long du film. Au départ réticent, il en viendra à porter un toast pour le meurtrier de son père. Plus loin encore, il le considérera comme un père de substitution en acceptant un certain enseignement de l’art de manier le couteau et plus globalement de se battre. Ceci étant un point essentiel qui constitue l’objet de sa vengeance. Amsterdam sera tellement dérouté dans le film qu’il faillira même à son amour propre en acceptant, malgré sa conviction, de coucher avec Jenny croyant alors qu’elle avait couché avec Bill.

Direction artistique

Au niveau du jeu d’acteur, la manière de travailler s’avère très différente entre Léonardo Di Caprio et Daniel Day Lewis.

Di Caprio est enthousiaste à propos de son rôle, il le connaît, et le maîtrise. Il est, en fait, la meilleure personne pour en parler et l’analyser. (On peut d’ailleurs voir dans les bonus du DVD, à quel point il semble connaître le contexte historique du film et l’intériorité de son personnage).

Daniel Day-Lewis à une manière totalement différente de travailler son personnage. Contrairement à Di Caprio, il ne connaît pas son rôle, il est son rôle. Et cela à un point où Scorsese en viendra même à dire lors d’une interview « Il s’était tellement imprégné dans son rôle que son interprétation en était devenue inconsciente ».

Cette manière très différente de travailler entre deux acteurs principaux a souvent donné un bon rendu. A vous de juger. De plus Scorsese est un de ses réalisateurs comme John Huston, Clint Eastwood etc. qui laissent le travail d’acteurs aux acteurs, c’est-à-dire qu’il n’est pas là pour leur dire si leur interprétation est bonne ou mauvaise. Ce n’est pas son rôle et respecte cela en ne se hiérarchisant pas par rapport aux comédiens. Sa seule tâche est de les diriger sur la bonne voie.

Costumes et décors

Les costumes et les décors dans Gangs of New York sont des éléments essentiels qui constituent la majorité de l’atmosphère du film. Le combat entre les natifs et les immigrés à l’époque restent une période assez nébuleuse de l’histoire (1840-1860). Les émeutes anti-circonscriptionnelles ne sont pas glorieuses et on a beaucoup évité d’en parler dans les livres d’histoires. C’est pourquoi les costumes, principalement des pauvres, et les décors ont représenté un grand travail dans l’élaboration du film.

Pour ceux qui s’en souviennent, ou ont tout simplement remarqué en voyant le film, la conception des costumes n’a pas paru unanime chez tout le monde. Une critique majeure disait que leur constitution semblait un peu trop superficielle, propre et scintillant comparé au décor plus sale et plus réaliste. Cette critique est d’ailleurs entièrement légitime, car elle est tout simplement vraie. En fait Sandy Powell, la chef costumière, nous dit dans les bonus du DVD que cet effet est voulu. En se basant sur de vrais costumes d’époque, elle a tenu à leur donner un style et à les adapter selon son sentiment. Et Martin Scorsese appuie ce choix en développant ce « côté imaginaire ». Il est donc légitime d’y apporter cette critique, mais c’est toujours mieux de la faire en connaissance de cause.

Pour ce qui en est des décors, le tournage s’est déroulé à Rome au Cinecitta Studio. Dante Ferreti a pu se baser sur des photographies et des daguerréotypes de l’époque. Martin Scorsese lui a également donné 5 livres remplis de documentation de l’époque. C’est sur ces 5 bibles de décorateurs que Ferreti a pu esquisser ses croquis et constituer la base de son travail. Il a ensuite construit une maquette qui se tenait sur une table de conférence, l’a proposée à Scorsese et l’a ensuite créée grandeur nature après l’accord du réalisateur. Scorsese nous confie dans les bonus qu’on ne verra probablement plus un décor de cette taille (quoique ?). La taille du plateau constituait tout de même la taille réelle d’un quartier sud de Manhattan. Le décor a été construit en, à peine, 5 mois.

Thèmes chers à Scorsese

Dans beaucoup des films de Scorsese on retrouve des thèmes assez récurrents. Voici, pour les fans d’analogie, quelques-uns plus ou moins frappants : Les Irlandais, l’ascension d’un inconnu dans un milieu et une époque phare, la guerre des gangs, la religion (à savoir que Scorsese voulait être prêtre avant de devenir réalisateur), les combats de boxes etc. Mais le thème le plus chère à Martin Scorsese est sans doute la ville de New York. Dans une grande partie de ses films New York apparaît comme un personnage à part entière. On la voit dans Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull, Age of Innocence, New York, New York, Les Affranchis etc. Gangs of New York pourrait constituer une sorte de prologue aux films du cinéaste.

Anecdotes
- C’est le père de Di Caprio qui lui a conseillé de changer d’agence pour figurer dans celle de Scorsese afin de lui demander s’il pouvait tenir le rôle d’Amsterdam. En effet, son père savait que Scorsese avait les droits d’adaptation depuis 30 ans. Il était persuadé que c’était un rôle pour son fils.
- Dans les bonus du DVD, l’intervieweur demande à Daniel Day-Lewis : Comment avez-vous préparé votre rôle ? Et Monsieur Day-Lewis répond : Je ne sais pas, j’ai mangé de la viande et j’ai écouté Eminem (dit sur le ton de l’humour, bien entendu).
- Le tournage a duré 8 mois.
- 850 000 d’objets d’époques ont été utilisés pour le film. Après le tournage, on les a entreposés dans une des deux tours du World Trade Center. Ces derniers n’ont pas été épargnés par les attentats. Seulement 18 de ceux-ci ont été retrouvés.


Cordialement, Hablast.

mardi 14 février 2012

Ennio Morricone by Hablast

Il y a certains compositeurs que tout le monde se devrait de connaître tellement leur musique s’est imprégné dans notre esprit. Si Mozart a marqué la terre entière avec sa musique classique, Ennio Morricone est certainement l’un de ces contemporains qui va encore résonner longtemps dans nos têtes.



Aujourd’hui, Ennio Morricone a composé la musique de plus de 500 films et programmes télévisés et a vendu un total de 50 millions de disques dans le monde. Voici la présentation de quelques unes de ses meilleures compositions.

Son premier grand succès qui lui vaudra une reconnaissance internationale est, bien entendu, sa première collaboration avec Sergio Leone Per un pugno di dollari avec en vedette Clint Eastwood.

Ce n’est pas un hasard si c’est avec Sergio Leone qu’Ennio Morricone a proposé ses premières grandes compositions. C’est, effet, grâce à Leone qu’Ennio Morricone a pu dévoiler son potentiel. Le réalisateur avait pour habitude de donner la priorité à la musique pour implanter l’atmosphère du film. Ainsi, la musique était bien souvent déjà composée avant même que les premières séquences ne furent tournées. C’était déjà, entre autre, le cas avec Per un pugno di dollari. Leone a précisé dans une interview que l’ambiance très lente du film était d’ailleurs due à la musique.

Cette collaboration va continuer pour la quasi-totalité des films de Leone avec à chaque fois, un travail de plus en plus poussé dans la musique. Pour le deuxième volet de la trilogie du dollar, on s’est demandé comment Ennio Morricone allait pouvoir faire mieux. A la vision de ce film et à l’écoute de la musique, on se dit qu’on a atteint le summum. Ce genre de B.O. reste d’ailleurs dans la tête un sacré bout de temps avant de penser à autre chose. Et cela ne dérange d’ailleurs pas le moins du monde. Dans Per qualche dollaro in più, on retrouve donc un thème principal mémorable ainsi que la musique du duel final qui sonne plus western que jamais.

Alors, était-il impossible de faire mieux qu’Et pour quelques dollars de plus ? La réponse ne s'est pas faite attendre. Deux ans plus tard, Sergio Leone nous propose le film considéré par beaucoup comme le meilleur western de tous les temps : Il buono, il brutto, il cattivo. Plus besoin de présenter ce thème que tout le monde pourrait parvenir à siffloter sans aucun problème. Mais ce n’est pas la seule composition qui a marqué le film,The Ecstasy of Gold n’a rien à envier à quiconque. Il n’est pas rare que nombre de personnes disent sérieusement qu’elles voudraient qu’on joue cette composition à leurs funérailles.

La trilogie du dollars étant finie, Morricone aurait également achevé son oeuvre ? Du tout, bien au contraire. Avec C'era una volta il West, le grand retour de Morricone était assuré. Sergio Leone, à l’instar de ses précédents films, tenait à ce qu’on joue le thème principal du film sur le plateau, pour que l’ambiance de la composition s’imprègne dans chacun des acteurs et même de l’équipe derrière la caméra, afin de créer une osmose absolue avec la musique. Le résultat fut une nouvelle fois bel et bien au rendez-vous.

Bien que Giù la testa (il était une fois la révolution) et Il mio nome è Nessuno (mon nom est personne) ont moins marqué les esprits, on retrouve tout de même le style d’Ennio Morricone et un travail toujours impeccable. Mais si ce petit recul de talent s’est reflété dans la composition de ces deux films, on ne manquera pas de pardonner Ennio Morricone et encore moins de douter de lui en voyant son travail avec Debora’s Theme composée pour C'era una volta in America que beaucoup ont jugé comme sa composition la plus magistrale. Certains qualifient d’ailleurs cette composition comme la définition même du lyrisme.

Il serait absolument inculte de penser que l’oeuvre d’Ennio Morricone s’arrête à Sergio Leone. Le fruit de son travail se montre sous bien différentes formes dans beaucoup de films au genre très différent. Il est d’ailleurs bon de rappeler que parmis les 5 nominations aux Oscars qu’a reçu Ennio Morricone, aucune n’est dûe à l’un des films de Sergio Leone. Ainsi la musique de Days of Heaven (les moissons du ciel) de Terrence Malick, The Mission de Roland Joffé, de The Untouchables (les incorruptibles) de Brian de Palma, de Bugsy de Barry Levinson et de Malèna de Giuseppe Tornatore sont les 5 compositions qui lui ont valu une nomination pour les Academy Awards.

Mais encore une fois, le travail de Morricone est très apprécié pour beaucoup d’autres films comme d’autres westerns spaghettis tels que Da uomo a uomo (la mort était au rendez-vous, thème repris par Tarantino pour Kill Bill), Navajo Joe, Il mercenario … des films français comme Le professionnel, le clan des siciliens, le cinéma italien avec Cinéma Paradisio et le méconnu Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon), et même un peu de Héroic fantasy avec Red Sonja (Kalidor).

Pourtant, Ennio Morricone n’a jamais obtenu l’oscar pour la meilleure musique de film. L’institution des Oscars a certainement du se rendre compte de son erreur et s’est empressée de lui offrir un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2007, décerné par Clint Eastwood en personne. Ce qui permit aux deux cinéastes de se rencontrer pour la première fois !

Liens :

SERGIO LEONE

Pour une poignée de dollars : Main Title

Et pour quelques dollars de plus : Theme , Sixty seconds to what?

Le bon, la brute et le Truand : Theme, The Ectasy of gold

Il était une fois dans l'ouest : Theme, Man With A Harmonica

Il était une fois la révolution : Theme

Mon nom est personne : Theme, The Wild Horde

Il était une fois en Amérique : Deborah's Theme


WESTERN SPAGHETTI

La mort était au rendez-vous: Theme

Navajoe Joe : Theme

Le mercenaire : L'Arena


NOMINATIONS OSCARS

Les moisson du ciel : Theme

The mission : Theme

Les incorruptibles : Theme

Bugsy : Theme

Malèna : Theme


AUTRES

Le professionel : Chi Mai

Le clan des siciliens : Theme

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon : Theme

Cinema Paradisio : Final Theme

Red Sonja : Theme , Final Theme

Nous pouvons en tout cas dire qu’avec une oeuvre aussi variée que celle là, il serait difficile d’y rester insensible.

Cordialement Hablast.

lundi 23 janvier 2012

L'Irlandais (2011) by Hablast



Pour son premier film, John Michael McDonagh, frère du réalisateur Martin McDonagh à qui l’on doit In Bruges, met en scène Brendan Gleeson dans un rôle qui semble lui être fait sur mesure : le Sergeant Gerry Boyle alias The Guard

L’histoire met en scène un flic aux méthodes peu orthodoxes. Son passe-temps favori se fait au pub, que dis-je ce n’est pas un loisir, c’est son travail. Le nombre de malfrats qui règnent dans le petit village où il exerce la loi est aussi nombreux que la contenance de Guiness qui lui reste dans son verre 5 minutes après l’avoir commandé. Seulement voilà, à force de se vanter qu’une bourgade comme celle-là est d’une tranquillité sans nom, c’est tout l’inverse qui tendra à se produire. C’est, en effet, par le biais de cette ville qu’un réseau de trafiquants de drogue émergera pour y jeter leur dévolu. C’est ainsi que le FBI y mettra les pieds également et aura besoin de l’aide du Sergent Boyle (Gleeson) pour aider à démanteler ce réseau. Pour ce faire, une équipe composée de deux corps de la police sera mise en place. D’un côté Wendell Everett (joué par Don Cheadle), agent du FBI aux méthodes conventionnelles et sans prise de risque ; de l’autre notre agent Boyle ou l’incarnation parfaite du politiquement incorrect.

Un duo composé donc d’une antithèse s’inspirant d’un mythe aussi vieux que le monde et revisité sous toutes les sauces, dans tous les âges et dans toutes les civilisations : Le Bien et le Mal, le Yin et le Yang, le Ciel et l’Enfer, l’Ange et le Démon, Eros et Thanatos, Cain et Abel, David et Goliath, Magie noire et Magie blanche, Luke Skywalker et Dark Vador … bref 2 entités totalement complémentaires.

La contemporanéité de ce tandem est d’une originalité osée et provocatrice qui caractérise tant bien l’humour bristish que contient ce film. Nous pourrions même plutôt parler d’humour Irish qui va, peut-être plus loin que son confrère. C’est ce que le film semble en tout cas montrer et le résultat est bel et bien présent. La couleur est tout de suite dans la bande-annonce quand le Sergent Boyle annonce avec cynisme : « Je suis irlandais, le racisme fait partie de ma culture ».

Le ton est ainsi lancé laissant place à une cascade de scènes plus corrosives les unes que les autres. On a du mal à ne pas se retrouver au travers de ce flic psychorigide incarné par Don Cheadle quand il se retrouve devant un personnage qui touche à tous les vices à savoir le sexe, la drogue, l’alcool et le rock’n’roll. Ce duo diamétralement opposé nous ferait presque oublier l’intrigue de l’histoire.

Car l’histoire, parlons-en, n’est pas non plus des plus à plaindre. Malgré le fait qu’elle repose sur une base de scénario assez classique, la réalisation maîtrisée de J.M. McDonagh a tendance à la mettre en valeur. Nous ne sommes pas dans un genre policier classique, mais plutôt dans une atmosphère qui nous rappelle le western. C’est d’ailleurs ce que confie le réalisateur : "Je voulais faire de L'Irlandais un western dont le Far West est représenté par la côte occidentale de l'Irlande, avec les ingrédients pour un film stylisé et poétique, dont l'ampleur romanesque et l'humour noir évoquent John Ford et Preston Sturges", affirme-t-il.

Les situations sont parfois tellement caustiques qu’elles déversent un sentiment jouissif chez le spectateur. Il est difficile d’en trouver une qui vaut plus que les autres. Ainsi, autant les scènes avec les prostituées que celles dans les pubs ou encore entre les deux acolytes font preuves de grandes maîtrise théâtrale autant de par les acteurs que par la mise en scène ainsi que le dialoguiste. Tant qu’on est dans le casting, il serait dommage de na pas énoncer la participation de Larry Smith à la photographie, ce dernier n’était nul autre que le directeur de la photographie de Stanley Kubrick pour son film Eyes Wide Shut. Ce dernier a d'ailleurs remporté le prix de la meilleur photographie au festival de Dinard 2011. On pourra également se réjouir de voir apparaître dans des rôles secondaires des acteurs comme Liam Cunningham ou encore Mark Strong, ce qui vient agrémenter un peu plus l’équipe décalée qui a participé à ce film.


En résumé, si vous aimez l’humour Irish, autrement dit, plus noir que noir, l’autodérision, le cynisme, le politiquement incorrect, In Bruges, Brendan Gleeson et l’atmosphère du cinéma anglais, L’irlandais ne devrait certainement pas vous décevoir.

Hablast.

lundi 13 juin 2011

Sidney Lumet : 12 angry men by Hablast

Sidney Lumet est l’un des rares réalisateurs à être parvenu à faire d’un premier film son ultime chef-d’oeuvre. Avec Twelve angry men, il signa un long-métrage novateur et puissant de par sa mise en scène. Une production reconnue à l’heure actuelle comme une référence en matière de cinéma. Voici, sans plus attendre, l’exposition de long en large d’un film qui s’est inscrit dans les modèles du septième art.



L’histoire narre la délibération de 12 jurés au sujet de la mise à mort d’un adolescent accusé de parricide. Pour qu’il y ait une sentence prononcée, les 12 hommes doivent être unanimes. A l’issue d’une première discussion, 11 le jugent coupable contre 1 qui a un doute valable… Cet homme, appelé dans le film juré N°8, est porté à l’écran par le talentueux Henry Fonda.

Pour éviter toute confusion, il est préférable d’annoncer tout de suite le risque de désenchantement quant à la vision de l’oeuvre. Le genre du film n’a rien d’un thriller, ni d’une intrigue policière mais bien d’un drame. En d’autres termes, il n’y a pas d’enquête menée pour tenter de connaître scientifiquement les tenants et aboutissants de l’acte criminel. Le film est donc uniquement basé sur le ressenti des jurés et les relations qu’ils construisent ensemble dans la salle de délibération.

Sidney Lumet semble avoir rapidement compris comment faire un bon film en peu de moyen. Comment représenter un nombre suffisant de thèmes, de sentiments et d’archétypes sans utiliser des décors et une action soutenue tout le long du film ? Comment savoir raconter un huis clos qui tient en haleine et basé uniquement sur le dialogue ? Le rassemblement de 12 jurés aux caractères très différents dans le cadre juridique semble être une voie qui affecte une grande majorité d’individus.

Tous, ou plutôt un grand nombre de stéréotypes sociétaux seront représentés à travers les 12 hommes :

N°1 : Porte parole des 12 jurés privilégiant la démocratie quant à la direction de la délibération
N°2 : Chétif et martyre que certains n’hésiteront pas à écraser.
N°3 : Père de famille sans pitié, où l’éducation à la dure des enfants semble être la meilleure solution pour qu’ils ne tournent pas mal.
N°4 : Banquier pragmatique et convaincu des faits exposés. Plus rattaché au Logos qu'à l’Ethos et le Pathos
N°5 : Influençable, pas sûr de lui et victime de préjugés car il vient du même milieu que l’accusé.
N°6 : Simple ouvrier qui n’alimente le débat que par des simples remarques. Il le dit clairement ; c’est son patron qui est amené à faire des suppositions, pas lui.
N°7 : Blagueur inintéressé de l’affaire, voire insouciant.
N°8 : Henry Fonda, le chevalier blanc des jurés. Inversément au juré n°4, il semble plutôt privilégier le Pathos au Logos.
N°9 : Personne âgée, également plus sensible aux bons sentiments plutôt qu’aux faits. Il sera d’une grande contribution en se comparant avec un témoin du même âge que lui pour comprendre son fonctionnement.
N°10 : La soixantaine, empli de préjugés à la limite du racisme. Pour lui, toutes les personnes venant de ce genre de milieu sont les mêmes ; des êtres dangeureux et sans espoir de réinsertion.
N°11 : Probablement le juré le plus imprégné de l’affaire. Se remettant le plus facilement en question, il n’hésitera pas à accepter de revoir en détails chacun des faits pour tenter d’éviter la mauvaise sentence.
N°12 : Homme d’affaire dans la publicité, ne connaissant pas très bien le droit et a du mal à se faire sa propre opinion de l’affaire.




Avec ces 12 caractères distincts, Sidney Lumet parviendra à présenter de nombreuses relations sociales et psychologiques sociétales telles que : le phénomène de groupe, de discrimination et de préjugés, de leadership, de sociocentrisme évaluatif, d'identité sociale, de dépersonnalisation, d'identification sociale, de déviance dans les relations de groupe, de normalisation, de conformisme, de négociation de conflit, de pression majoritaire, de perception et d'influence de la minorité, d'avis sous anonymat ou de manière identifiée, de comparaison sociale, de dissonance cognitive, etc.

Le point fort du film se traduit dans la justesse extrême des dialogues et de l’angle de vue que Sidney Lumet nous propose. Rien n’est grossier, tout est sincère. On ne tombe jamais dans les solutions faciles ou dans les clichés que monsieur tout le monde pourrait faire. Henry Fonda se traduit par un personnage qui n’attend ni plus ni moins que la vérité soit dévoilée en se comportant avec un recul prononcé.

Ce point n’est pas compris par tous les jurés (qu’ils pourraient être représentés par les spectateurs de l’oeuvre). Une scène très utile et nécessaire dans le film est celle où le juré n°7 dit à Henry Fonda lors d’une pause aux toilettes : “Vous autres les Philanthropes, vous êtes tous les mêmes, vous êtes prêts à vous attendrir sur la première cloche venue”. Ainsi, le fait que ce point est remarqué, assumé et même démontré dans le film n’autorise plus le spectateur à pouvoir donner cet argument de “Manichéisme facile”.

Le juré numéro 8 (Fonda) se fera d’ailleurs juger plusieurs fois par les jurés les plus tenaces. On dira qu’il tombe dans les sentiments, qu'il coupe les cheveux en quatre, que ses obervations sont dénaturées en faveur de l’accusé, qu’il a un trop grand coeur et qu’il se trompe de cible. Fonda ne manquera jamais de leur démontrer la réelle vision à entreprendre vis-à-vis des faits par certaines scènes qui restent en mémoire. Notamment la célèbre phrase “Vous avez réellement l’intention de me tuer?”

SPOILER
On peut reprocher au film d’être prévisible, le juré bienveillant qui parvient à mettre d’accord tout le monde et à acquitter l’accusé. Ce qu’il faut plutôt retenir, c’est la manière dont celui-ci parvient à les influencer dans leurs choix, ce qui relève d’un talent que peu de cinéaste ont réussi à retranscrire.

La scène finale est une des scènes les plus anthologiques du septième art. Nous voyons le dernier juré qui, non plus par conviction, mais par orgueil, s’enfonce dans un raisonnement de plus en plus absurde se mettant à dos tout le monde. Son tout dernier argument valable restera un simple “j’ai le droit de garder mon opinion”. A ce moment là, il regarde une photo sur la table de son fils qui dépasse de son portefeuille et fait le rapprochement avec la personne accusée. Par énervement, il se précipite sur la photo pour la déchirer en disant que les gosses le dégoûtent, pour finir en larmes et clamer que l’accusé est non-coupable.
FIN DU SPOILER

Technique :

Le film est caractérisé par une sobriété appuyée. Sidney Lumet maîtrise la mise en scène d’une façon remarquable. La première scène où les jurés se retrouvent dans la pièce de délibération est très longue et rien, ni dans le jeu des acteurs, ni dans la mouvance de la caméra et ni dans la mise en scène, ne montre une quelconque faiblesse professionnelle. Le fond est autant significatif que la forme.

Lumet précisera d’ailleurs :
"J'ai tourné le premier tiers du film au-dessus du niveau des yeux, le deuxième tiers à hauteur des yeux et le dernier tiers en-dessous du niveau des yeux. Ainsi, vers la fin du film, on commençait à voir le plafond. Les murs se rapprochaient, et le plafond semblait s'abaisser. Cette sensation d'une claustrophobie grandissante m'a permis de maintenir la tension jusqu'à la fin où j'ai utilisé un angle large pour laisser le spectateur respirer."

On retrouvera souvent dans les films de Lumet des thèmes récurrents tels que les rapports de l'homme à l'institution, analyse des systèmes de pression, lutte pour la tolérance et la justice.



Avec ce premier film, Sidney Lumet remportera l’Ours d’or du meilleur film et sera nominé aux oscars dans la catégorie du meilleur film ainsi que meilleur réalisateur. Nombreux de ses prochains films seront présentés et vaincqueurs aux oscars. Cependant, Sidney Lumet ne remportera jamais la statuette de meilleur réalisateur ou du meilleur film. Il repartira tout de même en 2005 avec un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Sidney Lumet est mort le 09 Avril 2011 à l’âge de 86 ans et laisse derrière lui une filmographie admirable dans laquelle beaucoup aujourd’hui puisent leur inspiration.

Anecdotes :
- 12 angry men est initialement une pièce de théâtre de Reginald Rose. D’ailleurs Le juré N°9 et le juré N°11 du film de Lumet figurait déjà dans cette pièce dans leur rôle respectif
- Le film est classé septième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site IMDb avec une note de 8,9/10.
- Le film a été réalisé en moins de 3 semaines avec un budget de 350 000 dollars.
- Lumet a écrit en 1995 un livre, Making Movies, réimprimé en 1996. Au long de 218 pages, il raconte de façon particulièrement bien organisée ses souvenirs de metteur en scène et en profite pour faire part de nombreux enseignements. A l'occasion de son décès, un journaliste a déclaré que, lorsque ce livre est paru, les directeurs des écoles de cinéma n'avaient plus rien à enseigner car, si leurs élèves lisaient le livre, ils sauraient tout.

Voici une liste des films notables du réalisateur :

- 12 angry men
- The Hill
- Serpico
- Dog day Afternoon
- The Offense
- Prince of the City
- Network
- Running on Empty
- Murder on the Orient Express


Trailer

Hablast.

lundi 23 mai 2011

La 3D (2/2) by Hablast

La deuxième partie de cette mini-théma sur la 3D privilégiera plutôt le côté utilisation que son histoire. Elle présentera l’avènement de l’animation 3D dans des longs-métrage pour jeune public, le cinéma en relief d’aujourd’hui, l’influence grandissante de celle-ci dans la publicité ainsi que son avenir dans notre société contemporaine.

Voici un bref rappel des derniers propos de l’article précédents.

Une forte baisse de fréquentation des salles de cinéma est apparue depuis qu’il y a possibilité de télécharger les productions depuis chez soi. Pour ré-attirer le regard du publique, le cinéma devait introduire à grande échelle une innovation qu'il n’était pas possible de posséder dans nos maisons …

Cette fois-ci, toutes les cartes étaient entre les mains de la 3D. Rien ne pouvait l’empêcher de sortir de sa longue hibernation au profit des spectateurs. C’est ainsi qu’en 2009 le cinéma 3D annonce son grand retour sur le marché du septième art avec, au programme, une trentaine de films devant paraître sur les écrans dans les années à venir. Les premiers films à être couronnés de succès seront les films d’animations des studios Pixar, Disney, Blue Sky, Dreamwork … avec des films comme Up, Toy Story, Ice Age, Shrek, Rio, Raiponce, Dragons etc. Certains diront alors que : à l’instar des jeux-vidéo et parcs d’attractions, la 3D est vouée à être demandée uniquement par un public jeune. Les exemples de films d’animation en sont la preuve irréfutable. Mais bien vite, cette idée absurde sera démentie (en plus du fait que les parcs d’attractions, les jeux-vidéo et les films d’animation ne sont pas exploités que par des jeunes, loin de là) avec l’exemple le plus marquant de l’année 2009 : le phénomène Avatar.



Mettant d’accord un grand nombre de personne, Avatar est la preuve vivante que, non seulement le cinéma en relief est bien une technique permettant d’amplifier d’une façon intense les émotions, mais également que celle-ci ne se définit pas à un vulgaire gadget. La technologie 3D fait des merveilles lorsqu’on sait l’utiliser. Il est donc nécessaire de rejeter les idées noires portées par certains cinéphiles un peu trop conservateurs au goût du développement technologique du septième art, et d’accueillir à bras ouvert les moyens de pouvoir immerger un spectateur le plus possible. Mais, une modération de sa consommation s’impose. Avatar a peut-être mis d’accord une majorité du publique au sujet de l’efficience de la 3D, ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger les productions 2D, ou pire, de tout transposer en 3D. Comme dit plus haut, le cinéma en relief doit être utilisé quand il s’avère nécessaire et bénéfique et non pas par dépendance.

Bien que son avenir soit prometteur et que nous sommes quasi voué à la voir apparaître de plus en plus au sein des productions, il ne faut pas en oublier ce qui a été fait antérieurement. Il est clairement probable que la 3D est la technologie de demain et que nous en seront entourés. Le cinéma muet a laissé place au cinéma parlant. Le cinéma noir et blanc a laissé place au cinéma couleur. De même pour le son où le très connu « Orange Mécanique » célébra l’avènement du Dolby. Il est inéluctable que nous devons vivre avec notre époque et que la 3D risque fortement de nous entourer petit à petit. Mais tout espoir pour les plus conservateurs du septième art n’est pas perdu. Il est possible que cette vague ne soit, en fait, qu’éphémère en ce qui concerne le cinéma. Comme dit plus haut, il serait insensé de produire un film dramatique où la prestation émotionnelle des acteurs est bien plus puissante que n’importe quelle image en relief dans ce contexte. Le cinéma 2D risque donc bien de persister tant que ce genre de films sera produit.

Quoi penser pour finir ? La 3D a-t-elle une chance ou non de s’imposer dans notre société ? Sans aucun doute. Mais pas au sein du septième art, ou du moins, pas radicalement. Un domaine qui accueillerait la 3D bien plus facilement serait plutôt la publicité. La publicité est connue pour apporter quelque chose, graphiquement, de très particulier. La création est de vigueur et la recherche sans cesse prononcée des maîtres en arts graphiques publicitaires est immodérée. Étant donné que le but d’une publicité est d’immerger un spectateur pour le convaincre, la 3D est une passerelle très appropriée dans ce domaine. Elle a le pouvoir d’influencer fortement la décision d’un acheteur. Une différence avec les supports cités précédemment apparaît néanmoins. L’effet que produirait la perception d’une publicité 3D comparé à la vision d’un film est différent. Ce n’est pas principalement une émotion que l’on éprouve au sens où on l’entend pour le cinéma, mais plutôt une vision d’un autre angle de ce qu’est l’art audio-visuel d’une production au but commercial.



Les supports offerts aujourd’hui à la 3D sont donc vastes. Elle ne tardera d’ailleurs pas à s’enraciner dans tout ce qui peut être défini comme art audio-visuel si ce n’est pas déjà fait. Un tel succès engendre inévitablement un grand débat qui touche à tous les niveaux. En contournant le débat du pour ou contre, de ce que la 3D apporte et révolutionne ou supprime, il est intéressant de se pencher sur les enjeux qu’un tel phénomène répand au sein de notre société contemporaine.


L’enjeu principal de cette révolution sera sans hésitation d’ordre culturel. Le caractère propre à l’homme de créer sans cesse des inventions qui apportent des sensations de plus en plus spectaculaires n’est pas récent. Et la 3D en est un bel aboutissement. On l’utilise pour commencer dans le divertissement, mais si son développement continue à se propager, il est indéniable qu’on finira par la trouver dans des domaines à caractère plus utile (cf les hologrammes). La controverse aura vite fait de donner lieu. L’homme est-il incurable en terme d’extrapoler toutes ses inventions dans tous les domaines possibles au point d’en arriver aux cas les plus absurdes ? Ou est-ce justement la clef d’une évolution sans cesse grandissante qui permet de ne pas sombrer dans une progression cyclique du développement technologique ? Dans tous les cas, la 3D est un outil qui se doit de perdurer dans une utilisation culturelle au profit du monde du divertissement. Et si cette technologie peut s’avérer prolifique dans d’autres domaines, il est indéniable que lui fermer l’ouverture à ces derniers, serait insensé.



On peut ensuite distinguer un enjeu contextuel d’ordre social. Plus innocent aux premiers abords, l’enjeu social qu’a pour conséquence la prolifération de la 3D mérite d’être évoqué. Les premiers dires sont très formels : « Nous perdons le côté « plaisir de groupe » pour une individualisation du divertissement. Devoir mettre des lunettes nous coupe un peu plus du monde, et nous rend, ainsi, seul devant le film.» Cette représentation est un peu forte dans ces termes mais elle est utile pour faire comprendre le ressenti que l’on peut éprouver vis-à-vis d’une projection 3D. Une concession s’impose dès lors, si l’on veut s’immerger, il faut faire abstraction de tout et accepter de rester dans une certaine solitude tout le long de la projection audio-visuelle de ce type. Il n’est bien-sûr pas impossible de communiquer à cause des lunettes en tant que tel. Mais nous n’avons pas encore l’habitude d’assimiler immersion dans l’œuvre et le contrôle de rester à la surface de la réalité. Cette idée s’appuie lorsque nous observons une salle de cinéma diffusant un film en 3D et une autre salle de cinéma diffusant ce même film, cette fois-ci en 2D. La salle en 2D sera plus mouvante, unie, aura des réactions plus homogènes, formera un corps social plus fondé que la salle en projection 3D où là, les réactions seront dispersées, personnelles. L’un n’est pas plus mauvais que l’autre, la 2D privilégie une plus grande cohésion de groupe tandis que la 3D incitera à un ressenti plus intrinsèque de l’œuvre proposée.

Vient ensuite l’enjeu économique qui s’apparente à une réelle marchandisation de cette nouvelle technologie. En plus du milieu du divertissement où l’émergence de la 3D bat des records, il est prévisible que ce support sera utilisé à des fins commerciales au point où nous risquons d’en être entourés jusqu'à l’overdose, voire le dégoût. Une sorte de « Trop de 3D tue la 3D ». Une ascendance sans modération pouvant conduire jusqu'à l’éclatement. Il est donc important de réguler la consommation que notre société contemporaine pourrait faire de cette technologie. Il serait dommage de voir noircir la réputation d’une telle franchise technologique à cause de son utilisation abondante dans des milieux autre que le divertissement pour un souci d’ordre de rendement économique.


Pour moi la 3D est une technologie qui peut apporter un autre angle de perception des émotions au niveau de l’enjeu culturel. Comment peut-on cracher sur une telle révolution ? Il suffit de l’utiliser d’une façon bénéfique, prolifique et non abusive, c’est-à-dire dans un but de divertissement et d’art graphique en termes de publicité. Il ne faut également pas oublier toutes les œuvres produites antérieurement qui n’ont pas recouru à cette technique.



Étant un fan du septième art de l’entre-deux guerres, je suis le premier à défendre à ce que ce genre de cinéma traverse les années. Il faut juste bien doser l’utilisation des techniques de diffusion. Tout comme l’enjeu social qui invite à une intériorisation des émotions. C’est pour moi la question qui suscite le plus de controverses. Je me contenterai de dire que les avantages et les inconvénients sont présent dans les deux cas et que la meilleure façon de bénéficier des avantages est de s’adonner aux deux techniques. Trouver un bon équilibre donc à l’encontre d’une invasion grandissante de la 3D au sein de notre société pour des enjeux uniquement économiques parce que c’est « ça qui marche » en ce moment. Privilégiant donc une utilisation créative, bénéfique, jouissive et immersive, la 3D est pour moi un exploit technique à utiliser comme il se doit.

Hablast.

lundi 9 mai 2011

La 3D (1/2) by Hablast

Depuis Avatar, la 3D est un phénomène devenu omniprésent. On la retrouve dans la majorité des secteurs du divertissement visuel : les jeux-vidéo, le cinéma, la télévision et la publicité en sont les 4 principaux. Cette série d’articles tentera de fournir des explications simples d’un procédé intelligemment novateur. Voici les quelques sujets que nous aborderons au travers cette théma : les origines de la 3D, le développement d’une contextualisation de la 3D dans le cinéma des années 50, l’influence des jeux-vidéo en matière d’images de synthèse, l’avènement de l’animation 3D dans des longs-métrage pour un jeune publique, le cinéma en relief (ou 3D) d’aujourd’hui, sa technique de projection, le fonctionnement des lunettes 3D, l’influence grandissante de la 3D dans la publicité ainsi que l’avenir de la 3D dans notre société contemporaine.



Beaucoup de sujets donc qui reflèteront un travail qui a pour but de cerner tous les enjeux de cette technologie de demain. Mais qui dit technologie de demain dit également développement d'hier.

Origines

Comment une telle technologie a réussi à voir le jour ? Avant que les plus grands blockbusters américains utilisant la 3D ne parviennent dans nos salles de cinéma, une évolution complexe des appareils de projection parvenant à ce résultat occupe une place importante dans l’histoire de l’art audio-visuel. Cette technologie a des origines bien plus anciennes qu’on ne puisse croire. D’un point de vue logique, nous pouvons déduire que le cinéma tient son existence à la photographie. Mais un appareil de projection encore plus ancien que celle-ci avait déjà mobilisé les foules en Chine au 2ème siècle av. J-C : la lanterne magique. On explique son fonctionnement par le fait d’associer une lentille convergente et une source lumineuse destinée à projeter une image peinte sur plaque de verre, le fonctionnement de la lanterne magique est souvent associé à celui du projecteur de diapositives. Son existence fut réellement développée dans le courant du 17ème siècle. On l’utilisait principalement pour des spectacles avec des œuvres majeures comme : Les spectacles itinérants de Thomas Walgenstein (1664), les transparents de Carmontelle (1765-1805), les fantasmagories de Robertson (1778) ainsi que les pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud (1892).



Vient ensuite tout une gamme d’appareils de projections qui auront chacun leur propre technique d’illusion d’optique. Les plus répandue seront : le Thaumatrope, le phénakitiscope, le zootrope, le praxinoscope, le folioscope et le tachyscope. Nous qualifions cette lignée d’appareils de « Jouet Optique ». Un jouet optique procure donc l’illusion d’optique en créant un mouvement du relief par manipulation. Le XIXe siècle est donc la période de l’affrontement de la science sur ce qu’on appelle la persistance rétinienne. La persistance rétinienne est la capacité ou défaut de l'œil à conserver une image vue superposée aux images que l'on est en train de voir. Tous ces jouets optiques constitueront l’aboutissement de l’appareil ultime de l’origine du cinéma, le cinématographe.

Fonctionnement

A défaut d’un cours d’histoire des principes techniques du cinéma, ce bref retour aux origines techniques du septième art ne constitue pas directement l’avènement de la 3D. La technique 3D s’apparente également à d’autres procédés voisins. Pour bien cerner son fonctionnement, une rapide explication s’impose. Pour regarder une projection en relief, il faut préalablement porter des lunettes 3D jouant sur les couleurs cyan et rouge permettant de par une photographie dite stéréoscopique de manipuler la perception rétinienne créant cette sensation de 3D. Ces images superposées sont appelées des anaglyphes (que nous développerons un peu plus bas). Nous ressentons cette illusion à cause de l’écart que nous avons par rapport à nos deux yeux. Une bande superposée sur la toile du cinéma, par exemple, est distancée d’une longueur de 6 cm, distance que chaque être humain, a plus ou moins entre ses deux yeux. Des techniques, autres que la stéréoscopie, existent également, mais à plus petite échelle. L’holographie en est l’une des plus célèbres en termes de spectacle d’illusion. L'holographie du visible est un procédé de photographie en trois dimensions utilisant les propriétés de la lumière cohérente issue des lasers. Bien que cette technique soit moins connus du grand publique, nous la retrouvons bien plus près que nous le pensons. Nous l’utilisons pour le stockage d’information par exemple. L'holographie permet d'enregistrer un très grand nombre d'images dans un volume restreint. En théorie, une telle mémoire optique permettrait de stocker environ 1014 bits par cm³. En termes de protection, l’holographie existe également dans notre portefeuille, nous l’utilisons en effet pour la protection contre les contrefaçons (cartes bancaires, passeports, cartes d'identité, visas, billets de banques, etc.).



Une dernière technique se rapprochant de la 3D, à l’instar de l’holographie, est appelée la Photostéréosynthèse, qui elle, connaît un passé incertain. Cette technique se rapproche fortement à celle de la stéréoscopie et fut inventée par les frères Auguste et Louis Lumière. Elle consiste en un empilement de vues sur plaques photographiques du même sujet (par exemple un portrait) prises avec un décalage progressif de la mise au point que l'on regarde toutes ensemble par transparence. On en trouve au Conservatoire National des Arts et Métiers, à Paris. Hormis cet endroit, la photostéréosynthèse a disparue petit à petit depuis ces dernières années. Il semble même que personne à part les frères Lumières n’ait retenté l’expérience, ce qui en découle un nombre très restreint.

Anaglyphes

Nous parlions tout à l’heure des anaglyphes qui seront à la base de ce qu’est le cinéma en relief d’aujourd’hui. Un anaglyphe se définit par une image imprimée pour être vue en relief, à l’aide de deux filtres de couleurs différentes (lunettes 3D) disposés devant chacun des yeux de l’observateur. Nous lisons les anaglyphes à l’aide de lunettes spéciales permettant de créer cette illusion. L’image crée donc l’illusion avec la couleur cyan et rouge en jouant sur la distance de ces dernières. On dira que plus l'image cyan est décalée vers la gauche par rapport à la rouge, plus l'élément semble éloigné. Dans le cas inverse, il semble ressortir du support. Mais une telle technologie ne pouvait émerger sans quelques problèmes. Ainsi ce qu’on appelle rivalité rétinienne se traduit par certaine ressemblance des couleurs des lunettes dans les projections. Plus clairement, lorsque nous visionnons un anaglyphe représentant un ciel bleu ou une voiture rouge, il y apparaîtra un déséquilibre de perception qui rendra l’observation désagréable. Il est donc important de nuancer les couleurs, trouver un bleu ou un rouge voisin qui trompera la perception non désirable. Tout comme les multiples appareils, ancêtres du cinématographe et donc de la 3D, les lunettes pour anaglyphes ne sont également pas les seules à exister. Ainsi, les lunettes polarisantes (sur écran métallisé), les lunettes à occultations alternées (à cristaux liquides utilisées dans les jeux-vidéo ou encore, au Futuroscope de Poitiers) ainsi que les lunettes prismatiques (permettant de visionner deux images à la fois) figurent également dans la famille des lunettes stéréoscopiques.

Premiers essais…

L’aboutissement de la 3D s’est donc développé dans une rare complexité, où les nombreuses conditions à respecter pour un tel résultat proviennent d’horizons assez éloignés. Mais c’est avec persévérance que notre civilisation a pu patienter jusque dans les années 50 avec les premières projections qui proposaient la technique 3D. On retrouve ainsi « Creature from the black lagoon » de Arnold Jack mais également « Le crime était presque parfait » d’Alfred Hitchcock. Cependant, l’entrain qu’avaient les producteurs à faire émerger cette découverte ne suffit pas pour parvenir au succès. Dans les années 1980 on retrouve à l’entrée des salles de cinéma la distribution de lunettes anaglyphes pour la projection de « Jaws 3 » ainsi que Meurtres en 3 dimensions (troisième opus de la saga Vendredi 13).



La consécration de la 3D allait-elle cette fois-ci voir le jour ? Non. Encore une fois, le succès fut vain. Petit à petit, le monde du cinéma accepta que le cinéma en relief ne devait pas d’exister. Considéré comme une atteinte aux origines du septième art, les lunettes seront associées à de simples gadgets étant utilisées à des fins télévisuelles. Les magazines TV étaient vendus en kiosque avec, office de supplément, les fameuses lunettes anaglyphes permettant de visionner des spots publicitaires ou certains films à la télévision. La technologie aura également un succès modéré au sein des parcs d’attraction dans des modules tous les moyens étaient bons pour atteindre les plus grandes sensations fortes.


Fort heureusement, cette technologie fut accueillie et développée dans le monde vidéo-ludique. Les concepteurs de jeux-vidéo n’ayant pas à se focaliser sur un quelconque jeu d’acteur, une recherche de lieux de tournage, d’éclairage … bref, tout ce qui se distingue du cinéma, mais plutôt de soucis d’ordre principalement graphique, la technique 3D s’avérait très bénéfique en terme d’innovation audio-visuelle. Le succès sera, ici au rendez-vous bien que les jeux-vidéo touchent un publique relativement jeune et majoritairement masculin.


…et premier problème
Un paradoxe se crée donc. On utilise cette technique dans des foires ou parcs à sensation ainsi qu’au sein du marché de productions vidéo-ludiques dans le but justement d’amplifier les émotions le plus possible. Mais elle ne perce pas dans le septième art qui, ce dernier, a pour but d’immerger le spectateur. La nuance se produit donc à notre perception et au sens que nous attribuons à la sensation. Certains films d’entre-deux-guerres ont une puissance émotionnelle bien plus forte que n’importe quel film d’action des années 80. Il ne faut donc pas de lunettes pour ressentir une quelconque sensation en voyant un film. Mais le postulat qu’une vision de productions audio-visuelles en relief amplifie les sensations restent pourtant opérante. Tout se joue dans la distinction des genres et des sensations recherchées. A partir de cette conclusion, le brouillard est dégagé et les spécialistes conclurent que la technologie du cinéma en relief avait un avenir à condition que celle-ci soit utilisé à bon escient et pour un publique et un genre cinématographique ciblé. Pas besoin de lunettes pour des mélodrames ou autres comédies dramatiques. La 3D sera utilisée pour le spectaculaire. Et cette idée sera encore plus renforcée par, cette fois-ci, un fait contextuel de notre époque : le piratage. Une forte baisse de fréquentation des salles de cinéma est apparue depuis qu’il y a possibilité de télécharger les productions depuis chez soi. Pour ré-attirer le regard du publique, le cinéma devait introduire à grande échelle une innovation qu'il n’était pas possible de posséder dans nos maisons …

Ce premier article a permis de comprendre contextuellement et matériellement les premiers jets de la 3D. Le seconde partie présentera l’avènement de celle-ci, le regard critique qu’on lui octroie ainsi que son avenir tout aussi certain qu’incertain en fonction de son domaine d’utilisation.

A suivre …

Hablast.

lundi 3 janvier 2011

Jaws by Hablast

C’est l’histoire d’une station balnéaire tranquille qui s’apprête à accueillir les touristes pour la haute saison qui approche. Mais, malheureusement, un requin va s’inscrire dans le tableau et y mettre son grain de sel. Au programme : du sang, des morts et une chasse au prédateur meurtrière.

Quand on lit cela, on aurait vraiment l’impression de lire un synospsis de série B assez bourrin et surtout parmi tant d’autres. Nous connaissons pourtant tous Jaws comme un film précurseur, incontournable, culte et toujours opérant à l’heure actuel. Si ce film détient ce statut, ce n’est donc certainement pas grâce à son scénario en carton-pâte, mais bien évidemment grâce à l’équipe prodigieuse qui l’a réalisé (auteur Peter Benchley et scénaristes, par ailleurs, inclus). Voici, une analyse qui, peut-être, vous aidera à comprendre un tel succès.



Jaws est un film, même si à l’époque nous ne le savions pas encore, qui détient un casting prodigieux : Steven Spielberg à la réalisation, un certain John Milius parmis les scénaristes, John Williams à la musique (oscarisé), Verna Fields au montage (oscarisée), John R. Carter et Robert Hoyt au son (oscarisés), ainsi que les 3 talentueux acteurs principaux : Roy Sheider, Richard Dreyfuss et Robert Shaw. Tout cela dans une production Universal Pictures.
On verra d’ailleurs par la suite que Spielberg recevra la statuette pour La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan, ainsi que Richard Dreyfuss pour le rôle de Elliot Garfield dans The Goodbye Girl.

Le tournage est donc lancé et commence très fort avec, dès les premiers instants, une victime féminine. Cette façon de faire n’est pas anodine chez Spielberg et nous le verrons tout au long de ses prochains films majeurs. Il suffit de se pencher sur les 4 Indianna Jones, Jurassic Park et Le Monde Perdu, Il faut sauver le soldat Ryan … Tous ses films commencent par une scène intense et surtout qui donne très clairement le ton du film. Nous nous rendons compte d’ailleurs que cette scène a de fortes chances d'avoir été puisée sur un certain film de Sir Alfred… En effet, a l’instar de Psychose d’Hitchcock ou nous voyons la disparition d’une femme en 3 temps :
1) Le calme ; l’une qui prend sa douche, l’autre qui nage paisiblement dans l’eau.
2) La scène d’horreur ; l’une se faisant assassiner sauvagement, l’autre se faisant dévorer dans une violence assez rare.
3) Le retour au calme ; l’eau qui continue à couler tranquillement, et le bruit reposant de la bouée.
Quoiqu’il en soi, la technique de l’action en guise de première scène est efficace car elle permet d’immerger directement le spectateur, il sait à quoi s’attendre mais cela permet également l’acceptation du film par ce dernier. Une technique qui va aussi être utilisé par George Lucas pour les Star Wars.

La suite du film se poursuivra donc avec cette atmosphère inapaisante et sera divisé en deux parties majeures : celle où le requin poursuit son chef-d’œuvre et où le maire de la ville ne daigne pas à prendre les précautions nécessaires et celle ou nos 3 protagonistes se lancent à sa poursuite.

Même si l’on retiendra surtout la deuxième partie, la première se voit essentielle pour meubler le caractère des personnages. C’est ce qui permettra à Spielberg de prouver son talent en instaurant des hommes emplis d’humanité contre le mal absolu. Nous constatons que cette façon de faire est également très répandu chez Spielberg et cela se comprend suite à sa grande efficacité.

Nous avons donc, comme personnages centraux Martin Brody. Un homme, droit, mais obsédé par le Requin. Martin en est même souffrant. Son inconscient est meurtri par ce Requin, il en fera carrément une névrose qui se traduira par sa peur de l’eau. Spielberg joue adroitement là-dessus : Le Requin vit sous la mer (inconscience), il va devoir y émerger (conscient) pour que Martin Brody puisse l’anéantir et retrouver la paix dans sa psychose. Aux premiers abords, nous voyons en lui un homme réservé, mais qui n’hésitera pas à se montrer à la lumière du jour pour prévenir l’insécurité imminente qu’inflige le Requin sur Amity Island.

Matt Hooper : Scientifique bobo qui en connaît un rayon sur le faune de la mer. L’homme est également caractérisé par une certaine humanité mais là où il se diffère de Martin Brody, c’est sur son humour et, de ce fait, se montre d’une plus grande sociabilité. Une amitié va rapidement naître entre lui et son collègue Martin de par la même envie et leur même façon de procéder pour anéantir le monstre.

Quint : La définition incarnée du vieux loup de mer, Quint est un homme misogyne qui aime se rigoler de blague salaces et du malheur des autres. Mais sa présence dans le film se caractérise également par l’envie immodérée d’en finir avec le squale. Il en parlera ouvertement lors de la discussion sur l’USS Indianapolis (voir plus loin).



Nous nous rendons déjà compte ici que le scénario n’est pas si primaire que cela. Trois hommes, tous très différents, ont pourtant le leitmotiv central du film en commun : la mort du Requin. Et en plus, tous 3 ont une raison également très divergente du « pourquoi » ils veulent en arriver à ce dessein.

Il reste tout de même un personnage d’une grande importance à évoquer : le Carcharodon Carcariass ; le Grand Requin Blanc. Ce type de méchant est diaboliquement efficient si on utilise adroitement ses ressources et c’est ce que le talentueux réalisateur de 28 ans prouvera. Voici, ici, pourquoi ce personnage a suscité tant de peur chez des milliers de spectateurs :
- La raison la plus évidente est qu’il ne parle pas ; nous ne savons donc pas à quoi il pense, qu’est-ce qu’il attend, d’où va-t-il surgir ; il est donc impossible d’anticiper ses apparitions (détail honteusement détourné dans Jaws 4 d’ailleurs).
- Ce qu’il reste des victimes
- On ne le voit que très peu dans le film ; ce qui créé chez le spectateur l’impression d’intranquillité et bien évidemment, il ne vient pas quand on s’y attend et inversement (Martin lançant des appâts sur lui sans le remarquer directement).
- Sa manière de s’exécuter en deux temps : Le spectateur est surpris une première fois rien qu’en voyant son aileron apparaître hors de l’eau mais nous ne savons toujours pas si le sang va couler. Le haut le cœur se voit encore plus élevé quand une victime passe dans sa mâchoire.
- Et enfin, la musique oppressante de John Williams.

Cette musique est tellement complémentaire au requin qu’elle en fait partie intégrante, elle est vivante. Si le requin meurt, elle meurt également. Pour bien distinguer la musique des faits il suffit de comprendre que celle-ci sert à amener l’œuvre du squale. Autrement dit, la musique n’a plus sa place à partir du moment où le Requin commet ses crimes car la puissance des images ne requiert plus la puissance sonore ; cette dernière trouve son utilité dans la manière de décupler cette puissance visuelle. La célèbre BO figure aujourd’hui dans le panthéon des musiques originales du cinéma de part son efficacité, sa simplicité et son histoire, aujourd’hui très répandue.

Steven Spielberg voulait au départ une BO qui adoucissait les images du film. Mais John Williams s’opposa directement à cette idée : « Avec tout ce que tu est parvenu à réalisé, ça serait dommage de tout adoucir avec la bande-son. Non, il faut joindre le plan audio et visuel dans la même direction ». La suite, on la connaît, John Williams proposa une musique répétitive, obsessionnelle, faite de deux seules notes, Mi et Fa. Quand celui-ci joua l’air à Spielberg, ce dernier éclata de rire en croyant à une blague. Il n’aurait, à ce moment-là, sûrement pas été le seul à douter du talent de John Williams. Il figure, par ailleurs, un grand respect entre les deux cinéastes, car, et cela s’est vu dans beaucoup d’autres films entre eux, John Williams a tout de même incorporé une mélodie adoucissante dans le thème et nous remarquons, là aussi, que Spielberg avait bien pressenti l’efficience de cette BO.

Arrive maintenant, l’analyse sur la deuxième partie du film et, de loin, la plus intéressante. Nos 3 braves hommes sont contraints de vivre ensemble, ce qui ne s’avéra pas une mince affaire. Difficile que la querelle n’éclate pas au grand jour quand nous avons affaire à un fils de riche qui ne glande rien de la journée, à un tortionnaire qui n’arrête pas de clamer que c’est son bateau et que si quelqu’un n’est pas content, il peut toujours sauter par dessus bord ainsi qu’un coincé qui a peur de l’eau, qui ne sait pas faire de nœuds et qui fait tout de travers (n’ose pas aller tout au devant de la rambarde pour faire contrepied ainsi que le moment où il fait tomber les deux bouteilles d’air comprimés). Pourtant, cet exemple, plutôt anodin est en fait une technique très adroite qui aidera à comprendre la fin que nous expliquerons plus loin.

Cependant, aux premières lueurs du soir, Spielberg nous rappelle que ces 3 hommes sont avant tout humains et qu’ils peuvent tout de même entretenir une relation d’amitié. Cette scène est considérée, par une grande majorité du public dont Spielberg, comme la meilleure scène du film. Elle commence par un dialogue léger entre Hooper et Quint à propos de leur cicatrices toutes plus insolites les unes que les autres. Tout deux doivent ces blessures à cause de leur façon de vivre ; l’un sortant d’une ambiance pêcheur et bistrot, l’autre de ses expériences scientifiques d’observations sous-marines. La compétition de la plus grande cicatrice commence : Quint parle d’abord de son durillon sur sa tête, dû à un coup de bouteille pendant la Saint Patrick à Boston, puis c'est au tour de Hooper de montrer une morsure de murène, Quint lui répond par son bras droit abîmé pendant une séance de bras de fer avec un chinois, Hooper embraye avec une morsure de requin pendant un prélèvement, puis Quint parle d'un coup de queue d'un renard des mers. Hooper ouvre sa chemise, montre sa poitrine et dit avoir la pire des blessures. Les autres ne voient rien. Hooper annonce alors que Mary Ellen Moffit lui a brisé le cœur. Le fou rire est au rendez-vous. Martin demande alors à Quint l’origine de son tatouage effacé sur son bras, mais avant que ce dernier ne puisse répondre, Hooper lui coupa la parole en disant qu’il était marqué « Maman ». Martin et Hooper continuent à rire mais pas Quint qui s’apprête à expliquer sa haine des requins en ouvrant la discussion qui sera, plus tard, une scène devenue culte dans le milieu du septième art.

Dans ce monologue, Quint explique qu’il était sur le cuirassé USS Indianapolis dans lequel il transportait avec l’équipage le célèbre Little Boy, ou plus significativement, la bombe atomique qui servit au bombardement d’Hiroschima. L’USS Indianapolis fut torpillé par un sous-marin japonais et les 1100 hommes d’équipage devinrent naufragés et vont alors rester 5 jours dans l’eau. Durant cette période, plus de la moitié des hommes furent dévorés par les requins. 316 hommes seront repêchés vivants par l’US Navy.



Cette ambiance tendue sera replongée dans la bonne humeur avec la célèbre chanson « Farewell and adieu to you fair Spanish ladies. Farewell and adieu to you ladies of Spain. » De retour, au moment, où on s’y attend le moins, le requin refera son apparition…

Un des derniers points qui mérite une grande attention est la manière dont le requin sera tué. Là encore, les 3 personnages du films useront de leur caractère dans le manière de procéder :
Quint : éternel pragmatique préfère la manière la plus drastique : on le pêche, on le tue et on rentre au bercail. Méthode qui échouera assez rapidement.
Hooper : le scientifique suggère en solution de secours de lui infliger du nitrate de strychnine, poison mortel. Pour cela, il devra prendre place dans la cage et aller au fond de l’eau. Méthode qui se vouera également par un échec.
Martin : qui, à la base, n’avait aucune solution, si ce n’était sa suggestion aujourd’hui classée à la 35ème place du classement AFI's 100 Years…100 Movie Quotes: "You're gonna need a bigger boat. », aura, pour finir raison la solution échéante.

SPOILER
Nous parlions tout à l’heure de la maladresse de Martin Brody, particulièrement au niveau des bombes à air comprimé. Cette façon d’amener indirectement la phase finale d’un film s’appelle un MacGuffin. Le MacGuffin est un objet matériel et généralement mystérieux qui sert de prétexte au développement d'un scénario. Le principe date des débuts du cinéma mais l'expression est associée à Alfred Hitchcock, qui l'a redéfinie, popularisée et mise en pratique dans plusieurs de ses films.



Ici, Martin, après la mort de Quint, parvient à propulser une de ces bouteilles dans la gueule du Requin. Par la suite, il se hisse sur le mat, seule partie encore immergée des eaux terrifiantes et, après maintes reprises, parvient à tirer sur la bombonne, ce qui engendrera la mort du Requin.
FIN DU SPOILER

Le film est un réel succès au box-office ; avec un budget avoisinant les 12 millions de dollars, ce dernier en fera gagner 470 millions à travers le monde, ce qui lui provoquera la nouvelle appellation, aujourd’hui très répandue, de Blockbuster avec, en prime, une distinction de 3 oscars (son, montage, musique).

Par la suite, Spielberg prouvera son talent à travers les succès que l’on connaît notamment Les aventuriers de l’Arche Perdue, Jurassic Park et La liste de Schindler …

Anecdotes:

- La technique de la première scène accrocheuse est reprise aujourd’hui dans énormément de productions comme par exemple avec le Jeu Vidéo God Of War
- Le thème, ô combien archétypal du journal de 20 heures sur TF1, vous a sans doute fait penser aux dents de la mer ; c’est ce que Serge Llado aura popularisé dans l’émission radio de Laurent Ruquier : ICI
- D’après les rumeurs Hitchcock aurait décliné l’invitation de Spielberg sur la plateau de Family Plot (tourné 1 an après Jaws) car ce dernier lui aurait volé son idée au sujet de la phase calme/action/calme par jalousie. En effet, Hitchcock aurait eu plus de mal à percer dans le monde du cinéma que Spielberg.
- Les acteurs pressentis pour le rôle de Martin Brody furent Charlton Heston, et Paul Newman, Jeff Bridges pour le rôle d’Hopper ainsi que Lee Marvin, Jon Voight et Sterling Hayden pour le rôle de Quint.
- Robert Shaw (Quint) était toujours saoul sur le plateau de tournage, il se moquait sans arrêt de la petite taille de Richard Dreyfuss et de ses origines juives.
- Toujours avec Robert Shaw ; c’est principalement lui qui a écrit la scène de l’USS Indianapolis.
- Depuis la sortie du film, de nombreuses campagnes ont été menées pour réhabiliter le capitaine McVeigh, tenu pour responsable la catastrophe de l’Indianapolis.
- Au minutage 01:32:12 du film, après l’attaque nocturne du Requin, Hopper demande à Martin s'il va bien sans que ce dernier ne daigne répondre ; à ce moment là, nous voyons une étoile filante en arrière plan. Si la signification de cette étoile nous est inconnue aujourd’hui, beaucoup spéculent sur le fait qu’elle serait en fait Superman, clin d’œil fait par Spielberg.
- Les doubleurs français de Martin Brody et Matt Hooper doublaient à l’époque d’autres grands acteurs : Jacques Thébault, qui fait Brody, a également doublé Humphrey Bogard dans Casablanca, John Cassavetes dans les 12 salopards, Steve MCqueen dans la Tour infernale et Papillon notamment ou encore Ian Holm pour Ash dans Alien. Bernard Murrat qui double Hooper aura également prêté sa voix à Robert Redford dans l’arnaque (avec Robert Shaw), John Hurt également pour Alien ou encore Al Pacino dans Un après-midi de chien.
- Richard Dreyfuss explique dans les bonus du DVD que le tournage était d’une difficulté sans pareil. Tous les jours les acteurs attendaient de jouer leurs scènes mais ne recevaient comme réponse du parlophone « Le Requin ne fonctionne pas » ; le jour où l’on entendu « Le Requin fonctionne », personne n’avait compris tout de suite.
- Pépètte, le chien disparue dans l’eau, avait comme véritable propriétaire … Steven Spielberg.
- L’idée d’instaurer la musique pour prévenir la présence du requin relate d’une anecdote traumatisante pour Spielberg. En effet, ce film culte, tire son idée majeure de … Bambi. Spielberg raconte qu’il avait une peur bleue du film de Walt Disney car on ne voit jamais les chasseurs mais on sait leur présence de par la musique.
- Benchley (auteur du livre) et Spielberg font chacun un cameo dans le film. Le premier en tant que journaliste et le second lorsque Martin tente de communiquer avec sa femme par radio, nous entendons sa voix.
- Bob Mattey, créateur de la pieuvre de 20 000 lieux sous les mers, a créé 3 requins pour le tournage en polyuréthane. Ces 3 requins furent appelés « Bruce ».
- Il y a tout de même certaines scènes où figurent un véritable requin. Notamment celle où nous le voyons « emmêlé » dans la cage. Le but, à la base était de faire des prises de vue d’un requin tournant autour d’une cage, mais le résultat n’était pas concluant. Ce n’est qu’au moment ou les techniciens décidèrent d’abandonner l’idée que le squale s’est auto-emprisonné dans la cage : l’image était tellement époustouflante qu’elle fut reprise dans le film.
- Les barils utilisés dans le film sont en fait une «solution de secours » ; le requin était tellement défectueux qu’il a fallu utiliser un stratagème pour susciter sa présence ⇒ les fameux barils jaune.
- Toujours au sujet des barils ; le plan où nous voyons les 3 tonneaux passer sous l’Orca (bateau de Quint), ont raflé la coque et à eu pour conséquence le naufrage du navire. Les producteurs se sont souciés des acteurs plutôt que le matériel. Sauf John R. Carter et Robert Hoyt qui disaient d’empêcher leur matériel de son de couler. A rappeler qu’ils ont remporté un oscar quelque temps plus tard.
- Malgré que la caméra a coulé, les plans ont pu être récupérés par la chef monteuse Verna Fields (également oscarisée), grâce à une solution saline.
- La fameuse phrase "You're gonna need a bigger boat. » est une improvisation de Roy Sheider.
- Le moment où nous voyons le Requin couler à pic, nous entendons un bruit de … dinosaure, également utilisé lors de la chute du camion dans son premier long-métrage Duel. Une vidéo ou les deux pistes audio ont été switchées nous fait remarquer cette ressemblance
- Et enfin pour clôturer cet article, voici une vidéo humoristique qui résume Jaws en 60 secondes.


Cordialement, Hablast.

lundi 25 octobre 2010

Sherlock Holmes de Guy Richie (2010) by Hablast

Guy Ritchie a du talent, certes, il l’a bien prouvé à ses débuts avec Lock, Stock and Two smoking barrels ainsi que Snatch. Mais depuis lors, il n’a jamais réussi à dépasser, même à égaler ce qu’il avait fait.

Révolver
fut une grande déception de la part de beaucoup de fans et même si Rock’n’rolla était sympa, on sentait bien que c’était du « réutilisé ».

C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai été voir Sherlock Holmes. Je me suis dis que Guy Ritchie en avait finit avec ses innovations dans le septième art, et qu’il allait maintenant se contenter de faire des superproductions comme beaucoup de réalisateurs.

Quelque part, ce n’est pas faux. Le film est doté d’un très bon casting avec en vedette Robert Downey Jr (Iron. Man), Jude Law et Mark Strong (déjà présent dans Rock’n’Rolla). Philippe Rousselot en directeur de la photographie ayant déjà obtenu 4 Césars. Le tout produit par Warner. Bref, tout pour faire un bon film à l’américaine.

Fort heureusement, je peux vous annoncer que Guy Ritchie n’a pas perdu la main et qu’il revient avec un film qui vaut vraiment le détour !



Ce qu’on aime à voir dans le style de Guy Ritchie, c’est sa façon de raconter ses films. Un sujet sérieux tourné en situations souvent loufoques qui laissent place à un humour très british, le tout joué par des acteurs jusqu'à maintenant très convaincants. Sans oublier un rythme hors pair qui a souvent tendance a enchaîner les situations rapidement et simplement, mais très efficacement.

Sherlock Holmes fut pour moi ce qu’on appelle un vrai moment de détente au cinéma. Le film passe comme une lettre à la poste, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Robert Downey est très convaincant dans la peau du détective et Jude Law (bien que j’ai certains problèmes avec l’acteur), rempli tout à fait son rôle du Dr Watson. Le scénario est une bonne adaptation de l’œuvre originale et les énigmes sont de tailles.

J’avoue ne pas être un expert en tant que détective, mais je n’ai pas réussi une seule fois à résoudre les énigmes en procédant avec la logique de Sherlock Holmes... je n’ai donc rien vu venir ! On se demande comment le héros pourra nous bluffer un peu plus a la prochaine énigme et il y arrive a chaque fois jusqu’au coup de théâtre, je ne dirais pas magistral mais presque, de la scène finale où tout est dévoilé.

Les fans des nouvelles de Sherlock Holmes bouderont peut-être le côté trop peu sérieux du détective, laissant assez souvent place à la bagarre qu’à la logique (même si dans les nouvelles, Holmes est très souvent amené à se battre), mais avec du recul, les deux côtés du personnage sont répartis comme il le faut.

Un autre point qui fut en quelque sorte la cerise sur le gâteau a été la BO incroyable de Hans Zimmer. On en parlait lors d'une propa antérieure où certains aimaient Hans Zimmer quand celui-ci ne faisait pas du Hans Zimmer. Et bien ici c’est exactement le cas. Cette BO est doté du même rythme que celui du film, de la même atmosphère british du début de ce siècle, ajouté à cela un côté de suspens qui fait tenir en haleine... Bref, impeccable!

NB : un lien de la BO en générique de fin

Pour conclure, ce film m’a vraiment réconcilié avec Guy Ritchie, j’appréhendais cette tendance à mettre entre les mains des gros projets tel que celui-ci à de petits réalisateurs novateurs mais il n’en est rien. Guy Ritchie est très à l’aise même dans ce genre de production et ça ne fait que plus plaisir à ceux comme moi qui espérait son retour.
La fin du film laisse clairement croire qu’il y aura une suite, en espérant qu’elle ne se fasse pas trop attendre !

Biographie Crhistopher Nolan 3/7 by Hablast

Après le succès rencontré avec Memento, Christopher Nolan entre dans la cour des grands de Hollywood et peut se permettre de rassembler des acteurs de taille au sein de ses films. C’est avec Insomnia que Al Pacino et Robin Williams vont nous livrer un thriller haletant d’une originalité particulière.



Insomnia raconte l’histoire d’un policier sur la trace d’un criminel accusé du meurtre d’une jeune fille. Lors d’une opération visant à retrouver ce coupable, Le détective Will Dormer (Al Pacino) tire involontairement sur un de ces collèges pensant qu’il tenait le meurtrier dans son champ. Une telle bavure détruirait entièrement sa réputation ainsi que sa carrière, alors le détective préfère étouffer l’affaire. Seul petit bémol, l’écrivain et meurtrier Walter Finch a vu ce qui s’est passé. Une longue relation de rivalité commence entre les deux protagonistes, l’un ne voulant pas que l’on sache son secret, l’autre voulant simplement ne pas continuer l’affaire et le laisser tranquille pour le reste de sa vie. La situation sera encore plus compliquée pour le détective, ce dernier souffrant d’insomnie depuis le meurtre de son collègue.

Le duo Pacino/Williams est très inhabituel. Nous connaissons tous Al Pacino pour ses rôles de Mafieux dans les films de Francis Ford Coppola et Brian de Palma. Robin Williams, par contre, fréquente plutôt le cinéma humaniste avec des grands rôles comme Le cercle des poètes disparus, Goodmorning Vietnam, Fisher King en passant également par du cinéma pour le jeune publique avec Hook, Jumanji, Flubber et même la voix du génie dans Aladdin.

Plus surprenant encore, Robin Williams tient le rôle du méchant. Un méchant magnifiquement campé par l’acteur le rendant plus humain que jamais dans ses explications de son meurtre. C’est peut-être pour cela d’ailleurs que Christopher Nolan a voulu donner ce rôle à Robin Williams. Ce dernier dira même : "C'est passionnant d'interpréter un homme aussi méprisable que Walter Finch, qui vous incite à explorer les zones les plus obscures de notre personnalité : la séduction du mal ou sa banalité par exemple."



Le film, en plus des acteurs renommés, inaugure également une autre nouveauté chez le réalisateur. C’est, en effet, la première fois que Chris réalise un remake. Insomnia (original) est un film norvégien sortir 5 ans plus tôt par Erik Skjoldbjaerg. C’est donc inhabituel chez le réalisateur de se concentrer sur un film ou l’idée originale scénaristique n’est pas de lui où son frère.

Malgré ces deux nouveautés, nous reconnaissons facilement le style Nolan avec une histoire mystérieuse et originale, une réalisation particulière dont Chris utilise toutes ces fonctions pour immerger le plus possible le spectateur… Mais également le début d’une nouvelle particularité qui la suivra à travers ses prochains films à savoir la rivalité entre deux personnages. Sujet que l’on retrouve dans The Prestige avec Hugh Jackman et Christian Bale ainsi que Batman Begins et The Dark Knight où la chauve-souris combat dans l’un l’épouvantail et dans l’autre son ennemi juré le Joker.

Un film portant un tel titre ne pouvait passer à côté de l’insistance d’un manque de sommeil de la part du détective. Pour se faire, Christopher Nolan et son directeur de la photographie Wally Pfister ont joué énormément avec la lumière pour faire une sorte de lien avec la difficulté qu’a Al Pacino à dormir. Pfister explique : "La lumière occupe une telle place dans l'histoire et l'évolution de Will que nous la considérions comme un personnage en soi. C'était passionnant de l'utiliser de cette façon, en jouant à la fois sur sa présence concrète et son rôle symbolique." Cette idée se traduit également dans la conception des décors, Nathan Crowley, également un fidèle dans les films de Nolan a conçu des intérieurs très sombres pour jouer sur le contraste de la lumière. Son truc ? Peindre les décors à l’aide d’une peinture émail. Nous arrivons presque à ressentir la fatigue qu’éprouve le détective Dormer tout le long de son enquête. Et, bien que le directeur de la photographie et le chef décorateur ont tout fait pour, c’est bel et bien grâce à la performance d’Al Pacino que nous sommes réellement affecté par cette lubie.

De l’autre côté, Robin Williams dans le personnage de Walter Finch défend son rôle d’un tout autre aspect. Méticuleux, intelligent, cultivé, clairvoyant, cet homme semble tout avoir dans la vie pour réussir. Seulement, derrière cette carapace se cache un homme taciturne, machiavélique et manipulateur.

Le producteur Andrew Kosove expliquera plus tard le choix de son rôle : "Bien qu'on considère traditionnellement Robin Williams comme une vedette comique, nous avons toujours aimé ses compositions dans des films comme Le Cercle des poètes disparus ou Will hunting. Nous avons pensé qu'il serait fascinant dans le rôle de ce tueur lisse et impénétrable."

Nous l’avons compris, l’atmosphère du film est fatigante, lourde comme la brume au moment du crime. Mais en même temps nous sommes dans cet endroit en alaska où l’on devrait se sentir en pleine nature, en liberté. Nolan arrive totalement à métaphoriser cette notion de fatigue à laquelle on ne peut céder telle une insomnie. On ressent la fatigue qu’éprouve les 2 protagonistes mais impossible de décrocher du film.



Christopher Nolan a très vite compris qu’il n’était pas suffisant de réunir une brochette d’acteurs dans un même film. Ce qui est bien plus intéressant est de confronter deux acteurs différents l’un contre l’autre et de créer un lien tellement particulier que le spectateur ne peut qu’en être séduit, ou tout du moins, intrigué. La méthode de travail des deux acteurs fut d’ailleurs très différente. Robin Williams dira "Ma rencontre avec Al, c'est "Monsieur Méthode" contre "Monsieur N'importe Quoi !"

Christopher Nolan appuiera cette idée : "Robin s'attarde volontiers sur le plateau et aime à faire rire l'équipe, alors qu'Al se tient à l'écart, va se préparer dans son coin et revient fin prêt. Mais ce qui me frappe chez ces deux grands acteurs, c'est leur capacité à se renvoyer la balle, à interagir de façon aussi constructive à partir de méthodes de travail radicalement différentes."

Bien que Al Pacino a l’habitude de fréquenter des rôles de policier ce dernier parlera d’une « première » pour le rôle auquel il a joué : "Will Dormer ne ressemble à aucun de mes personnages antérieurs. C'est un romantique, un flic très différent de ceux que j'ai eu l'occasion de jouer. Mais, en vérité, on retrouve chez les policiers la même diversité que dans le reste de la population, et j'espère bien avoir fait de Frank Serpico (Sidney Lumet) ou du Vincent Hanna de Heat (Michael Mann) des personnages distincts."

(SPOILER)

La trame du film nous montre comment le détective Dormer, à la base différent du meurtrier, adopte petit à petit de nombreuses ressemblances avec ce dernier. Il pense que cet accident n’est pas de sa faute mais uniquement à cause de l’opération menée pour retrouver le meurtrier. Nous nous rendons compte plus tard qu’il ne vaut pas plus que le meurtrier, pire Al Pacino ne veut pas l’avouer. Walter Finch, l’écrivain, essaye pendant tout le film de faire sa rédemption vis-à-vis de son acte tandis que le détective Dormer émane un profond regret de son acte. Les deux protagonistes tentent de se faire pardonner mais en vain. Justice devant se faire, ils meurent tous les deux par l’autre. Une symbolique inévitable dans l’histoire. Le seul point critiquable du film sera donc sa fin assez prévisible.

(FIN DU SPOILER)

Anecdotes :
- La poursuite dans le brouillard constitua un redoutable challenge technique. La production sélectionna pour cet épisode-clé un îlot sauvage au relief accidenté, proche de Vancouver et connu sous le nom d'Indian Arm.
- Le rôle d’Hilary Swank n’est pas anodin étant donné qu’elle ne cherche qu’à faire son travail, de trouver la vérité et de faire justice. Un personnage, en effet, ressemblant fortement à celui de Rachel Dawes dans la saga Batman qui suivra ce film.

Insomnia est incontestablement une réussite tant au niveau scénario et réalisation que la performance des acteurs. Un film qui n’a pas fait énormément de bruit mais qui gagne à être connu grâce à son casting intriguant. Il n’en faudra pas plus pour attiser le regard de la Warner et de confier à Christopher Nolan le projet le plus ambitieux de sa carrière : revisiter le mythe à ses origines dans une perception assombrie du milliardaire Bruce Wayne dans : Batman Begins.

Cordialement, Hablast.

vendredi 8 octobre 2010

Biographie Cristopher Nolan, 5/7 by Hablast

Chaque tour de magie est constitué de trois parties, de trois actes. On appelle le premier acte : le pacte. Le magicien vous montre une chose ordinaire. Un jeu de carte, un oiseau ou même un homme. Il vous montre l’objet. Il vous demande peut-être aussi de l’examiner. De vérifier qu’il est bien réel. Qu’il n’a pas été altéré. Que tout est normal. Mais évidemment, ce n’est probablement pas le cas. Le deuxième acte s’appelle l’effet. Le magicien prend la chose ordinaire et lui fait faire quelque chose d’extraordinaire. Vous cherchez alors la clef du mystère mais vous ne la trouvez pas parce que, bien sûr, vous ne la cherchez pas vraiment. Vous ne voulez pas réellement la connaître. Vous voulez être mystifié. Mais vous n’êtes pas encore prêt à applaudir parce que, faire disparaître une chose, n’est pas suffisant. Il faut aussi la faire réapparaître. C’est pourquoi tous les tours de magie comportent un troisième acte. C’est la partie la plus difficile des trois. Celle qu’on appelle : Le Prestige.



Avec ce cinquième long-métrage, Christoher Nolan nous montre une fois de plus tout son talent mettant en scène un thème original : la magie. Tiré du roman éponyme de Christopher Priest, l’histoire raconte la rivalité de deux hommes suite à la mort de la femme d’un des deux magiciens. et qui se manifeste principalement autour d'un tour de magie nommé « l'homme transporté» que les deux protagonistes se disputent.

Niveau casting, pas de quoi se plaindre. Hugh Jackman et Christian Bale sont très bons dans leur prestation. Michael Caine, toujours impeccable dans son jeu de senior sage et prudent, Andy Serkis (Gollum) sympa à voir dans son second rôle, ainsi qu’une Scarlett Johansson dans un rôle inhabituel pour l’actrice. L’affiche partagera même un certain David Bowie dans le mystérieux rôle de Nicolas Tesla.

On retrouve, dans ce film, quelques caractéristiques propre au réalisateur telles qu’une narration non chronologique comme dans Following, Memento, et Batman Begins ainsi que le concept de la dualité entre deux protagonistes tel que nous l’avons déjà vu dans Insomnia. Sans oublier une fin troublante plongeant le spectateur dans la réflexion.



(SPOILER)

La fin du film apporte beaucoup d’éléments en peu de temps, ce qui augmente la difficulté de la compréhension du film, surtout si les spectateurs n’ont pas lu le livre préalablement.

Le film est construit tel un tour de magie à savoir l’acte, l’effet et le prestige. Ce qui voudrait dire que tout ce qui a été narré est faux, que l’on est dans l’illusion. La magie à l’état pure n’existe pas. C’est la manipulation qui prime.

Dans ce cas, la machine à cloner de Angier (Hugh Jackman) n’existe pas. Une étendue de chapeaux dans une forêt ainsi qu’un deuxième chat noir n’est pas suffisant pour prouver le bon fonctionnement d’une telle machine. Cette idée se renforce d’autant plus que nous ne voyons jamais un quelconque chapeau apparaître. Pareil pour Angier, on ne le voit jamais surgir devant nous mais bien sortir d’un endroit dont le champ de vision d’un spectateur ne peut voir. Encore moins disparaître (il est bien montré dans le film qu’il passe par une trappe. Solution ? Un sosie qui va d’ailleurs mourir lorsque Angier (ou un clone ?) devine que Alfred (Christian Bale) s’introduira sous la scène pour voir le truc l’accusant pour le coup comme meurtrier.
Alfred (Bale) fonctionnera d’ailleurs de la même façon en expliquant son histoire de jumeau ; l’un aimant Olivia (Johansson) et l’autre Julia (Perabo).

Mais le plus énigmatique reste à venir. Sur le tout dernier plan, lorsque nous réécoutons la façon dont un tour de magie s’exécute, nous voyons Angier (ou un clone ?) les yeux ouverts dans la cellule de verre remplie d’eau dans laquelle nous apercevons une bulle d’air s’échapper. Le but ici sera, comme dans un tour de magie, d’essayer de deviner en donnant notre interprétation via la vérité de la manipulation. Ce qui est bien sûr impossible et donc voulu par les magiciens ayant pour conséquence de croire ce qui nous arrange.

On retrouve, à l’instar de Mémento, une fin qui nous laisse libre choix d’interprétation. Principe qui semble tenir à coeur chez Nolan.

(FIN DU SPOILER)



La notion de sacrifice est un thème très important dans le film. Jusqu’ou un magicien est-il prêt à aller pour rendre ses tours encore plus prestigieux?

Comme dit précédemment, le film est construit comme les trois actes d’un tour de magie, l’introduction étant le pacte, le film étant l’effet et et le twist finale étant le prestige. Christopher Nolan aura d’ailleurs été très investi dans son style de narration pour la réalisation de son film. Lui et son directeur de la photographie Wally Pfister ont tenu à filmer d’une telle façon à ce qu’on se rapproche vraiment de la vision d’un spectateur allant voir des tours de magie. Nolan explique : “On a essayé , autant que possible de filmer les scènes caméra à l'épaule pour capter la beauté de l'instant (...) c'était beaucoup plus efficace et spontané. C'est une démarche originale et libératrice qui donne au film un style naturaliste et qui se distingue nettement de l'approche actuelle du film en costume".

Ainsi Christian Bale et Hugh Jackman joue chacun un rôle, propre au départ, et de plus en plus obsédant par la suite. Le Prestige sensé apporter du bien devient indirectement le mal car il est de plus en plus difficile à atteindre et pour y parvenir, il devient impossible de ne pas passer par cette affliction.

Il devient alors facile de déceler la métaphore, implicitement évoqué par l’auteur du roman éponyme Christopher Priest : l’accoutumance et toutes les sortes de dépendances entrainent inévitablement l’extinction. La soif du Prestige amène à la destruction de soi et de son entourage, une dépendance impossible à geler tellement l’effet que produit celui-ci augmente en puissance jours après jours ou plutôt, tours après tours.

On retrouve, par ailleurs, cette notion chère à Nolan déjà évoqué dans Batman Begins qu’est le sacrifice. Il faut faire un choix : rompre avec le Prestige où sacrifier sa personne. Un sacrifice qui pourra s’avérer fatal pour les deux protagonistes mais qui dit qu’ils ne convoitaient pas plus cette issue qu’une autre ? Ainsi Christopher Nolan évoque l’importance que peut avoir un certain Bruce Wayne , Robert Angier où Alfred Borden à parvenir à cette abnégation pour assouvir cette sorte d’altruiste d’autrui pouvant refléter un égoïsme extérieur au sens où ils pensent à eux). Une notion plutôt délicate car dans un point de vue plus philosophique, ce sacrifice d’autrui créé la contradiction avec son but qui est de satisfaire son besoin. C’est idée poussée jusqu'à son paroxysme n’est pas étonnant de la part de Nolan et nous la retrouvons une fois de plus dans The Dark Knight (à suivre).



Ce qui est étrange avec ce film, c’est que, comme dans un tour de magie, nous avons du mal à nous souvenir de la fin, de l’explication. Il est très fréquent chez les gens de ne pas se souvenir du fonctionnement d’un tour après quelques mois même si on nous l’a expliqué plusieurs fois (bien entendu cela dépend des personnes). L’explication à cet étrange phénomène réside tout simplement de part le fait qu’au plus nous jouons sur l’èthos(confiance, charisme de l’orateur; ici le magicien) et le pathos (émotion, ressenti du public, les sentiments) au plus nous en oublions le logos (contenu).

Ainsi, The Prestige est un exemple de ce que Aristote, Ciceron et Quitilien disaient à propos du discours rhétorique : “Ce qui compte n’est pas tant la qualité de ce qu’on a composé dans son for intérieur que la manière dont on le traduit extérieurement”. Autrement dit, l’importance de donner une impression profonde au spectateur ne réside pas dans son contenu mais de la manière dont est orchestré ce contenu. Michael Caine, dans son rôle de narrateur du film, résume d’ailleurs très bien cela: “Vous cherchez alors la clef du mystère, mais vous ne la trouverez pas parce que bien sûr vous ne la cherchez pas vraiment, vous ne voulez pas réellement la connaître, vous voulez être mystifié”. Une notion impeccablement maîtrisé par Christopher Nolan dans sa mise en scène.

Après 5 films assez distincts de par leur genre, nous pouvons conclure que Christopher Nolan à une vision très poussée des possibilités techniques cinématographiques. Il arrive à comprendre comment appliquer un ressenti, une pensée, une idée dans un film. Nous en avons été bouleversé depuis le twist ending de Following ainsi que l’énigmatique fin de Memento confrontant notre mémoire à long terme avec un protagoniste qui n’en a pas ce qui remet en cause la narration d’un film. Nous continuons à l’être avec l’alliage impressionniste du monde de la magie avec celui du cinéma dans The Prestige.

Il faudrait bien sûr des dizaines de pages pour expliquer la psychologie cinématographique de Christopher Nolan mais il est possible d’éclaircir en quelques phrases sa vision. Christopher Nolan a en fait une vue céleste, aérienne sur, d’une part ce qu’il veut réaliser et d’autre part sur le cinéma. Il ne regarde pas un problème de face mais de haut ce qui lui permet de pouvoir, à chaque fois, trouver le plus parfaitement possible la combinaison des deux facteurs qui font le corps du film. Ainsi le sentiment d’incomphrension de Bill dans Following, La manipulation ressentie du au montage anti-chronologique de Memento, la fatigue que l’on éprouve pour Al Pacino dans Insomnia et enfin le sentiment émerveillé qui nous laisse coi, tel un public assistant à une soirée de magie, à la fin de The Prestige sont le résultat d’une imagination créative, logique et extraordinairement juste d’un génie du septième art contemporain.

Les deux épisodes sur Batman ont plus tendance à échapper à cette règle à cause du fait, premièrement que Nolan à reçu des obligation vis-à-vis de Batman Begins lui privant de certaines libertés et surtout par la simple et bonne raison que la franchise de l’homme chauve-souris est enraciné sur des bases que Chris ne peut pas changer pour l’adapter à sa formule.



Encore une fois, le film de Chris sera très bien accueilli. Doté d’un budget de 41 millions de dollars, il en remportera 110$. Décerné par 75% de critiques positives et d’une notre moyenne de 7,1/10, le film aura bel et bien trouvé son prestige. Christopher Priest, l’auteur du roman éponyme visionnera 3 fois le films pendant le 05 janvier 2007 et s’exclamera: “Well, holy shit.' I was thinking, 'God, I like that,' and 'Oh, I wish I'd thought of that.'"


Anecdotes:
- Les références des deux personnages principaux Alfred Borden et Robert Angier forme ABRA pour ABRACADABRA.
- Les scènes tournées dans de grands théâtre londoniens ont en fait été tourné dans de vieux cinémas de Los Angeles.
- Sam Mendes aurait souhaité réaliser ce film mais l’auteur du roman a préféré confier la réalisation à Christopher Nolan.
- Le bébé d’Alfred Borden (Bale) dans le film est un des enfants de Christopher Nolan.
- Il va sans dire que Hugh Jackman et Christian Bale se sont entraîné au métier d’illusionniste. Ils ont suivi des cours donnés par de vrais magiciens : Ricky Jay et Michael Weber.
- Ricky Jay explique la rivalité des magiciens : « Ce type de compétition entre magiciens a vraiment existé. A une époque, il pouvait y avoir à Londres jusqu'à cinq ou six magiciens qui se produisaient dans plusieurs théâtres, le même soir et cette époque est unique dans l'histoire de la magie. Ce qui était intéressant, c'est qu'il s'agit d'une époque où le cinéma naissant et la magie avaient beaucoup en commun. "
- Pour créer l’atelier de Alfred Borden (Bale), Nathan Crowley, le chef décorateur, s’est inspiré de l’atelier du magicien Houdini.
- Les costumes ont également constitués une attention particulière. Rebecca Hall qui interprète le rôle de Sarah Borden commente : " En général, je suis plutôt avachie, mais en portant ces vêtements, j'ai eu l'impression de me comporter en grande dame »

The Prestige a été un film bien peu désiré. Les premiers fans de Batman Begins déploreront cette coupure dans les projets du réalisateur préférant faire un écart entre Batman Begins et the Dark Knight. Ils auront tout de même du se résigner à attendre la suite des aventures du chevalier masqué pour The Prestige. Mais ce léger désagrément a bien vite été effacé de par, une nouvelle fois, un long-métrage très convainquant du au talent de Christopher Nolan. C’est la tête reposée que le réalisateur est prêt à nous entrainer dans les recoins les plus sombres du milliardaire Bruce Wayne dans : The Dark Knight.

Cordialement, Hablast.