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lundi 9 janvier 2012

A bittersweet life by Oren



A bittersweet life est réalisé par Kim Jee-woon, également papa de 2 sœurs, mais je ne pourrais pas vous en dire plus, je ne l'ai jamais vu (2 sœurs hein, pas A bittersweet life, sinon je ne ferai pas un article dessus…). Ce film est né en 2005 en Corée du Sud, qui dit Corée du Sud dit casting avec des noms hyper compliqués dont je ne vais pas énumérer la liste.

L’histoire : Kang, un chef de la mafia soupçonne sa jeune maîtresse, Hee su d’avoir une liaison. Il décide donc de lancer sur ses pas Sun woo, l’un de ses hommes de main en qui il a le plus confiance et efficace, « régleur de problèmes » sans sentiments. Sa mission : s’il découvre qu’Hee su a une liaison, il doit liquider les deux amants. Seulement, après avoir passé la journée avec la jeune fille, il va se trouver incapable de la tuer lorsqu’il la voit avec un autre. Dès lors, Sun woo est pourchassé par ses ex-collègues/complices et surtout, par Kang.




La volonté est de nous présenter un polar noir mêlant guerre de gang, ou plutôt guerre à l’intérieur du gang, vengeance, violence, frontière entre rêve et réalité, découverte de l’existence et même un peu d’humour. Cette volonté est totalement respectée.En lisant les thèmes listés ci-dessus et le synopsis, votre première idée sera de dire « déjà vu ». Oui mais non. Là où d’autres empruntent des facilités en présentant violence gratuite, vengeance basée sur du « commun », ce film réussit à ne pas s’enterrer dans des raccourcis un peu trop simples.

Effectivement, ce n’est pas un « film de plus », se contentant d’orgie de sang : il est subtil, un peu décalé et surtout émouvant.Le film se divise en deux parties. Dans cette première, on voit l’exécutant, Sun woo dans son rôle : sans sentiments, efficace dans son travail (celui de régler les problèmes, donc de tuer). Il accomplit sa tâche sans vivre. Sa journée passée avec Hee su est la cassure. Durant cette journée il a appris à vivre, à ressentir des choses, et même à sourire. Il lui est donc impossible de tuer celle qui lui a fait découvrir sa vie, son existence. C’est à cause de cela qu’il se trouve enterré vivant par les hommes de main de son ancien patron. Il réchappe à cette mort et décide de se venger. Deuxième partie. Cette seconde partie est aussi celle des sentiments, plus que la vengeance, il y a aussi l’amour, le besoin de reconnaissance. Le titre prend tout son sens ici : Sun woo désire une vie un peu plus douce, une vie avec des sentiments, avec de la vie.Bien que se découpant en deux, A bittersweet life garde son rythme effréné du début jusqu’à la fin.

Les scènes de combats, celle où l’on voit Hee su faire de la musique / Sun woo reprendre vie et même l’ambiance générale, tout est esthétique. Ce film noir se révèle être un véritable poème empreint de beauté. Le personnage principal est attachant, entre ses coups de colère, sa naïveté et ses sourires. Le twist final (car il y en a un) surprend et nous laisse même dans l’ambiguïté : est-ce vraiment un retournement de situation ou un simple flash-back ?

Je vous laisse en décider.

lundi 12 septembre 2011

I saw the Devil by Viyanne



Yop les coupains !
Je viens aujourd'hui vous parler d'un film sud coréen du nom de I saw the devil, pour une fois traduit correctement donc en "J'ai rencontré le diable".

Bien que les histoires de possessions et autres Diaaap' soient en vogue il n'en est pas question ici, l'histoire en est toute autre, notre diable étant humain.

I saw the Devil nous raconte l'histoire d'un agent secret dont la fiancée a été assassinée par un serial killer plutôt impitoyable.
Aidé par quelques connaissances celui ci décide alors de se venger et de faire endurer l'enfer à celui qui a détruit sa vie, quitte à mettre en danger ses proches.
Trouver le meurtrier de sa bien aimée et lui montrer de quel bois il se chauffe encore et encore, sans relâche, mais le jeu ne risquerait-il pas de se retourner contre lui ?

Anecdote : En raison de la censure impliquée par le comité de classification Korea Media Rating Board, le film s'est vu repoussé au 06 juillet 2011 en raison de sa violence alors que sa sortie initiale était prévue au 11 août 2010. Oui vous calculez donc bien presque un an de retard, rien que ça !

C'est qu'on dirait qu'ils aiment beaucoup se venger nos amis coréens, et jusque là les films qui en découlent me laissent penser que je voudrais pas avoir un coréen dans mes ennemis.
Mais la vengeance ils savent comment s'en servir au niveau cinématographique, c'est un fait, Park Chan Wook en étant le meilleur exemple.



Le problème justement de I Saw The Devil est de passer après ces films de qualités irréprochables tels que Old Boy et que la mise en rapport est d'autant plus facile vu que dans les 2 métrages on retrouve Min Sik Choi même si celui ci est méconnaissable. D'un coup ça devient dur de se démarquer mais aussi de faire mieux et la comparaison ne manque pas de se faire tant les thèmes sont proches même si en aucun cas les scénarios ne se rapprochent à un moment ou l'autre.
Si I Saw the Devil ne démérite pas, loin de là, il n'est pas parfait pour autant mais les images restent belles (enfin si on peut dire car ici on a déjà plus de boucherie et de sang)
I Saw the Devil part très bien et assez rapidement mais après une heure il s'embourbe, le film possède des longueurs, et quand un film durent 2h20 les longueurs ce sont pas des petites ! Vengeance, encore vengeance ok, mais les scènes se répètent et assez vite on a un peu un serpent se mordant la queue, ce qui est bien dommage.
Heureusement que par la suite on a droit à quelques rebondissements qui nous feront rester devant l'écran et cesser de regarder notre montre pour nous remettre une bonne claque dans la gueule.
Pour le scenario certains détails m'ont semblé un peu faciles, trop faciles, voir légèrement incohérents par moments mais sans causer pour autant la perte du film et le faire tomber dans le n'importe quoi.

Au final I saw the devil reste un bon thriller que je vous recommande malgré ses quelques défauts.

Trailer

lundi 14 mars 2011

the Good, the Bad and the Weird (FILM) by Frisotte

Bon, je suppose que je ne vous apprends rien en vous disant que Kim Jee-woon (le réalisateur) a voulu rendre hommage à Le Bon, La Brute et Le Truand et aux westerns en général en faisant ce film. Ce film est… unique - enfin pour moi - par les décors, les habits, les accessoires, les personnages, etc. Cela peut s’expliquer notamment par le contexte historique.



Histoire (du film hein) :

Nous sommes en Mandchourie dans les années 30. Kim Pan-ju est un riche Coréen qui cherche à devenir encore plus riche en faisant des affaires avec les Japonais. Il envoie donc un bonhomme amener une carte à Kanemaru, un très riche Japonais (on apprend par la suite que le Japon en a besoin pour étendre sa domination). Mais voilà, Kim Pan-ju est un peu trop ambitieux, alors il paye Chang-yi (la Brute) pour récupérer la carte et l’argent que lui doit Kanemaru. Pour cela, Chang-yi va devoir arrêter un train. Malheureusement, personne n’a prévu le passage de Te-goo (le Cinglé) dans le train pour voler les riches voyageurs. Chang-yi arrête donc le train (avec ses acolytes de Brute), arrive dans la cabine de Kanemaru et… Kanemaru est mort et les valises ont été fouillées. Pendant qu’il cherche la cause de cela, ses acolytes fouillent le reste du train et tombent sur Do-won (le Bon), ou plutôt, Do-won leur tombe dessus. La Brute voit Le Cinglé en train de s’enfuir dans le désert, lui tire dessus, mais pas de bol, il se fait viser par Le Bon. Ils commencent tranquillement à se tirer dessus d’un bout à l’autre du train pendant que le Cinglé se fait la belle. Puis le Bon se fait éjecter du train par l’énorme marteau d’un homme de la Brute et se met à poursuivre le Cinglé. La bande des Trois royaumes observe la scène du haut d’une petite colline. Pendant ce temps, le Cinglé se fait récupérer par Man-gil (son ami) en side-car.
Bon, je vous ai fait un topo des dix premières minutes du film.
Ainsi, tout le monde veut la carte (sauf le Bon qui veut juste capturer le Cinglé et la Brute) : le Cinglé, la Brute, la bande des Trois Royaumes, l’armée japonaise.
J’aimerais bien vous en dire un peu plus, mais c’est vraiment un film qui ne peut pas se raconter, à cause de sa rapidité et l’entremêlement des histoires dans la trame principale, sans tomber dans le spoil.

Les personnages :


La Brute (Lee Byung-Hun, qui a joué dans des films que je n’ai pas vu) : il a un look de dandy, avec une coupe de cheveux très branchée pour l’époque. Il ne cherche qu’une chose : être le meilleur, peu importe qu’il meurt ou non. Il a toute une bande derrière lui, notamment un mec très doué aux sabres et Attila (je l’ai surnommé comme ça à cause de son look et c’est lui qui a l’énorme marteau). Il recherche plus la supériorité que la carte au trésor, mais pour prouver à tous qu’il est le meilleur, il doit se battre contre le Bon et le Cinglé et donc les retrouver.

Le Bon (Jung Wo-Sung, pareil que pour la Brute) : il est seul, avec son cheval, sa carabine et son fusil. C’est un chasseur de prime, il recherche donc le Cinglé et la Brute. Néanmoins, au détour d’un rocher dans le désert, il va faire un marché avec le Cinglé pour se partager le trésor, si trésor il y a. On se doute tout de même qu’il n’a confiance en personne sauf en ses armes et il a raison car il ne rate jamais sa cible. C’est lui qui a le plus le look western du film, chapeau, foulard, long manteau (et non, pas de poncho).

Le Cinglé (Song Kang-ho : The Host, Memories of Murder) : c’est un voleur, qui préfère le side-car au cheval pour se déplacer dans le désert. Il a souvent un chapeau et des lunettes d’aviateur sur la tête (même avec un casque scaphandre). Il est toujours là où on ne l’attend pas et il a surtout le chic pour se fourrer dans des situations étranges. Tout le monde le prend pour un empoté et un benêt, mais en réalité il est bien moins cinglé qu’on ne le pense.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces trois personnages ne restent pas bloqués dans leurs surnoms (surnoms qui n’existent que pour l’affiche en réalité), ils sont tour à tour brute, bon et cinglé. Le Bon nous parait sympathique par sa nonchalance et sa façon de voir les choses, mais il n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge, la Brute doit sa nature à un épisode marquant du passé (qu’on entrevoit parfois en flash-back), le Cinglé prend soin de sa « mémé » et de Man-gil. Ce que j’ai aimé dans ces persos, c’est qu’en réalité ils sont bien plus complexes qu’on ne peut le penser au premier abord et en tant qu’acteurs, on sent qu’ils se sont éclatés sur ce film et ça fait vraiment plaisir à voir.



En personnages secondaires, on peut noter la présence de la tribu des Trois royaumes, ils sont évidemment bien moins développés que les trois personnes principaux, mais leur présence est quand même intéressante à noter ; on les voit tout au long du film et ils représentent bien la multitude de culture que connait la Mandchourie à cette époque. Leur chef est donc chinois, avec des massues pour armes, le second est coréen et un peu neuneu, le reste de la bande est mongol, russe, coréen et chinois, ils sont habillés de façon traditionnelle ou plus moderne, ils ont des chevaux, des chameaux ou des motos.

On a l’impression tout au long du film d’avoir droit à du grand n’importe quoi, toutes ces différences de civilisations, d’accoutrements, la frontière constante entre modernité et « archaïsme », l’humour à chaque coin du film, tout cela sur un fond de chasse au trésor et de courses poursuites.
Les décors sont principalement désertiques, avec des falaises, des défilés, du sable qui vole pendant les chevauchées, mais une partie de l’action se déroule également au Marché fantôme, une ville totalement hallucinante, un vrai labyrinthe, où tout ce qui a été volé est vendu (on peut d’ailleurs voir une statue géante de Bouddha).

Il y a donc une influence directe des westerns spaghettis. Avec Le Bon, La Brute et Le Truand, on retrouve le trésor caché, l’association bancale entre le Bon et le Cinglé/Truand, une intervention de l’armée, le Cinglé se retrouve d’ailleurs en train de creuser vers la fin du film pendant que le Bon le surveille avec son fusil (bon par contre je vous préviens tout de suite, vous n’aurez pas droit à la réplique culte de Blondin). Et évidemment, comme tout le monde s’y attend, il y a le duel, ou plutôt le triel.


Hey, vous voulez savoir qui gagne ? Et ben regardez le film.

Malgré cette importante influence des westerns spaghettis, Kim Jee-woon arrive très bien à mettre sa touche personnelle pour en faire un film totalement déjanté et culte, unique en son genre (même si je ne m’y connais pas non plus fabuleusement bien en cinéma coréen).