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lundi 21 novembre 2011

Eraserhead, David Lynch (1977) by Wayne

Eraserhead.
Rien que l'évocation de ce titre de film provoque chez certains une urticaire spontanée et chez d'autres des déclarations amoureuses ; et il en faut, des débats passionnés pour extraire la substance de ce premier long métrage indépendant devenu culte. David Lynch nous a-t-il livré le meilleur film de tous les temps ou s'est-il vastement foutu de la gueule du spectateur ?



Alors, de quoi en retourne-t-il ? Pourquoi tant de battage ? Premièrement, Eraserhead est une œuvre qui a mis longtemps avant d'avoir pu voir le jour en 1977. En effet, au départ c'était un court métrage nommé GardenBack, traitant de l'adultère, rien à voir. David Lynch faisait ce court métrage grâce à quelques bourses obtenues grâce à ses courts métrages précédent, et finalement il remplace le scénario original par celui de Eraserhead et commence à le tourner. Seulement, lorsqu'il présente une des scènes à l'American Film Institute, qui l'aidait au financement, ceux ci se retirent totalement. Lynch se retrouve donc sans aucune aide, et va devoir compter sur les apports financiers de ses collaborateurs et de sa famille pour mener à bien son film... et ça va durer plus de cinq années. Deuxièmement, on peut dire que les mecs ont su faire une promo vraiment astucieuse : le film étant diffusé en seconde partie de soirée dans deux cinémas New Yorkais (à l'affiche pendant 4 ans en Midnight Movie quand même), les spectateurs sortants de la salle se voyait offrir un petit badge « Eraserhead, i saw it ! », qui pouvait ensuite titiller la curiosité de tous les gens qui le voyaient.
Le film en lui même associé à son histoire, et sa rareté en salle, la coupe de cheveux de Jack Nance, tout ça a contribué à faire de Eraserhead un film culte.

Mais alors, de quoi ça parle ? L'histoire en elle même est assez simple.
Henry (interprété par Jack Nance) est un imprimeur un peu attardé (voire autiste vu sa difficulté à communiquer) confronté à la morosité de son quotidien. Une existence pathétique et morne qui ne l'épargne pas des coups durs, puisqu'il apprend bientôt que Mary (Charlotte Stewart), cette sainte nitouche ultra émotive qu'il n'a pas vu depuis des semaines, a accouché de son fils. Une malédiction pour lui, qui voudrait déjà vivre sa propre vie... Pourtant la mère de Mary insiste pour qu'Henry prenne ses responsabilité et épouse Mary. En fait, son seul échappatoire, c'est le rêve.

Bon, ça a l'air simple comme ça, mais faut pas oublier que c'est le premier long métrage de Lynch, et donc il s'est lâché dessus. Il ne va pas te dire directement quand est ce que vient la réalité, quand est ce qu’apparaît le rêve. Pas du tout même. Les deux se mélangent.
Henry est tellement accablé par son existence qu'il rêve aussi bien éveillé qu'endormi, ce qui fait qu'on peut assister à des scènes totalement surréalistes et purement métaphoriques. Si Lynch avait voulu faire passer le message « il s'est précipité dans la gueule du loup », il aurait tourné une scène où le personnage cours dans la gueule d'un loup géant. C'est un peu comme ça qu'il faut le voir.
Ainsi, la scène du dîner, quand le père de Mary demande à Henry de couper un poulet histoire de dire « tiens, montre nous que tu as les choses en main, montre nous que tu es de la famille », il voit la carcasse de poulet essayer de remuer ses ailes déplumées, puis en train de saigner... ce qui effraie Henry qui se rend compte que c'est ce qui va lui arriver s'il accepte d'entrer dans la famille : il se retrouvera coincé, il ne pourra pas « s'envoler » et en attendant sa mort. Reste à savoir si c'est ce qu'il s'imagine...
La seule scène a aborder le rêve de façon explicite est celle qui donnera le nom au film. Scène contenant à peu près tous les clichés de Lynch, déroutante, extraordinaire et passionnante.



Tout est donc centré sur Henry. Certains diront qu'il y a trois personnages primordiaux en plus de lui... Je pense qu'on peut réduire au moins deux de ces personnages à Henry lui même et sa coupe de cheveux aussi extravagante que le film. Ces deux personnages liés à Henry sont le bébé d'Henry (qui ressemble a une salamandre mutante indescriptible), et l’énigmatique femme du radiateur... Le troisième personnage est la femme fantasme de l'autre côté du palier.
Ha oui, là ça devient un peu plus spécial, je vous l'accorde ! Je vous laisserai trouver quels rôles ont ces personnages pour Henry...
Cependant, si on regarde de plus prêt la filmographie de Lynch, on décèle quelques thèmes qui reviennent souvent et qui donnent un indice quant à l'interprétation des rôles de ces personnages : le double (parfaitement identifiable dans Lost Highway et Mulholland Drive par exemple), et le personnage prisonnier de sa condition qui ne peut en sortir que par sacrifice.

L'image en noir et blanc complète parfaitement le propos et va de pair avec la musique qui joue un rôle important en complément des images. Elle accentue l’atmosphère froide et industrielle de la vie d'Henry, comme si elle donnait plus d'importance aux décors qu'aux personnages eux même ; ce qui est très intéressant, puisqu'on a l'impression dans le film que Lynch a voulu montrer à quel point la vie d'Henry et des personnes qui l'entourent est sans intérêt, et par conséquent, effrayante.
Le seul morceau qui diffère de ça est la chanson de la femme du radiateur (radiateur ? Froid ? Chaud ? Coïncidence?), entêtante et...énervante (totalement subjectif). Sorte de comptine très explicite sur l'interprétation que l'on peut faire de la fin du film.



Il est clair que ce film est très intéressant dans le fond et même la forme. Cependant, il est vraiment extrêmement difficile d'y entrer. J'ai moi même eu énormément de mal, je me suis quasi forcé à le regarder, motivé et animé seulement par la question « où est ce que ça mène »... Peut être que si j'avais lu mon article avant de voir le film, j'y aurais eu plus d’intérêt dès le début (retour vers le futur). Mais là, même en ayant vu et apprécié la plupart de ses films, ce fut dur. Et pourtant j'ai quand même pu pondre cet article plutôt mélioratif. Improbable.
C'est en fait peut être cela, l'effet d'un film culte.

En tout cas maintenant, si vous voulez le voir, vous êtes prévenus !

lundi 10 octobre 2011

Robocop – Paul Verhoeven by Wayne

Jusqu'en 1987, Verhoeven réalise des films dans son pays natal, à savoir les Pays Bas. Des films à la réputation sulfureuse, puisque le réalisateur aime à provoquer et par ses idées, et par ses thèmes chers : la violence et le sexe - obsessions parfaitement transposées à l'écran par son film « Flesh+Blood » sorti en 1985, un titre évocateur ! Pour la petite histoire, certains critiques le surnommaient « le Hollandais violent » ; violent mais pas dénué de talent, loin de là comme peut le prouver l'exceptionnel « Le Quatrième Homme » (critique disponible dans les archives et alpha cin) qui sera la base d'un de ses films les plus connus plusieurs années après : « Basic Instinct ».

C'est donc en 1987 que Verhoeven vient taquiner l'oncle Sam, avec son tout premier film sur le territoire américain : « RoboCop ». Ce film n'est pas seulement le début de sa carrière américaine, mais aussi le début d'une sorte de trilogie axée sur la science-fiction complétée par « Starship Troopers » et « Total Recall », chose complètement nouvelle pour lui. Je n'inclus pas « Hollow Man » pour une simple raison : c'est le seul film fantastique/SF de Verhoeven qui ne va pas donner des grands coups de pied au cul à la société américaine. Cette société, il la déteste, c'est une vraie haine cynique qui l'anime, et lui, pour son premier film sur le sol américain, il en remet une couche ! Un sacré pied de nez : « je viens chez vous pour que mon film soit vu par tout le monde, et je vous en mets plein la gueule grâce à vous »...



Dans le futur décrit par RoboCop, les politiciens sont véreux, associés aux trafiquants de drogue. Le gouvernement est fasciste, et la propagande omniprésente. La critique est solide, crue, acide et acerbe. Tout le génie de Verhoeven dans ce film est de nous l'imposer sous une violence frontale et bestiale. Beaucoup de personnes ont regardé RoboCop comme un défouloir, et pourtant tout l’intérêt de ce film se situe derrière : le film est violent, très (regardez le director's cut), mais rien n'est gratuit.

Le film s'en prend aux médias, une critique très visible cette fois ci : entre les sitcoms complètement débiles qui passent à la télé, et les journaux télévisés avides de sensations ainsi que de publicités inutiles. Toujours avec le sourire ! Et pendant ce temps là se pose la question des travailleurs, de plus en plus remplacés par des machines bien plus économiques ; grandeur et décadence, voici qui pourrait résumer le monde dans lequel se déroule l'action. Des édifices représentant la richesse et la puissance longeant les quartiers pauvres, et pourtant, aucune interaction entre eux... Les riches n'ont que faire de cette population, ou plutôt de ce frein.

C'est dans ce futur pessimiste que le projet RoboCop voit le jour. Devant la montée en puissance du crime dans la ville, la multinationale OCP – Omni Consumer Product – qui contrôle la police de Detroit, mais qui a aussi la main mise sur le marché robotique, les prothèses et les armements, décide de tester une nouvelle forme de police. Une police qui pourrait être active 24h/24, dotée d'une puissance de feu inégalable, des réflexes supérieurs à ceux des flics actuels, qui ne mange pas, ne boit pas... enfin qui fait son taff et qui coûte pas cher en somme.
Ils construisent donc un robot-flic : l'ED 209, mais pendant une présentation du produit, tout dérape et l'ED 209, manquant de discernement humain, est complètement abandonné.
Un cadre propose alors son projet RoboCop : il prévoit de pouvoir fusionner un robot avec un flic. Une solution qui permettrait de palier aux défauts de l'ED 209, en gardant ses avantages techniques. Le projet est accepté... Il n'y a plus qu'à attendre qu'un flic se fasse tuer pour avoir le cobaye.




C'est là qu'intervient le héros du film : Alex Murphy incarné par Peter Weller. Brave flic muté à Detroit, celui-ci tombe dans une embuscade lors d'une mission dans les quartiers mal-famés, et se retrouve laissé pour mort, grièvement blessé. L'OCP a enfin son cobaye : ils purgent la mémoire de Murphy et la transfèrent dans un corps cybernétique ayant l'apparence d'un exosquelette.
Si RoboCop donne ses fruits très rapidement et nettoie la racaille comme il faut, au bout de quelques temps, son côté humain refait surface sous forme de cauchemars et de doutes, se rappelant même à un moment de son assassinat... RoboCop, contre toute attente, se lance à la poursuite de ses assassins, assoiffé de vengeance.

Le film est sans temps morts, grâce à une réalisation complètement maîtrisée par Verhoeven qui a cette capacité à nous interpeller avec ses images, nous plongeant au cœur même de sa violence. Les effets spéciaux ont certes un peu vieilli, mais sont pour moi toujours aussi efficaces et bien plus beaux que des CGI mal utilisés (quasi tout le temps en ce moment donc). Le passage de la « transformation » de Murphy fait toujours son petit effet, et Verhoeven rivalise d'inventivité pour rendre ses plans les plus intéressants possible. Même les stop-motion sont à mon avis une super idée, renforçant un peu plus encore cet aspect mécanique et froid que veut nous faire passer le film.

Ce film, je l'ai vu petit en VHS, et je peux vous dire que dans ma tête de gosse, ça a fait un gros « splash », à l'instar de la scène de l'acide qui m'avait choqué à l'époque et dont je me souviens encore ! Avec l'âge que j'avais, difficile de saisir toute la substance de ce film, mais ce qui en apparence est un film de série B violent et sanglant offre une lecture parallèle plus qu’intéressante et subtile, qu'on ne voit que trop rarement dans un film tel que celui ci.

RoboCop est donc un film que je recommande à tous. Je vous recommande de le voir, ou de le revoir en faisant attention à toute cette critique qui ne fait qu’accroître notre compréhension d'un chef d’œuvre des années 80, et le sublime.

lundi 29 août 2011

Harry Potter : Les reliques de la mort, seconde partie et fin. by Wayne

A chaque fois qu'un livre d'Harry Potter sortait, je le lisais ; et pour cause, ça me touchait puisque le héros du livre avait à chaque tome le même âge que moi. C'est donc assez logiquement que des années après je veuille voir chaque adaptation ciné ! Dans mes souvenirs, les deux premiers films sont plus ou moins semblables aux livres, à savoir des films pour enfants, un univers qui fait rêver les collégiens par l’héroïsme d'un héros de leur age. C'est le troisième film que je retiens le plus, Le Prisonnier d'Azkaban, qui tire le meilleur du livre et arrive à jouer entre univers enfantin et une ambiance véritablement plus adulte, plus sombre et plus grave. Seulement, c'est très vite retombé avec les épisodes suivants, de plus en plus dégoulinants de « fric à tout prix » et trop peu fidèles aux livres.
Je crois que la dernière fois que j'ai été assez intéressé par un film d'Harry Potter, c'était pour la première partie des Reliques de La Mort. En effet, j'ai trouvé les personnages comme le traitement de l'image plus adultes, comme le livre et ce, malgré une gestion catastrophique du rythme : on traîne sur des choses inutiles, et dès que la tension monte et que l'ambiance se fait inquiétante, on abrège le plus vite possible ! Une des grosses erreurs de cette première partie.

C'est donc assez positifs que nous sommes allés au cinéma pour voir l'ultime épisode d'Harry Potter ; nous nous attendions à passer un bon moment ni plus ni moins étant donné la première partie, en se disant que peut être les petits défauts de celle ci seraient corrigés pour avoir vraiment une fin digne d’intérêt. En tout cas, on ne s'attendait pas à un tel fiasco.

[Attention, la suite peut choquer certains d'entre vous par son vocabulaire peu chatié]



Alors me voilà dans un bon siège, avec les superbes lunettes 3D qui ornent mon visage – oui, il n'y avait pas d'horaires convenables en 2D -, on passe les bandes annonces et je me dis « bordel, faut absolument que j'aille voir Super 8 et Green Lantern. Pis La Planete des Singes aussi... mais d'après la bande annonce, ça va pas vraiment être ni glauque, ni oppressant, mais bon... ». La pub Haribo habituelle, on se dit « ha tiens, la 3D s'est améliorée ou je rêve ? », et on arrive enfin sur le logo Warner Bros du générique de HP.

Ce qui m'a choqué dès les premières dizaines de minutes, c'est que je n'avais pas l'impression de continuité entre la première et la seconde partie. Comme si les deux parties n'avaient rien à voir, et même pas faites par le même réalisateur... Alors que si. Rythme très différent, prises de vues assez différentes (dans la première partie, les lieux étaient filmés de manière plus large, alors que là on se rapproche considérablement, par exemple). Et puis cette entrée en matière franchement très peu réussie, avec un dialogue voulu empreint de gravité, sans musique... sauf que le dialogue (ou son interprétation) et le jeu des acteurs ruinent un peu cette impression de sérieux. Bref, ça peut arriver.

Ca peut arriver, ok une fois, d'accord deux fois, mais quand ça devient récurrent c'est un peu énervant. Il faut dire que les acteurs n'arrangent rien. Déjà dans la première partie c'était pas la fête, mais là c'est le summum de la neutralité, ou du n'importe quoi, ça dépend. Déjà on peut prendre l'exemple d'Helena Bonham Carter puisqu'on la voit tout au début. Elle imite à merveille les expressions de l'actrice d'Hermione, je lui concède, ça m'a même fait marrer... seulement quand ça revient au naturel... Non mais franchement, vous n'en avez pas plein le cul de voir cette actrice jouer toujours le même rôle dans tous ses films récents ? C'est pas énervant un peu ? Ça serait un peu notre Johnny Depp au féminin en gros : elle s'est enfermée dans un rôle nauséabond et elle ne fait plus que ça. Surtout que Bellatrix est loin de faire pitié, c'est pas la peine de la jouer fofolle comme dans Sweeney Todd. Énervant.
Passons aux trois acteurs principaux : Harry, Ron et Hermione. Que dire... La même expression du visage pendant deux heure, à peu prêt. Harry « houuu j'ai mal à la tête oulala je suis un martyr », les deux en même temps, tout le temps. Les blagues même pas drôles du roux de service, avec la même expression que quand il annonce une nouvelle très grave ou quand il emballe Hermione, aussi émue qu'une truite d'élevage.



En fait, le seul, j'ai bien dit le seul (!) qui joue bien et qui arrive à avoir du charisme dans ce film, c'est l’interprète de Rogue. C'est le seul personnage qu'on prend au sérieux, surtout que celui ci est vraiment complexe, ce qui le rend très intéressant. Non pis bon, le seul fait de le voir, ou d'entendre sa diction, ça respire le sadisme et la prestance. Au moins, lui il s'en sort bien !

Ce qui n'est absolument pas le cas de Voldemort. Pas de chance c'est dans cet épisode qu'on le voit le plus. Ils auraient pu le soigner ce méchant non ? 'fin je sais pas, c'est un des personnages principaux quoi, limite le plus important. Je veux bien qu'on veuille lisser le personnage pour les gosses, mais ça tient pas : il y a des scènes qui peuvent faire peur aux moins de 12 ans dans ce films. Alors non, aucune excuse. Voldemort, c'est l'anti-charismatique par excellence. Il parle et agît comme un vieil homo de la cage-aux-folles, passez moi l'expression. Parfois même, sa voix lorsqu'il souffre nous rappelle les instituts pour personnes mentalement déficientes. « HaAAaaAAaaaauuuuurrruu », « Hé hé hééééééé Harry Potter est moooOooOOort ! »: horrible, pas crédible. T'as juste envie de lui dire « Bon allez, déjà tu vas m'arranger ce problème de nez, et on en reparle ».



On ajoute à ça tout plein d'actes carrément héroïques téléphonés et gerbants... et c'est la catastrophe. En témoigne ce petit discours ô combien savoureux de Londubat : « Harry... vit toujours ! Dans… Nos coooooeurs ! » haha. Non mais non, allez, c'est pas possible. Ha merde il l'a vraiment fait !
Un peu comme l'épilogue. C'était navrant dans le livre déjà. Je m'étais dit que pour une adaptation, l'enlever aurait été un acte de bon sens, déjà que le livre n'est pas respecté à la lettre. Et bah non, ils en ont fait un mooooooonstre infect, j'en avais des crampes à l'estomac ! En plus des acteurs vieillis à la va-vite (allez, la rousse on lui met un tailleur et on lui coupe les cheveux, ça ferait la vieille quarantaine assumée, un peu sainte nitouche comme ça, parfait), tout va bien dans le meilleur des mondes, tout le monde il a des enfants, y'en a pas un de bedonnant, ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants (sauf que le rôle de papa Harry manque cruellement de... tout et surtout de conviction). On a évité l'embrassade avec Drago Mallefoy, mais c'était pas loin !

A ce stade là, vous allez vous dire « non mais il exagère, il y a sûrement quelque chose de bien dans ce film pour que un bon nombre l'aime ». Et à moi de vous répondre : j'en sais rien. J'ai beau cherché, je ne trouve pas... Ha si ! Merde ! La scène de l'incendie dans la bibliothèque, elle est cool ! Voilà.
Par contre, ce qui m'a choqué, c'est de voir le gouffre de Helm du Seigneur des Anneaux dans Harry Potter. Et oui David, tu croyais quand même pas qu'on allait tomber dans le panneaux non ? Les scènes de batailles, c'est exactement les mêmes, pas cool de repomper hein. Parfois j'ai même cru voir du Star Wars lors du combat final Harry vs Voldemort ! En plus, les couleurs vertes et rouges ne sont pas sans évoquer le film de Lucas pour moi. Sauf que là... le combat il est juste statique et chiant, et reprend à 3 reprises sans changer. Une horreur.

Ha et la 3D, elle sert à rien dans ce film (à la limite pour la profondeur de champ... mais je suis même pas sûr que ça a été réfléchi).

Voilà, alors je suis quand même content de l'avoir vu, comme ça j'ai vu et lu tous les épisodes d'Harry Potter. Mais il est clair que ces films, et surtout le dernier, ne valent pas l'achat d'un dvd ou un encombrement sur la bande passante. Honnêtement, ce dernier épisode est le film le plus niais et nauséabond que j'ai vu depuis bien longtemps.
J'ai beau réfléchir, et si je dois retenir quelque chose de film, c'est Rogue, une scène d'incendie et de l'argent jeté par les fenêtres pour réaliser un tel monstre de médiocrité qui n'a même pas su me divertir.


Trailer

N'oubliez surtout pas de vous faire votre avis à vous !

dimanche 20 février 2011

Vendredi 13 part 3 : Meurtres en 3D by Wayne

La 3-D, ça ne date pas d'hier, même si on ne voit qu'elle au cinéma ces derniers temps. En témoigne ce troisième volet des Vendredi 13, saga culte mettant en scène le tueur à la machette Jason ! Une saga qui contient pour l'instant 12 volets, et je suppose que le 13eme sera en 3D, mais j'espère surtout qu'il nous mettra une grosse baffe dans la figure.



Ce « Meurtres en 3-D », réalisé par Steve Miner, est sorti en 1982, et a été présenté en relief dans les salles. C'était donc une excuse à une débauche de meurtres et d'effets spéciaux bien gourmands héhé...et ça l'est ! Le réalisateur lui même avouera plus tard que voulant trop faire dans le technique, il a pas trop cherché à innover dans le scénario (entre nous, c'est pas trop grave hein). Il faut dire qu'à l'époque, je résultat était apparemment très réussi et impressionnant ! Tellement, que pour l'instant, c'est l'épisode de la série qui a le plus rapporté !

En voici le générique bien kitch : (clique!)

Je suis bien content d'aborder ce Vendredi 13 part 3, car pour moi, c'est le plus fun de la série. Le manque d'audace du scénario pour se concentrer sur la technique, permet à ce Vendredi 13 d'être le plus bourrin de la saga, le plus bas du front sans être complètement nul à chier. Évidemment, toute la saga est nulle, mais si on cherche un peu de fun, c'est tout bonnement parfait ! Par contre, certains volets comme « Jason va en enfer » ou « Jason à New York » et surtout « Jason X » sont eux allé jusqu'au paroxysme de la nullité, même pas fun ou bourrin pour un sou.

Pour revenir sur le film dont il est question, il est important de faire remarquer que c'est à partir de cet épisode que Jason revêt un masque de hockey, ce qui sera son signe distinctif pour toute une génération. C'est aussi dans celui ci du coup, qu'on voit le plus le vrai visage de Jason... et c'est vraiment très moche. Je comprends la nécessité de se cacher. Dans ce volet, nous avons donc 12 meurtres, score honorable : un meurtre toutes les 8 minutes environ. Le tout entrecoupé de pas mal de plans nichons et de nanas à poil, ce qui permet de ne pas s'ennuyer, mais alors pas du tout !



Comme je disais, niveau scénario, c'est un peu le vide absolu, on prend le lieu de Crystal Lake, Jason, et une bande de jeunes et ça charcute ! Mais pour les curieux, je vous mets le synopsis :

Jason Voorhees est de retour cette fois-ci dans une petite ferme pas loin de Crystal Lake où se rend un groupe d'adolescents qui seront sauvagement tués par Jason.

Le film comporte de très jolies scènes de meurtres, dont celle de la tête écrasé dont l'œil surgit sur le spectateur, bien fun, ou encore la scène où un des mecs marche sur les mains dans un couloir...et PAF ! Un grand coup de machette entre les jambes, avec un bon vieux gros CHLARK en audio, histoire de. Autant vous dire que moi j'étais aux anges.



Certains diront que Jason il est pas tip top, il parle pas, il ne fait que marcher, respirer fort et taper sur les gueules... Mais JUSTEMENT ! C'est ça qui est magnifique. Jason il n'aime pas les blagueurs alors il ne fait pas de blague. Jason n'aime pas les gens qui ont des relations sexuelles, alors il les baise avec sa machette. Jason n'aime pas les fumeurs. Jason n'aime pas le rock'n'roll. Jason n'aime pas les gros imbéciles de jeunes. Alors Jason il fait ce qu'on attend de lui : il tue, brutalement ; il va pas chercher midi à 14h, il prend ce qu'il a sous la main et hop ! La simplicité même ! L'efficacité !

D'ailleurs, pour ceux qui n'ont pas peur du SPOIL : la video Bodycount !


Voilà pourquoi j'aime les Vendredi 13, et en particulier ce « Meurtres en 3D », grâce à son caractère bourrin et fun !


Trailer.

dimanche 6 février 2011

Pourquoi TOP GUN, c'est génial... by Wayne

Alors, pourquoi Top Gun est un film génial ? Tout simplement parce qu'il y a des avions, des motos, des bêtes de sexe, de pilotes, des scènes de volley imberbes et des porte-avions. Déjà.
Ensuite parce qu'il y'a Tom Cruise « Maverick », ; alors oui, j'aurais pu faire une propa sur Cocktail (« C'est l'histoire d'un homme qui fait des cocktails »), mais non, ça n'a pas la portée de Top Gun et c'est pas une grosse claque non plus... donc... revenons à nos moutons.
Il y a aussi Val Kilmer « Iceman », le pilote de glace, qui ne ressent rien quand il pilote. Une bête de combat, prêt à décimer quelques Mig-28 Soviets (d'ailleurs, les Mig-28 ça n'existe pas). Kelly McGillis « Charlie », Michael Ironside « Jester » et Meg Ryan « Carole » en plus, et paf, nous avons un film de référence.



Synopsis :
Pete Mitchell, nom de code 'Maverick', est un jeune pilote fougueux, remarquable par son talent comme par son non-respect des ordres. Avec son navigateur Goose, il va s'entraîner à Top Gun, où il va côtoyer l'élite des pilotes, avant de partir sur le terrain. Dans cette école, il va devoir prouver qu'il est le meilleur, en affrontant notamment Iceman, et assumer sa relation avec Charlie, l'un de ses instructeurs.


Ca fait rêver hein, une vie pareille à tenir un manche, trépidante et aventureuse ?

Le film a été réalisé en 1986 par Tony Scott a qui nous devons notamment Le flic de Beverly Hills, True Romance ou encore Jour de Tonnerre et Enemi d'Etat... les fans de Bruce Willis compléteront évidemment ! C'est une production de Bruckheimer, donc un gros gros budget, avec des plans assez énormes et des cascades, des explosions... enfin du blockbuster quoi.



D'ailleurs, j'ai beau me marrer en me moquant du film, mais c'est clair que toutes les séquences où l'on suit les avions, dans les airs ou sur les porte-avions, sont réellement époustouflantes. C'est d'ailleurs un des intérêts majeurs du film, si toutefois vous aimez les combats aériens. Là où beaucoup de super-productions auraient fait de très moches simulations en 3D, là nous avons vraiment quelque chose d'excellent, beau, et survolté. Bref, c'est ce que moi je retiens de ce film principalement.

Bon, parallèlement, si vous vous intéressez à Tom Cruise, vous saurez que c'est principalement avec ce film qu'il deviendra mondialement connu. Acteur qui divise désormais, mais dont les qualités d'acteur sont quand même indéniables ! Indéniables sur les superbes films qu'il fera après, car Top Gun étant si caricatural, que forcément les acteurs aussi. Tom Cruise joue donc un jeune pilote tout foufou, ayant perdu son père, lui même pilote de chasse ; un jeune pilote qui devra apprendre à mûrir, devenir adulte tout simplement. Sortir de l'ombre de son père, surmonter la mort de son meilleur pote GOOOOOOOSE (et la moustache), tout en étant en compétition avec Iceman qui est un peu son opposé.

Et oui, ça c'est bien ringard, et en plus ringard type 80's ! Un autre point fort du film pour certains aussi oui.
Mais il y a un autre aspect du film qu'il nous faut retenir : Top Gun, est-ce un film gay ? Ce n'est pas Philadelphia, Hard, ou Harvey Milk, mais il y a quelques scènes qui nous mettent bien le doute. Des indices que nous ne pouvons éviter de voir...



D'abord, il y a évidemment cette scène de volleyball, avec les acteurs torses nus, imberbes, muscles bandés plein de sueur. Une scène d'anthologie, où les ralentis sur les smashes et les contres font la part belle aux corps de nos jeunes acteurs en short. Vous remarquerez qu'ils jouent tous avec des Ray Ban, et ça c'est la classe. (D'ailleurs, Top Gun c'est un peu la vitrine des Ray Ban Aviator, ou disons le même style de modèle)

Il y aussi cette scène où le chef moustachu vient consoler Maverick dans les vestiaires où une grosse claque sur les fesses n'aurait choqué personne, ou bien encore la scène de la sortie de douches où l'on voit tous les pilotes en serviette en train de recoiffer... de grands moments !
Quant à la relation entre Charlie et Maverick, qui nous vaudra une magnifique scène d'amour sur le morceau emblématique « Take my breath awaaaaay tadaaaam tadamm », mais bon, souvent, elle est vêtue comme un homme avec la jolie casquette Top Gun et le blouson d'instructeur.

Une hypothèse soutenue par Quentin Tarantino dans Sleep With Me : [ATTENTION SPOIL]

"Dans un bon scénar', tout repose sur la subversion. Tu sais quel est le meilleur script jamais écrit a Hollywood? C'est Top Gun. Non sérieusement... Tu sais pourquoi? Tu crois peut-être que c'est un film sur des pilotes de chasse. Et ben non, mec, en fait c'est l'histoire d'un type qui se débat contre sa propre homosexualité. Regarde: d'un côté tu as Maverick, un type qui est toujours sur le fil du rasoir, toujours au bord du précipice. De l'autre tu as Iceman et ses potes: beaux, musclés, bronzés... Ils représentent l'esprit gay. Et ils sont là, à tenter Maverick, à lui dire de façon insidieuse: "Viens, viens, rejoins-nous dans la voie gay." Et puis il y a Kelly McGillis. Elle, elle symbolise l'hétérosexualité. Et elle lui dit: "Non, non, prend la voix normale, obéis aux règles." Et eux ils disent "Viens, viens, rejoins-nous dans la voie gay..." C'est ça qui se passe pendant tout le film... Bon, après il y a la scène où il va chez elle. On croit qu'ils vont baiser, elle croit qu'ils vont baiser, et puis en fait, que dalle, il se casse en moto. Elle comprend pas, elle se dit "Mais bon sang, c'est quoi ce bordel ?!" Scène suivante, ils se croisent dans un ascenseur et... elle est habillée en mec ! Elle a une casquette, des lunettes de soleil et elle a même poussé le vice à mettre un blouson comme celui d'Iceman. Elle s'est dit "D'accord, ce mec est en train de virer gay, c'est comme ça que je vais l'avoir." Et elle a raison: ils finissent par baiser. Bon, je pourrais continuer comme ça longtemps, mais je zappe à la fin. Finalement, Iceman et les autres gays ont réussi à l'embarquer dans leur bande et, chevauchant leur pénis volant, ils vont se taper toute une escadrille de Russes. Epilogue: tout le monde se retrouve sur le pont du porte-avions. Maverick et Iceman se jettent dans les bras l'un de l'autre. Et là tu te souviens de ce qu'il dit Iceman ? Il dit: "Tu peux farter ma queue quand tu veux !" Et l'autre, il répond: "Non, tu peux farter la mienne !!!" Tu vois ce que je veux dire ?!!!"

Bref, c'est une voie d'interprétation, il faut vous faire la vôtre. En tout cas, c'est un film qui a attiré beaucoup de nanas dans les salles... comme quoi, un bon uniforme et des gros n'avions, ça peut faire l'affaire.



Vous l'aurez compris, Top Gun, c'est du grand spectacle, du divertissement avec des scènes d'action impressionnantes, et aussi son lot de scènes kitch, comme celle du bar au début, son thème musical par Steve Stevens et encore ses répliques cultes.

Le film remplit parfaitement ses objectifs et sera un énorme succès dans le monde entier, ce qui fera de Top Gun un classique des Blockbusters, et même ceux qui ne l'ont pas vu se sont déjà trouvé devant une des scènes ou le connaissent de noms. Et ça c'est fort !



Je terminerai par cette réplique culte, que chaque nana devrait dire à son mec quand il l'emmène faire des tours de Moto avec des Rayban :

"[Inserez votre nom], bête de sexe, fais-moi l'amour ou je ne réponds plus de mon corps".

Trailer.

mercredi 8 décembre 2010

Cape Fear by Wayne

Il y a des morceaux qui transcendent un film, et dans ceux ci, il y a le thème du film Cape Fear ou Les Nerfs à Vif en français.
Comme vous le savez peut être, la première version de Cape Fear fût réalisée en 1961 par Jack Lee Thomson avec dans les premiers rôles Gregory Peck interprétant Sam Bowden, Robert Mitchum en Max Caddy et Polly Bergen jouant Peggy Bodden. La seconde version de ce film est quant à elle réalisée par Scorsese en 1991 avec respectivement Nick Nolte, Robert de Niro et Jessica Lange (et la jeune Juliette Lewis).

Le film met en scène Max Cady, un violeur venant de sortir après 14 ans de prison voulant se venger de celui qu'il tient pour responsable de sa condamnation : l'avocat Sam Bowden.



Dans la première version du film, on peut entendre le morceau qui servira de thème au film ; composé par Bernard Herrmann, ce thème traduit excellemment la tension qui règne durant tout le film, ainsi que son ambiance très inquiétante. Le morceau est savamment orchestré, par les violons aigus du début qui font écho à la tension permanente du film, sur la descente inaltérable des cuivres et violoncelles : une descente vers l'enfer ! Peu après la partie calme, feutrée, est très inquiétante, jusqu'à ce que le mouvement reprenne, une perte de contrôle mise en musique, pour finir de façon tragique et brusque.

Cape Fear (thème) par Herrmann

Ce morceau est une réussite totale, mais Herrmann n'était pas à son premier coup d'essai ! Herrman était en effet un proche d'Orson Welles et c'est sur un de ses film qu'il débutât au cinéma : Citizen Kane. On a vu pire comme démarrage ! Dans ses autres œuvres on peut énumérer Le Jour Où La Terre s'arrêta de Robert Wise en 1951, énormément de Hitchcock dont Vertigo, La Mort Aux Trousses, Psychose, Les Oiseaux ; puis Soeurs de Sang et Obsession de Brian De Palma, Taxi Driver de Scorsese, Kill Bill Vol1 et Death Proof de Tarantino. Parmis tant d'autres comme la série télé La Quatrième Dimension et ses pièces non destinées aux cinéma bien sûr.



Avec la seconde version de Scorsese, le thème est ré-orchestré de façon très fidèle à l'original, mais néanmoins en un peu plus lent, et beaucoup plus puissant. C'est Elmer Bernstein qui ré-orchestre ce morceaux en 1991 !

Cape Fear (thème) par Bernstein
La video contient d'énormes spoils... donc si vous n'avez pas vu le film, écoutez seulement la musique!

Cette version du morceau est un véritable hommage, qui au final l'embellit encore plus ! Ce qui n'était pas une mince affaire étant donné le matériau original ! Mais Bernstein aussi, c'est pas un inconnu : il a écrit quelques opéras et pièces symphoniques de toute beauté et a dirigé les plus grand orchestres comme le philharmonique de New York, Vienne, Berlin, l'orchestre symphonique de France... Et ! Pour retomber dans le cinema, c'est lui qui composa la comédie musicale West Side Story !

Le morceau a été maintes et maintes fois repris, on pourra noter une reprise dans l'album Director's Cut de Fantomas, projet musical de Mike Patton. Sur cet album on peut retrouver de très grands classiques du cinema repris avec plus ou moins de talent par Fantomas !


Bref, un morceau d'anthologie pour un film d'anthologie. Une vraie claque sonore et visuelle, voilà ce que j'appelle du cinéma !

Vous pouvez faire votre choix entre toutes les versions... pour ma part je crois que je préfère la version du morceau ré-orchestrée par Bernstein, toujours aussi impressionnante à chaque écoute !

vendredi 8 octobre 2010

Le Snuff Movies : entre réalité et fiction by Wayne

Introduction

Wes Craven, parlant des films d’horreur, a dit un jour :
"It`s like boot camp for the psyche. In real life, human beings are packaged in the flimsiest of packages, threatened by real and sometimes horrifying dangers, events like Columbine. But the narrative form puts these fears into a manageable series of events. It gives us a way of thinking rationally about our fears."

Et si la narration était abandonnée, si le film se concentrait uniquement sur ce seul évènement brut, horrible et effrayant… et réel ?

Nous obtenons une des plus grande et controversée légende urbaine : le SNUFF MOVIE.

Le principe du Snuff ? Montrer sans artifice la mise à mort RÉELLE d’une personne, accompagnée de diverses tortures, ou sévices sexuels. Le film DOIT montrer la personne vivante au départ, et le déroulement de sa mort doit être filmé dans son intégralité jusqu’au décès de celle ci. Autre aspect important : dans ce genre de films, la victime est totalement consciente de sa mort, filmée généralement en un plan séquence mal cadré et mal éclairé. Le moins d’artifices possible pour garantir à 100% la mort véritable de la personne à l’écran.
Dans quel but ? La vente, le gain d’argent.

En effet, ces films sont destinés au marché noir, pour des acheteurs riches et en manque de sensations fortes.
L’existence des Snuff Movies n’a jamais été prouvée, malgré des années d’investigations par le FBI, et autres polices et journalistes, contribuant à faire passer ces films pour des mythes urbains.

Alors, vrai ou faux ?



Les Snuff Movies sont comme un Saint Graal du cinéma : certains sont persuadés de leur existence alors que d'autres n'y croient pas une seule seconde. Mais jamais personne n'en a vu, du moins officiellement.
Je l'avoue,c’est une fascination très morbide qui m’anime ; pour me faire ma propre idée sur la véracité de cette légende urbaine, j’ai décidé de me plonger dans cet univers qui, vous allez le voir, comporte de nombreux aspects, celui m'intéressant le plus est l'exploitation des Snuff Movies au cinéma.

De nombreux films ont été vus, ainsi que de nombreuses vidéos.
Gardez bien en tête que la plupart des films et vidéos cités dans mon article nécessitent une réelle prudence de votre part et ne sont pas recommandables à tous.
Donc renseignez vous avant de plonger dedans la tête baissée !



Snuff et cinéma, la genèse.

Comme vous pouvez vous en douter, le cinéma est sujet à de nombreuses légendes urbaines, plus ou moins inquiétantes. Dans les moins graves on peut citer le film King Kong vs. Godzilla (1963), dont la rumeur persiste à dire qu’il y eu deux fins tournées : une où King Kong gagne et l’autre ou Godzilla est victorieux, pour la version Japonaise du film.
Dans les plus morbides, une poignée de fan d’horreur sont persuadés que des vrais corps ont été utilisés pour les effets spéciaux dans les films Buio Omega(1980) et Le Jorobado de la Morgue (1972) par exemple.


Snuff (1976) (Trailer)

L’un des mythes urbains cinématographique le plus populaire concerne sans doute le fameux Snuff apparu sur les écrans en 1976.

Au tout départ, le film, réalisé par Michael et Roberta Findlay (beaucoup plus habitué à des films de la sexploitation), se nomme Slaughter. C’est un petit film sans prétention, fait pour 30 000 dollars à l’époque. A l’aide d'un parallèle immanquable avec la tragédie survenue à Sharon Tate, le film est une véritable tentative pour rendre Charles Manson et ses potes un peu plus sympathiques vis à vis de la tragédie qui a touché Sharon Tate.
Il faut savoir que selon les rumeurs, Charles Manson est ses sbires aimaient filmer leurs meurtres en direct ; chose qui ne sera jamais prouvée car les vidéos n’ont pas été retrouvées.



Bref, c’est sûrement en s’inspirant de ça que Carter Stevens, voyant en ce film une grosse occasion de faire un coup de pub, décide de rajouter à Slaughter LA scène avec laquelle la légende urbaine du Snuff va naître.
En effet, celui ci rajoute à la toute fin du film une séquence choc pour l’époque.

On y voit l’équipe du film en train de tourner une des scènes du films, classique. La scène étant finie, le réalisateur félicite son actrice et lui propose gracieusement de prendre du bon temps en dehors des caméras. L’actrice se laisse un peu désirer (ces femmes alors…) mais fini par succomber (au bout de 40 secondes) aux charmes du réal. Dans la seconde, l’équipe saisit ses cameras, la perche, et filme l’action ! Ce qui ne plait pas à la nana forcément, qui commence à se débattre, provoquant la colère chez le réalisateur qui finit par prendre un gros couteau, lui faire des entailles, lui couper une main et l’éventrer avec l’aide de l’équipe du film qui filme tout.
Pour accentuer l’aspect réel de la scène, celle-ci finit très abruptement, avec une panne de camera et les mecs qui disent « merde, plus de pellicule, merde ! – T’as tout pris ? – Ouais, cassons nous vite fait ! » (Je vous ai fait une petite traduction héhé).

Avec cette scène en plus, le film sort sous le nom de Snuff en 1976, et provoque un scandale impressionnant, les spectateurs croyant que le meurtre de l’actrice était bien réel.
Évidemment, quand on regarde le film aujourd’hui, on a du mal à y croire. Mais à l'époque, c'était apparemment très efficace !
Un film qui sera le déclencheur de tout un petit filon au cinéma (et qui continue de plus belle de nos jours comme nous allons le voir juste après), même si effectivement certains ici pourraient citer dans une moindre mesure le très bon Peeping Tom de Powell (1960), racontant l’histoire d’un tueur filmant ses crimes.




Un nouveau thème pour un nouveau type de films

Par la suite, les Snuff Movies on été maintes et maintes fois utilisés dans les intrigues de nombreux films.

Parmi ceux ci, on peut citer Hardcore(1979) de Schrader qui est sans doute l’un des premiers à surfer sur ce nouveau thème.
Le film raconte l’histoire d’un père qui amène sa fille à une convention calviniste… et qui disparaît mystérieusement juste après. Le père mène son enquête pour retrouver sa fille, et n’hésite pas à se faire passer pour un producteur de films pornos et à être très violent. Il va donc se retrouver dans un milieu crade et underground, où circulent justement ces Snuff Movies.



En effet, le caractère extrêmement sadique et voyeur des Snuff Movie est tel que les gens les assimilent à du sadomasochisme ; du coup, on verra souvent une représentation du Snuff avec des bourreaux souvent masqués. Il y a du cuir, des chaines, une victime attachée ou maîtrisée (souvent violée).
Ce qui rapproche encore le porno hardcore et le Snuff, ce sont les tabous, et surtout des images extrêmes et dures que l’on peut voir.

Rappelons aussi que la pornographie est la représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, et non pas forcément de la bite et du cul (d’ailleurs, certaines vidéos sadomasochistes sont dénuées de relations sexuelles, comptant uniquement sur la relation dominant-dominé). Le voyeurisme fait également partie intégrante de la pornographie, ce qui rapproche de très près ces deux genre.

D’autres films traitent de prêt ou de loin le sujet des Snuff Movies, comme 8mm(1999) de Schumacher où le héro doit s’infiltrer dans le réseau Snuff. Film empruntant énormément à Hardcore, mais néanmoins pas dénué d’interêt.
Plus intéressant, nous pouvons citer le magnifique Videodrome(1983) de Cronenberg, dont la trame repose essentiellement sur une émission pirate exhibant des tortures suivies de mises à mort ; ainsi que le très bon Tesis(1996) de Amenabar présentant une jeune étudiante qui rédige un mémoire sur les Snuff Movies dénonçant le pouvoir que peuvent avoir les images.
Autre très bon film, Strange Days(1995) de Beigelow raconte l’histoire d’un homme qui est obligé de regarder un Snuff pour espérer retrouver un meurtrier.
The Brave, film réalisé par Johnny Depp en 1997 raconte lui l’histoire d’un amérindien engagé pour tourner dans un Snuff. On pourrait même citer Lost Highway (1997) de David Lynch dans lequel on peut voir lors d’une scène bien connue, un film Snuff avec Marilyn Manson et Twiggy Ramirez.



On peut évidemment parler de C’est Arrivé Près De Chez Vous (1992), filmé comme un documentaire sur un serial killer, de la brève allusion aux Snuff dans Taxi Driver, de l’excellent Lady Vengeance (1995) de Park Chan Wook, et du très récent Motel (2007) d’Antal avec Kate Beckinsale. Smash Cut(1999) aussi, plus humouristique, avec l’actrice porno qui commence à tourner dans pas mal de films « tout public », Sasha Grey.


Vrai ou faux documentaire ?

Quand on évoque les Snuff Movies, difficile de ne pas parler de Cannibal Holocaust, réalisé par Deodato en 1979.
En effet, le film raconte le périple de plusieurs journalistes en Amazonie. L'arme absolue du film est sans conteste la camera à l’épaule, qui amène de la subjectivité et du réalisme dans les scènes ! De plus, les effets spéciaux sont réellement saisissants et ça sera justement un de ces effets spéciaux qui sera l’objet d’un scandale.



La scène où l’on voit cette femme empalée, le pieu ressortant par la bouche, la camera qui tournant autour d'elle, a amené Deodato devant le tribunal, pour prouver que ce n’était qu'un trucage !
En effet, la femme est simplement assise sur une petite selle de vélo mise sur le pieu, et il ne restait plus qu’à faire sortir celui ci par la bouche de l'actrice.
Un tour particulièrement réussi donc.
Ce qu’il faut savoir, c’est que Deodato avait fait signer un contrat aux acteurs, stipulant qu’ils devaient ne pas se montrer à la presse pendant un certain temps, ce qui a achevé de faire douter les gens : sont ils vraiment morts ?
Évidemment, le film comporte énormément de scènes gore, et se destine avant tout à un public averti, même si celui ci se veut être une critique du journalisme moderne et de son voyeurisme, comparé à la sauvagerie des peuples non-civilisés, ici les cannibales.

Une fois Cannibal Holocaust cité, on ne peut plus faire l’impasse sur l’énorme Mondo Cane qui va bouleverser le monde du cinéma en 1962, et qui donnera naissance à un genre : le mondo.
Ce film est une sorte de documentaire montrant des morts plus ou moins réelles à travers les différentes mœurs et traditions dans différents pays.
Mondo Cane montre en 1962 le monde comme personne ne l’avait vu auparavant, ce qui en a fait un film choc, montrant parfois des scènes dures et parfois des scènes plus soft.
De nos jours, on pourrait presque voir des images telles que celle de Mondo Cane à la télévision, mais ce film s’avère toutefois très saisissant, encore aujourd’hui.
Dans cette mouvance de pseudo-documentaires sur la mort à l’écran (animale ou humaine), on peut citer Camp 731 (1987) de Tun Fei Mou prenant place dans les camps de prisonniers où les japonais subissent de terribles tortures dont de « belles » vivisections ; ainsi que Mondo Nudo (1963) de Francesco de Fedo.

Et bien sûr, les célèbres Faces Of Death, montrant des accidents, exécutions, etc. Évidemment, pas mal de scènes sont fausses d'autres sont réelles. Faces Of Death montre donc simplement la mort.
Et justement, nous ne pouvons pas cataloguer ces films en tant que Snuffs. Oui, ils montrent la mort, mais ce ne sont pas des meurtres (bienheureux), et ce n’est pas censé provoquer l’excitation de gros richards en quêtes de sensations. Et il n’y a pas le côté porno non plus, ce qui n’est pas une mauvaise chose.



L’émergence du Torture-Porn

Pour revenir sur le parallèle entre le snuff et le porno hardcore, cette proximité pourrait expliquer le pourquoi du terme « Torture-Porn », genre cinématographique utilisant le phénomène Snuff pour montrer de façon très crue des tortures et sévices à l’intérieur d’une trame narrative plus ou moins développée. C’est un genre de film que je déteste, mais pour vous, j’ai plongé dedans les yeux grands ouverts (voyez comme je suis sympa)!

Dans les années 80, on peut noter l’apparition des Guinea Pigs de Hino, qui à l’aide d’effets spéciaux extrêmement bien faits pour l’époque, amincissent encore un peu plus la frontière entre réalité et fiction.
Le Guinea Pig le plus célèbre est certainement le second : Flower of flesh and Blood, réalisé en 1985. Tout est fait pour que le spectateur croie à un vrai Snuff Movie.
Ici, la victime est kidnappée, et le ravisseur démembre, et éviscère la pauvre femme. Le tout est filmé de manière très documentaire (quasi chirurgicale en fait) pendant 50 minutes, et tout ça est plutôt bien fait même pour notre époque.



La rumeur veut qu’Hino s’inspira d’un film en 8mm qu’il aurait reçu, contenant un crime horrible perpétré par un homme ayant un casque de samouraï et torturant sa victime préalablement droguée. En plus du film, de longues pages décrivaient la passion du tueur pour son « œuvre » et sa beauté.
Hino apporta le paquet à la police, et réalisa peu de temps après ce second Guinea Pig pour exorciser la vision de cette vidéo.
D’ailleurs, notre bien connu séducteur Charlie Sheen serait apparemment tombé sur Flower of Flesh and Blood, et l’aurait apporté au FBI pensant que c’était un vrai meurtre.
Comme quoi, Hino a bien fait son boulot.

Après celui ci, les Guinea Pig suivants se veulent plus comiques (même si toujours aussi gores)… On pourrait penser que le réalisateur a voulu se calmer un peu après ce très controversé second volet de la série.
Dans les films précurseurs de ce genre, Ostermontag (1991), longtemps considéré comme un des films les plus violents jamais réalisés, met en scène un tueur qui filme ses meurtres pour les montrer à ses futures victimes. Ce film atteint un niveau de sadisme extrêmement dérangeant, mais les effets spéciaux n’ont rien à voir avec ce que l’on fait aujourd’hui. (Vous penserez à moi lors de la scène de la bouteille "de verre"!)

Actuellement, le Torture Porn est ultra-répandu. Peut être que le film le plus intéressant au niveau des idées est Hostel (2005) d’Eli Roth, qui est supposé être basé sur une histoire vraie : un site thaïlandais proposerait à des riches citoyens de payer des sommes énormes pour torturer des gens en toute impunité. On assiste là à une évolution du concept du Snuff, puisque là les riches ne payent pas pour des vidéos, mais pour eux même tuer ! Évidemment encore, c’est une légende urbaine.
Par contre, même si l’idée est intéressante, Eli Roth en fait un film fade, inintéressant et très en dessous du niveau de gore des deux films dont j’ai parlé précédemment, qui ne sont pas conseillés à tout le monde !

Dans le même genre de films de torture grand public, il y a bien sûr les Saw, The Butcher (originalité : camera sur la tête de la victime), dont je vais vous épargner.
Autre film un peu moins connu, mais jouant beaucoup plus la carte du Snuff, avec la camera à l’épaule, un éclairage moisi, une qualité qui pue donnant libre court à toutes formes de trucages, qui donne lieu à un sadisme sans limite : la série des August Undeground(2001, 2003 et 2007) de Fred Vogel (un pote à Savini, le roi) et Jerami Cruise Killjoy (pour celui de 2003).



Le principe du film est de plonger dans l’univers de plusieurs tueurs, et de vivre avec eux leurs péripéties, avec un réalisme plutôt bien réussi. Bien dégueu aussi, car c’est l’excuse à une débauche de violence gore pas dosée du tout (le must reste la scène où un tueur déchire le ventre d’une femme enceinte (avec le fœtus à l’intérieur évidemment), et après la pénètre par l’orifice ainsi créé).
Une sorte de vie-ma-vie de tueur dégénéré. Mais c’est du faux hein (ça ne veut pas dire que de tels malades n’existent pas, j’y reviendrai).

En résumé, un genre qui joue sur la surenchère, la gratuité de l’acte, et des litres de sang, donnant du boulot énorme à nos amis maquilleurs et spécialistes des effets spéciaux !

Notons dans un registre tout à fait différent que Funny Games de Haneke est d’un voyeurisme impressionnant, où la torture est ici psychologique plus que physique, et une mort inévitable que même le cinéma ne peut enrailler (télécommande pour ceux qui savent).
Haneke voulait dénoncer la violence à travers un film violent (un peu comme Kubrick et son Orange Mecanique). Échec pour les deux réalisateurs, dont les films sont devenus cultes mais pas pour cette dénonciation.

Pour repartir dans la violence extrême, citons le méconnu Pig(1998) de Rozz Williams, qui peut paraître assez intéressant du fait des influences (EraserHead de Lynch en tête), et pour le fait que l’acteur jouant la victime a vraiment voulu subir quelques unes des tortures.

Pour terminer, je citerai un film qui a provoqué un petit scandale il y a très peu : Snuff 102. Un film sans histoire (enfin si, c’est l’histoire de 3 séances de tortures, filmées façon Snuff Movie), qui a fait vomir des gens dans les salles, qui a provoqué des crises cardiaques etc. Justifié ? Non. Mais c'est peut être celui qui se rapproche le plus du Snuff Movie (même si certains effets ne sont pas très convaincants). Si vous êtes courageux, voyez par vous même !




Dans la réalité…


Et oui, car là on a parlé cinéma, scandales et tout… Mais qu’en est il de la réalité, du marché noir de VHS/DVD de Snuffs ?
Il y a bien toutes ces vidéos horribles et insoutenables d’exécutions (décapitations en gros plan, tirs à bout portant, « jeux » de tir orchestrés par des soldats des deux camps etc) en tant de guerre, mais ça ne correspond pas vraiment à la définition première du Snuff.

Il y a même eu un spot de propagande en Iraq pour un sniper tuant des soldats américains, comptant le nombre de morts comme s’il s’agissait d’un jeu, et montrant les meurtres explicitement.



Dans les faits divers, il y a bien quelques affaires troublantes, comme les 3 jeunes russes au marteau qui filmèrent leurs actions (on a les images de leurs vidéos de quand ils viennent aux enterrements de leurs victimes, et certains extraits de leurs videos sont disponibles sur le net), et que la police a mis du temps à arrêter.

Ou bien ce couple (j’ai perdu ma source) il y a bien des années où le caméscope n'existait pas, qui ont tué leur gosse et enregistré ses cris en audio ; je pense que ça ne fait aucun doute que ces gens l’auraient filmé s’ils avaient pu.

Il y a aussi le cas de Bernardo et Homolka qui kidnappèrent des jeunes femmes (14-15 ans) pour les humilier, les violer, et les laisser mourir. Tout en filmant.
Les films des viols existent, et ont été partiellement passés à leurs procès. Ceux des meurtres, je n'ai aucune information.

L’affaire Bittaker-Norris : deux personnes qui ont enlevé plusieurs jeunes femmes, dans le but d’en abuser sexuellement et de les tuer. Eux, ils ont enregistré en audio l’intégralité du viol et du meurtre d’une des victimes. 18 minutes, celles qui sont à ce jour la preuve la plus proche de l’existence des Snuff Movies.

Cependant, le cas le plus connu est celui de Kuznetsov, un russe qui réalisait des vidéos contenant le viol, la torture et le meurtre réel d’enfants, et qui les revendait à prix d’or à de riches personnes.
Mais la justice Russe n’a retenu dans les faits que la pédophilie. Et aucune trace des vidéos.




Conclusion


L’existence des Snuff Movies est donc encore à prouver, mais le veut-on vraiment ?

Ce qui m’a intéressé avant tout, c’est de voir le cinéma exploiter ce filon, et de voir son évolution…
Personnellement, je n’ai aucune envie de voir de vrais meurtres à l’écran, ça paraît évident pour tout le monde, mais il existe énormément de détraqués en ce monde. Pour moi ça ne fait aucun doute que ce genre de vidéos existent, particulièrement dans les pays où le contrôle policier est très faible.

De plus, avec l’avènement de la technologie, le peer-to-peer, les cameras dans les téléphones, tout le monde peut filmer ce qu’il veut quand il veut et le faire partager au monde entier. L’information sera noyée dans les média.

Cela dit, pourquoi tuer réellement des gens quand il suffit de simuler leur mort ? Avec le progrès dans les effets spéciaux, ça ne paraît pas être une idée très farfelue pour gagner beaucoup d’argent auprès de clients sadiques et pervers.

Le Quatrième Homme de Paul Verhoeven (1983) by Wayne

Bonjour à tous !

Tout d'abord, je préviens tout le monde : dans cet article, il y aura beaucoup de spoil. Je ne raconterai pas la fin mais plusieurs scènes seront décrites, et donc ceux qui n'ont pas vu le film... tant pis pour eux parce que je ne peux pas parler du Quatrieme Homme sans faire de spoil !



Avant d'exploser l'industrie du film Holywoodien avec des films tels que Starship Troopers, Robocop, Total Recall, Basic Instinct, Black Book, Hollow Man ou encore Flesh+Blood, le film avec lequel il entre sur le sol Américain en 1985, Verhoeven s'était fait une jolie réputation en Europe et dans son pays natal, la Hollande. En effet, là bas il a choqué et provoqué pas mal de monde avec des films comme Spetters, ancrés dans un réalisme déroutant et violent. D'ailleurs, bien qu'il abandonne le réalisme brut avec Le Quatrième Homme, ses thèmes fétiches resteront dans chacune de ses œuvres : Éros&Thanatos au service du sexe et de la violence. D'ailleurs on peut aussi voir dans pratiquement tout ses films une métaphore (ou parfois une image) de la castration masculine.

C'est donc en 1983 que Verhoeven signe son dernier film en Hollande : Le Quatrième Homme (De Vierde Man en original). Celui ci quitte le réalisme pur et dur des précédents films et prend un virage plus fantastique, rempli de symbolisme et de mysticisme qui m'ont véritablement scotché la première fois que je l'ai vu.
Le "Hollandais Violent" comme on le surnomme met ici en scène deux personnages principaux, plus un qui sème le trouble.

Gerard Reve (joué par Jeroen Krabbé) est un écrivain désabusé et alcoolique, obsédé par la mort et souvent confronté au syndrome de la page blanche. Son obession pour la mort est explicite dès les premières scènes du film, Gerard disant même : "Quand je pense à la mort je ne dors pas, et quand je ne dors pas je pense à la mort". L'écrivain est aussi très ambigüe au niveau de ses préférences sexuelles : il rencontre Christine (Renée Soutendijk) à une de ses conférences, et accepte de passer la nuit chez elle, ce qui donnera lieu à un coup d'un soir pour Gerard. Cependant, celui ci découvre en fouillant un peu la maison de son hôte la photo de ce bel homme sexy (je suppose héhé) qu'il avait vu sur le quai de la gare et sur lequel il avait flashé... Et quand il su que Christine entretenait une liaison avec cet homme, Gerard décida de prolonger son séjour chez elle, et va découvrir qu'il sera peut être le quatrième homme.

Résumé comme ça, c'est peut paraître un peu mystérieux, et en plus on ne sait pas ce que c'est d'être le quatrième homme ! Mais j'ai fait mon possible pour ne pas spoiler dans un petit sysnopsis, il faudra me pardonner. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je continue en dessous avec plein de spoil.

Le générique tient un rôle important dans ce film : il présente une araignée en train de tisser lentement et avec amour sa toile sur un crucifix, puis on voit un petit insecte se faire pieger par cette toile, et l'avancée inexorable et calme de l'araignée vers sa proie pour ensuite LA DEVORER TOUTE CRUE ! Métaphore qui nous mettra sur la voie pour comprendre le film, ou plutôt son contexte. En effet, le film est très complexe et vogue du thriller Hitcockien avec la figure pas dissimulée de la veuve noire tuant ses maris les uns après les autres, à un style plus fantastique voire surréaliste à la Bunuel (en témoigne la fameuse scène de l'oeil à travers la serrure, hommage direct au Chien Andalou). Ce surréalisme est peuplé d'images des fantasmes de Gerard dans lesquels il se laisse embarquer, au point que l'on peut se demander si l'action se passe dans l'imaginaire de l'écrivain ou dans la réalité.



Après tout c'est vrai : nous ne voyons jamais écrire Gerard. C'est comme si l'écrivain, tellement désabusé et démotivé par ses pages blanches, se laissaient entrainer dans les tréfonds de son imagination basée sur des faits réels, et ainsi mène une enquête pour savoir qui est réellement Christine à travers des chemins fantasmés dans lesquels il perd peu à peu le contrôle à l'inverse des histoires qu'il écrit. Les scènes sont donc affublées de symboles psychanalytiques comme les clés, la couleur rouge omniprésente etc. Certains ici s'y connaissent plus que moi dans ce domaine, je leur laisse donc le loisir de nous expliquer tout cela !

Ce qui est intéressant dans ce film n'est pas uniquement son histoire. Le Quatrième Homme soulève aussi pas mal d'interrogation sur le processus de création artistique lui même. A la recherche de l'inspiration ultime, Gerard se perd dans son imaginaire et a beaucoup de mal à distinguer le faux du vrai, la réalité de ses fantasmes. C'est un aspect qui rapprochera le film de Verhoeven à l'excellente oeuvre de Burroughs : The Naked Lunch (dont Cronenberg signera une adaptation absolument magnifique). En effet Burroughs dit dans son livre que le processus de création artistique demande au créateur d'abandonner toute pensée censée et rationnelle, ce qui rapprochera sans aucun doute le héro du Festin Nu avec Gerard.Cependant au contraire de The Naked Lunch, Le Quatrième Homme préfère ramener le spectateur vers quelque chose de plus réaliste et cartésien vers la fin :

[MEGA SPOIL]

En effet, et si Christine était seulement une assassin, et donc que Gerard n'est pas un grand paranoïaque alcoolique sujet à des visions? En tout cas, Verhoeven joue beaucoup avec ça, et on le ressent bien, quand à la fin on voit partir Christine avec un autre homme... qui pourrait bien être son cinquième !?

[FIN DU MEGA SPOIL]

D'ailleurs, là j'ai envie de revenir sur les fameuses scènes oniriques diablement efficaces et troublantes, en témoigne celle de l'élise par exemple. Gerard n'est pas vraiment sûr de sa sexualité malgré toutes ses liaisons et celle avec la figure même de la femme fatale : Christine. Gerard est en effet très attiré par son autre mec, qu'il a vu en photo en maillot de bain rouge moulant... Et bien Gerard idéalisera cet homme à la place du Christ sur sa croix dans une église, allant même jusqu'à caresser ses parties génitales, devant une vieille mamie qui parait toute choquer qu'on puisse aimer autant le Christ (qui est pour Gerard le jeune éphèbe). Il n'hésitera pas non plus à jouer les voyeur dans une scène très forte quand le jeune homme reviendra voir Christine pour prendre son pied au lit.
Je vous parlais aussi de l'image de la castration, et de la femme fatale : cette fois ci ce n'est même pas imagé, Gerard rêve tout simplement de Christine lui coupant les parties avec une grosse paire de ciseaux.



Encore une fois, c'est un film qui joue aussi bien sur son histoire que sur son aspect visuel, vraiment éblouissant et très travaillé, rempli de symbolisme. La photographie est signée Jan de Bont, qui réalisera plus tard Speed (comme quoi...). Le montage est lui aussi proche de la perfection. L'humour noir est assez présent, bien que véritablement dominé par les images oniriques, érotiques et violentes ; ce qui en fait une oeuvre vraiment complète qui ouvrira à Verhoeven les portes pour percer aux USA, bien qu'étant extrêmement provocateur et blasphématoire !
On peut bien sûr remarquer que Basic Instinct, qui sortira plus tard avec la sublime Sharon Stone (à l'époque), piochera énormément dans le concept du Quatrième Homme, oeuvre majeure dans la filmographie de Paul Verhoeven.