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dimanche 5 juin 2011

Shining de Stanley Kubrick by Jim

« Come and play with us Danny... Forever and ever and ever. »



En 1980, le monde tremble devant Shining, le onzième long-métrage de Stanley Kubrick, adapté du roman de Stephen King. On crie au génie : l'excellent Kubrick prouve encore une fois son talent incontesté pour mettre en scène des histoires et jongler avec les genres cinématographiques, puisqu'ici, il s'est essayé au film d'horreur/fantastique.

Derrière Shining, il y a un roman du maître de l'horreur, Stephen King : une histoire de fantômes, d'un hôtel maléfique, mais également d'une famille. Séduit par le livre, Kubrick s'enferme avec Diane Johnson pour pondre un scénario gothico-dément, en gommant certains détails de l'histoire originale.
D'emblée, Kubrick sait qu'il veut absolument Jack Nicholson – qui vient de remporter l'oscar du meilleur acteur pour One Flew Over the Cuckoo's Nest- , le meilleur acteur hollywoodien de l'époque, dans le rôle de Jack Torrance, un père de famille qui devient psychotique alors qu'il séjourne avec sa femme et son fils dans un hôtel, l'Overlook, qu'ils sont censés garder pour la période hivernale. Une fois son casting bouclé avec Shelley Duvall et Danny Lloyd, Kubrick commence le tournage de son film culte, à divers endroits du globe, et ce, pour un peu moins d'un an.
La réputation de « perfectionniste chaotique emmerdeur » du réalisateur naît au cours de ce tournage éprouvant pour les acteurs qui répètent des dizaines et des dizaines de fois certaines scènes, jusqu'à l'overdose. Mais la cerise du gâteau est pour Shelley Duvall, traumatisée par Kubrick, qui, à chaque scène qu'elle tourne, se fait littéralement harceler. Dans plusieurs interviews, l'actrice ira jusqu'à déclarer que si on lui proposait de refaire Shining avec Kubrick, elle refuserait catégoriquement.
Malgré ces quelques couacs, le film est encore, même aujourd'hui, considéré comme un classique du cinéma horrifique.

Stanley Kubrick était un des meilleurs réalisateurs de tous les temps : il suffit de s'éloigner un peu de son oeuvre, et d'y revenir après moultes compositions modernes pour s'apercevoir de la virtuosité de sa filmographie. Shining, un de ses derniers films (en 1987, Full Metal Jacket, et le dernier en 1999, Eyes Wide Shut) est un des meilleurs du réalisateur, si pas un des meilleurs films de tous les temps (carrément, c'est à se demander si l'auteure de cet article n'est pas une fan de Kubrick), et, ce, voici pourquoi, exposé en trois points.



1) La réalisation

Un film de Stanley Kubrick est, de façon générale, une claque visuelle. Perfectionniste, maniaque, le réalisateur adorait travailler un plan au millimètre près. Le résultat se constate sur la pellicule : les cadrages sont méthodiques, parfaits. Avant d'être scénariste et réalisateur, Kubrick était photographe : sa passion de la photographie se ressent dans ses films, de par l'exploitation fignoleuse des images, des plans. Ceci explique cela. Une chose est certaine : les plans de Stanley Kubrick sont pareils à des photos animées : le réalisateur avait un sens de la composition que peu de réalisateurs aujourd'hui ont encore – à l'exception de Terrence Malick, Martin Scorsese, James Gray et David Lynch sans doute.
En réalisant Shining, Kubrick a donné au monde entier une petite leçon de cinéma en présentant des alternatives de plans classiques (par exemple quand Nicholson est enfermé dans le frigo et qu'il demande à sa femme de le laisser sortir), et a surpris par son habilité à raconter une histoire terrifiante, un genre auquel il ne s'était jamais auparavant essayé puisque son genre de prédilection était plutôt le drame cynique de façon générale° (Clockwork Orange, Lolita, Barry Lyndon) si l'on excepte des ovnis comme 2001: A Space Odyssey et Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.

Shining fut aussi une démonstration des capacités de la steadicam : la steadicam peut suivre de façon très fluide les comédiens, avec des mouvements harmonieux même si le caméraman marche vite. Les nombreux plans de Danny à toute vitesse dans l'hôtel, du labyrinthe dans la scène finale furent tournés avec la fameuse steadicam qui a permis de faire rentrer (un peu plus) le spectateur dans cette histoire horrifique.

Par conséquent, si encore aujourd'hui on adule Kubrick, c'est pour de bonnes raisons : ses choix – diaboliques – en termes de réalisation ont immiscé des émotions proches de la frayeur, de la panique chez les spectateurs : Shining est une oeuvre d'art, une orchestration admirable de plans qui infèrent un climat de terreur.


2) La direction d'acteurs

Shining, c'est aussi le « Jack Nicholson's show » ; une démonstration de l'étendue dramatique de l'acteur au sourire le plus machiavélique d'Hollywood. Avant Shining, la réputation de Nicholson n'était plus à faire : il était considéré comme le meilleur acteur hollywoodien, le prince des comédiens. Avec Shining, il endosse le rôle d'un père de famille ancien adepte de la bouteille qui perd les pédales après avoir commencé à garder l'hôtel Overlook. Si son interprétation est magistrale, elle est également très théâtrale. Stanley Kubrick voulait s'éloigner de la vision de Stephen King - qui trouvait beaucoup d'excuses et nuançait très fort le rôle du père-, pour faire de Jack Torrance un type fou, irresponsable et déjà psychotique à la base. De quoi donner à Nicholson un terrain de jeu, d'expérimentations. En définitive, Nicholson s'est beaucoup amusé, et a même gardé contact avec Kubrick, avec qui il parlait de projets. Ce qui n'est certes pas le cas de Shelley Duvall.

Dans le documentaire « Stanley Kubrick: A Life in Pictures », Shelley Duvall confiait avoir appris beaucoup de choses en tournant avec Kubrick, n'avoir aucun regret, mais que si on lui donnait l'opportunité de recommencer Shining dans les mêmes conditions, elle ne dirait plus oui. Stanley Kubrick a poussé à bout Shelley Duvall, l'a pressée comme un citron pendant le tournage. Etait-ce une ruse adroite du réalisateur pour faire de son actrice ce qu'il voulait faire de son personnage féminin, et ainsi, la pousser au bout, au maximum de son jeu d'actrice?
Rien n'est sûr. Quoi qu'il en soit, la prestation électrisante de Shelley Duvall en femme épuisée, apeurée, à bout de souffle, ne laisse pas indifférent.
Toujours dans « Stanley Kubrick: A Life in Pictures », elle commentait sa prestation comme difficile parce que lors du tournage, elle devait souvent courir en portant Danny Lloyd dans ses bras.

Si Kubrick a traumatisé Shelley Duvall, il a évité que tout tort soit fait au jeune Danny Lloyd ; l'enfant a passé presque un an à tourner sans savoir qu'il jouait dans un film d'horreur.
Malgré son ignorance du fond de la trame à laquelle il participait, Danny Lloyd a livré une prestation ahurissante, et aujourd'hui encore, culte.



3) L'ambiance : « All work and no play makes Jack a dull boy »

Un très bon aperçu du ton du film a été donné dans l'abominable bande-annonce d'une minute trente qui met en scène la vague de sang qui déferle devant les ascenseurs en rythme avec une musique malsaine et mystérieuse.
Notons également que la scène d'introduction du film transcende parfaitement l'idée générale de Shining : le générique du début fut composé par Wendy Carlos et Rachel Elkind, qui, firent une bonne reprise du cinquième mouvement du Dies Irae de Berlioz. Cette mise en bouche habile promet au spectateur une sacré dose d'adrénaline, et, l'impression que des forces/esprits surveillent avec malveillance le trio de personnages principaux.

Ainsi, l'entrée en la matière fait frémir, alors autant se préparer tout de suite pour un peu moins de deux heures de film pendant lesquelles nous sommes exposés à la folie, au meurtre, à des phénomènes paranormaux. Il n'y a pas un passage qui sente d'une façon ou d'une autre le bonheur, le calme, la sécurité. La situation est éternellement dangereuse, à deux doigts de devenir fatale.
Dès que Jack, le personnage principal, dit : « God, I'd give anything for a drink, I'd give my god-damned soul for just a glass of beer », les forces malfaisantes prennent le dessus sur lui, et l'enfoncent encore plus dans la démence, qui, exponentiellement, ne cesse de le ronger. D'une façon progressive, à cause de l'hôtel et de ses fantômes, Jack Torrance sombre dans la psychose, dans la schizophrénie, dans l'envie, le besoin de tuer. Cette évolution du personnage – toujours en cadence avec une musique de plus en plus lugubre – induit la peur, le malaise chez le spectateur loin d'être rassuré.
Les deux heures de Shining sont deux heures de folie, de peur, de sang, de tripes.

Les plans du film – filmés avec la steadicam et/ou non – suggèrent sans cesse que les trois personnages sont suivis (surtout Danny) et pourchassés par des esprits maléfiques, des esprits supérieurs, qui voient tout, qui peuvent même les posséder. Il n'y a plus de répit, plus d'endroit où se cacher : l'hôtel maléfique voit tout, entend tout, et peut même décider de tout.
Rajoutons à cela le sentiment de claustrophobie croissant chez le spectateur, et l'appréhension de la lumière, de la couleur blanche, car, Kubrick utilise la lumière comme source de peur : c'est celle-ci qui révèle la folie en nous, et qui dévoile les monstruosités qui veulent nous faire du mal. La lumière et les miroirs sont conducteurs de démence, d'hallucinations, de violence. Et la neige si belle, si immaculée, est un facteur d'horreur ; elle isole de tout, frustre, et enveloppe de son linceul blanc les vivants.




Shining est devenu un film culte dès sa sortie en salles : Kubrick a utilisé avec brio les éléments vitaux à l'élaboration d'un film d'horreur, comme la claustrophobie (l'hôtel isolé par la neige et les montagnes), l'utilisation de la lumière (qui montre les choses effrayantes), un endroit marqué par le passé (le passé de l'hôtel maléfique). Une chose est certaine : même si la technologie évolue et permet de tourner avec des effets spéciaux, rien ne surpassera jamais les effets mécaniques, et surtout, une histoire bien ficelée qui joue plus sur la psychologie que sur la démonstration de scènes « gore ».
Merci à Stanley Kubrick de nous avoir offert une pareille leçon de cinéma.



° : Il est un peu trivial de parler de Stanley Kubrick comme d'un réalisateur/scénariste cantonné à un seul genre de film. Pourtant, on décèle souvent les mêmes ingrédients dans ses réalisations : le thème de la violence, de la nature humaine. Tout ceci est toujours distillé avec un ton particulier, un humour cynique/sarcastique. D'où le choix de dire « drame cynique » pour le genre de film de Kubrick.
Notons également que les premiers films réalisés par Kubrick, jusqu'à Lolita en 1962, n'étaient pas entièrement sous son contrôle, puisqu'il faisait ses preuves dans l'espoir d'un jour pouvoir décider de tout et faire ce qu'il voulait.


trailer sanglant

vendredi 8 octobre 2010

2001, a Space Odyssey de Stanley Kubrick (1968) by Symbol

Répondant présente à l’invective de DDYDLS concernant 2001, a Space Odyssey, voici ci-après, quelques arguments prouvant que ce film est un chef-d’œuvre cinématographique qui ne pourrait souffrir les paroles pleines de fiel de la mascotte.

Rappel pour les gens qui se seraient endormis avant le début du film, ou même qui s’endorment dès qu’ils entendent le titre :

2001, a Space Odyssey est un film de science-fiction de Stanley Kubrick, sorti en 1968. Il se découpe en quatre parties distinctes :
* Partie 1 : Nous sommes à l’aube de l’humanité avec une petite communauté de l’espèce Homo quelquechosus qui galère au milieu des tapirs pour trouver à manger. Puis un jour, un monolithe étrange apparaît sur leur territoire.
* Partie 2 : l’action se déroule désormais en 1999, dans l’espace avec le voyage du Docteur Floyd qui part sur la Lune pour une conférence autour d’une découverte étrange : un monolithe enterré.
* Partie 3 : nous sommes à présent en 2001, à bord de la navette Discovery dont l'équipage est en partance pour Jupiter. Outre deux astronautes qui courent ou jouent aux échecs et trois scientifiques en hibernation, il y a une intelligence artificielle répondant au petit nom de HAL9000.
* Partie 4 (aussi nommée « passage préféré de DDYDLS ») : cette partie jugée incompréhensible par la mascotte nous entraine avec un des astronautes à la découverte d’un monolithe étrange se trouvant aux abords de Jupiter.

Maintenant, laissez-moi vous expliquer en quatre points, pourquoi ce film est une tuerie qu’il faut absolument voir, revoir et encenser, surtout dans les soirées mondaines auxquelles vous ne participez jamais :

1/ Le rythme

Contrairement à la plupart des films de science-fiction antérieurs ou postérieurs à 2001, a Space Odyssey, le susnommé possède un rythme tout en apesanteur. D’habitude, tout va à la vitesse de la lumière, on subit des accélérations terribles, cela tremble de partout, ça s’agite, Chewbacca grogne et on se dit « non, mais l’espace, c’est trop fatigant, c’est bon, j’y vais mais après mes vacances à la Grande-Motte ! » Par ailleurs, après avoir visionné un film de science-fiction quelconque, on ressort très fatigué de la séance de cinéma (regardez bien comme je suppose bien, alors que je n’ai jamais dû voir un seul film de SF au cinoche).
Hormis la première partie à peine plus rapide — ça reste relatif, ne vous emballez pas —, 2001, a Space Odyssey est un film très lent, qui nous tient en haleine par sa lenteur d’exécution. Les plans sont longs, on suit calmement l’hôtesse de l’air qui apporte le plat du jour au Docteur Floyd et à chacun de ses pas, on reste concentré, un peu anxieux : « et si jamais un des scratchs de ses chaussures se défaisait et qu’elle tâchait sa belle tenue avec la purée de carotte ? », la tension est à son comble en permanence. On sent que tout peut basculer à tout moment (surtout avec la gravité artificielle) et l’on reste scotché à l’écran à attendre l’action. Les minutes défilent, on accompagne chaque pas de l’hôtesse de l’air, chaque geste de l’astronaute dans son petit astronef super sympa et on se dit qu’on a l’impression d’y être et que finalement, c’est sûrement plus réaliste que les milliards de commandes à effectuer en dix secondes pour combattre les forces extraterrestres et sortir du champ d’astéroïdes dans les vulgaires films de science-fiction qui se ressemblent tous au final, non ?

2/ Les dialogues

Une autre particularité de 2001, a Space Odyssey, c’est la richesse des dialogues. Alors que souvent dans les films de science-fiction à la con, les personnages parlent et nous expliquent avec des expressions alambiquées tout un tas de commandes et de plans rocambolesques qui n’ont souvent aucun sens, pour un peu qu’on s’y connaisse en aérospatial (comme moi, par exemple), Kubrick a décidé dans son film d’éviter ces pièges sans pour autant alourdir les dialogues par d’assommantes explications techniques. Sa solution a donc été d’offrir peu de dialogues. En effet, les plus beaux échanges de paroles se font souvent dans la première partie entre ces Hominidés qui se hurlent les uns sur les autres ou qui gueulent sur les tapirs qu’ils prennent un peu pour leur bouc-émissaire, ce qui est moche, si vous voulez mon avis (ha non, j’ai décidé de le donner plus tard). Pour les autres dialogues, ce sont des échanges de la vie quotidienne, absolument sans intérêt, le truc que Beaumarchais évitait plus que tout pour rendre ses comédies plus dynamiques. Mais comme Kubrick n’est pas Beaumarchais, comme il ne fait pas de théâtre et qu’en plus, il faut que ses dialogues soient en accord avec le rythme, il décide donc de nous offrir de rares échanges très inintéressants et nous en apprenant peu sur la situation. Les plus soutenus restent ceux entre le Dr Floyd et sa fille ou entre HAL9000 et un des astronautes. Il y a aussi le remarquable discours langue de bois du Dr Floyd lors de sa réunion, qui doit approcher de tout bon speech de la World Company©.
Outre le réalisme que cela donne au film (et sa concordance avec le rythme très lent), cela permet également d’éviter de trop en dire au spectateur invité à comprendre à sa façon le film. Peu parasité par la logorrhée des personnages ou par un rythme soutenu, il peut pleinement utiliser son cerveau et se demander ce qui se cache derrière ces monolithes étranges.

3/ L’esthétisme

Moi qui aime ce qui est beau, ce qui est raffiné, je ne peux que m’extasier devant la splendeur des décors et la musique choisie par Kubrick. Les formes sont sobres et élégantes, un peu comme dans un MacDo suédois. Kubrick joue sur les sphères et les rectangles, sans rajouter de fioritures inutiles. J’apprécie ces formes pleines et symboliques. En effet, tout ce qui touche à l’homme est sphérique (l’astronef, le vaisseau qui conduit Floyd sur la Lune, la station orbitale en forme de roue, symbole de la technologie humaine. Bémol sur la première navette qui ressemble plutôt à un avion en papier et qui, du coup, est vachement trop pointue pour être considérée ronde) et ce qui semble en relation avec une intelligence qui dépasse l’Homme est rectangulaire (les monolithes étranges, HAL9000 qui au-delà de sa sphère centrale qui rappelle sa conception par l’Homme, semble quand même avoir des bugs qui dépassent l’entendement humain).
Cette harmonie des formes est accompagnée par l’harmonie des musiques qui enrichissent le film. Airs de musique classique, nous apprécions de faire croisière dans l’espace au rythme lancinant du Beau Danube Bleu. J’aurais bien parlé des autres airs, mais en fait, je suis super nulle en musique classique, et du coup, je ne sais pas le nom de l’air super connu qui fait « taaaa taaaaaa tatam tatatataaaaa tatatam » quand ils découvrent des trucs qui vont amener le progrès (je me demande si c'est pas "ainsi parlait Zarathoustra" mais je ne suis pas sûre).
Mais l’idée reste la même : la musique est parfaite, les vaisseaux sont beaux. Et je vous interdis de dire que ça a mal vieilli. C’est sobre comme un MacDo suédois, je vous l’ai déjà dit.
Tiens, avant de passer au quatrième point, je me permets de lier à cette sobriété le silence du film. Alliance de la lenteur du rythme et des dialogues épars, il reste un silence esthétique (seulement entrecoupé par la musique classique). Alors que dans tous les autres films, les bruits des moteurs, des accélérations, des chocs des vaisseaux sont pléthoriques, ici, le silence est roi, et apporte esthétisme et réalisme. Dans le vide, le son ne peut se propager. On n’entend rien, on est en apesanteur, on savoure le silence. Du coup, on est réconcilié avec le concept de l’univers qui est moins fatigant que des vacances à la Grande-Motte finalement.

4/ Les références dans les films et séries que vous regardez (surtout toi la mascotte)

Même si je ne vous ai pas convaincus avec mes arguments implacables, il reste une bonne raison de regarder et d’apprécier 2001, a Space Odyssey. Les personnes qui font les films et les séries que vous aimez sont des gens de bon goût (admettez-le). Or, il est très fréquent de rencontrer de multiples références à 2001, a Space Odyssey, dans tout bon film ou série qui se respecte (notamment Futurama qui est archi-bourré de références, d’ailleurs, en revoyant le film, j’ai noté une nouvelle référence que j’avais omise, la chanson chantée quand Bender sort avec le vaisseau, c’est celle chantée par HAL9000 à un moment du film que je ne citerai pas parce que le spoil, c’est le mal). HAL9000 reste LA référence en terme d’intelligence artificielle.

Et je n’ai pas besoin d’en dire plus, parce que déjà normalement, rien qu’au titre de ce point, vous aviez noté que c’était un argument irréfutable.


Après cette explication en quatre points qui permet de dénoter l’esthétisme, le réalisme et surtout, l’intention de Kubrick de ne pas entrainer le spectateur vers une explication formatée, mais de lui laisser la possibilité de se faire sa propre idée (le film dénonce un peu le formatage il faut dire), voici, pour finir, mon interprétation personnelle qui convaincra définitivement la mascotte que ce film restera à tout jamais le meilleur film qu’il lui ait été donné de voir et cette phrase était compliquée. Il est évident qu’avec l’arrivée du monolithe, l’Hominidé devient très violent avec les tapirs. Malheureusement pour lui, le monolithe, c'est le dieu des tapirs et il venait voir comment l'Hominidé malmenait ses ouailles en le mettant à l'épreuve. L'Hominidé échoue et le monolithe décide d’attendre un temps futur pour se venger. Des millénaires plus tard, il fait genre et se montre, l’air de rien, aux méchants hommes progressistes qui ont réussi à aller sur la Lune. Et de les attirer vers Jupiter pour leur tendre un piège, avec l’aide de HAL9000 qui est l’interprète des tapirs dans le langage des hommes (ce qui explique qu’on ne le comprend pas très bien parfois, surtout dans ses raisonnements). Après avoir vengé les tapirs, il finit par enfermer un des astronautes dans un circuit incompréhensible sans lui expliquer pourquoi, tout comme le tapir violenté au départ n’a jamais su pourquoi on s’en prenait si méchamment à lui alors qu’il était qu’un super tapir tranquille et zen.
J’espère ne pas avoir spoilé le film avec mon explication qui tient la route. Je voulais dire une dernière chose, mais je l’ai complètement oubliée. Alors, si jamais elle me revient plus tard, promis, je la mettrai en réplique.