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dimanche 16 juin 2013

Gatsby le Magnifique by Taggle

Il y a des films qu'on attend. Non pas forcément pour la critique dithyrambique (ou alors totalement massacrante) des médias, mais parce qu'il fait appel à nos souvenirs. Car oui je fais partie de ceux qui ont lu The Great Gatsby (et en anglais SVP).



Alors quand je vois un film signé Baz Luhrman et avec DiCaprio et Maguire à l'affiche, je me dis que ça va en jeter grave. Surtout que le jeu de DiCaprio dans les rôles du début 20e lui collent très bien à la peau.

Alors je téléphone à une copine, grande folle des années folles justement, lui parle du film et nous voila partis pour 2h22 de merveille cinématographique....

Mais la déconvenue arrive vite. Si la photographie s'en tire à merveille, les effets spéciaux manquent de réalisme. Et même en voulant jouer le faste des années 20, les effets spéciaux façons Sin City mais en couleurs sont d'un très mauvais effet. De plus la musique est, soyons honnête, A CHIER ! Jay Z produit le film. Pourquoi pas, il a l'argent pour. Mais inviter tous ses petits copains à signer une BO entre rap et dubstep pour un film parlant des années pré Grande Dépression, ça fait mal. Très mal. J'ai failli plus d'une fois arracher toute ma chevelure.

Jugez avec cette musique présente dans le film !

Quant aux acteurs... Si Maguire est surprenant de justesse (même son doubleur est bon), DiCaprio est au final peu convaincant dans le rôle de Gatsby. Certes, en lisant le livre, je voyais peut être plus un Robert Redford quadragénaire qu'un éternel trentenaire. Mais que dire du couple Buchannon qui est bien joué mais ne transcende pas ? Carey Mulligan devient agaçante et ne perce pas plus que ça et Joel Edgerton n'y est pas forcément mieux. Au final, c'est un second rôle qui va tenir le haut du pavé avec Elizabeth Debicki qui est une parfaite Jordan Baker.

Et si certains détails chronologiques sont respectés d'autres font assez mal au cul si vous me permettez l'expression. En effet, lors du passage de nos 5 "héros" sur Broadway, on peut voir Robin Hood with Douglas Fairbanks. Ce film est bel et bien de 1922 et donc colle complètement. Cependant, le trublion animant les fastueuses soirées de Gatsby ressemble tant physiquement que dans sa démarche à un certain Cab Calloway. Hors ce monsieur, né en 1907, ne peut être le grand chanteur quasi comique qui a interprété dans les 50's Minnie The Moocher.


Ainsi donc nous avons un film que j'ai trouvé raté malgré une distribution de rêve, un décorum de rêve et un sujet ou au final nous n'avions qu'à suivre les grandes lignes écrites à l'origine. Car sur la fin, sans la dévoiler, DiCaprio perd toute la flamme magique qui l'anime sur la plupart de ses films. Et c'est fortement dommage. Lui qui m'avait scié dans le rôle de J. Edgar Hoover (Edgar de Clint Eastwood) m'a vraiment déçu dans ce film.

mardi 26 mars 2013

Les auto-remakes by Wommy

Bonjour CIN !


Fin 2012, est sorti sur grand écran Frankenweenie, le dernier long métrage de Tim Burton. Dernier long métrage oui, mais surement pas le premier coup d’essai du réalisateur. En effet Frankenweenie n’est autre que le remake de son propre court métrage datant de 1984. Cette situation m’a alors inspiré pour cette semaine à thème « Remake » et donné l’envie d’approfondir cette notion d’auto-remake.

Alors que les remakes, et autres adaptations, sont de plus en plus monnaie courante de nos jours, il est plus rare qu’un réalisateur prenne l’initiative de faire le remake de son propre film. C’est ce qu’on appelle tout simplement un auto-remake ou le « on n’est jamais si bien servi que par soi même »… enfin ça… ça reste à voir !


Le cas Michael Mann



A l’image de Burton qui passe d’un court à un long métrage, l’auto-remake peut être un moyen pour le réalisateur de changer tout simplement de "support". Et Michael Mann illustre ce propos à merveille, à deux reprises qui plus est.

En effet vous ne le saviez peut être pas mais Michael Mann est le producteur de la série TV so 80’s Miami Vice (ou Deux films à Miami en VF, que ceux qui, comme moi étant petite, croyaient que c’était "Deux flics ami-ami" lèvent la main…se sent seule…) et il en a même réalisé de nombreux épisodes. 2006, alors que les adaptations de séries télé des années 80 font rage sur nos grands écrans, quoi de plus normal pour Michael Mann d’adapter lui aussi sa série fétiche. Il nous livre donc son Miami Vice avec Colin Farrell (casse-dédi à tonsexe et Misaki :p) et Jamie Foxx dans le rôle de nos héros, le tout tourné entièrement à la caméra numérique.

Décidément Michael Mann est très porté sur la télévision car outre les séries, il a également réalisé des téléfilms. Fin des années 1980, il écrit et réalise L.A Takedown. Mais le scénario est complexe et il se voit contraint de l’amputer sérieusement… qu’à cela ne tienne, 6 ans plus tard, 1995, il le sort sur grand écran et le film Heat voit le jour, énorme succès qui voit s’opposer deux grandes gueules du cinéma hollywoodien Al Pacino et Robert De Niro.


Le remake ou comment moderniser son film



Le XXème siècle a connu de nombreuses révolutions cinématographiques. Les plus remarquables sont bien sûr le passage du muet au parlant et le passage du noir et blanc à la couleur.
Ces révolutions ont permis à certains réalisateurs de donner une seconde chance à leurs bébés.

1927, Tod Browning (également connu pour être le réalisateur de Freaks, la monstrueuse parade) réalise Londres après minuit, un film muet et surtout considéré aujourd’hui comme perdu, aucune copie du film n’ayant apparemment subsistée aux années passées. Il tourne alors son remake en 1935 qui devient La marque du vampire, avec l’immense Bela Lugosi dans le rôle du Comte Mora, mêlant ainsi le film de vampire au genre policier.

C’est lors de mes recherches pour cet article que j’ai découvert que le film Les 10 commandements de Cecil B. DeMille sorti en 1956 n’était en fait que le remake de son propre film sorti 33 ans plus tôt, en 1923. A l’époque, il s’agissait donc également d’un film muet. Le réalisateur a profité de ce remake pour engager d’immenses têtes d’affiches Charlton Heston et Yul Brunner et pour en faire une véritable épopée de 3h40 (soit 1h20 de plus que l’original), parlant et en couleur !


Un nouveau public ciblé : les américains



L’envie d’exposer son film à la face du monde, de toucher un public beaucoup plus important est également un élément moteur dans la décision de remaker un film. Et pour toucher un public international il faut aller aux Etats-Unis. Sauf que problème ! Les américains sont des gros fainéants, et si c’est pas en anglais bin le ricain prend pas la peine de lire des sous titres. Ainsi pour rompre la barrière de la langue, un remake s’impose… Deux exemples : l’un européen, l’autre asiatique.

1997, Michael Haneke créé l’évènement et la polémique au Festival de Cannes avec son film Funny Games et cette volonté de stigmatiser la violence gratuite et devenue omniprésente dans les médias en la mettant en scène d’une manière insoutenable et angoissante. Le premier public visé était, pour Haneke, le public américain. Seulement voilà, le film est tourné en allemand et les acteurs ne sont connus que dans leur pays, donc le film ne touche pas le public escompté. Un remake lui est proposé et donc en 2008 il sort Funny Games US avec Naomi Watts, l’actrice qu’il a imposé, en tête d’affiche. Pour le reste, il s’est pas creusé la tête et a repris son film plan par plan, à quoi bon le modifier puisqu’il était à l’origine destiné au public américain.

Le cinéma fantastique asiatique est en plein essor durant les années 2000. Takashi Shimizu sort en 2000 Ju-On : The Grudge et très vite les productions hollywoodiennes sentent le bon filon. Mais autant vous dire que le japonais à l’oral et même au visuel ça passe encore moins aux USA. Le réalisateur remake donc son film en 2004, sobrement intitulé The Grudge avec Sarah Michelle Gellar. L’histoire se passe toujours sur le sol nippon, histoire de garder l’ambiance des fantômes japonais (bin oui qu’est-ce qu’un fantôme japonais irait foutre aux States !) mais cette fois il embête une jeune femme américaine expatriée… Welcome to Japan ! A noter que le film a été produit en partie par Sam Raimi.


Quand remake d’un film français rime avec échec



Les remakes de films français se font mais sont encore plus rares et surtout ne rencontrent pas le succès connu dans nos contrées… Pourquoi ? Avons-nous un humour si particulier qu’il ne plait pas à tout le monde ?

C’est en effet la question qu’on peut se poser avec Les Visiteurs. Enorme phénomène en France en 1993, on peut même le dire film culte, Jean Marie Poiré, fort de son succès et sûr de lui décide d’en faire un remake pour le marché américain et, comme on ne change pas une équipe qui gagne, il réengage Jean Reno et Christian Clavier. En 2001 sort donc Les visiteurs en Amérique avec la magnifique tagline The return of the malades ! et après on s’étonne que ça n’ait pas marché… « Que trépasse si je faiblis ! »

Plus récemment, nous avons eu droit à un nouveau brillant exemple : L.O.L. de Liza Azuelos, le nouveau La Boum soit disant (un film bien chiant ouais !). Moins de 3 ans plus tard, la réalisatrice remet le couvert et sort LOL USA (originalité quand tu nous tiens !) avec Demi Moore et Miley Cyrus en héroïnes, cela n’aura pas été suffisant pour attirer les foules et ils osent mettre la faute sur le dos du film The Avengers qui est sorti la même semaine aux States, mouais…

J’attends de voir (enfin façon de parler hein !) les remakes US de Bienvenue chez les Ch’tis et Intouchables…


Un film, un remake : deux chefs d’œuvre



Un réalisateur peut également vouloir remaker son film dans le souci de l’améliorer. C’est le cas du perfectionniste Alfred Hitchcock qui remake en 1956 la première version britannique de son film L’homme qui en savait trop sorti en 1934.
Selon lui, en 1934, il n’était qu’un cinéaste amateur. Cette nouvelle version mise au goût du jour grâce aux évolutions cinématographiques qui ont eu lieu a subi également une petite relecture du scénario de base en le complexifiant un peu et en rajoutant de nombreuses scènes. Ce nouveau film s’ancre dans la période américaine d’Hitchcock qui privilégie plus le suspense et l’espionnage alors que la version britannique s’attachait plus aux codes du film criminel.

Résultat, deux films, un même réalisateur, deux chefs d’œuvre !


Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive mais j’espère vous avoir éclairé un peu sur le sujet de l’auto-remake.