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dimanche 27 janvier 2013

The War Game (1965) by Gunman

Oubliez les invasions de zombies. Oubliez les cataclysmes qui n'ont aucune chance d'arriver durant notre vie, les apocalypses surnaturelles et autres prophéties. C'est de la rigolade, vous le savez aussi bien que moi, pendant que vous enfournez du pop-corn dans votre bouche pour vous rappeler que ce n'est que du cinéma. Vous savez bien qu'au fond, rien de tout cela ne peut arriver.
Mais il y a des films qui vous hantent longtemps après que les lumières se soient rallumées, car ils touchent à des sujets bien plus terre-à-terre.



The War Game ("La Bombe" en Français) est un docu-fiction britannique datant de 1965, traitant du sujet bien réel de la guerre nucléaire, en plein milieu de la guerre froide. Pour le vingtième anniversaire d'Hiroshima, la BBC commanda un documentaire à Peter Watkins sur les effets d'une hypothétique guerre nucléaire au Royaume-Uni. Peut-être s'attendaient-ils à un film dans le rassurant style américain (tel Duck and cover : https://www.youtube.com/watch?v=IKqXu-5jw60), je ne sais pas.
Toujours est-il que le résultat a été tel que la BBC a décidé de s'auto-censurer : ce film n'a été diffusé à la télévision qu'en 1985, même s'il a pu sortir dans quelques salles de cinéma dès 1966. Selon leurs propres mots, les effets du film ont été jugés trop terrifiants pour le média télévisuel.



Tourné en noir et blanc et ne durant que 48 minutes, The War Game dépeint dans le style d'un reportage la vie des Anglais d'une petite ville au moment où la guerre cesse d'être froide. Les habitants se préparent au pire, malgré les consignes bienveillantes des autorités. Finalement, des bombes atomiques sont échangées entre les belligérants. Un missile explose. Ceux qui ne sont pas aveuglés par le flash ou tués par les effets directs de la bombe tentent de survivre à la tempête de feu qui s'ensuit, puis à l'effondrement de la société, causé par l'empoisonnement aux radiations, les innombrables pertes physiques et psychologiques, les infrastructures détruites et les pénuries.



Le style documentaire est assez minimaliste, dans un pur style BBC. Une voix monotone et détachée commente les évènements que nous montre le faux reportage.

Le film tourne en ridicule les autorités et les messages rassurants qu'ils envoyaient à la population. A l'époque, on communiquait que la guerre nucléaire était une guerre comme les autres et qu'avait un peu de préparation, on pouvait y survivre sans trop de soucis, tout comme Londres avait survécu au Blitz. Peter Watkins démonte -non, atomise- cette vision en nous montrant que la sécurité civile britannique était totalement incompétente et n'avait pas la moindre idée de ce que la guerre nucléaire signifiait.



Encore maintenant, visionner The War Game est une expérience à glacer le sang. Le style documentaire et minimaliste fait que le film n'a pas vieilli et n'a pas perdu de son impact. Je n'ose imaginer ce que ça devait faire de regarder ça dans les années 60. Après avoir vu ce film, on se dit que parfois, la fin du monde vaut mieux qu'un autre sort...

Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=twVrnBouJ3o

mardi 26 juin 2012

The Wild Blue Yonder by Gunman

The Wild Blue Yonder est un film de Werner Herzog, sorti en 2005. Herzog est un réalisateur de longue date et jouit d'un certain culte, personnellement je n'en avais jamais vraiment entendu parlé avant.



Un narrateur (Brad Dourif) nous explique qu'il est un extraterrestre dont la planète d'origine a été désertée après avoir été rendue inhabitable. Quelques vaisseaux ont trouvé la Terre en chemin mais ils n'ont pas réussi à s'y implanter car leur société était devenue inintéressante après des millénaires bloqués dans un vaisseau spatial.
Techniquement, le film a une production tout à fait minuscule et minimaliste. Brad Dourif nous raconte son histoire seul devant la caméra, entrecoupé par de looooooongues scènes de chutes de tournage de documentaires.



Je ne vais pas y aller de main morte, mais c'est probablement le pire film que j'ai pu voir. J'ai regardé ce film car j'en avais eu une recommandation en tant que film de science-fiction contemplatif et poétique. Parfait, c'était tout à fait ce que je cherchais. Malheureusement, à l'opposé de films comme Solaris, Les Harmonies Werckmeister, etc., c'est le genre de film où "contemplatif et poétique" signifie juste long et chiant. Enfin, non, pas juste ça. Si le film était juste long et chiant, ce serait trop beau. Ici c'est un calvaire.

Les chutes de documentaires sont ultra ennuyeuses et sans aucun intérêt. Il ne s'y passe absolument rien d'intéressant et j'ai trouvé plus de poésie à observer la propreté de mes ongles en attendant que la scène où on voit des astronautes flotter pendant 10 minutes se termine. Vous pensez que ça peut quand même passer ? Ce n'est pas fini, Herzog a pensé que c'était une excellente idée de sonoriser ces passages avec des enregistrement de musique ethnique d'une toute particulière mauvaise qualité sonore jouée à un volume à trouer les tympans. What. The. Fuck.
On doit aussi croire que ces extraits sont réellement des extraits de vidéos de missions secrètes vers une autre planète. Ma suspension de l'incrédulité a des limites.
De temps en temps on a des scientifiques qui viennent expliquer en détails des choses sans grand intérêt.



Comme il est très difficile de faire quelque chose de 100% mauvais, il y a quand même quelques bons points. On pourrait dire que Dourif est le meilleur acteur du film, mais comme il est tout seul c'est un peu facile. C'est tout de même un très bon acteur pour le rôle, et sa narration est plutôt sympa, du moins pour le début du film, car ça devient malheureusement de moins en moins intéressant et ça finit par être un peu ridicule. Il joue plutôt bien l'extraterrestre aigri et blasé. Certains extraits sont aussi plutôt jolis en soi (notamment le film sous la banquise), mais tout est gâché par la musique horrible, la longueur interminable et le fait qu'ils auraient bien mieux été à leur place dans un vrai documentaire.



En bref, ce film est un patchwork de scènes filmées par une mauvaise caméra en une après-midi, entre lesquelles on a collé un patchwork d'images sans rapport. Les quelques critiques positives que j'ai trouvées se référaient au génie supposé du réalisateur, ce qui n'est pas bon signe. Il y a de l'idée et quelques bons points, mais ça ne suffit pas. Irregardable, long et irritant, je ne vous recommande pas ce film.