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lundi 30 avril 2012

La colère des Titans by Frisotte

Souvenez-vous (si vous étiez actif sur le secteur à cette époque), la dernière fois que j’avais été à Perpignan avec mon frère (l’élément fraternel est très important) j’avais vu un bon petit navet, Cowboys vs Alien, mais ça passait encore. Et bien cette semaine je suis de nouveau à Perpignan avec mon frère et j’ai donc vu… (Roulements de tambour) La colère des Titans ! En vf ! Et en 3D !



Comprenez-moi, il a vu la bande annonce, il m’a dit « ça a l’air de tout défoncer ! Faut qu’on y aille ensemble ! » et je n’ai pas osé dire non parce que ça faisait longtemps que je n’étais pas allée au ciné avec mon frérot (nous ne ferons pas d’hypothèses à ce sujet). C’est un peu un Harmoniak de 24 ans en fait !

Passons. Je suis donc allée voir la Colère des Titans, sans avoir vu le Choc des Titans, un bon film de mythologie américain, moi grande passionnée de mythologie grecque. Résultat ? Mon cœur, mes oreilles et mes yeux ont saigné très fort. Très très très fort.
Tout a commencé dès l’introduction du film, quand une série de récits écrits en doré sur noir d’un air mythologique ont annoncé « Après avoir tué le Kraken, Persée fils de Zeus est devenu un humble pêcheur » et là en moi-même je me suis dit « What the phoque ?!!! » Un Kraken chez les Grecs ?! Qu’est-ce que fout un Kraken chez les Grecs ?! Bon, je me suis dit « on va leur accorder cette petite gaffe, hein, ça sera mieux par la suite », mais alors la suite… la suite… pfoulala, seuls faits « réels », Persée est bien le fils de Zeus, Agénor est bien le fils de Poséidon, et en effet Persée et Andromède se rencontrent, ils finissent même par se marier normalement. Mais alors tout le reste n’est qu’un assemblage de faits plus saugrenus les uns que les autres quand on connaît les faits.



Histoire totalement abracadabrante donc : Persée est en effet un humble pêcheur, et il veut protéger son gentil fiston, qui a une voix extrêmement niaise, de son passé guerrier et des horreurs qui règnent dans le monde, bouhouhou. Sur ce, Zeus arrive et lui dit qu’il va devoir reprendre du poil de la bête parce que quelque chose de terrible se prépare. Il lui annonce les yeux dans les yeux qu’il sait qu’il a une force immense à l’intérieur de lui, bien plus grande que celle des dieux. « L’amuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur ! » c’est ce que je me suis dit intérieurement et ça m’a fait rire. Et là Persée dit « fuck ! Laisse-moi vivre en paix bordel ! » Enfin… c’est ce que j’aurais aimé qu’il dise. Toujours est-il qu’il fait ensuite un rêve horrible où il voit son fiston chéri et tout son peuple se faire détruire par le vilain Cronos qui est sorti du Tartare. Et puis pendant ce temps, Hadès n’est pas du tout content d’avoir été envoyé aux Enfers et il s’allie à Arès qui est très jaloux de son demi-frère-petit-chouchou-de-Zeus pour se venger de Zeus et libérer Cronos. Donc y a de la baston, mais pas assez, pas mal de dieux meurent, y a des griffons à deux têtes qui se baladent, Pégase est noir, et Andromède est une reine à la tête d’une armée immense (300 hommes !) qui porte très bien les tuniques romaines. Sur ce, Persée, Agénor et Andromède se retrouvent sur un bateau pour chercher Héphaïstos qui a construit le Tartare et qui peut donc les aider à délivrer Zeus. Les cyclopes sont plutôt bien foutus et la baston est sympa, quoiqu’un peu courte. Bref, bref, bref, ils rentrent dans le Tartare grâce à Héphaïstos, et qui est-ce qu’ils croisent dans le labyrinthe du Tartare ?! Mais oui, le Minotaure ! pan. Et vous savez en combien de temps ils sortent de ce labyrinthe qui change de positions toutes les 10 min comme dans Hellboy ? 20 min ! mais ils sont trop forts dis donc ! Ensuite ils sauvent Zeus, ils sortent, ils se bastonnent, Cronos sort d’un volcan est ça ça a pas mal la classe, Hadès se réconcilie avec son frérot Zeus et c’est trop mignon, et puis évidemment, comme un film américain doit toujours avoir de l’amuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur, Persée embrasse Andromède et ça ! ça ! ben, on s’en fout.



Du côté des acteurs, je ne sais pas s’ils étaient excessivement mal doublés, mais alors, tous des grosses quiches bisounours quoi. Comment Liam Neeson et Ralph Fiennes ont pu jouer dans un tel film ? Je sais bien que c’est la crise mais tout de même.
Les psychologies sont plates, plates, archi plates. Le coup de la jalousie pour Hadès et Arès, alors là, on est tombés bien bas. Comme si le dieu de la guerre qui couche avec la magnifique Aphrodite et qui boit tranquillement du nectar sur l’Olympe en avait quelque chose à foutre d’un pauvre héros qui se coltine des missions de merde sur terre. Et puis franchement, les Enfers c’était quand même plus joli que ça, surtout que ce cher Hadès avait tout de même la belle compagnie de Perséphone, alors en faire un frère déprimé, délaissé, pestiféré et mélancolique, un emo quoi, non merci.
Parlons de Persée. C’est bien vrai que Sam Worthington a une bonne tête de héros, alors ça ça passe. Ils l’ont bien trouvé. La voix française est archi mal choisie, mais bon, il tient parfaitement son rôle de héros.
La 3D ne sert à rien, mais ça on s’en doutait, sauf pour le combat de Persée contre Cronos quand il vole sur son petit poney noir au milieu des coulées de lave, wouaaaaaah.

En clair, n’allez pas voir ce film au ciné, pas en vf, ni en 3D, regardez-le un jour où il n’y aura vraiment rien d’autre à la télé, ou à télécharger, ou si vous êtes fan de blockbuster comme Harmoniak.

La seule réplique vraiment intéressante de ce film, seul point positif que je retiendrai, à la fin le fils de Persée (qui s’appelle Hélios ce boulet) va voir Agénor :
"J’ai lu que vous étiez une immense déception.
- C’est vrai que je suis immense.
"
Ça représente bien le film je crois ! Dans tous les sens du terme.

lundi 4 juillet 2011

300 et l'histoire 2/2 by Frisotte

Fin de ma "petite critique". Vous vous souvenez, je m'en étais été arrêtée là.


Pour ce qui est de la vie politique, il y a beaucoup d’erreurs et d’oublis, certainement volontaires pour l’effet stylistique de l’histoire.

Les éphores sont montrés comme des prêtres lubriques, difformes, habitant dans un temple obscur au sommet d’une montagne, et abusant tranquillement de la pythie.



La seule donnée exacte est leur nombre : cinq. A part ça, tout est faux. Les éphores étaient une magistrature toute puissante, qui n’avaient aucun aspect religieux et qui étaient là pour empêcher toute tyrannie et démocratie. En effet, ils faisaient tampon entre les rois et le peuple avec l’aide de la gérousia, l’assemblée des vieillards qui a été totalement éradiquée du film. Ces trois entités décidaient ensemble de toutes les décisions, un roi ne pouvait partir à la guerre librement sur un coup de tête. Deux éphores étaient d’ailleurs chargés d’accompagner le roi en campagne pour le surveiller. S’il y a des prêtres tous puissants à Sparte, ce sont les rois. Ils consultaient les oracles avant de partir en guerre et en quittant le territoire. Il est donc totalement erroné d’accuser Léonidas d’impiété dans le film puisqu’il est prêtre.

Deuxième souci : la corruption n’existe pas à Sparte. Tout avait été mis en place pour que le fer (la seule monnaie de la cité) soit extrêmement lourd pour une très faible valeur, empêchant ainsi la montée de l’aristocratie et des économies. Empêchant également tout luxe.

Troisième souci : on nous montre une assemblée du peuple puissante qui a son mot à dire et peut faire basculer la situation. Il y avait bien une assemblée du peuple à Sparte, mais elle n’était pas du tout aussi puissante qu’à Athènes. Elle faisait juste beau et donnait au peuple le sentiment d’être important. Personne ne pouvait contester l’autorité des trois entités supérieures. Aussi, il ne convient pas de noter un certain trouble dans la cité. Léonidas est parti en guerre car cela a été décidé, il n’est pas parti en paria. Il est vrai qu’il n’a emmené que 1000 Spartiates sur les 8000 que comptait la cité, mais cela est dû à la fête religieuse des Carneia (tout comme dans le film) qu’ils devaient honorer, tout en défendant la Grèce.



Si on passe du côté perse il y a également des choses à critiquer.
Tout d’abord, le côté mégalomane de Xerxès est parfaitement montré. Dans l’antiquité il est un exemple parfait d’hybris, et les Grecs ne s’étonnaient pas qu’il eut perdu la guerre puisqu’il a eu la prétention de se comparer aux dieux.
Il a tout d’abord construit un pont de bateau, pour pouvoir traverser plus rapidement un détroit. Il a donc prétendu marcher sur l’eau.
Il a ensuite fait passer ses bateaux sur la terre pour ne pas passer par une zone très dangereuse pour la navigation. Il a prétendu naviguer sur terre.
Lors d’une tempête, il a également fouetté la mer pour la punir.

Il s’est permis de maîtriser les éléments à sa façon, et c’est pour cette raison qu’il a essuyé une cuisante défaite.

Ensuite le film a très bien opéré le parallèle Perses/Grecs autour du sujet de l’homme libre. Il est exact qu’on forçait les soldats perses à se battre, que c’était surtout de la « chair à canon ». Les Grecs, quant à eux, devaient mourir au combat, c’était la mort la plus noble et la plus attendue. On retrouve chez certains auteurs qui narrent ces guerres l’effroi qu’éprouvaient les éclaireurs perses qui voyaient les Grecs se coiffer, faire un peu de gymnastique, tout cela en plaisantant, avant d’aller au combat.
Gros point négatif pour les Perses dans le film : l’étalage de la foire aux monstres. Les Perses sont montrés comme les pires barbares qui soient. C’est absolument faux. Certains auteurs grecs font même l’apologie de cette civilisation perse, avec des rois éclairés, une grande culture, etc. Xerxès n’était en rien un géant de 3m de haut, avec des piercings partout, maquillé comme un travesti. D’ailleurs il n’y avait pas de grands à cette époque.

De plus, qu’est-ce que c’est que cette armée de ninjas qu’ils ont foutu en garde personnelle ? Aves des sabres en plus ! Les « immortels » étaient surnommés ainsi car dès qu’un soldat était malade, blessé, ou mort, il était immédiatement remplacé par quelqu’un d’autre, ainsi leur nombre était toujours d’exactement 10000 soldats. Ils étaient en effet la garde personnelle du roi, mais ils étaient issus de la noblesse, et n’étaient absolument pas difformes.



Je finirai par certaines phrases cultes du film.
- Ce soir, nous dînerons en Enfer.
- Nous combattrons à l’ombre.
- Parce que seules les femmes de Sparte mettent au monde des hommes vaillants.

Elles ont été réellement prononcées, les deux premières par Léonidas (et non la deuxième par un soldat comme dans le film), et la dernière par sa femme (mais pas en réponse à un émissaire perse).
Pour ce qui est de la célèbre phrase « Madness ?! This is Sparta ! », l’histoire ne nous en dit rien…

lundi 27 juin 2011

300 et l'histoire 1/2 by Frisotte

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un film qui a fait couler beaucoup d’encre et entraîner maintes vidéos parodiques sur le net : 300. En effet, je crois que personne n’a échappé à ce genre de vidéos

Mais je ne ferai en rien un pitch du film, ni une critique des acteurs, ou tout autre élément cinématographique, parce que ce qui m’intéresse réellement dans ce film, c’est la véracité de l’histoire.

Sans transition, une erreur majeure du film est le contexte historique. Selon lui (et la BD ?), le roi perse Xerxès a décidé de faire un petit tour en Grèce et d’assujettir tous les gentils Grecs. Il envoie donc un messager à Sparte qui refuse cette soumission parce qu’Athènes a bien résisté aussi, et il n’y a que des chochottes à Athènes. Le roi Léonidas, envers et contre tous, décide donc de se mesurer seul, avec 300 Spartiates, à Xerxès. Les Grecs seront alors tellement éblouis par leur massacre et leur volonté de liberté qu’ils se joindront à leur cause et écraseront les Perses.



Et là j’ai envie de dire : faux, faux, faux, et archi faux.

Petit tour en Asie Mineure. Au VIe siècle, le roi Darius récupère le pouvoir et rétablit l’ordre dans l’empire. Il a la main sur des cités grecques qui font partie de la côte de l’Asie Mineure et qui forment une ligue. En 499 aC, la ville grecque Milet se révolte, et d’autres la suivent. Elles demandent de l’aide au reste de la Grèce et seules Athènes et Érétrie répondent. Elles brûlent Sardes, une ville perse. La répression est immédiate et en 494 aC, les Perses anéantissent Milet. Darius décide donc d’avancer en Europe et menace la Grèce. Il fait une première tentative d’invasion en 492 aC qui rate lamentablement suite à une tempête. Il reprend en 490 aC. Il détruit Érétrie et se rend ensuite vers Athènes. Il y aura alors la fameuse bataille de Marathon. Les Spartiates n’étaient pas présents, malgré la demande d’Athènes, car ils étaient occupés par la fête religieuse des Carneia. Contrairement à ce que l’on pense, le célèbre coureur a été envoyé pour demander de l’aide à Sparte, et non pour prévenir Athènes de la victoire. Toujours est-il que Darius perd et repart. Fin de la première guerre médique.

Son fils, Xerxès, lui succède quelques temps plus tard, et entreprend une immense action diplomatique pour rallier des Grecs à sa cause. Ce n’est en rien un Barbare qui ordonne de massacrer des villages et de former des arbres avec les habitants. Il rallie donc quelques cités de Grèce, et c’est ainsi qu’est créé le verbe « médire ». Il entreprend ensuite une grande conquête de la Grèce, tout comme son père. Tous les Grecs planifient une stratégie pour ralentir sa progression et avoir le temps de former une immense armée. Léonidas se rend donc avec 7000 hommes au défilé des Thermopyles. Il a avec lui 1000 Spartiates, le reste est composé de Platéens et de Thébains. Malheureusement, le Grec Éphialtès indique aux Perses un moyen de contourner leur position. A cette nouvelle, Léonidas renvoie le gros des troupes et décide d’affronter seul, avec 300 Spartiates, l’armée perse, le temps que la nouvelle arrive au reste de l’armée grecque. Il se fait massacrer. Les Perses envahissent l’Attique, détruisent Athènes. Toute la population et l’armée s’étaient rendues à Salamine, une île en dessous. La bataille navale fut un véritable massacre pour les Perses. Xerxès repart. La guerre continue encore une année, où les Perses subissent une défaite terrestre à Platée. C’est la fin de la deuxième et dernière guerre médique.

Différences avec le film :
Il n’y a absolument aucune mention à la première guerre médique. Ce n’est pas Léonidas qui décide tout seul d’affronter Xerxès. Les Spartiates ne sont pas réellement 300, et ils ne se font pas trahir par un Spartiate difforme, mais par un Crétois.

La vie intérieure de la cité comporte elle aussi de grosses erreurs, mais possède également des éléments très positifs.
Ce qui est, à mon avis, le mieux représenté dans ce film c’est l’éducation que suivaient les Spartiates.
Beaucoup de légendes circulent à l’époque antique sur le gouffre de l’Apothètes où auraient été jetés les bébés « non conformes » à la naissance. Même si néanmoins il a été démontré aujourd’hui que ce « tri » était faux, le choix de garder cette légende est positif selon moi. Si l’enfant est correct, il est élevé tranquillement auprès de sa mère jusqu’à ses 7 ans. Il doit ensuite suivre l’Agogé.



Les auteurs antiques aiment beaucoup détailler cette éducation si particulière : n’avoir qu’un vêtement dans l’année pour supporter toutes les températures ; marcher pieds nus constamment pour pouvoir appréhender tous les terrains ; devoir voler pour se nourrir, mais ne pas se faire prendre car l’enfant subira alors la punition d’usage pour le vol, ce qui développe sa ruse. Certains nous racontent que les enfants devant subir une fois dans l’année une séance de flagellation sur l’autel d’Artémis. Entré dans l’adolescence, le garçon passe le reste de sa vie au gymnase. Les Spartiates n’exerçaient absolument aucun métier, ils étaient soldats et rien d’autre. Cet aspect est extrêmement bien rendu dans le film.

L’accoutrement des Spartiates est à commenter.
D’abord, qu’est-ce que c’est que ces épées qu’ils ont foutues aux soldats ? Okay pour le film de pirates, mais alors là, en pleine antiquité, ils se foutent de nous. J’avoue, elles sont plutôt stylées, mais à cette époque, une épée ça a une poignée simple et c’est droit. Il est vrai que les épées spartiates étaient plus courtes que les autres, spéciales pour le corps à corps, mais en aucun cas avec des effets d’arrondis, etc. Je doute fortement qu’ils n’aient eu aucune cuirasse. Ils étaient fringués comme n’importe quel soldat de l’époque, manteau pourpre en plus ; le film respecte bien cette particularité. Je suis sûre que tout ça c’est pour montrer leurs tablettes de chocolat.



Sans transition, la suite plus tard.

lundi 20 juin 2011

300 by Carban

Film anglo-américain-écossais (oui oui) sorti en 2007 et réalisé par Zack Snyder, 300 est l'adaptation du roman graphique éponyme de Franck Miller. Le film nous donne une version assez fantastique et très romancée de la bataille des Thermopyles, qui opposa le roi Spartiate Léonidas, et 300 de ses soldats (pour simplifier le tout).



Synopsis

Le méchant roi Perse Xerxès, tyran travelo de son état, veut dominer la Grèce, et envoie donc un ultimatum à chaque cité : se plier ou mouriiiir. Bien sûr, la fière cité de Sparte, composée de farouches guerriers, refuse le marché, balance le diplomate au fond d'un puits et décide d'entrer en guerre contre une armée énormément plus nombreuse.
Le roi Léonidas, accompagné de quelques 300 soldats décide de ralentir l'avancé perse aux Thermopyles, fin passage près de la mer qui permet de s'enfoncer sur les territoires grecs, alors que sa femme, tente de convaincre les politiciens de Sparte d'envoyer le reste de l'armée pour prêter main forte à son mari.



Analyse

Si on cherche un film historique, on passera ici son chemin. Bien que l'intrigue générale soit assez conforme à la réalité dans les grandes lignes, Franck Miller, puis Zack Snyder ont pris de grandes libertés afin de donner au film une approche plus héroïque, et plus fantastique à l'histoire.
Comme le montre clairement les couleurs de la photographie, les costumes ou certaines situations, le réalisateur veut donner à son film un aspect moins convenu, et s'éloigne du péplum traditionnel.
Si les couleurs et la photographie du film sont à mon sens superbes, il est bon de noter que la plupart des scènes ont été tournées derrière un fond vert, et que les effets spéciaux font des miracles de nos jours. C'est pas moins de 1300 effets visuels qui auront été utilisés dans le film. Autant dire qu'on en trouve partout, dans chaque scène, dans chaque plan.

A partir de là, 300 assume clairement son aspect visuel à la fois étrange et attirant. Bien que le scénario soit assez simple, voire de la taille d'un timbre poste, la force du film vient justement de sa photographie originale, mais également du mythe incarné par ces 300 hommes qui défièrent tout un empire. Si la réalité peut sembler moins glorieuse, les faits ne sont finalement pas si différents que ça puisqu'il y avait une différence énorme entre les deux armées, et qu'à la fin de la bataille des Thermopyles, Léonidas combattra avec ses 300 soldats.

Outre les libertés historiques, le film cherche également à créer sa propre identité, afin de s'approcher d'un univers davantage irréel et divin. Ainsi, on peut le voir dans le traitement que donne le réalisateur à la sélection naturel des nouveaux-nés (bien qu'il puisse s'agir d'un fait réel, soumis à controverse), dans l'éducation des jeunes spartiates (tout aussi réel), ou encore chez les éphores, sans compter l'aspect assez étrange du personnage de Xerxès, grand folle, piercée, à moitié à poil. Mill, et Snyder, dans son interprétation réutilise les faits historiques tout en apportant un côté plus fantastique pour rester dans le ton du film (exemple de la scène avec le loup).



Ces aspects fantastiques et ces libertés n'auront pas été au goût de tous, puisque Franck Miller, tout comme Zack Snyder seront accusés de vouloir donner un aspect sombre et barbare à la culture perse, et 300 sera accusé de film de propagande pro-américain.
En effet, après la seconde guerre du golfe, et les tensions existantes entre l'Iran et l'occident, le film sera jugé comme discriminatoire et propagandiste, afin de glorifier le soldat "blanc" face aux sauvages d'Orient, dénués de toute culture.
Beaucoup de critiques feront des rapprochements entre le cinéma de propagande Nazi et le film de Snyder, allant parfois loin dans la comparaison, certains jouant sur les faits historiques pour discréditer davantage le film.
Le plus amusant seront les critiques disant que dans le film Sparte valorise les valeurs de liberté et de démocratie. Si pour la liberté c'est vrai, il ne me semble pas avoir entendu parler de démocratie dans le film. Comme quoi, quand les esprits s'échauffent...

Mis à part cette controverse sans doute exagérée et facile, le film explosera le boxe office, et pour un budget de 60 millions de dollars, en rapportera quasiment 7 fois plus.



En effet, en plus de l'aspect graphique très remarqué du film, on pourra également attirer l'attention sur ces 300 hommes en slips, bien bâtis, avec un sens de l'humour certain et une envie d'en découdre. Les acteurs s'en sortent plutôt bien, et Gérard Butler est convaincant dans son rôle de roi Spartiate. Les scènes de combats sont très esthétiques, et le réalisateur prend un malin plaisir à jouer avec le ralenti et l’accélération afin de garder un contrôle sur la vitesse de ses scènes d'action, et le pari est réussi. Sans compter qu'il faut le faire : crier comme un farouche guerrier devant un fond vert, et réussir à être convaincant, ça ne doit pas être l'exercice le plus facile.
On pourrait peut-être souligner le manque de charisme chez l'empereur Perse, et on aurait pu s'attendre à autre chose qu'à un géant efféminé, mais au moins on ressent clairement une mégalomanie qui ne peut qu'offenser les dieux.

Autre point fort du film : la musique de Tyler Bates qui est tout à fait dans le ton du long-métrage et qui correspond très bien à cet univers visuel original, à ces scènes d'action, à la vitesse changeante et au traitement global du film.



Pour conclure 300 est un très bon film. S'il ne mise pas tout sur un scénario ultra-complexe, l'univers visuel unique, ses acteurs et les scènes de combats grandioses qui le composent lui donne un attrait particulier. On pourrait presque déplorer la présence des intrigues politiques se déroulant dans la cité, qui font un peu trop remplissage à mon gout, mais ça permet de temps en temps de changer le rythme de film.
On peut également noter que la narration du film est plutôt une bonne idée et reste très agréable, conservant un côté assez littéraire et poétique, donnant l'impression qu'il s'agit d'une histoire contée, ou d'un témoignage écrit.
Bien que la réalité historique passe parfois à la trappe, il est bon de souligner que pour une adaptation de ce type, voulant s'orienter davantage vers un univers fantastique, c'est VOULU, et nécessaire. Et puis pour appelé le film 300, on est bien obligé de faire sans certains détails historiques. Donc s'il est bon de souligner les oublis historiques, il serait bête de les reprocher au film.
Un très bon film de Snyder selon moi, et un bon moment de cinéma pour se divertir et passer du bon temps.

Divers : Il est très agréable de savoir que le film réutilise des citations ayant réellement eu lieu durant la bataille, et que tout n'est peut-être pas aussi fantasmé qu'on pourrait le croire. Mais pour la vision réaliste de la bataille, Frifri nous a concocté deux articles sur le sujet.


Trailer
OST - To Victory
OST - Returns a King
OST - Message for the Queen
OST - Goodbye my Love