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lundi 8 août 2011

Mimic, Guillermo Del Toro (1997) by Cowboy

En 1997, l'ancien maquilleur Guillermo del Toro n'a que quelques courts-métrages et son long-métrage Cronos, prometteur mais en lui-même un peu bancal, à mettre sur son C.V de réalisateur. Bien loin d'avoir signé les splendides Labyrinthe de Pan et l’Échine du Diable qui lui ont acquis les faveurs des critiques et des cinéphiles, et d'avoir adapté un Blade et entamé une trilogie Hellboy, dont le succès populaire est indéniable, Del Toro doit encore lutter pour s'imposer tant à Hollywood que dans les festivals internationaux, et n'est pas courtisé au point de crouler sous les scénarios. Désireux d'entretenir une carrière double, d'un côté, des films personnels en langue hispanique, et de l'autre, des métrages grand public, il accepte, en 1997, le projet Mimic. Avec un budget relativement conséquent pour un jeune réalisateur de 25 millions de dollars, Del Toro se lance dans sa première aventure Hollywoodienne dans un genre qu'il affectionne : le film d'horreur.



Mimic est un échec, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, un scénario faible (résumé : on largue des cafards mutants dans les égouts de NY pour sauver les gosses d'une terrible maladie. Les cafards se développent alors qu'ils étaient programmés pour clamser, et paf, ça fait des chocapics). Non pas que le postulat de base soit inintéressant, cette revanche de la nature sur les hommes qui se permettent de la transformer à loisir, un classique du genre. Malheureusement, c'est dans son traitement que surgit le problème : gauche, lent, il tourne même au ridicule avec la scène où les acteurs se camouflent en se frottant des glandes sudorifères sur le corps, ou pour l'affrontement final entre Mira Sorvino et l'ultime mâle de la colonie.
La majorité des personnages manquent cruellement de substance, et même une interprétation brillante pour certains ne parvient pas à éclipser le caractère artificiel de leurs personnages. Pire, le jeune premier est proprement insupportable.



La musique de Marco Beltrami est une horreur innommable, sirupeuse, peu inspirée, surmixée. Ces aspects font de cette heure et quarante deux minutes de matériel une véritable purge, et il est difficile, malgré le néon Guillermo Del Toro allumé en permanence en vert fluo dans un coin de l'écran de voir autre chose qu'un téléfilm M6 du jeudi soir (tradition qui s'est malheureusement perdue depuis quelques années, je crois...).
C'est triste à dire, mais si Mimic est plutôt bien filmé, plutôt bien éclairé (quoiqu'un peu trop sombre dans les parties souterraines), plutôt bien interprété par une partie du casting (Sorvino en tête), nous n'avons droit qu'à un ersatz du style Del Toro, qui a tant bien que mal tenté d'imposer ses idées, mais qui a visiblement dû lutter en permanence contre ses producteurs et, à ce que j'ai compris, n'a pas eu le montage final, ce qui l'a amené à renier sa propre création.
Et c'est dommage, car il faut l'admettre, les créatures sont superbes et les CG excellents pour l'époque (et encore aujourd'hui), le générique du début est vraiment bien foutu, la direction artistique n'est pas exempt de défauts, mais contient son lot de bonnes idées « originales » (qui seront plus ou moins recyclées dans le futur de sa filmo...), mais voilà, la sauce ne prend malheureusement pas, minée par des répliques minables et des éléments scénaristiques stupides.

« Intense, intelligent et brillamment réalisé », « redoutable, élégant et implacable », « Mimic est vraiment terrifiant et donc génial », peut-on lire sur la jaquette du DVD, citations attribuées respectivement à David Cronenberg, Clive Barker et Wes Craven. C'est à se demander si j'ai vu le même film, et si la congratulation ne s'adresse pas à Del Toro plutôt qu'au film en lui-même.



Mimic est, au final, une série B médiocre, charcutée par des producteurs inconscients et manquant cruellement de substance ou d'un minimum de deuxième degré, et qui est extrêmement décevante quand on la regarde au sein de la filmo de son réalisateur. Cependant, Del Toro a récemment annoncé la sortie possible d'une version « Director's Cut », qui, selon ses propres mots, sans être le film qu'il espérait, réparerait pas mal de torts, et qu'il était content de ce nouveau montage. Affaire à suivre...

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