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vendredi 17 mai 2013

Brian De Palma's Phantom Of The Paradise by Stitch

Bonjour les CINéens et CINéennes!!

20th Century Fox present Brian De Palma’s



Brian De Palma (Carrie, Scarface, Les Incorruptibles…) signe en 1974 un film qui deviendra un chef-d’œuvre, considéré comme un film culte par toute une génération de cinéphiles (y compris moi). En plus, ce film ne peut être que culte puisqu’il est sorti l’année de ma naissance.



Le trailer est ici

Le 14 avril 2012, le cinéma perdait William Finley, le premier rôle de Phantom Of The Paradise. Pour commémorer sa mémoire, j’ai décidé de vous présenter son film phare.

Distribution du film

-William Finley : Winslow Leach/le Phantom
-Paul Williams : Swan
-Jessica Harper : Phoenix
-George Memmoli : Philbin
-Gerrit Graham : Beef
-Archie Hahn, Jeffrey Comanor, Harold Oblono : les Juicy Fruits, les Beach Bums, The Undeads

Synopsis

L’image de ce lien résume parfaitement le film. « Voici l’histoire de la recherche d’un nouveau son, une nouvelle sorte de musique, de l’homme qui l’a créée, de la fille qui la chanta, et du monstre qui la vola. »



Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître la cantate qu’il a composée. Cette cantate ayant pour thème Faust est l’œuvre de sa vie.
Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l’inauguration du Paradise, le palais du rock qu’il veut lancer. Il escroque Leach et s’approprie sa partition. Leach tente de récupérer sa cantate et fait la connaissance de Phoenix lors d’une audition. Il en tombe immédiatement amoureux et voit en elle l’incarnation vocale pour sa cantate.
Swan fait enfermer Leach pour trafic de drogue à Sing Sing. Brisé, ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s’évader, mais se retrouve défiguré en essayant de se faire justice. Laissé pour mort, il revient hanter le Paradise et vend son âme à Swan pour pouvoir finir de composer son oeuvre.



La musique et Phantom Of The Paradise

Phantom Of The Paradise n’est pas une comédie musicale au sens strict du terme. C’est un film qui traite de la musique et donc les chansons s’intègrent à l’histoire mais ne la raconte pas contrairement aux comédies musicales.
Le film datant des années 70, les musiques vont de paire. On a donc une transition entre les 60’s et les 70’s au fur et à mesure que les minutes du film défilent. Pour ceux qui veulent, il y a possibilité d’écouter l’ensemble de l’OST ici.

Toute l’OST a été composée par Paul Williams qui tient le rôle de Swan. Pour ma part, j’adore !! Elle est composée de mélodies pop imparables, alternant le très Happy Days « Goodbye, Eddie, Goodbye », le rock « Somebody Super Like You/Life at Last», le folk de « Special To Me » ou l'ultra romantique et mélancolique « Old Souls ». Et puis, comment ne pas parler de « The Hell of It » débutant avec des guitares au son déchirant pour continuer comme une bondissante comptine, peut-être le morceau musicalement le plus riche de toute la bande originale et qui pour moi, termine le film en apothéose.

Les trois groupes The Juicy Fruits, The Beach Bums et The Undeads sont interprétés tous trois par les mêmes acteurs. De ce fait, De Palma montre que les groupes sont interchangeables et peuvent être très éphémères. Ainsi trois groupes et trois styles différents. Tout d’abord les Juicy Fruits qui ne sont pas sans rappeler la période Grease avec un rock léger. Viennent ensuite les Beach Bums qui sont un ersatz des Beach Boys et leur son rock californien qui donne envie de surfer sur la vague. Et enfin, le noir, l’obscur, le gothique avec The Undeads qui font tout de suite penser au groupe Kiss avec leur maquillage noir et blanc sur le visage.

La musique de Phantom Of The Paradise s’inscrit parfaitement dans le film et lui donne tout son ton. On commence par des sons légers pour aller de plus en plus vers du sombre et du mélancolique. Comme par exemple le titre « Old Souls » qui est une ballade romantique qui intervient juste après la mort de Beef et pendant la trahison de Phoenix avec Swan. La mélancolie et la détresse du Phantom n’en est que plus renforcée grâce à ce titre.



Rappelons aussi la musique qui accompagne la réécriture de l’opéra-rock Faust de Leach, « Phantom’s Theme » qui montre bien toute la douleur rentrée du personnage. La séquence qui le voit composer ce morceau, où les lignes de portées défilent sur l'écran, en même temps que l'aiguille de l'horloge, la bougie qui se consume et les piles de partitions qui s'amoncellent, restent aujourd'hui le pinacle émotionnel du film, puissant et fragile, désespéré, ultime supplique du Phantom à la belle Phoenix.



L’univers de Phantom Of The Paradise

Quand on visionne le film, on ne peut pas passer à coté des trois grandes influences présentes à savoir le mythe de Faust de Goethe, le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et bien entendu le fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux.

Commençons par le fantôme de l’Opéra. Comme dans le roman et les adaptations cinématographiques qui en ont été faites, le heros du film, Winslow Leach/Phantom présente un certain nombre d'ingrédients de l'histoire originale, à savoir qu'il est défiguré et qu'il veut que celle dont il est épris soit la vedette de son opéra. Il hante l’Opéra représenté ici par le Paradise, temple de la décadence et de la musique (comme le fût à l’époque le Studio 54).

Selon Goethe, Faust met en scène un homme qui, en échange de la jeunesse éternelle et de la réussite, promet son âme à Méphistophélès, l'envoyé du Diable. Il accède ainsi au pouvoir ultime. Séduisant, dominateur et extrêmement puissant. Brian de Palma fait de Swan, un Méphistophélès d'un nouveau genre, sévissant dans l'industrie musicale des seventies, et il faut bien avouer que ce personnage dégage un charisme déconcertant, malgré un physique assez quelconque. Faust est ici joué par le naïf Leach qui vend son âme à Swann afin de pouvoir finir sa cantate et l’offrir ainsi à la belle Phoenix.

Et la troisième référence majeure est donc le portrait de Dorian Gray. Swan devient Dorian Gray et le portrait peint est remplacé par une séquence sur bobine de film. Comme dans le roman, c’est l’image qui vieillit à la place de Swan lui conférant ainsi jeunesse éternelle.

D’autres références romanesque ou cinématographique sont présentes dans ce superbe film. Retenons par exemple Frankenstein de Mary Shelley lors de cette scène musicale emmenée par le génial « Somebody Super Like You/Life At Last » ou les membres de The Undeads créent la Créature incarnée par Beef grâce à des morceaux humains pris dans le public.
De Palma lance aussi un clin d’œil au Psycho d’Hitchcock grâce à la mémorable scène de douche de Beef.

Brian De Palma critique de son époque ?

A travers cette exploitation de thèmes classiques, De Palma s'attaque au milieu du show-business, et montre d'un doigt accusateur les maisons de disque qui ont vampirisé de jeunes talents de manière éhontée, usant de leur innocence pour leur faire signer des contrats abusifs.
A travers le personnage du fantôme, De Palma s’interroge sur la place de l’artiste dans un monde capitaliste qu’il ne peut rejeter, sous peine d’être rejeté à son tour.

Par l’image du répertoire, on peut voir que de nombreuses vedettes sont produites par Swan. On peut y voir les noms d’Alice Cooper, de Bette Midler ou de Peter Fonda pour les plus connus. On peut donc se demander si De Palma ne considère pas que ces artistes n’aient pas vendu, de façon métaphorique, leur âme au Diable pour leur assurer gloire et célébrité.

Si De Palma est critique par rapport au show business, il l’est également par rapport à son public. Une foule que le réalisateur décrit assoiffée, insatiable, incapable de penser par elle-même. La mort du chanteur glamour bisexué Beef passe pour partie intégrante du spectacle, un effet spécial concocté dans le seul but de nourrir la foule. Il en va de même pour le meurtre de Swan lors de la cérémonie de mariage avec Phoenix. La foule est pareille à un zombie, prête à accepter tout ce que le système peut lui donner sans se poser la moindre question.

Pour Conclure

Phantom Of The Paradise est un film des 70’s qui s’inscrit formidablement bien dans son époque et qui, je trouve, n’a pas trop vieilli. Il montre très bien les travers d’une société sans pitié où le public est de plus en plus voyeur, en demande toujours plus et où les artistes doivent jouer du spectaculaire et de la surenchère s’ils ne veulent pas tomber dans l’oubli. Ceci est encore un peu vrai de nos jours comme on peut le voir à travers la téléréalité.
Les trois références majeures du film se complètent très bien pour donner un fil conducteur extrêmement bien ficelé et qui tient vraiment la route.

Ce film est comme je l’ai écris en introduction est considéré comme culte par toute une génération de cinéphiles et beaucoup de personnes en font encore référence.
Je citerai pour exemple afin de conclure le cas Bob Sinclar dont le clip de « I Feel For You » ressemble étrangement à Phantom Of The Paradis. Vous ne trouvez pas ?? Voyez vous-même !!

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