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vendredi 3 mai 2013

Elephant Man (1980) by Wommy




Film réalisé par David Lynch en 1980 sous la houlette de Mel Brooks à la production, il retrace l’histoire réelle de Joseph Merrick (John Hurt), nommé par erreur John dans le film, souffrant de graves difformités congénitales recueilli et secouru par le Docteur Frederick Treves (Anthony Hopkins). Le film rend hommage à Tod Browning et à son film Freaks mettant en scène des monstres de foire.

Le film a été nommé 8 fois aux oscars mais n’a remporté aucune statuette. En revanche, il remporta, entre autres, le grand prix du Festival International du film fantastique d’Avoriaz en 1981 et le césar du meilleur film étranger en 1982.

Synopsis
Londres, 1884, en pleine époque victorienne, et alors que les monstres de foires attirent un large public, celle de l’homme éléphant promet un spectacle horrible. Le Docteur Frederick Treves, grand chirurgien renommé, et intrigué professionnellement parlant par les malformations physiques de celui-ci, aimerait l’examiner. Il découvre John Merrick, un jeune homme de 21 ans, présentant d’extrêmes difformités, maltraité et malade. Il le recueille au sein de l’hôpital, et contre toute attente, découvre qu’il est capable de communiquer et surtout pourvu d’intelligence, de compréhension, de culture et d’un certain raffinement. Avec l’aval du conseil d’administration de l’hôpital et sous la protection de son directeur, John Merrick y obtient une chambre à vie, fait beaucoup parler de lui dans les journaux, et se lie d’amitié avec des gens de la Haute Société londonienne. Cependant son « propriétaire » au sein de la foire, n’est pas bien loin et est prêt à tout pour récupérer son gagne-pain.


John Merrick : People are frightened by what they don't understand.


De la réalité…



Le film se base sur la biographie du Docteur Treves, devenu avec le temps l’ami de Joseph Merrick, The Elephant Man and Other Reminiscences et sur le livre d’Ashley Montagu The Elephant Man, a Study in Human Dignity.
Le Docteur Treves présente l'Homme Éléphant à la société de pathologie de Londres comme un cas de difformité congénitale extrême. On a longtemps cru qu’il souffrait de neurofibromatose de type I dite aussi maladie de Recklinghausen, maladie neurologique héréditaire. Cependant des analyses ADN effectuées sur ses ossements auraient révélé qu’il souffrait du syndrome de Protée, une autre maladie génétique qui affecte la croissance des tissus et produit des déformations. Mais à l’heure actuelle nous ne pouvons déterminer avec certitude la pathologie dont il souffrait.
La légende, alimentée par Joseph Merrick lui-même, voulait que ses malformations proviennent du fait que sa mère lors de son 4ème mois de grossesse avait manqué d’être piétinée par des éléphants lors d’une parade. Cette explication est d’ailleurs reprise dans le film de Lynch via la scène d’ouverture et racontée par le « propriétaire » de Merrick à Treves.
Il aura fallu 12 heures quotidiennes de maquillage pour transformer John Hurt en John Merrick, et on ne peut que féliciter cet incroyable travail plus vrai que nature. Ce maquillage a été réalisé à l’aide de plâtres qui avaient été à l’époque directement moulés sur la tête de Joseph Merrick.


…à la fiction



David Lynch signe ici son plus grand chef d’œuvre, un film authentique, transpirant de tolérance et d’humanisme. Comment ne pas être bouleversé par la vie hors normes de John Merrick ?
Le coté dramatique et historique est renforcé par le choix de Lynch pour le noir et blanc conférant au film une esthétique toute particulière. Les reproductions du Londres victorien et les costumes sont bluffants, tous les acteurs jouent à la perfection… Anthony Hopkins et son incroyable charisme, John Hurt et son interprétation impeccable malgré la difficulté de jouer un tel personnage.
On retrouve bien la patte de Lynch avec des passages oniriques (scènes d’ouverture et de fin) hypnotiques qui nous emportent dans un autre monde, le tout ponctué par une magnifique bande son hyper travaillée et l’émouvant Adagio pour cordes de Samuel Barber qui nous file des frissons et la larmichette à l’œil. Quasiment toutes les scènes sont cultes, que ça soit l’arrivée de Merrick à l’hôpital, la récitation du psaume 23 de la Bible révélant sa culture, la traque dans la gare, la scène au théâtre ou encore la fatalité, se sachant condamné mais heureux.
Malgré une mise en scène plutôt classique et linéaire, le film garde une certaine part d’ambiguïté. Malgré les apparences, John Merrick ne reste-t-il pas une bête de foire ? En effet Treves le sort des griffes d’un homme mauvais et sans scrupules mais en l’emmenant à l’hôpital ne le change t’il tout simplement pas de cage ? Le chirurgien s’empresse d’en faire un sujet médical intéressant pour sa carrière, une célèbre actrice de théâtre attirée par la publicité qu’elle pourrait en retirer organise des rencontres, aussitôt copiée par la haute bourgeoisie. Sans s’en rendre compte il devient à nouveau une attraction, ces agissements sont dénoncés par l’infirmière en chef qui met le doute dans l’esprit du Docteur Treves. Anthony Hopkins joue d’ailleurs son personnage à la perfection laissant toujours planer une ambiguïté sur ses réelles intentions.
L’humanité de John Merrick n’est pas remise en cause à la fin du film, au contraire, mais Lynch n’exclut jamais en filigrane la cruauté et l’hypocrisie du peuple et des bourgeois.


John Merrick : I am not an elephant ! I am not an animal ! I am a human being ! I am a man !


J’ai vu le film il y a très très longtemps (genre 20 ans) et quand je l’ai revu la semaine dernière, j’ai pu mesurer l’impact que ce film avait eu sur moi, tellement je me rappelais très nettement de nombreuses scènes, notamment la scène d’introduction et la scène de fin.

Enfin un film de David Lynch qui ne nous laisse pas sur notre faim avec 100 questions en suspens !
En résumé, un chef d’œuvre que chacun se doit de voir au moins une fois dans sa vie !


>>TRAILER

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