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lundi 13 juin 2011

Sidney Lumet : 12 angry men by Hablast

Sidney Lumet est l’un des rares réalisateurs à être parvenu à faire d’un premier film son ultime chef-d’oeuvre. Avec Twelve angry men, il signa un long-métrage novateur et puissant de par sa mise en scène. Une production reconnue à l’heure actuelle comme une référence en matière de cinéma. Voici, sans plus attendre, l’exposition de long en large d’un film qui s’est inscrit dans les modèles du septième art.



L’histoire narre la délibération de 12 jurés au sujet de la mise à mort d’un adolescent accusé de parricide. Pour qu’il y ait une sentence prononcée, les 12 hommes doivent être unanimes. A l’issue d’une première discussion, 11 le jugent coupable contre 1 qui a un doute valable… Cet homme, appelé dans le film juré N°8, est porté à l’écran par le talentueux Henry Fonda.

Pour éviter toute confusion, il est préférable d’annoncer tout de suite le risque de désenchantement quant à la vision de l’oeuvre. Le genre du film n’a rien d’un thriller, ni d’une intrigue policière mais bien d’un drame. En d’autres termes, il n’y a pas d’enquête menée pour tenter de connaître scientifiquement les tenants et aboutissants de l’acte criminel. Le film est donc uniquement basé sur le ressenti des jurés et les relations qu’ils construisent ensemble dans la salle de délibération.

Sidney Lumet semble avoir rapidement compris comment faire un bon film en peu de moyen. Comment représenter un nombre suffisant de thèmes, de sentiments et d’archétypes sans utiliser des décors et une action soutenue tout le long du film ? Comment savoir raconter un huis clos qui tient en haleine et basé uniquement sur le dialogue ? Le rassemblement de 12 jurés aux caractères très différents dans le cadre juridique semble être une voie qui affecte une grande majorité d’individus.

Tous, ou plutôt un grand nombre de stéréotypes sociétaux seront représentés à travers les 12 hommes :

N°1 : Porte parole des 12 jurés privilégiant la démocratie quant à la direction de la délibération
N°2 : Chétif et martyre que certains n’hésiteront pas à écraser.
N°3 : Père de famille sans pitié, où l’éducation à la dure des enfants semble être la meilleure solution pour qu’ils ne tournent pas mal.
N°4 : Banquier pragmatique et convaincu des faits exposés. Plus rattaché au Logos qu'à l’Ethos et le Pathos
N°5 : Influençable, pas sûr de lui et victime de préjugés car il vient du même milieu que l’accusé.
N°6 : Simple ouvrier qui n’alimente le débat que par des simples remarques. Il le dit clairement ; c’est son patron qui est amené à faire des suppositions, pas lui.
N°7 : Blagueur inintéressé de l’affaire, voire insouciant.
N°8 : Henry Fonda, le chevalier blanc des jurés. Inversément au juré n°4, il semble plutôt privilégier le Pathos au Logos.
N°9 : Personne âgée, également plus sensible aux bons sentiments plutôt qu’aux faits. Il sera d’une grande contribution en se comparant avec un témoin du même âge que lui pour comprendre son fonctionnement.
N°10 : La soixantaine, empli de préjugés à la limite du racisme. Pour lui, toutes les personnes venant de ce genre de milieu sont les mêmes ; des êtres dangeureux et sans espoir de réinsertion.
N°11 : Probablement le juré le plus imprégné de l’affaire. Se remettant le plus facilement en question, il n’hésitera pas à accepter de revoir en détails chacun des faits pour tenter d’éviter la mauvaise sentence.
N°12 : Homme d’affaire dans la publicité, ne connaissant pas très bien le droit et a du mal à se faire sa propre opinion de l’affaire.




Avec ces 12 caractères distincts, Sidney Lumet parviendra à présenter de nombreuses relations sociales et psychologiques sociétales telles que : le phénomène de groupe, de discrimination et de préjugés, de leadership, de sociocentrisme évaluatif, d'identité sociale, de dépersonnalisation, d'identification sociale, de déviance dans les relations de groupe, de normalisation, de conformisme, de négociation de conflit, de pression majoritaire, de perception et d'influence de la minorité, d'avis sous anonymat ou de manière identifiée, de comparaison sociale, de dissonance cognitive, etc.

Le point fort du film se traduit dans la justesse extrême des dialogues et de l’angle de vue que Sidney Lumet nous propose. Rien n’est grossier, tout est sincère. On ne tombe jamais dans les solutions faciles ou dans les clichés que monsieur tout le monde pourrait faire. Henry Fonda se traduit par un personnage qui n’attend ni plus ni moins que la vérité soit dévoilée en se comportant avec un recul prononcé.

Ce point n’est pas compris par tous les jurés (qu’ils pourraient être représentés par les spectateurs de l’oeuvre). Une scène très utile et nécessaire dans le film est celle où le juré n°7 dit à Henry Fonda lors d’une pause aux toilettes : “Vous autres les Philanthropes, vous êtes tous les mêmes, vous êtes prêts à vous attendrir sur la première cloche venue”. Ainsi, le fait que ce point est remarqué, assumé et même démontré dans le film n’autorise plus le spectateur à pouvoir donner cet argument de “Manichéisme facile”.

Le juré numéro 8 (Fonda) se fera d’ailleurs juger plusieurs fois par les jurés les plus tenaces. On dira qu’il tombe dans les sentiments, qu'il coupe les cheveux en quatre, que ses obervations sont dénaturées en faveur de l’accusé, qu’il a un trop grand coeur et qu’il se trompe de cible. Fonda ne manquera jamais de leur démontrer la réelle vision à entreprendre vis-à-vis des faits par certaines scènes qui restent en mémoire. Notamment la célèbre phrase “Vous avez réellement l’intention de me tuer?”

SPOILER
On peut reprocher au film d’être prévisible, le juré bienveillant qui parvient à mettre d’accord tout le monde et à acquitter l’accusé. Ce qu’il faut plutôt retenir, c’est la manière dont celui-ci parvient à les influencer dans leurs choix, ce qui relève d’un talent que peu de cinéaste ont réussi à retranscrire.

La scène finale est une des scènes les plus anthologiques du septième art. Nous voyons le dernier juré qui, non plus par conviction, mais par orgueil, s’enfonce dans un raisonnement de plus en plus absurde se mettant à dos tout le monde. Son tout dernier argument valable restera un simple “j’ai le droit de garder mon opinion”. A ce moment là, il regarde une photo sur la table de son fils qui dépasse de son portefeuille et fait le rapprochement avec la personne accusée. Par énervement, il se précipite sur la photo pour la déchirer en disant que les gosses le dégoûtent, pour finir en larmes et clamer que l’accusé est non-coupable.
FIN DU SPOILER

Technique :

Le film est caractérisé par une sobriété appuyée. Sidney Lumet maîtrise la mise en scène d’une façon remarquable. La première scène où les jurés se retrouvent dans la pièce de délibération est très longue et rien, ni dans le jeu des acteurs, ni dans la mouvance de la caméra et ni dans la mise en scène, ne montre une quelconque faiblesse professionnelle. Le fond est autant significatif que la forme.

Lumet précisera d’ailleurs :
"J'ai tourné le premier tiers du film au-dessus du niveau des yeux, le deuxième tiers à hauteur des yeux et le dernier tiers en-dessous du niveau des yeux. Ainsi, vers la fin du film, on commençait à voir le plafond. Les murs se rapprochaient, et le plafond semblait s'abaisser. Cette sensation d'une claustrophobie grandissante m'a permis de maintenir la tension jusqu'à la fin où j'ai utilisé un angle large pour laisser le spectateur respirer."

On retrouvera souvent dans les films de Lumet des thèmes récurrents tels que les rapports de l'homme à l'institution, analyse des systèmes de pression, lutte pour la tolérance et la justice.



Avec ce premier film, Sidney Lumet remportera l’Ours d’or du meilleur film et sera nominé aux oscars dans la catégorie du meilleur film ainsi que meilleur réalisateur. Nombreux de ses prochains films seront présentés et vaincqueurs aux oscars. Cependant, Sidney Lumet ne remportera jamais la statuette de meilleur réalisateur ou du meilleur film. Il repartira tout de même en 2005 avec un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Sidney Lumet est mort le 09 Avril 2011 à l’âge de 86 ans et laisse derrière lui une filmographie admirable dans laquelle beaucoup aujourd’hui puisent leur inspiration.

Anecdotes :
- 12 angry men est initialement une pièce de théâtre de Reginald Rose. D’ailleurs Le juré N°9 et le juré N°11 du film de Lumet figurait déjà dans cette pièce dans leur rôle respectif
- Le film est classé septième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site IMDb avec une note de 8,9/10.
- Le film a été réalisé en moins de 3 semaines avec un budget de 350 000 dollars.
- Lumet a écrit en 1995 un livre, Making Movies, réimprimé en 1996. Au long de 218 pages, il raconte de façon particulièrement bien organisée ses souvenirs de metteur en scène et en profite pour faire part de nombreux enseignements. A l'occasion de son décès, un journaliste a déclaré que, lorsque ce livre est paru, les directeurs des écoles de cinéma n'avaient plus rien à enseigner car, si leurs élèves lisaient le livre, ils sauraient tout.

Voici une liste des films notables du réalisateur :

- 12 angry men
- The Hill
- Serpico
- Dog day Afternoon
- The Offense
- Prince of the City
- Network
- Running on Empty
- Murder on the Orient Express


Trailer

Hablast.

Irma la Douce (1963) by Dylan



"Billy Wilder reconstituait le duo magique et mythique de "La Garçonnière" pour une comédie tout aussi enlevée, mais à la tonalité plus légère." (Allocine)

Je vous avais fait un article sur Certains l'aiment chaud de Billy Wilder, alors je me suis dit, autant continuer... Je vais donc vous parler d'un autre très bon film qu'il a réalisé : Irma la douce. Né en 1909, Billy Wilder fait ses études à Berlin avant d'aller se réfugier à Paris après la prise de pouvoir des nazis. Il se dirigera ensuite vers les Etats-Unis où il entamera une carrière de scénariste, avant de se se lancer enfin dans la réalisation. Le cinéma de Billy Wilder, ce sont des mots très justes, alliés à des effets comiques qui aident à la construction dramatique tout en faisant rire. Il réalisa tout d'abord des films plus sombres comme l'excellent Boulevard du Crépuscule (Sunset Boulevard - 1950). Il ne s'empêchera pas de critiquer des sujets qui lui tiennent à coeur à travers ses films. Hollywood, les mensonges de la presse (Le Gouffre Aux Chimères- 1951) ou bien encore l'humanité elle-même (Assurance sur la mort - 1944). Pourtant, Wilder semble reprendre confiance en l'humanité en réalisant des films plus légers comme Certains l'aiment chaud dont je vous avais parlé avant. Même si le ton et le jeu changent un peu, la critique et l'analyse des faiblesses humaines restent omniprésentes. Encore et toujours, il dénonce le mécanisme de la société, tout en accordant une place importante aux relations humaines et sociales. Ainsi, ses films sont à la fois forts et légers, marquants et divertissants. Quelque soit le film de Billy Wilder, le cynisme aura toujours sa place. Il a souvent été considéré à l'époque comme un réalisateur vulgaire, qui n'hésitait pas à provoquer le dégoût du public. Pourquoi ? Simplement parce qu'il réduit presque tous les mobiles humains à l'argent et la sexualité. Et c'est en quelque sorte, l'histoire pricipale de Irma la douce.

Irma, jeune prostituée interprétée par Shirley MacLaine, est à la recherche d'un nouveau "Monsieur". Dans le film, les prostituées ont toutes un homme, un petit ami qui leur sert indirectement d'agent. Un peu comme un Mac, sauf que les rôles sont un peu inversés. Dans le film, les femmes se prostituent et payent des cadeaux à leur "Monsieur", mais elles peuvent le virer si elles veulent. Il n'y a donc pas du tout les relations qu'on a l'habitude de voir dans les films qui parlent de prostitution. Tout se passe dans un Paris pittoresque et un peu délavé. Irma rencontre alors Nestor, ancien flic qui tombe fou amoureux d'elle et devient son Monsieur. Mais il l'aime tellement qu'il ne veut pas qu'elle couche avec d'autres hommes. Etant donné que c'est elle qui décide, il élabore donc un plan pour qu'elle ne le trompe pas directement. Il se déguise en riche anglais et devient son amant. Ainsi, elle le trompe, techniquement, avec lui, mais sans le savoir. Evidemment, quand on se fait passer pour un homme riche sans l'être, il faut bien trouver l'argent quelque part. C'est alors que les problèmes vont vraiment commencer. Il va devoir trouver un moyen de gagner de l'argent, afin de le donner à Irma déguisé en vieux monsieur riche, pour qu'elle donne ensuite l'argent à... son mec, donc, à lui. BREF, c'est du gros délire... Et parce que les histoires à tiroir sont toujours plus drôles...



"Une photographie à dominante verte, des musiques emballantes, et des références à gogo pour une fable optimiste, sous des dehors loufoques, constamment charmante et inventive." (Allocine)

Le film se passe à Paris mais est joué entièrement en anglais. Evidemment, c'est une vision romantico-pittoresque et très Hollywoodienne de Paris, mais ça n'a pas une grande importance, vu que l'essentiel du film se passe à l'intérieur : soit dans un bar, soit dans la chambre d'Irma. Les images, les décors, l'immensité des plans, tous ces éléments font fortement penser à My Fair Lady, et représentent là encore la grandeur d'Hollywood dans les années 50-60. Mais le thème est ici beaucoup plus osé. La prostitution est montrée ouvertement, mais c'est un film du vieux Hollywood, et on ne voit donc évidemment pas les scènes de sexe. Et évidemment, Irma la douce n'échappe pas au débat sur la prostitution. Faut-il l'interdire ou l'autoriser ? Est-ce malsain ou est-ce que cela vient en aide aux hommes solitaires ? Mais n'ayez crainte, tout est léger, rapide, et présenté de manière humoristique. Le personnage du flic est tout d'abord naïf, et tellement impliqué dans son travail qu'il devient pathétique, et donc drôle. Il essaye lamentablement d'arrêter les prostituées et leurs clients mais réalise rapidement qu'il est le seul à s'impliquer et à en avoir quelque chose à faire.

Irma la douce est un film complet et original, à des années lumière des films que l'on fait de nos jours. La musique est superbe, les décors et les costumes aussi. Peut-être parce que ce fut avant tout une comédie musicale (française, pour une fois). Adaptée en anglais, elle a connu un succès phénoménal, notamment à Londres et Broadway, avec plus de 1500 représentations ! En 1963, Billy Wilder s'empare de l'oeuvre pour en faire un simple film, sans les chansons. Irma la douce, c'est la recette magique du bon film classique. Un acteur phénoménal, figure emblématique de Hollywood : Jack Lemmon. Une actrice plus légère, un peu fofolle : Shirley MacLaine (la soeur de Warren Beatty). Les rôles secondaires sont tout aussi excellents, comme le concierge de l'hôtel, un peu trop curieux, ou le barman qui a fait tous les métiers du monde. Jack Lemmon, déjà présent dans Certains l'aiment chaud, reprend le pari de se déguiser et y arrive encore une fois avec brio. Il devient réellement quelqu'un d'autre, et nous offre là une vraie performance d'acteur. Car nous savons qui se cache sous le déguisement, mais nous sommes tout de même complètement dans le personnage qu'il invente sous nos yeux.



Billy Wilder pour moi, c'est la perfection du vieil Hollywood. L'époque des studios, des grands décors, des grands acteurs. Il reprend le style de personnage qui le caractérise en tant que réalisateur : un personnage masculin très sûr de lui, macho en apparence mais doux en réalité, très fier, qui se heurte à une femme qui prend les décisions sans trop lui demander son avis. Dans l'histoire, mais aussi dans la mise en scène, le film fonctionne un peu comme une pièce de Broadway. Paris a été reconstitué par un décorateur habitué aux films de Wilder (Alexandre Trauner). Les décors sont construits pour être "face public" (face caméra), et les acteurs n'ont pas un jeu très réaliste (mais ça marche superbement bien, quelque soit l'époque). Ils font des petites mimiques théâtrales, et prennent indirectement (puis directement), le public à partie. Ici, pas de twist ending, le spectateur a toutes les cartes en main, et ne sait pourtant pas ce qui va bien pouvoir se passer par la suite. Le film est bourré de rebondissements très fins, qui rappellent certaines comédies de Chaplin : ça va toujours plus loin, et c'est toujours plus drôle. Cynisme, humour noir et superbe mise en scène... Entre mensonges et quiproquos, ce film est un véritable régal.

dimanche 5 juin 2011

Shining de Stanley Kubrick by Jim

« Come and play with us Danny... Forever and ever and ever. »



En 1980, le monde tremble devant Shining, le onzième long-métrage de Stanley Kubrick, adapté du roman de Stephen King. On crie au génie : l'excellent Kubrick prouve encore une fois son talent incontesté pour mettre en scène des histoires et jongler avec les genres cinématographiques, puisqu'ici, il s'est essayé au film d'horreur/fantastique.

Derrière Shining, il y a un roman du maître de l'horreur, Stephen King : une histoire de fantômes, d'un hôtel maléfique, mais également d'une famille. Séduit par le livre, Kubrick s'enferme avec Diane Johnson pour pondre un scénario gothico-dément, en gommant certains détails de l'histoire originale.
D'emblée, Kubrick sait qu'il veut absolument Jack Nicholson – qui vient de remporter l'oscar du meilleur acteur pour One Flew Over the Cuckoo's Nest- , le meilleur acteur hollywoodien de l'époque, dans le rôle de Jack Torrance, un père de famille qui devient psychotique alors qu'il séjourne avec sa femme et son fils dans un hôtel, l'Overlook, qu'ils sont censés garder pour la période hivernale. Une fois son casting bouclé avec Shelley Duvall et Danny Lloyd, Kubrick commence le tournage de son film culte, à divers endroits du globe, et ce, pour un peu moins d'un an.
La réputation de « perfectionniste chaotique emmerdeur » du réalisateur naît au cours de ce tournage éprouvant pour les acteurs qui répètent des dizaines et des dizaines de fois certaines scènes, jusqu'à l'overdose. Mais la cerise du gâteau est pour Shelley Duvall, traumatisée par Kubrick, qui, à chaque scène qu'elle tourne, se fait littéralement harceler. Dans plusieurs interviews, l'actrice ira jusqu'à déclarer que si on lui proposait de refaire Shining avec Kubrick, elle refuserait catégoriquement.
Malgré ces quelques couacs, le film est encore, même aujourd'hui, considéré comme un classique du cinéma horrifique.

Stanley Kubrick était un des meilleurs réalisateurs de tous les temps : il suffit de s'éloigner un peu de son oeuvre, et d'y revenir après moultes compositions modernes pour s'apercevoir de la virtuosité de sa filmographie. Shining, un de ses derniers films (en 1987, Full Metal Jacket, et le dernier en 1999, Eyes Wide Shut) est un des meilleurs du réalisateur, si pas un des meilleurs films de tous les temps (carrément, c'est à se demander si l'auteure de cet article n'est pas une fan de Kubrick), et, ce, voici pourquoi, exposé en trois points.



1) La réalisation

Un film de Stanley Kubrick est, de façon générale, une claque visuelle. Perfectionniste, maniaque, le réalisateur adorait travailler un plan au millimètre près. Le résultat se constate sur la pellicule : les cadrages sont méthodiques, parfaits. Avant d'être scénariste et réalisateur, Kubrick était photographe : sa passion de la photographie se ressent dans ses films, de par l'exploitation fignoleuse des images, des plans. Ceci explique cela. Une chose est certaine : les plans de Stanley Kubrick sont pareils à des photos animées : le réalisateur avait un sens de la composition que peu de réalisateurs aujourd'hui ont encore – à l'exception de Terrence Malick, Martin Scorsese, James Gray et David Lynch sans doute.
En réalisant Shining, Kubrick a donné au monde entier une petite leçon de cinéma en présentant des alternatives de plans classiques (par exemple quand Nicholson est enfermé dans le frigo et qu'il demande à sa femme de le laisser sortir), et a surpris par son habilité à raconter une histoire terrifiante, un genre auquel il ne s'était jamais auparavant essayé puisque son genre de prédilection était plutôt le drame cynique de façon générale° (Clockwork Orange, Lolita, Barry Lyndon) si l'on excepte des ovnis comme 2001: A Space Odyssey et Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.

Shining fut aussi une démonstration des capacités de la steadicam : la steadicam peut suivre de façon très fluide les comédiens, avec des mouvements harmonieux même si le caméraman marche vite. Les nombreux plans de Danny à toute vitesse dans l'hôtel, du labyrinthe dans la scène finale furent tournés avec la fameuse steadicam qui a permis de faire rentrer (un peu plus) le spectateur dans cette histoire horrifique.

Par conséquent, si encore aujourd'hui on adule Kubrick, c'est pour de bonnes raisons : ses choix – diaboliques – en termes de réalisation ont immiscé des émotions proches de la frayeur, de la panique chez les spectateurs : Shining est une oeuvre d'art, une orchestration admirable de plans qui infèrent un climat de terreur.


2) La direction d'acteurs

Shining, c'est aussi le « Jack Nicholson's show » ; une démonstration de l'étendue dramatique de l'acteur au sourire le plus machiavélique d'Hollywood. Avant Shining, la réputation de Nicholson n'était plus à faire : il était considéré comme le meilleur acteur hollywoodien, le prince des comédiens. Avec Shining, il endosse le rôle d'un père de famille ancien adepte de la bouteille qui perd les pédales après avoir commencé à garder l'hôtel Overlook. Si son interprétation est magistrale, elle est également très théâtrale. Stanley Kubrick voulait s'éloigner de la vision de Stephen King - qui trouvait beaucoup d'excuses et nuançait très fort le rôle du père-, pour faire de Jack Torrance un type fou, irresponsable et déjà psychotique à la base. De quoi donner à Nicholson un terrain de jeu, d'expérimentations. En définitive, Nicholson s'est beaucoup amusé, et a même gardé contact avec Kubrick, avec qui il parlait de projets. Ce qui n'est certes pas le cas de Shelley Duvall.

Dans le documentaire « Stanley Kubrick: A Life in Pictures », Shelley Duvall confiait avoir appris beaucoup de choses en tournant avec Kubrick, n'avoir aucun regret, mais que si on lui donnait l'opportunité de recommencer Shining dans les mêmes conditions, elle ne dirait plus oui. Stanley Kubrick a poussé à bout Shelley Duvall, l'a pressée comme un citron pendant le tournage. Etait-ce une ruse adroite du réalisateur pour faire de son actrice ce qu'il voulait faire de son personnage féminin, et ainsi, la pousser au bout, au maximum de son jeu d'actrice?
Rien n'est sûr. Quoi qu'il en soit, la prestation électrisante de Shelley Duvall en femme épuisée, apeurée, à bout de souffle, ne laisse pas indifférent.
Toujours dans « Stanley Kubrick: A Life in Pictures », elle commentait sa prestation comme difficile parce que lors du tournage, elle devait souvent courir en portant Danny Lloyd dans ses bras.

Si Kubrick a traumatisé Shelley Duvall, il a évité que tout tort soit fait au jeune Danny Lloyd ; l'enfant a passé presque un an à tourner sans savoir qu'il jouait dans un film d'horreur.
Malgré son ignorance du fond de la trame à laquelle il participait, Danny Lloyd a livré une prestation ahurissante, et aujourd'hui encore, culte.



3) L'ambiance : « All work and no play makes Jack a dull boy »

Un très bon aperçu du ton du film a été donné dans l'abominable bande-annonce d'une minute trente qui met en scène la vague de sang qui déferle devant les ascenseurs en rythme avec une musique malsaine et mystérieuse.
Notons également que la scène d'introduction du film transcende parfaitement l'idée générale de Shining : le générique du début fut composé par Wendy Carlos et Rachel Elkind, qui, firent une bonne reprise du cinquième mouvement du Dies Irae de Berlioz. Cette mise en bouche habile promet au spectateur une sacré dose d'adrénaline, et, l'impression que des forces/esprits surveillent avec malveillance le trio de personnages principaux.

Ainsi, l'entrée en la matière fait frémir, alors autant se préparer tout de suite pour un peu moins de deux heures de film pendant lesquelles nous sommes exposés à la folie, au meurtre, à des phénomènes paranormaux. Il n'y a pas un passage qui sente d'une façon ou d'une autre le bonheur, le calme, la sécurité. La situation est éternellement dangereuse, à deux doigts de devenir fatale.
Dès que Jack, le personnage principal, dit : « God, I'd give anything for a drink, I'd give my god-damned soul for just a glass of beer », les forces malfaisantes prennent le dessus sur lui, et l'enfoncent encore plus dans la démence, qui, exponentiellement, ne cesse de le ronger. D'une façon progressive, à cause de l'hôtel et de ses fantômes, Jack Torrance sombre dans la psychose, dans la schizophrénie, dans l'envie, le besoin de tuer. Cette évolution du personnage – toujours en cadence avec une musique de plus en plus lugubre – induit la peur, le malaise chez le spectateur loin d'être rassuré.
Les deux heures de Shining sont deux heures de folie, de peur, de sang, de tripes.

Les plans du film – filmés avec la steadicam et/ou non – suggèrent sans cesse que les trois personnages sont suivis (surtout Danny) et pourchassés par des esprits maléfiques, des esprits supérieurs, qui voient tout, qui peuvent même les posséder. Il n'y a plus de répit, plus d'endroit où se cacher : l'hôtel maléfique voit tout, entend tout, et peut même décider de tout.
Rajoutons à cela le sentiment de claustrophobie croissant chez le spectateur, et l'appréhension de la lumière, de la couleur blanche, car, Kubrick utilise la lumière comme source de peur : c'est celle-ci qui révèle la folie en nous, et qui dévoile les monstruosités qui veulent nous faire du mal. La lumière et les miroirs sont conducteurs de démence, d'hallucinations, de violence. Et la neige si belle, si immaculée, est un facteur d'horreur ; elle isole de tout, frustre, et enveloppe de son linceul blanc les vivants.




Shining est devenu un film culte dès sa sortie en salles : Kubrick a utilisé avec brio les éléments vitaux à l'élaboration d'un film d'horreur, comme la claustrophobie (l'hôtel isolé par la neige et les montagnes), l'utilisation de la lumière (qui montre les choses effrayantes), un endroit marqué par le passé (le passé de l'hôtel maléfique). Une chose est certaine : même si la technologie évolue et permet de tourner avec des effets spéciaux, rien ne surpassera jamais les effets mécaniques, et surtout, une histoire bien ficelée qui joue plus sur la psychologie que sur la démonstration de scènes « gore ».
Merci à Stanley Kubrick de nous avoir offert une pareille leçon de cinéma.



° : Il est un peu trivial de parler de Stanley Kubrick comme d'un réalisateur/scénariste cantonné à un seul genre de film. Pourtant, on décèle souvent les mêmes ingrédients dans ses réalisations : le thème de la violence, de la nature humaine. Tout ceci est toujours distillé avec un ton particulier, un humour cynique/sarcastique. D'où le choix de dire « drame cynique » pour le genre de film de Kubrick.
Notons également que les premiers films réalisés par Kubrick, jusqu'à Lolita en 1962, n'étaient pas entièrement sous son contrôle, puisqu'il faisait ses preuves dans l'espoir d'un jour pouvoir décider de tout et faire ce qu'il voulait.


trailer sanglant

lundi 30 mai 2011

Red Riding Hood : un spin-off de Twilight by Jim

En 2008, Hollywood a compris quelque chose que toute organisation commerciale doit savoir : les adolescent(e)s sont une pompe à fric. Ils peuvent faire de certains produits des mines d'or : que ce soit les sacs Eastpack, les chaussures Converse, il suffit d'un peu de pub et tout marche, tout se vend, pour qu'au final l'argent tombe dans les bras des investisseurs, ivres et écrasés sous le poids des billets verts. L'industrie du cinéma fonctionne de la même façon : il faut tomber sur un filon à exploiter, du film d'action lourdingue à la comédie sentimentale à deux francs, quel qu'en soit le prix, les bénéfices surpasseront largement les coûts occasionnés. Donc, en 2008, Warner Bros s'est frotté les mains avec malice en voyant les chiffres du premier Twilight auquel le géant du cinéma croyait sans y croire véritablement.
En 2011, Warner Bros se frotte toujours les mains (avec de la lotion antiseptique cette fois-ci, la faute à la grippe porcine) : Twilight et Harry Potter lui rapportent de quoi se faire de vieux os à Dubaï, dans la suite présidentielle du Hilton. Le seul bémol dans l'histoire c'est que les deux sagas touchent à leur fin, et que donc, elles ne rapporteront plus autant d'argent dans les années à venir, il ne faut pas avoir pris de cours de Logique pour le deviner. Cela dit, Warner Bros ne s'en fait pas du tout pour son pactole : des scénaristes hyper entraînés peuvent toujours calquer Twilight, et faire mouiller en deux images « chaudes » les adolescentes scotchées à leurs fauteuils, par exemple, en écrivant Red Riding Hood (Chaperon Rouge en français). Vous n'y croyez pas? Laissez-vous convaincre alors.



Red Riding Hood est à Twilight ce que la famille royale anglaise est aux services en porcelaine à l'effigie des futurs mariés pour les mariages princiers. La base de l'histoire de Red Riding Hood est la même que celle de Twilight : une fille qui rêve du prince charmant (ou d'un ailleurs) est aux prises avec deux garçons : celui à qui elle veut donner son string usagé, et l'autre avec qui elle doit obligatoirement se marier, oh putain, zut, merci les vieux. La copie est même encore pire vu que la réalisatrice du film, Catherine Hardwicke, est aussi la réalisatrice du premier Twilight, et Billy Burke joue encore le père de l'héroïne, ici blonde, faut pas non plus que les nunuches peu subtiles qui vont voir le film voient qu'il s'agit juste d'une nouvelle version de Twilight.
La seule différence entre les deux films, c'est que la bande-annonce de Red Riding Hood essaye de miser plus sur l'enquête, l'ambiance, l'esthétique, tout en nous gratifiant de quelques images "sensuelles". Bien entendu, la presse avait aussi vu une différence avec Twilight de taille : des scènes langoureuses, limite érotiques. Il n'en est absolument rien en pratique, la méchante publicité mensongère ; même pas une paire de fesses, une paire de seins ou l'évocation d'un coït interrompu ; Red Riding Hood est donc aussi virginal que son grand-frère, Twilight, avec un choix cornélien à la clef pour une héroïne qui devrait se faire dévorer par une horde de larves vaginales, ça nous changerait.
Même les deux prétendants au coeur de Valérie (Amanda Seyfried) sont des stéréotypes ambulants, des versions vanille, light ou zero de Twilight : entre le rebelle musclé aux cheveux noirs (qui est directement suspecté par le spectateur d'être un loup-garou, comme c'est habile) et le "beau gosse" qui ressemble à un anglais "prince charming" (Edward version humain), on côtoie la bouse de ce qui se fait en matière de scénario. Les altercations entre les deux jeunes hommes rappellent sans difficulté ce qui a déjà été vu dans le film sur les vampires végétariens qui posent sur suicide girls.
Ah pardon, je me trompe d'article. Dommage.



Poussons même la perversité jusqu'à comparer une des affiches de Red Riding Hood avec celle du second volet de Twilight : les trois protagonistes sont placés exactement au même endroit : à droite pour la fille, le rebelle au milieu avec la même pose, et l'anglais coincé du cul à gauche. Et tout ce petit monde fait la même gueule, et, à part celui du centre qui est vraiment mis de la même façon sur les deux affiches, les deux autres occupent une position qui ressemble vaguement à celle de l'autre affiche.
Est-ce que Warner Bros nous prend pour des cons?

Le principe de Red Riding Hood est donc « on prend des personnes différentes, et on refait à peu près la même chose que ce qui fait gagner du fric : une histoire pour adolescentes, avec une dose de frisson, et un rien de scénario, mais juste pour ceux qui accompagnent, pour qu'ils se demandent qui est le loup ». Si le film innove par rapport à Twilight - qui n'est qu'une démonstration de mièvrerie pré-pubère -, c'est en insérant cette histoire de loups-garous assoiffés de sang qui donne l'impression de se retrouver dans une partie des Loups-garous de Thiercelieux.

Passé ce détail positif, c'est le néant.
Scénario dépourvu d'une quelconque intelligence puisqu'on mise sur les sentiments godiches, réalisation minable pour les trente premières minutes (même un étudiant en médecine vétérinaire aurait fait mieux, on parie?) où des plans moches/insipides/peu travaillés/sans logique/triviaux se succèdent, beaucoup d'humour sans doute involontaire, la faute à la nullité du scénario et de la mise en scène, et des acteurs déplorables à l'exception de Gary Oldman et de Julie Christie. C'est à se demander ce qu'ils sont d'ailleurs venus faire dans ce pétrin burlesque. Amanda Seyfried n'a pas encore eu l'opportunité de nous montrer son talent, et ce n'est pas dans ce film qu'elle va le faire. Dès le générique, elle sombre dans la « construction » d'un personnage pour lequel personne n'a envie de se prendre d'affection (ou pour simplifier disons les choses clairement : si au pire, on ne peut pas compatir, qu'on puisse fantasmer, et bien non en définitive).

Voici donc un spin-off de Twilight, les vampires en moins, les loups au centre de l'action, Amanda Seyfried plus tarte que d'habitude, et toujours pas de sexe, putain.

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lundi 23 mai 2011

La 3D (2/2) by Hablast

La deuxième partie de cette mini-théma sur la 3D privilégiera plutôt le côté utilisation que son histoire. Elle présentera l’avènement de l’animation 3D dans des longs-métrage pour jeune public, le cinéma en relief d’aujourd’hui, l’influence grandissante de celle-ci dans la publicité ainsi que son avenir dans notre société contemporaine.

Voici un bref rappel des derniers propos de l’article précédents.

Une forte baisse de fréquentation des salles de cinéma est apparue depuis qu’il y a possibilité de télécharger les productions depuis chez soi. Pour ré-attirer le regard du publique, le cinéma devait introduire à grande échelle une innovation qu'il n’était pas possible de posséder dans nos maisons …

Cette fois-ci, toutes les cartes étaient entre les mains de la 3D. Rien ne pouvait l’empêcher de sortir de sa longue hibernation au profit des spectateurs. C’est ainsi qu’en 2009 le cinéma 3D annonce son grand retour sur le marché du septième art avec, au programme, une trentaine de films devant paraître sur les écrans dans les années à venir. Les premiers films à être couronnés de succès seront les films d’animations des studios Pixar, Disney, Blue Sky, Dreamwork … avec des films comme Up, Toy Story, Ice Age, Shrek, Rio, Raiponce, Dragons etc. Certains diront alors que : à l’instar des jeux-vidéo et parcs d’attractions, la 3D est vouée à être demandée uniquement par un public jeune. Les exemples de films d’animation en sont la preuve irréfutable. Mais bien vite, cette idée absurde sera démentie (en plus du fait que les parcs d’attractions, les jeux-vidéo et les films d’animation ne sont pas exploités que par des jeunes, loin de là) avec l’exemple le plus marquant de l’année 2009 : le phénomène Avatar.



Mettant d’accord un grand nombre de personne, Avatar est la preuve vivante que, non seulement le cinéma en relief est bien une technique permettant d’amplifier d’une façon intense les émotions, mais également que celle-ci ne se définit pas à un vulgaire gadget. La technologie 3D fait des merveilles lorsqu’on sait l’utiliser. Il est donc nécessaire de rejeter les idées noires portées par certains cinéphiles un peu trop conservateurs au goût du développement technologique du septième art, et d’accueillir à bras ouvert les moyens de pouvoir immerger un spectateur le plus possible. Mais, une modération de sa consommation s’impose. Avatar a peut-être mis d’accord une majorité du publique au sujet de l’efficience de la 3D, ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger les productions 2D, ou pire, de tout transposer en 3D. Comme dit plus haut, le cinéma en relief doit être utilisé quand il s’avère nécessaire et bénéfique et non pas par dépendance.

Bien que son avenir soit prometteur et que nous sommes quasi voué à la voir apparaître de plus en plus au sein des productions, il ne faut pas en oublier ce qui a été fait antérieurement. Il est clairement probable que la 3D est la technologie de demain et que nous en seront entourés. Le cinéma muet a laissé place au cinéma parlant. Le cinéma noir et blanc a laissé place au cinéma couleur. De même pour le son où le très connu « Orange Mécanique » célébra l’avènement du Dolby. Il est inéluctable que nous devons vivre avec notre époque et que la 3D risque fortement de nous entourer petit à petit. Mais tout espoir pour les plus conservateurs du septième art n’est pas perdu. Il est possible que cette vague ne soit, en fait, qu’éphémère en ce qui concerne le cinéma. Comme dit plus haut, il serait insensé de produire un film dramatique où la prestation émotionnelle des acteurs est bien plus puissante que n’importe quelle image en relief dans ce contexte. Le cinéma 2D risque donc bien de persister tant que ce genre de films sera produit.

Quoi penser pour finir ? La 3D a-t-elle une chance ou non de s’imposer dans notre société ? Sans aucun doute. Mais pas au sein du septième art, ou du moins, pas radicalement. Un domaine qui accueillerait la 3D bien plus facilement serait plutôt la publicité. La publicité est connue pour apporter quelque chose, graphiquement, de très particulier. La création est de vigueur et la recherche sans cesse prononcée des maîtres en arts graphiques publicitaires est immodérée. Étant donné que le but d’une publicité est d’immerger un spectateur pour le convaincre, la 3D est une passerelle très appropriée dans ce domaine. Elle a le pouvoir d’influencer fortement la décision d’un acheteur. Une différence avec les supports cités précédemment apparaît néanmoins. L’effet que produirait la perception d’une publicité 3D comparé à la vision d’un film est différent. Ce n’est pas principalement une émotion que l’on éprouve au sens où on l’entend pour le cinéma, mais plutôt une vision d’un autre angle de ce qu’est l’art audio-visuel d’une production au but commercial.



Les supports offerts aujourd’hui à la 3D sont donc vastes. Elle ne tardera d’ailleurs pas à s’enraciner dans tout ce qui peut être défini comme art audio-visuel si ce n’est pas déjà fait. Un tel succès engendre inévitablement un grand débat qui touche à tous les niveaux. En contournant le débat du pour ou contre, de ce que la 3D apporte et révolutionne ou supprime, il est intéressant de se pencher sur les enjeux qu’un tel phénomène répand au sein de notre société contemporaine.


L’enjeu principal de cette révolution sera sans hésitation d’ordre culturel. Le caractère propre à l’homme de créer sans cesse des inventions qui apportent des sensations de plus en plus spectaculaires n’est pas récent. Et la 3D en est un bel aboutissement. On l’utilise pour commencer dans le divertissement, mais si son développement continue à se propager, il est indéniable qu’on finira par la trouver dans des domaines à caractère plus utile (cf les hologrammes). La controverse aura vite fait de donner lieu. L’homme est-il incurable en terme d’extrapoler toutes ses inventions dans tous les domaines possibles au point d’en arriver aux cas les plus absurdes ? Ou est-ce justement la clef d’une évolution sans cesse grandissante qui permet de ne pas sombrer dans une progression cyclique du développement technologique ? Dans tous les cas, la 3D est un outil qui se doit de perdurer dans une utilisation culturelle au profit du monde du divertissement. Et si cette technologie peut s’avérer prolifique dans d’autres domaines, il est indéniable que lui fermer l’ouverture à ces derniers, serait insensé.



On peut ensuite distinguer un enjeu contextuel d’ordre social. Plus innocent aux premiers abords, l’enjeu social qu’a pour conséquence la prolifération de la 3D mérite d’être évoqué. Les premiers dires sont très formels : « Nous perdons le côté « plaisir de groupe » pour une individualisation du divertissement. Devoir mettre des lunettes nous coupe un peu plus du monde, et nous rend, ainsi, seul devant le film.» Cette représentation est un peu forte dans ces termes mais elle est utile pour faire comprendre le ressenti que l’on peut éprouver vis-à-vis d’une projection 3D. Une concession s’impose dès lors, si l’on veut s’immerger, il faut faire abstraction de tout et accepter de rester dans une certaine solitude tout le long de la projection audio-visuelle de ce type. Il n’est bien-sûr pas impossible de communiquer à cause des lunettes en tant que tel. Mais nous n’avons pas encore l’habitude d’assimiler immersion dans l’œuvre et le contrôle de rester à la surface de la réalité. Cette idée s’appuie lorsque nous observons une salle de cinéma diffusant un film en 3D et une autre salle de cinéma diffusant ce même film, cette fois-ci en 2D. La salle en 2D sera plus mouvante, unie, aura des réactions plus homogènes, formera un corps social plus fondé que la salle en projection 3D où là, les réactions seront dispersées, personnelles. L’un n’est pas plus mauvais que l’autre, la 2D privilégie une plus grande cohésion de groupe tandis que la 3D incitera à un ressenti plus intrinsèque de l’œuvre proposée.

Vient ensuite l’enjeu économique qui s’apparente à une réelle marchandisation de cette nouvelle technologie. En plus du milieu du divertissement où l’émergence de la 3D bat des records, il est prévisible que ce support sera utilisé à des fins commerciales au point où nous risquons d’en être entourés jusqu'à l’overdose, voire le dégoût. Une sorte de « Trop de 3D tue la 3D ». Une ascendance sans modération pouvant conduire jusqu'à l’éclatement. Il est donc important de réguler la consommation que notre société contemporaine pourrait faire de cette technologie. Il serait dommage de voir noircir la réputation d’une telle franchise technologique à cause de son utilisation abondante dans des milieux autre que le divertissement pour un souci d’ordre de rendement économique.


Pour moi la 3D est une technologie qui peut apporter un autre angle de perception des émotions au niveau de l’enjeu culturel. Comment peut-on cracher sur une telle révolution ? Il suffit de l’utiliser d’une façon bénéfique, prolifique et non abusive, c’est-à-dire dans un but de divertissement et d’art graphique en termes de publicité. Il ne faut également pas oublier toutes les œuvres produites antérieurement qui n’ont pas recouru à cette technique.



Étant un fan du septième art de l’entre-deux guerres, je suis le premier à défendre à ce que ce genre de cinéma traverse les années. Il faut juste bien doser l’utilisation des techniques de diffusion. Tout comme l’enjeu social qui invite à une intériorisation des émotions. C’est pour moi la question qui suscite le plus de controverses. Je me contenterai de dire que les avantages et les inconvénients sont présent dans les deux cas et que la meilleure façon de bénéficier des avantages est de s’adonner aux deux techniques. Trouver un bon équilibre donc à l’encontre d’une invasion grandissante de la 3D au sein de notre société pour des enjeux uniquement économiques parce que c’est « ça qui marche » en ce moment. Privilégiant donc une utilisation créative, bénéfique, jouissive et immersive, la 3D est pour moi un exploit technique à utiliser comme il se doit.

Hablast.

mardi 17 mai 2011

Shadow of the Vampire by Viyanne

Je vais vous parler de Shadow of the Vampire dans cet article, puis dans un second je vous parlerai du film duquel il s'inspire, à savoir Nosferatu.
Il est donc aujourd’hui temps de vous parler de cette ombre du vampire.

Le film fut réalisé en 2000 par Elias Merhige et avec dans les rôles principaux Willem Dafoe et John Malkovich.



Résumons donc un peu l'action de ce film.

Nous voici plongés dans le tournage du film "Nosferatu" de F. W. Murnau, le film se basant sur les rumeurs laissant penser que Max Shreck, l'acteur jouant le comte Orlok alias Nosferatu, aurait été un vrai vampire.
Nous sommes donc en 1922, Murnau, incarné par J. Malkovich commence le tournage de son film qu'il veut le plus réaliste possible.
Dans le rôle du vampire il choisit donc Max Shreck, qui, il se trouve, est un vrai vampire et à qui il propose d'être payé en nature, et donc de se mettre l'actrice principale sous la canine après la fin du tournage.
Pour ne pas terroriser son équipe il leur dit que Max est un acteur comme les autres mais qu'il veut rester à fond dans son personnage pour expliquer ses manies un peu hors du commun...
Mais les problèmes arrivent très vite ; comment garder son équipe vivante et entière sans qu'ils ne prennent la fuite et tourner les dernières scènes du film alors que Max montre une grande envie de sucer le sang des membres de l'équipe...



Le point très fort est incontestablement le prestation de Willem Dafoe dans son rôle de vampire que ce soit dans les gestes, l'attitude ou le langage (je ne sais pas par contre si la VF est fidèle sur ce point), tout y est pour en faire un vrai vampire, l'illusion est parfaite et en fait l'attrait du film, encore plus que Orlok dans Nosferatu.
Malkovich se défend aussi très bien dans son rôle de réalisateur obsédé par l'accomplissement d'un chef d'œuvre.
L'alternance entre le noir et blanc pour les scènes filmées et la couleur pour les scènes non filmées rendent très bien et surtout ne laissent aucun doute quant a l'action.
Ce film assez méconnu du grand public vaut le détour de par son originalité et de par l'aspect classique des images présentées comme dans les années 20 pour les scènes filmées.
Il faut aussi noter la grande fidélité des décors par rapport à ceux de l’œuvre originale.
Ce film ne révolutionne en rien le mythe du vampire mais est très agréable à voir, sans trop de longueur et tout cela sans être un film avec beaucoup d'action pourtant.

lundi 9 mai 2011

La 3D (1/2) by Hablast

Depuis Avatar, la 3D est un phénomène devenu omniprésent. On la retrouve dans la majorité des secteurs du divertissement visuel : les jeux-vidéo, le cinéma, la télévision et la publicité en sont les 4 principaux. Cette série d’articles tentera de fournir des explications simples d’un procédé intelligemment novateur. Voici les quelques sujets que nous aborderons au travers cette théma : les origines de la 3D, le développement d’une contextualisation de la 3D dans le cinéma des années 50, l’influence des jeux-vidéo en matière d’images de synthèse, l’avènement de l’animation 3D dans des longs-métrage pour un jeune publique, le cinéma en relief (ou 3D) d’aujourd’hui, sa technique de projection, le fonctionnement des lunettes 3D, l’influence grandissante de la 3D dans la publicité ainsi que l’avenir de la 3D dans notre société contemporaine.



Beaucoup de sujets donc qui reflèteront un travail qui a pour but de cerner tous les enjeux de cette technologie de demain. Mais qui dit technologie de demain dit également développement d'hier.

Origines

Comment une telle technologie a réussi à voir le jour ? Avant que les plus grands blockbusters américains utilisant la 3D ne parviennent dans nos salles de cinéma, une évolution complexe des appareils de projection parvenant à ce résultat occupe une place importante dans l’histoire de l’art audio-visuel. Cette technologie a des origines bien plus anciennes qu’on ne puisse croire. D’un point de vue logique, nous pouvons déduire que le cinéma tient son existence à la photographie. Mais un appareil de projection encore plus ancien que celle-ci avait déjà mobilisé les foules en Chine au 2ème siècle av. J-C : la lanterne magique. On explique son fonctionnement par le fait d’associer une lentille convergente et une source lumineuse destinée à projeter une image peinte sur plaque de verre, le fonctionnement de la lanterne magique est souvent associé à celui du projecteur de diapositives. Son existence fut réellement développée dans le courant du 17ème siècle. On l’utilisait principalement pour des spectacles avec des œuvres majeures comme : Les spectacles itinérants de Thomas Walgenstein (1664), les transparents de Carmontelle (1765-1805), les fantasmagories de Robertson (1778) ainsi que les pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud (1892).



Vient ensuite tout une gamme d’appareils de projections qui auront chacun leur propre technique d’illusion d’optique. Les plus répandue seront : le Thaumatrope, le phénakitiscope, le zootrope, le praxinoscope, le folioscope et le tachyscope. Nous qualifions cette lignée d’appareils de « Jouet Optique ». Un jouet optique procure donc l’illusion d’optique en créant un mouvement du relief par manipulation. Le XIXe siècle est donc la période de l’affrontement de la science sur ce qu’on appelle la persistance rétinienne. La persistance rétinienne est la capacité ou défaut de l'œil à conserver une image vue superposée aux images que l'on est en train de voir. Tous ces jouets optiques constitueront l’aboutissement de l’appareil ultime de l’origine du cinéma, le cinématographe.

Fonctionnement

A défaut d’un cours d’histoire des principes techniques du cinéma, ce bref retour aux origines techniques du septième art ne constitue pas directement l’avènement de la 3D. La technique 3D s’apparente également à d’autres procédés voisins. Pour bien cerner son fonctionnement, une rapide explication s’impose. Pour regarder une projection en relief, il faut préalablement porter des lunettes 3D jouant sur les couleurs cyan et rouge permettant de par une photographie dite stéréoscopique de manipuler la perception rétinienne créant cette sensation de 3D. Ces images superposées sont appelées des anaglyphes (que nous développerons un peu plus bas). Nous ressentons cette illusion à cause de l’écart que nous avons par rapport à nos deux yeux. Une bande superposée sur la toile du cinéma, par exemple, est distancée d’une longueur de 6 cm, distance que chaque être humain, a plus ou moins entre ses deux yeux. Des techniques, autres que la stéréoscopie, existent également, mais à plus petite échelle. L’holographie en est l’une des plus célèbres en termes de spectacle d’illusion. L'holographie du visible est un procédé de photographie en trois dimensions utilisant les propriétés de la lumière cohérente issue des lasers. Bien que cette technique soit moins connus du grand publique, nous la retrouvons bien plus près que nous le pensons. Nous l’utilisons pour le stockage d’information par exemple. L'holographie permet d'enregistrer un très grand nombre d'images dans un volume restreint. En théorie, une telle mémoire optique permettrait de stocker environ 1014 bits par cm³. En termes de protection, l’holographie existe également dans notre portefeuille, nous l’utilisons en effet pour la protection contre les contrefaçons (cartes bancaires, passeports, cartes d'identité, visas, billets de banques, etc.).



Une dernière technique se rapprochant de la 3D, à l’instar de l’holographie, est appelée la Photostéréosynthèse, qui elle, connaît un passé incertain. Cette technique se rapproche fortement à celle de la stéréoscopie et fut inventée par les frères Auguste et Louis Lumière. Elle consiste en un empilement de vues sur plaques photographiques du même sujet (par exemple un portrait) prises avec un décalage progressif de la mise au point que l'on regarde toutes ensemble par transparence. On en trouve au Conservatoire National des Arts et Métiers, à Paris. Hormis cet endroit, la photostéréosynthèse a disparue petit à petit depuis ces dernières années. Il semble même que personne à part les frères Lumières n’ait retenté l’expérience, ce qui en découle un nombre très restreint.

Anaglyphes

Nous parlions tout à l’heure des anaglyphes qui seront à la base de ce qu’est le cinéma en relief d’aujourd’hui. Un anaglyphe se définit par une image imprimée pour être vue en relief, à l’aide de deux filtres de couleurs différentes (lunettes 3D) disposés devant chacun des yeux de l’observateur. Nous lisons les anaglyphes à l’aide de lunettes spéciales permettant de créer cette illusion. L’image crée donc l’illusion avec la couleur cyan et rouge en jouant sur la distance de ces dernières. On dira que plus l'image cyan est décalée vers la gauche par rapport à la rouge, plus l'élément semble éloigné. Dans le cas inverse, il semble ressortir du support. Mais une telle technologie ne pouvait émerger sans quelques problèmes. Ainsi ce qu’on appelle rivalité rétinienne se traduit par certaine ressemblance des couleurs des lunettes dans les projections. Plus clairement, lorsque nous visionnons un anaglyphe représentant un ciel bleu ou une voiture rouge, il y apparaîtra un déséquilibre de perception qui rendra l’observation désagréable. Il est donc important de nuancer les couleurs, trouver un bleu ou un rouge voisin qui trompera la perception non désirable. Tout comme les multiples appareils, ancêtres du cinématographe et donc de la 3D, les lunettes pour anaglyphes ne sont également pas les seules à exister. Ainsi, les lunettes polarisantes (sur écran métallisé), les lunettes à occultations alternées (à cristaux liquides utilisées dans les jeux-vidéo ou encore, au Futuroscope de Poitiers) ainsi que les lunettes prismatiques (permettant de visionner deux images à la fois) figurent également dans la famille des lunettes stéréoscopiques.

Premiers essais…

L’aboutissement de la 3D s’est donc développé dans une rare complexité, où les nombreuses conditions à respecter pour un tel résultat proviennent d’horizons assez éloignés. Mais c’est avec persévérance que notre civilisation a pu patienter jusque dans les années 50 avec les premières projections qui proposaient la technique 3D. On retrouve ainsi « Creature from the black lagoon » de Arnold Jack mais également « Le crime était presque parfait » d’Alfred Hitchcock. Cependant, l’entrain qu’avaient les producteurs à faire émerger cette découverte ne suffit pas pour parvenir au succès. Dans les années 1980 on retrouve à l’entrée des salles de cinéma la distribution de lunettes anaglyphes pour la projection de « Jaws 3 » ainsi que Meurtres en 3 dimensions (troisième opus de la saga Vendredi 13).



La consécration de la 3D allait-elle cette fois-ci voir le jour ? Non. Encore une fois, le succès fut vain. Petit à petit, le monde du cinéma accepta que le cinéma en relief ne devait pas d’exister. Considéré comme une atteinte aux origines du septième art, les lunettes seront associées à de simples gadgets étant utilisées à des fins télévisuelles. Les magazines TV étaient vendus en kiosque avec, office de supplément, les fameuses lunettes anaglyphes permettant de visionner des spots publicitaires ou certains films à la télévision. La technologie aura également un succès modéré au sein des parcs d’attraction dans des modules tous les moyens étaient bons pour atteindre les plus grandes sensations fortes.


Fort heureusement, cette technologie fut accueillie et développée dans le monde vidéo-ludique. Les concepteurs de jeux-vidéo n’ayant pas à se focaliser sur un quelconque jeu d’acteur, une recherche de lieux de tournage, d’éclairage … bref, tout ce qui se distingue du cinéma, mais plutôt de soucis d’ordre principalement graphique, la technique 3D s’avérait très bénéfique en terme d’innovation audio-visuelle. Le succès sera, ici au rendez-vous bien que les jeux-vidéo touchent un publique relativement jeune et majoritairement masculin.


…et premier problème
Un paradoxe se crée donc. On utilise cette technique dans des foires ou parcs à sensation ainsi qu’au sein du marché de productions vidéo-ludiques dans le but justement d’amplifier les émotions le plus possible. Mais elle ne perce pas dans le septième art qui, ce dernier, a pour but d’immerger le spectateur. La nuance se produit donc à notre perception et au sens que nous attribuons à la sensation. Certains films d’entre-deux-guerres ont une puissance émotionnelle bien plus forte que n’importe quel film d’action des années 80. Il ne faut donc pas de lunettes pour ressentir une quelconque sensation en voyant un film. Mais le postulat qu’une vision de productions audio-visuelles en relief amplifie les sensations restent pourtant opérante. Tout se joue dans la distinction des genres et des sensations recherchées. A partir de cette conclusion, le brouillard est dégagé et les spécialistes conclurent que la technologie du cinéma en relief avait un avenir à condition que celle-ci soit utilisé à bon escient et pour un publique et un genre cinématographique ciblé. Pas besoin de lunettes pour des mélodrames ou autres comédies dramatiques. La 3D sera utilisée pour le spectaculaire. Et cette idée sera encore plus renforcée par, cette fois-ci, un fait contextuel de notre époque : le piratage. Une forte baisse de fréquentation des salles de cinéma est apparue depuis qu’il y a possibilité de télécharger les productions depuis chez soi. Pour ré-attirer le regard du publique, le cinéma devait introduire à grande échelle une innovation qu'il n’était pas possible de posséder dans nos maisons …

Ce premier article a permis de comprendre contextuellement et matériellement les premiers jets de la 3D. Le seconde partie présentera l’avènement de celle-ci, le regard critique qu’on lui octroie ainsi que son avenir tout aussi certain qu’incertain en fonction de son domaine d’utilisation.

A suivre …

Hablast.