Rechercher dans ce blog

dimanche 13 octobre 2013

The Bangbang Club (2010) by Dylan



The Bang Bang Club est un film Canado-sud-africano-allemand écrit et réalisé par Steven Silver. En plein Apartheid, entre 1990 et 1994, le Gouvernement livre une guerre au Congrès National Africain et à Nelson Mandela. Le Gouvernement s’allie au mouvement Inkatha et aux guerriers Zulu. Le film relate la vie d’une bande de photographes en Afrique du Sud pendant cette période. Deux de ces photographes ont reçu un Pulitzer pour leur photos, et ce sont eux qui sont au centre du film. Mais ils ont tous réalisés des séries de photographies extraordinaires, reconnues dans le monde entier. Leur nom: Kevin Carter, Greg Marinovich, Ken Oosterbroek, et João Silva. C’était la première fois que des photos aussi violentes étaient publiées. Des photos qui montraient la réalité des choses et ce qui se passait dans les Townships. Leurs photographies furent publiés dans les plus grands magazines. Mais elles sont surtout choqué le monde, et ont soulevé une question importante : est ce que les photographes/journalistes doivent rester passifs en toute circonstance ?



The Bang Bang Club débute avec une interview de Kevin Carter (Taylor Kitsh), un des membres du ‘Club’ (ce n’est qu’un nom que les gens leur ont donné.) Le film nous raconte donc leur histoire après qu’on lui ait posé la question : What makes a photograph great ? Greg Marinovich (Ryan Phillippe) est un autre photographe du Bang Bang Club, et commence le film avec un pari risqué : aller chez les Zulu après un conflit pour faire des photos d’eux. Il y arrive, et assiste à un assassinat public. Déjà, on comprend que dans certaines situations, il est impossible d’intervenir. Ici, la Vie devient Mort en seulement quelques secondes. Les gens font leur propre loi.


‘Why the fuck do you care man, just take the picture’

Le film nous fait découvrir le quotidien des photographes. Les moments intenses, mais aussi les moments de calme. La camaraderie au sein du Chaos. Mais c’est surtout un film socialement et historiquement intéressant. On y montre une violence extrême mais réelle : le film est tiré d'une histoire vraie. Ces photographes sont les seuls blancs, ils filment une lutte qui n’est pas la leur. Mais ils la filment au milieu des mouvements de foule, au milieu du danger, au milieu des armes. La foule enjambe les corps comme s’ils n’existaient pas. Les photographes, eux, savent qu’ils seront mieux payés s’ils prennent des photos marquantes. Ils semblent presque détachés de l’horreur qui se passe autour d’eux. Mais pour combien de temps? Les balles fusent, et le danger reste évident : personne n’est à l’abris, même caché derrière un appareil photo. On voit bien que malgré leur sourires, la peur reste présente, quelque part en eux.



The Bang Bang Club reconstitue plusieurs épisodes de leur vie en se basant sur ce qu’ils ont vraiment vécu. Par exemple, voir un homme se faire brûler vif… ce genre de choses. La mise en scène garde une certaine distance, comme si tout se passait dans un demi-silence, un flou… un vide. Le photographe, Greg, reste à prendre des photos tout le long. Quoiqu’il advienne…Clic, Clic…Clic. Toujours continuer à prendre des photos... Et les héros sont de plus en plus hantés par ce qu’ils doivent voir. Pourtant, c’est leur choix d’être là. C'est leur passion, voir leur vie.... Alors doivent-ils rester neutre ou non ? Le film répond dans un sens à cette question, nous montrant l’horreur de la situation et l’impact psychologique que cela a sur les héros du film. Le film soulève aussi le problème de la liberté de la presse sous l'Apartheid. Par exemple, lorsqu’on demande à Greg de donner ses photos à la police pour arrêter quelqu’un. Ces photographes ne veulent pas choisir de camp : ils veulent rester neutre.



‘They’re right you know. All these people that say that it’s our job to just sit there and watch people die’

Ce film, c'est surtout des moments bouleversants, comme l’origine de la photo de Kevin Carter, prise au Soudan. Cette photo a choqué le monde et lui a valu un Pulitzer. Mais cela lui a aussi valu des attaques contre le photographe. Les gens voulaient savoir ce qui était arrivé à l’enfant, et pourquoi il n’avait rien fait pour l’aider. Le film parle du débat suivant : est-ce qu’un journaliste doit aider les gens ou non ? Pour Kevin Carter, les photos sont essentielles et aident à leur façon. Face aux attaques des médias contre lui, il craque. Pourtant, pour lui, ce n’est pas qu’un spectacle. Une bonne photo est une photo qui pose une question.

En résumé, c'est un film très intéressant sur beaucoup de points. Les acteurs sont tous très bon, même si c'est agaçant d'entrendre Ryan Phillippe dire "Ya" tout le temps histoire d'avoir l'air Sud-Africain. Mais pour le reste: très bien foutu. Je ne connaissais pas du tout ces photographes avant de voir le film, c'était donc une double découverte. C'est bien filmé, ça se regarde tout seul, et ça en vaut la peine. Et ça fait un petit cours d'histoire en prime. Hop.


Trailer

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire