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vendredi 8 octobre 2010

Biographie Cristopher Nolan, 7/7 by Hablast

Dom Cobb a un boulot très spécial, il est extracteur d’idées que nous retrouvons dans les rêves. Son métier, lui et son équipe, est de parvenir à extraire des informations par le biais du rêve. Jusqu’au jour où, sous la menace, un client lui demande de faire l’inverse : implanter une idée dans la tête de quelqu’un. Cela s’appelle : l’Inception.



Avec ce septième long-métrage, Christopher Nolan semble dépasser ses limites créatives en nous emmenant au plus profond de nous-mêmes dans un Thriller psychologique haletant, riches en informations et diaboliquement parfait au sens infaillible du terme. Encore une fois, tout fonctionne à merveille et chaque détail autant dans le fond que dans la forme est quasi parfait.

Les franchises précédentes de Christopher Nolan lui permettent de nous proposer un casting de haut vol avec : Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, Marion Cotillard, Ellen Page, Joseph Gordon Levitt, Cillian Murphy, Tom Hardy, Tom Berenger, Ken Watanabe et Michael Caine. En équipe technique nous retrouvons la femme de Nolan, Emma Thomas à la production, le talentueux Lee Smith au Montage, Hans Zimmer à la composition, Ainsi que Christopher Nolan au scénario, réalisation et production. Tout semble dire que Inception sera un film à succès. Voici sans plus attendre le fonctionnement et l’analyse d’un film original et marquant mais qui reste flou et nébuleux (la convergence des antipodes devient une habitude avec Nolan).

Quoi de plus logique pour Nolan, après une hexalogie de franchises, que de conclure la suite de sa carrière en nous proposant un film traitant de son fonctionnement cinématographique ultime ; le rêve ? Ou plus précisément l’univers imaginaire qu’à un être à pouvoir innover, créer, inventer un monde et le faire partager aux autres. Christopher Nolan cherche ici à mettre sur pied son univers en jouant, comme à son habitude, sur la métaphore aérienne c’est-à-dire à transposer notre interprétation et nos sentiments archétypaux au travers une projection. Mais avant d’entrer dans l’analyse approfondie, voici, au préalable, une mise en thème du film.



C’est la première fois que Chris fait la narration d’une histoire avec plusieurs protagonistes centraux ; ici une équipe composée de plusieurs membres ayant chacun une fonction particulière dans l’extraction et l’Inception des rêves. Le bagage informatif, trop lourd, pour le confier à un seul rôle a eu comme conséquence la nécessité de diviser la narration en 6 personnages principaux. Dom Cobb (Caprio) en extracteur, Arthur (Levitt) en Porte-parole, Saito (Watanabe) en superviseur, Arianne (Page) en architecte, Eames (Hardy) en forgeron, Yusuf (Rao) en chimiste.

L’histoire, ou du moins, le fil conducteur est très simple, voire vulgaire : un Thriller où, pour sauver sa famille, Dom Cobb doit accepter un dernier travail un peu particulier qui aura des conséquences néfastes, riche en surprises et rebondissements. Nolan se voit ici sous la contrainte du scénario hollywoodien : Une histoire tout public, avec un quota de scènes d’actions dotées d’un parallèle féminin où le rôle se doit d’être à la hauteur de l’attente de la gente féminine. Tant pis, ce n’est pas cela qui arrêtera Christopher Nolan, quand une idée le tient à cœur, il usera de tout son talent pour la mener à exécution. Ce qu’il fera sans problème. Mieux encore, Nolan approfondira la notion éthique des spectateurs en proposant un des meilleurs rôle que Marion Cotillard ait pu connaître jusqu'à présent : une sorte de femme fatale, mystérieuse, représentant la consécration de la complexité narrative de l’histoire. Une sorte de Leitmotiv qui, à chaque apparition, nous laisse dans le doute profond et qui, englobe dans l’obscurité, petit à petit, la vérité.

A l’instar d’une division de protagonistes principaux pour expliquer une idée complexe, Christopher Nolan divisera également les voies d’explications métaphoriques du film. D’une part, pour apporter une plus grande aide de compréhension pour le spectateur, mais en même temps, pour brouiller les pistes et créer la controverse explicative du dénouement.

Pour nous aider à comprendre (quoi que ?) Christopher Nolan instaure un élément crucial dans son histoire : l’utilisation fréquente d’un Totem nous donnant l’information de rêve ou de réalité. Ici, Dom Cobb utilise une toupie. Si elle s’arrête, nous sommes dans la réalité, si elle continue sans cesse de tourner, nous sommes dans le rêve. Le Totem est un point central du film car Nolan instaure adroitement le concept de la foi vis-à-vis de ce dernier. Doit-on y croire ? Est-ce illusoire ? Cela change-t-il vraiment quelque chose ? Se fier aux croyances ne serait-ils pas la plus dangereuse bêtise que l’être humain pourrait commettre ? Ou, à l’inverse, ce genre de méthode est-il vital à l’homme pour assurer sa conservation et sa stabilité raisonnable (au sens propre du terme) ? De nouveau, Nolan nous offre un libre choix d’interprétation très pointilleux et empli de complexité.

Parlons-en de ce libre choix d’interprétation. Pourquoi Nolan s’obstine à nous laisser la liberté de deviner ou plutôt de choisir notre vérité de l’histoire? Car lui-même n’a pas de réponse ? Pour faire parler de lui ? Pour que les spectateurs apportent une conclusion plus puissante de ses idées car un homme seul n’a pas l’esprit assez grand pour avoir la réponse absolue ? Non, rien de tout cela. Christopher Nolan nous octroie sans cesse un libre choix d’interprétation, encore une fois, pour métaphoriser la concrétisation de son idée : élargir au maximum l’esprit du rêve en passant par la collectivité. En d’autres termes, Christopher Nolan cherche à nous faire comprendre ce que le cerveau, la pensée, l’imagination, le subconscient, le rêve et les capacités cognitives de l’homme sont capables. En faisant cela, Christopher Nolan nous fait rendre compte que ce n’est pas lui le génie, mais bien la collectivité et l’entourage menant à un conditionnement particulier qui définis chacun d’entre nous. Nolan a appris à maîtriser cette notion et tente de nous la faire partager.



Comme dit plus haut, le film se narre au travers bon nombre de métaphores structurantes. Une des plus marquantes est sans doute celle du train. « Tu attends un train, un train qui doit te conduire au loin, tu sais où tu espères que ce train te conduiras mais tu en as aucune certitude, mais tu t’en moques. Pourquoi ? Parce que vous serez ensemble. » La première fois où cette phrase est prononcée dans le film, nous pensons chacun que le protagoniste qui attend le train va le prendre. Nous comprenons plus tard que le train attendu nous emmènera tout simplement vers la mort ou plus précisément, l’irréel, les limbes. Cela voudrait dire que nous attendons sans cesse un élément déclencheur qui nous emmène au loin, dans un autre monde pour échapper à la réalité. Propre à l’homme, cette nature de ne pas regarder le monde sous sa réalité, nous préférons prendre un train qui nous projette dans une mort certaine de la réalité dû à notre peur de vérité. Le spectateur n’aurait pas envie de connaître le vrai dénouement de l’histoire, de peur d’en trouver la frustration. Préférant rester dans le doute pour une meilleure surprise subjective. Nous pouvons même aller encore plus loin : faire la comparaison de cette métaphore. La phrase «Tu attends un train ... » est prononcée par Mall, la femme mais surtout le fantasme meurtri qu’à Dom Cobb à la retrouver. Toujours propre à l’homme, assouvir un fantasme entraine directement son inefficacité, plus clairement ; lorsqu’une personne parvient à réaliser son fantasme le plus chère, ce dernier perd toute son efficacité et il en trouve directement un autre. La peur de trouver cette frustration de dénouement que pourrait ressentir le spectateur est un fait que Nolan a anticipé depuis longtemps et parvient à le maîtriser plus que jamais au travers d'Inception. En ne dévoilant pas la clef de l’histoire, Nolan nous procure tout de même une piste par cette métaphore qui nous incite à penser qu’assouvir le désir de vérité amènera d’emblée à l’extinction de la curiosité, du plaisir et de l’intérêt d’éprouver une fin explicative sans plus aucun mystère.

Cette façon de faire n’est pas nouvelle chez Nolan, nous l’avons déjà rencontré dans ses films antérieurs et surtout dans Memento où Nolan se plaisait à dire : « A ce stade du récit, le public en est à un tel point, il a une telle soif de vérité, tout comme Leonard, qu´il accepte les explications du menteur. Le public accepte ces réponses parce que c´est ce qu'il veut. C´est ce qu'il attend. On a voulu remettre ça en cause. Les gens s'accrochent à cette grammaire du cinéma, qui veut que l'on nous dévoile la vérité à la fin, alors que ce film la défie clairement ».

Inception est un aboutissement de Memento en son point central. Le spectateur veut se fier au personnage principal et pense que les autres protagonistes sont néfastes. Nolan cherche à dénoncer ce fait en remettant en cause la légitimité des actes de Dom Cobb qui nous ramènerait au vieux proverbe « l’habit ne fait pas le moine ».

En fonctionnant comme tel, Christopher Nolan invente une toute nouvelle façon de critiquer le cinéma. Non seulement il ouvre le débat entre les spectateurs en ce qui concerne le dénouement de l’histoire, mais il donne également la possibilité de devenir extrêmement contestable, ou tout du moins, controversé. Mais cela était prévisible étant donné qu’un blockbuster sera infiniment critiqué. Qu’on soit dans le rang des défendeurs ou des détracteurs du film, il est indéniable que Christopher Nolan serait pour les optimistes au premiers rang de son imagination et pour les pessimistes, une sorte d’arroseur arrosé. Nolan doit affronter la réalité de son film. En accroissant ses chances de plaire de par sa proposition de libre choix d’interprétations, certains trouveront cela trop facile et tenteront de le ramener à la réalité. Comment expliquer cela ? Un film doit tout d’abord nous emmener quelque part, nous évader de nos tracas quotidien, nous faire rêver … Ici, toute cette notion est remise en cause car elle est l’objet même du film. Inception est-il un film vraiment un film tout public ? Si il peut séduire pour beaucoup de choses, il serait dangereux de prétendre qu’il serait recevable pour tout le monde. Christopher Nolan défie l’opinion public en transcendant les raisons qu’a l’être humain à voir un film de part une fresque visuel traitant d’un sujet représentant les motivations même que chacun d’entre nous recherchons lorsque nous nous apprêtons à visionner un long-métrage. Plus fidèle à lui-même que jamais, Christopher Nolan réalise ici la vision aérienne (déjà expliquée dans les articles précédents) de transposition d’idées du spectateur en intrigue narrative de par la réalisation d’un film hollywoodien. Ceci expliquerait peut-être beaucoup de chose vis-à-vis des personnes qui auraient du mal à comprendre la système de travail du cinéaste.

Plus vulgairement, nous pouvons résumer cette explication en se prêtant au jeu de Nolan : Le spectateur, en visionnant le film, serait-il l’objet d’une Inception ? Christopher Nolan tenterait-il de nous implanter une idée, son idée, dans notre esprit ? La réponse saute aux yeux : à vous d’en décider.




Vient ensuite un point capital dans le film qui a également sa dose de réflexion et d’indices pour parvenir à une interprétation correcte de l’ensemble du film : la musique. Hans Zimmer manie ici convenablement la bande-son aussi bien pour amplifier les ressentis du spectateur que pour expliquer l’histoire. A la base, Inception était pour Hans Zimmer une histoire d’amour hantée et le challenge était de trouver une narration auditive qui se séparait des stéréotypes du grand cinéma hollywoodien. Pour se faire, Zimmer alla dans une voie plus atmosphérique, préférant une humeur émotionnelle plus intimiste et individualiste qu’un thème élogieux ou épic. A côté de cela, Hans Zimmer se devait également d’adapter son thème au montage non-chronologique du film. Zimmer explique cela comme tel « j’ai voulu faire un thème désordonné, qui prend son sens à la fin tel un Rubik’s Cube ».

Autre consécration du film où tout s’entrechoque parfaitement : le thème d’Edith Piaf « La vie en rose ». Non seulement ce thème fait office de clin d’œil à Marion Cotillard pour son rôle dans la Môme qui lui value un Oscar et, inévitablement, l’ouverture à une carrière cinématographique hollywoodienne. Mais cela va plus loin encore. Cette chanson à une signification historique, retranscrite au travers du film. « La vie en Rose » est une chanson des années 40 fortement écoutée sur les Champs-Elysées où l’armée Allemande était très présente. La musique incarnait non seulement l’espoir mais surtout un côté nostalgique qui entrainerait les auditeurs dans une sorte de monde perdu ou, plus significativement, les limbes.

Nolan et Zimmer vont encore plus loin dans cette voie. Ce thème, dans le film sert à réveiller, sortir de leur rêve les extracteurs. Les spectateurs auront vite fait de remarquer l’incursion intelligemment opérée De Zimmer sur le mixage de la vie en rose. Le thème du début et de la fin du film étant le même nous ouvrirait à une boucle rétroactive qui appuierait que toute l’histoire est un rêve. Pourquoi ? Parce que ce thème est purement et simplement « La vie en Rose » ralentit et orchestré sans parole. Une technique qui laisse à faire croire pour les néophytes que le scénario dans lequel nous plonge Nolan est factice. Attention donc à ne pas tomber dans ce piège car jamais Christopher Nolan se permettrait d’influencer l’apogée d’une telle histoire. En insistant sur cette démarche, Nolan chercherait simplement à transposer (une fois de plus) l’idée de l’Inception au spectateur. Ce thème subliminalisé de « La vie en Rose » voudrait montrer que le spectateur doit se réveiller, sortir de son Inception et reprendre la réalité en sortant de la salle de cinéma où de chez soi. Une autre métaphore donc qui vise à ce que Nolan propose sa vision aérienne de transposition d’idée à l’écran et en dehors de l’écran. Serait-ce une raison pour laquelle Nolan ne désire pas utiliser la 3D ? Car pour lui la 3D serait l’esprit et non l’apparence visuelle ? Le débat est levé.




Le tout dernier point qui porte à discussion au sujet du rôle de Marion Cotillard se rapporte à son nom dans le film : Mall. Ce nom aurait-il une signification ? Il y a de forte chance. Premièrement, Mall, traduit de l’anglais voudrait dire : une allée. Un mot très vague qui nous ouvre, une fois de plus, à diverses interprétations. Notamment celle où le spectateur a la possibilité de prendre n’importe quel chemin d’interprétation vis-à-vis de ce personnage en tant que tel. Mais Mall aurait-il également une signification propre au langage français ? Ayant une actrice et un thème français, il ne serait pas anodin que son nom n’ait pas sa place. Ainsi Mall représenterait aux yeux de Dom Cobb le Mal incarné mais attrayant. Son personnage même s’apparente à la tentation, au mystère et la séduction que peuvent contenir les plus grands péchés. Le débat reste ouvert.

Un autre personnage tout aussi significatif tout au long du film est la jeune fille Ariane jouée par Ellen Page. Dans son rôle d’architecte, elle a pour but de construire l’univers du rêve dans lesquels les extracteurs travaillent. Ce personnage complexe incite à une dichotomie frappante de sa personnalité. Surdouée de nature, son âge l’entraîne indéniablement dans une apparence de jeune candide voire naïve en découvrant petit à petit le tragique dessein de Dom Cobb. Nolan jongle la complexité de son histoire en nous permettant de lire l’intrigue au travers sa vision des choses. Créatrice de Labyrinthes, Dom Cobb l’emmène sans qu’elle le sache dans le sien où la chance de sortie est faible. On ne parle plus de labyrinthe matériel, ni mentale, ni inceptionisant mais bien d’un labyrinthe émotionnel qui rappelle au spectateur qu’Inception n’est pas qu’un film de science fiction mais bien un film qui repose entièrement sur l’humain et ses sentiments. Le choix d’une adolescente pour ce rôle est des plus logiques car il symbolise l’esprit puritain d’une Amérique tourmentée.



Enfin, une des dernières analyses qui se doit d’être développée est sans aucun doute la mise en scène de Nolan vis-à-vis des enfants de Dom Cobb et de Mall. Ceux-ci ne montrent jamais leur visage, sauf à la fin. Une scène, de nouveau, remplie d’interprétations. Nous pouvons croire que nous sommes dans la réalité car Dom Cobb peut voir leur visage. Les enfants ont grandit, ce qui voudrait dire que Dom Cobb a passé du temps dans les limbes, et que leur visage, plus âgé, lui rappelle que le temps à passé dans la réalité. Mais si nous sommes encore dans un rêve, cela pourrait dire que tout est illusoire et que la projection de leur visage n’influe en rien la véracité d’un quelconque fait. Une fois de plus, l’interprétation nous est offerte et nous en faisons ce que nous voulons.

C’est donc avec un scénario très lourd en détails que Christopher Nolan accomplie une nouvelle franchise cinématographique. Mais le succès ne se traduit pas seulement par cet esprit développé et apte à raconter une imagination. Comme pour The Dark Knight, Inception doit également son succès sur beaucoup d’autres facteurs, notamment vis-à-vis de la manière de réaliser le film.

Parlons-en d’ailleurs des techniques de réalisation. Inception est bien un grand film hollywoodien mais qui reste tout de même très humble, notamment sur les effets spéciaux. Cela n’est pas nouveau, Nolan n’a jamais été avide de grandiose spectaculaire nécessitant des effets spéciaux. Préférant un côté réaliste du film pour une plus grande immersion. Ainsi, Inception comptera 400 plans numériques contre 2000, en moyenne, pour n’importe quel autre film de ce genre. Et cela a toujours été le cas chez le cinéaste, rappelons-nous The Dark Knight. Une façon donc pour Nolan de se démarquer du cinéma commercial.

Autre thème récurrent et efficient chez Nolan : les grands espaces. Tel un cerveau sans limite créative, Christopher Nolan aime à tourner ses scènes dans de grands espaces structurés par l’homme, à savoir les grandes villes du monde. Si nous avons eu Gotham City dans la saga Batman, nous avons ici Paris, Los Angeles, Tanger ou encore Buenos Aires. Mais ce n’est pas tout. Christopher Nolan aime, en parallèle, voire en contradiction tourner ses scènes dans des espaces vides, blanc dans le but de symboliser la pureté mais aussi l’anxiété que l’on peut également ressentir dans ce genre d’espace à l’instar des grandes villes. Ainsi, les personnages d’Inception se rendent à Calgary dans les rocheuses canadienne tout comme Al Pacino se rendant en Alaska dans Insomnia ou encore Bruce Wayne faisant figure en extrême orient pour son entrainement intensif auprès de Ra’s As Ghul.

Un autre point qui n’est pas rare chez Nolan serait son attirance pour des héros troublés et instables et cela pour chacun de ses films. Christopher Nolan explique cela : « J’ai toujours aimé les personnages de film noir car ils vous surprennent toujours à un moment ou à un autre. Ils sont générateurs de drame. Les gens ne sont intéressants que quand il font des erreurs ». Une technique qui semble fonctionner quoique … Certains auraient tendances à qualifier les films de Nolan comme sombre, ce qui n’est pas faux mais à Nolan de préciser « J’assume mon cinéma sombre mais je n’irai pas jusqu’à dire que mes films sont austères ». Il n’est pas sans rappeler que la volonté première de Nolan dans ses films est de mettre en avant le côté humain des personnages et, passer par l’obscurité de la personnalité est une voie pour appuyer cet attrait.

En résumé, comment qualifier Inception ? Inception est un film qui reprend beaucoup d’éléments avec des degrés différents. Principalement hollywoodien, Inception est un blockbuster qui marque par son côté grandiose mais terre à terre où Nolan n’hésite pas à transgresser adroitement les règles lui permettant de ne pas tomber dans le piège des navets aujourd’hui très répandus. Les exemples pour illustrer cette idée sont multiples.
- Premièrement : Les acteurs. Le cinéma hollywoodien voudrait qu’ils incarnent la beauté et le charme (Dicaprio, Gordon Levitt, Cotillard), le cinéma de Nolan appuiera bien plus sur leur professionnalisme.
- Deuxièmement : Le scénario et la trame du film. Hollywood favoriserait une histoire classique : introduction, élément déclencheur, conclusion, rôle féminin bouleversant, le tout parsemé d’action. Chez Nolan un puzzle intelligent, infaillible, complexe, détournant, non-manichéen.
- Troisièmement : La musique : Hans Zimmer à l’air de devoir changer sa marque de fabrique. Finit les thèmes héroïques qui nous procurent des hauts le cœur. Ici, sa tâche est de nous plonger, intérioriser, entrer dans notre intimité sans qu’on le remarque ; nous faire ressentir les sentiments même du héros principal pour une meilleure manipulation scénaristique. L’histoire et la musique sont intimement liées. Cette importance est capitale pour fructifier le dessein de Nolan vis-à-vis de notre impression et un banal thème hollywoodien aurait probablement échoué les plans du cinéaste.
- Quatrièmement : Les décors. Il n’y a pas de règle absolue chez Nolan. Avec lui, on passe du tout au tout ; du noir au blanc. Avec un fil d’Ariane (cette image n’est pas anodine) principalement sombre ; Nolan aime à défier les lois en nous emmenant fréquemment à un moment donné de l’histoire dans des espaces lumineux, onirique, vaste et clair encore une fois dans le but de contrer les aprioris hollywoodiens où le thème d’un film reposerait tout le long sur une seule et même base.
Nous pourrions continuer les exemples sur encore bon nombres de points si ceux-là n’étaient pas encore assez clairs. Christopher Nolan parvient ici à réussir un de ses plus grand paris : Inceptioniser le cinéma hollywoodien. En se prêtant à son jeu et ses normes, Nolan impose sa vision du cinéma et semble partir seul en tête dans les cinéastes favoris des spectateurs. Il serait difficile d’anticiper les futurs projets de Nolan mais pour ce qui est de Inception ; il est clairement certain que ce film fera parler de lui pendant de nombreuses années.

Anecdotes.
- Le mot Inception veut dire « Origine ». L’Inception est le procédé qui permet d’être la nouvelle origine d’une idée implantée dans l’esprit de la personne qui rêve.
- C’est la deuxième fois que Christopher Nolan écrit un scénario original. La première fois était en 1999 avec « Following, le suiveur ». Ces autres films sont adaptés de romans (Le prestige), de nouvelles (Memento), de comics (Batman Begins, The Dark Knight), ou de remakes (Insomnia).
- Plus significatif encore, le nom du personnage principal Cobb, est le même que le personnage de Following, le suiveur.
- Tel un Indiana Jones ou mieux encore, un James Bond, Christopher Nolan prend plaisir à envoyer son équipe aux 4 coins du monde et notamment à Paris.
- Le film a été tourné durant une centaine de jours sur une période de 6 mois.
- Les influences de Nolan pour Inception semblent persévérer comparées à ses anciens films. Ainsi Blade Runner sera resté comme sa référence première pour ses côtés complexes, sombres et denses. Il ajoute « Vous pourrez le voir sans cesse, il y aura toujours des éléments que vous n’aviez jamais remarqués. ». D’autres influences seraient Terrence Malick, Nicolas Roeg pour le montage, Stanley Kubrick ainsi qu’Orson Welles pour « la soif du mal ».
- D’ailleurs, lors d’une interview dans le « Studio Cine Live », suite à la question « Quelles personnalité aimeriez-vous pouvoir voler les rêves ? » Nolan affirme qu’il aurait voulu pénétrer les rêves d’Orson Welles.
- Inception, après une semaine de sortie en salle, se place au rang de la troisième place des meilleurs films de tous les temps considérés par les spectateurs sur l’Internet Movie Date Base derrière Les Evadés et le Parrain avec 90 000 votes.
- Nolan aime jouer avec la notion de chronologie dans ses films. Aussi il explique cela de part nos technologies actuelles « Je me rend compte que la distorsion avec le temps est partout, nos propos ne sont jamais chronologique, les idées arrivent toujours dans le désordres et c’est à nous à les remettre en place. Mais les films sont chronologiques, selon moi, et surtout depuis que le DVD permet d’éloigner cette règle, je n’hésite pas à trancher sur une narration qui incite le spectateur à travailler l’ordre du film ».

C’est donc avec un nouveau film à succès que Christopher Nolan se fait un peu plus connaître dans le monde du septième art. Inception est un film qui fera parler de lui encore longtemps et semble attirer l’attention du public qui n’est pas encore affecté par la vague Nolan. De quoi avoir toutes les balles dans son camp pour proposer son prochain volet de l’homme chauve-souris dans Batman 3.

Cordialement, Hablast.

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